Skip to main content

Full text of "Glossaire du patois du département d'Ille-et-Vilaine"

See other formats


This is a digital copy of a book that was preserved for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 
to make the world's books discoverable online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that' s often difficult to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book' s long journey from the 
publisher to a library and finally to y ou. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We also ask that y ou: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
any where in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web 



at jhttp : //books . qooqle . corn/ 



; 



S S /-^> 





Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



GLOSSAIRE PATOIS 

DU DÉPARTEMENT D'ILLE-ET-VILAINE 



Digitized by VjOOQlC 



111 P. GK0BGX8 JACOD. - OÛL&AXB. 



Digitizedby VjOOQ IC 



' GLOSSAIRE PATOIS 



DU 



DEPARTEMENT D'ILLE-ET-VILAINE 



SUIVI DE CHANSONS POPULAIRES 



AVEC MUSIQUE 



Par Ad. ORAIN 




PARIS 

MAISONNEUVE FRÈRES et CH. LECLERC, ÉDITEURS 

25, QUAI VOLTAIRE, 25 

1886 



Digitized by VjOOQlC 




Digitized by VjOOQlC 



PRÉFACE 



Mon cher Orain, 

J'ai lu les épreuves que vous m'avez envoyées de votre 
Glossaire patois et de vos Chansons populaires du dépar- 
lement de Vllle-et-Vilaine, et j'y ai pris le plus vif intérêt. 

Vous me demandez de vous faire connaître, franchement 
et en toute liberté, ce que je pense de votre recueil, dans 
une lettre qui puisse lui servir de préface. 

Je suis heureux de pouvoir vous dire, tout d'abord, que 
votre travail m'a paru consciencieux et étudié, comme tout 
ce que vous faites, conçu et exécuté avec méthode, enfin, de 
nature à rendre service aux études de philologie et de folk- 
lore, en leur apportant le contingent de recherches et de ré- 
sultats qu'on était en droit d'attendre, pour votre départe- 
ment, d'un explorateur aussi intelligent, aussi zélé et aussi 
amoureux que vous l'êtes des vieilles traditions du peuple. 
Vous avez, en effet, exécuté, pour l'Ille-et-Vilaine, ce que 
je voudrais voir faire, avec le même dévouement, pour tous 
les départements, non seulement de notre Bretagne, mais 
de la France entière. Vos travaux antérieurs sont connus et 
justement appréciés des hommes d'étude, et ce livre vous 
sera auprès d'eux un nouveau titre, et des plus sérieux, à 
leur reconnaissance et à leurs encouragements. 



Digitized by VjOOQlC 



VI 

C'est avec plaisir et un bonheur réel que j'ai vu figurer, en 
tête de vos chansons populaires, celte charmante cantilène 
des Sabots de la Reine Anne, une vraie perle, dont nous 
vous devons la découverte, et que nous avons si souvent 
chantée en chœur, avec ur. entrain et un enthousiasme tout 
patriotiques, — en vrais Bretons, — aux Dîners celtiques 
de Paris, de Tréguier et de Quimper. 

Eh bien ! je dois vous avouer que ce petit chef-d'œuvre de 
grâce naïve, de sentiment et de patriotisme breton, m'a 
toujours inspiré des doutes sérieux sur sa parfaite authen- 
ticité, et je ne pouvais me résigner à croire qu'il fût sorti de 
la raine populaire, tout à fait dans l'état où vous nous le 
présentiez. Il est si rare de rencontrer une vraie chanson po- 
pulaire sans quelque défaillance de goût ou de forme, que 
j'étais intimement convaincu qu'un lettré, un homme de 
goût, — vous ou un autre, un inconnu peut-être, — avait 
dû intervenir, peu ou prou. Je vous ai fait part de mes 
doutes à ce sujet, et, avec votre franchise et votre loyauté 
ordinaires, vous m'avez répondu ce qui suit : 

«c Le paysan de la forêt de Rennes qui m'a chanté la 
chanson : Les Sabots de la Reine Anne, n'en connaissait 
qu'imparfaitement les paroles; il estropiait les vers et rem- 
plaçait le dernier couplet par celui-ci : 

Et la bonn' vili* de Rennes, — avec des sabots, 
Est chef lieu d'IUe-et-Vilaine, 
En sabots, mirlitontaine, etc. 

c Je me suis vu dans la nécessité de substituer à ce cou- 
plet cet autre de ma façon : 

Les Bretons sont dans la peine, — avec des sabots ; 
Ils n'ont plus leur souveraine, 
En sabots, mirlitontaine, ah ! ah ! ah ! 
Vive les sabots de bois I 



Digitized by VjOOQlC 



vn 

c Qu'eussiez- vous fait, à ma place ? Le joli petit poème 
devenait grotesque avec cette fin, et ne valait-il pas mieux Le 
compléter? Blâmez-moi, si vous l'osez !... » 

Non, je ne vous blâmerai point, mon cher ami; l'impur* 
tant était de connaître quelle est au juste votre part d'inter-* 
vention dans « les Sabots de la Reine Anne » ; nous les avons 
aujourd'hui, et tout est pour le mieux, et je ne puis que vous 
féliciter et vous être reconnaissant de la découverte de cette 
charmante chanson, d'un caractère si vraiment breton, bien 
supérieure à notre vieille Hani goz, et qui est à la veille de 
devenir notre chant patriotique. 

Les versions que vous en donnez, pages 147 et 149, sous 
le titre de Variantes, me semblent être la vraie chanson 
populaire, dont l'autre n'est qu'une heureuse adaptation. Il 
convient de remarquer que le nom de la reine Anne ne se 
trouve dans aucune de ces deux versions. On y voit bien 
figurer le fil$ du Roi et trois capitaines, qui sont un des 
éléments les plus ordinaires des chansons du peuple, et 
le vers : 

Il a fleuri, je suis reine ! 

paraît avoir inspiré, soit à vous, soit à un autre, l'idée de 
l'introduction de la reine Anne, pour donner à la pièce un 
caractère historique plus précis. 

En résumé, la pièce est vraiment d'origine populaire, avec 
quelques retouches et arrangements, dans la forme, — sans 
doute aussi l'introduction de la reine Anne, — et voilà le 
point que je voulais éclaircir. 

Vous me demandez quelques observations critiques sur 
votre livre, convaincu, — et vous avez bien raison, — qu'un 
chercheur consciencieux comme vous doit trouver plus à 
profiter, dans dix lignes de critique judicieuse et franche, que 



Digitized by VjOOQlC 



VIII 

danis vingt pages de compliments et de banalités complai- 
santes et complimenteuses. 

Eh bien ! mais, je ne vois pas grand'chose à reprendre à 
votre travail, qui est conçu et exécuté avec conscience et 
conformément à la méthode recommandée par l'école critique 
actuelle, dans ce genre d'études. Et pourtant, je ne vous lais- 
serai pas aller comme cela, et sans vous attacher ma petite 
ronce, comme nous disons en breton (1). 

Il me semble que vous avez accepté, avec trop de facilité, 
comme appartenant exclusivement à votre département, 
beaucoup de mots, de locutions, de façons de parler, qui 
sont connus et usités dans d'autres départements de la Bre- 
tagne, et aussi hors de la Bretagne. Le mal n'est pas grand, 
je le veux bien, et pourtant il existe et peut conduire à des 
conclurions fausses. 

Plusieurs vocables aussi, présentés comme expressions pa- 
toises, me semblent au contraire être bon français et se 
trouvent dans le Dictionnaire de Littré, et même, souvent, 
dans celui de l'Académie. Vous pourrez me dire que ce sont 
généralement des mots d'origine patoise, devenus d'un usage 
si commun et si général que Littré et l'Académie se sont 
vus obligés de les adopter. C'est l'usage, en effet, qui est le 
véritable maître, en cette matière, comme le dit fort bien 
Horace : 

Si volet usus, 
Quern pênes arbitrium est et jus et norma loquendi. 

Sans sortir des lettres A et B, je relève les mots sui- 
vants : 
Affutiau, est d'un usage général dans presque toute la 

(i) Staga drezenn : dans le sens de critiquer/ trouver à 
redire. 



Digitized by VjOOQlC 



IX 

France, avec le sens que vous lui donnez. Se trouve dans 
Littré. 

Allumé, pour à moitié ivre, se dit un peu partout. Se 
trauve dans Littré. 

Amorphosé pour métamorphosé. 

J'ai connu, à Lorient, une fillette de douze ans, qui m'a 
conté quelques contes populaires, et qui disait, quand un 
personnage de son récit subissait une métamorphose : c Et il 
tomba alors en morphose. » 

Ahéner et Aiche se trouvent dans Littré, avec cette diffé- 
rence que le premier s'y écrit : Ahaner. 

Airelle est bon français, et se trouve dans Littré. 

Anis, béquilles. J'ai entendu dire anilles : il marche avec 
des anilles. 

Arrimer, est un terme de marine usité partout ; est dans 
Littré. 

Baragouiner, composé de deux mots bretons : bara 
(pain), et gwin ou gouinn (vin), est aussi devenu français; 
se trouve dans Littré. 

Barguigner, employé par Molière, est aussi dans Littré. 

Bassinant, pour ennuyeux, fastidieux, est loin d'être par- 
ticulier au département d'Ille-et-Vilaine. 

Ber, pour berceau, est français, et se trouve dans Littré. 

Bette, pour betterave, de même. 

Bien-de-lune, pour bien dérobé, est aussi connu dans les 
Gôtes-du-Nord, le Finistère, le Morbihan, et bien ailleurs, 
sansdoute. 

Bique, pour chèvre, se dit aussi un peu partout» et se 
trouve dans Littré. 

Bisquer, pour vexer, faire endêver, est dans le même 
cas. 

Bleu, pour républicain, pendant la révolution de 1789, de 
même. 



Digitized by VjOOQlC 



X 

Boissonner, pour s'enivrer, de même. 

Bougre, bougresse, sont loins d'être particuliers à Pllle- 
et- Vilaine. 

Bouillon, pour boue, grosse pluie, est dans le même cas. 

Bourdaine, nom d'arbrisseau, est bon français, et se trouve 
dans Littré. 

Braies, pour culotte, est dans le même cas. 

Brin, pour un peu, se dit partout, et se trouve dans Littré. 

Buée, pour lessive, de même. 

Et puisque vous ne vous en tenez pas exclusivement aux 
mots patois de Tille- et- Vilaine, je crois que vous auriez pu 
en citer beaucoup d'autres, parmi lesquels les suivants, 
comme étant d'un usage général, dans tous les départements 
bretons, et ailleurs encore : 

Âbouler, donner, passer, jeter ; bouffer, manger glouton- 
nement ; caler, être poltron ; chipoter, chanter-pouilles ; 
gamaches, guêtres (en breton, gamachou) ; piler, marcher 
sur; pioncer, dormir ; ravigoter, raviver, etc., etc. 

Deux mots, plus particuliers au parler populaire de la ville 
de Rennes, et qui vous manquent aussi, sont : Achaison et 
Danger, dans le sens de dégoûter, faire mal au cœur, le sou- 
lever, comme dans ces exemples : c Ces ordures me font 
achaison, ou danger. » On dit aussi, dans le même sens : 
c Dangereux », avec un accent aigu, sur le premier e. 

Je crois que vous n'aves; pas eu connaissance d'une étude 
sur les mots patois usités dans la ville de Rennes, en 1824, 
publiée par M. F.-A. Le Mière de Corvey, chef de bataillon, 
dans les Mémoires de la Société royale des Antiquaires de 
France. Ce travail, beaucoup moins complet que le vôtre, 
vous eût pourtant servi à constater la disparition, depuis 
1824, de quelques expressions populaires et les modifica- 
tions subies par d'autres, dans la capitale du département 
de l'Ilte-et-Vilaine. 



Digitized by VjOOQlC 



XI 

J'ai été curieux de constater, dans votre Glossaire, les 
mots bretons ou semblant dériver du breton qui s'y trouvent. 
£h bien ! le nombre en est beaucoup moins considérable que 
je ne l'aurais cru, et je suis persuadé que, dans la partie de 
votre département qui confine aux Côtes-du-Nord, dans l'ar- 
rondissement de Saint-Malo, par exemple, il doit en exister 
beaucoup d'autres qui vous auront échappé. Voici ce que 
j'ai relevé dans votre recueil : 

Ali, en breton, signifie : conseil, avis ; mais, c'est aussi 
un cri de ralliement, d'émulation, par exemple, dans les 
jeux d'enfants, où il s'agit de remporter le prix de la course, 
et où l'on crie, au départ des concurrents : Ali genta ! ce qui 
équivaut à : A qui arrivera le premier ! 

Andin me semble venir du breton and, qui signifie 
sillon ; et, en effet, le foin, disposé en rayons par la 
faulx du faucheur, ressemble aux sillons d'un champ de 
labour. 

Balai, toit, auvent, chaume, pourrait bien venir du breton 
balan (genêt), parce que c'est avec du genêt que l'on cou- 
vrait les maisons et les crèches des fermes bretonnes, aussi 
souvent qu'avec de la paillle, et que l'on fabriquait aussi les 
balais des ménages champêtres. Je n'ignore pourtant pas que, 
anciennement, on écrivait aussi baznal ; mais on trouve les 
deux orthographes, aux mêmes époques. 

Bélinge, sorte de bure, fabriquée dans le pays, doit venir 
du breton berlinge, qui se disait d'un tissu de laine ou de 
coton, sur trame de fil de lin, assez grossier, et dont se 
fabriquaient ordinairement, jusqu'en ces derniers temps, les 
vestes et les pantalons de nos paysans bretons. Dans les cam- 
pagnes de la Cornouaille, le berlinge est encore d'un usage 
très commun. 

Bernique , coquille de patelle, dite aussi lépas, doit venir 
de brinic, qui est le nom breton du même coquillage. 



Digitized by VjOOQlC 



XII 

Braies, culotte, semble le même que le breton bragou, 
même signification, et qui rappelle le bracœ des Latins. 

Chômer, rester debout, s'arrêter, semble venir du breton 
chom ou chôma, qui a la même signification. 

Cohue, assemblée brupnte et confuse; en breton, le 
même mot signiûe halle. 

Cun, chien, rappelle le grec xvwv, en breton, ki, en 
gaélique, eu. 

Foutiau, hêtre, en breton, faou; latin, fagus. 

Ballîn, en breton, était une sorte de tapis de gros fil de 
lin ou de chanvre, une espèce de courtepointe grossière 
dont on recouvrait les lits, dans les fermes bretonnes. 
L'usage, qui en était général dans le pays, jusqu'à il y a 
environ vingt-cinq ans, a presque complètement disparu, à 
l'exception de quelques localités de la Cornouaille. 

Nâcher, attacher les vaches à Pétable, me semble dériver 
du mot breton nasq, qui est le nom de la corde qui sert à 
attacher les vaches et bœufs, à rétable, ou au pieu autour 
duquel ils doivent paître, hors de Pétable. 

Orine, race, espèce, origine (origo) ; on dit, en breton, 
eun orinn, d'un petit enfant encore à la mamelle. 

Peillot, peïllotou, rappellent le breton pillaou, pillaouer, 
chiffon, chiffonnier, dont ils paraissent dériver. 

Tousè, tondu, est le participe passé breton touset, qui a la 
même signification. 

Travouil, dévidoir, est aussi le même et avec la même 
signification en breton : dévidoir, tourniquet. 

Solier, grenier, est usité en breton, avec la même si- 
gnification ; il est vrai qu'il l'était aussi, dans le vieux fran- 
çais. 

Tarache, insecte qui se colle aux vaches et aux chiens, et 
leur suce le sang ; se dit en breton : Tarasq. 

C'est tout, et c'est peu, pour un département *breton, dans 



Digitized by VjOOQlC 



XIII 

une bonne partie duquel la langue bretonne a été usitée, 
anciennement. Il est vrai que je m'en suis tenu aux mots qui 
m'ont paru hors de doute. La science des étymologies et des 
rapprochements entre des vocables de langues différentes est 
si délicate et entraîne si facilement à de grosses et ridicules 
erreurs, que j'ai voulu être prudent, sur ce chapitre, comme 
vous-même, du reste. J'ai, en effet, constaté avec plaisir que 
vous vous êtes abstenu rigoureusement de toute interpré- 
tation étymologique, et je ne puis que vous en féliciter. 
C'est là la pierre d'achoppement et l'écueil contre lequel 
viennent échouer généralement les recherches et les études 
de ce genre. On veut faire preuve de savoir, de connais- 
sances linguistiques étendues, l'on cite à tort et à travers de 
l'hébreu, du latin, du grec, de l'osque, du celtique, — du 
celtique surtout, et quel celtique ! — et en définitive, on ne 
fait, le plus souvent, que déraisonner, citer à faux et atté- 
nuer sensiblement l'opinion favorable qu'avaient fait naître 
de vous les bonnes parties de votre travail. Je ne puis ré- 
sister à la tentation de citer, à ce sujet, le passage suivant 
d'un savant et d'un critique des plus compétents en ces ma- 
tières : 

c En continuant les traditions de Ménage et de Bullet, 
avec une science ordinairement très inférieure à celle de ces 
deux érudits, et à une époque où les vraies méthodes ont été 
trouvées et sont journellement appliquées, on discrédite 
l'étymologie, on la rend ridicule. Or, il ne peut être indiffé- 
rent à ceux qui ont abordé cette branche de la philologie, 
après une longue préparation, et qui ne la traitent qu'avec 
respect, de la voir en danger de perdre, par le fait de quel- 
ques-uns, la considération qu'elle mérite. Les philologues 
font donc acte de légitime défense, lorsqu'ils déclarent com- 
plètement étrangères à la science les spéculations philolo- 
giques de certains amateurs; et ceux-ci ne devront s'en 



Digitized by VjOOQlC 



XIV 

prendre qu'à eux-mêmes, si leur imprudence leur attire de 
désagréables vérités. 

« Loin de chercher à donner la mesure de leurs forces, dans 
des études auxquelles ils ne sont pas préparés, les hommes 
qui se dévouent à la tache longue, mais fructueuse, de 
former le glossaire de leur province, devraient, par un senti- 
ment de dignité bien entendue, éviter de sortir du cadre déjà 
assez vaste qu'ils peuvent remplir avec compétence. Mais au 
moins devraient-ils, avant toute recherche, se rendre un 
compte exact de la situation dans laquelle se trouve le mot 
dont ils veulent chercher l'origine. Il n'y a que deux alterna- 
tives : ou bien ce mot a des correspondants vivant encore 
dans une ou plusieurs des langues romanes ; et, par consé- 
quent, il est probable que, sous l'une de ses formes, il a été 
l'objet de recherches étymologiques. Dans ce cas, il est ab- 
solument nécessaire d'être au courant de ces recherches, afin 
de ne pas perdre de temps en discussions inutiles, afin sur- 
tout de ne pas risquer une fausse étymologie, quand la vraie 
est connue. — Ou bien ce mot est isolé et paraît manquer 
aux idiomes congénères ; c'est donc, selon toute vraisem- 
blance, un vocable nouveau pour la science, et dont il serait 
intéressant de trouver l'étymologie ; mais chacun voit que, 
dans cette hypothèse, la recherche en présente des difficultés 
considérables, et mieux vaut assurément ne la point entre- 
prendre, si Ton n'a la conscience de s'être instruit des saines 
méthodes et la ferme résolution de les appliquer avec la ri- 
gueur qu'ont apportée en ces éludes les maîtres de la 
science (1). » 

La citation est un peu longue, mais elle contient des con- 
seils si judicieux et trace d'une manière si précise la marche 
et la méthode à suivre, dans les recherches étymologiques, 

(1) Paul Meyer, Revue critique, 1866, pp. 400-401. 



Digitized by VjOOQlC 



XV 

qu'il est bon de donner le plus de publicité possible à ces 
paroles, un peu sévères peut-être, mais qui doivent être la 
règle de conduite de tous ceux qui s'occupent d'études sur 
cette branche de la philologie. Vous vous êtes soigneusement 
abstenu de toute interprétation étymologique, et je vous en 
approuve, et je connais bien d'autres qui auraient dû imiter 
votre discrétion, sur ce point. 

On a dit des patois, et avec raison, que c'étaient de véri- 
tables langues, qui avaient éprouvé des malheurs. Charles 
Nodier, qui les aimait beaucoup, en a dit, de son côté, avec 
quelque exagération, selon son habitude, mais aussi avec un 
juste sentiment de leur importance philologigue : « Je pose 
en fait : 1° que l'étude des patois de la langue française, bien 
plus voisins de l'étymologie, bien plus fidèles à l'orthographe 
et à la prononciation antiques, est une introduction néces- 
saire à la connaissance de ses radicaux ; 2° que la clef de 
tous les radicaux et de tous les langages y est implicitement 
renfermée. J'en conclus même quelque chose de plus absolu, 
ce que l'on appellera, si Ton veut, un paradoxe, et cela m'est 
bien égal : c'est que tout homme qui n'a pas soigneusement 
exploré les patois de sa langue ne la sait encore qu'à 
demi (1). > 

Le point de vue pour ce genre de recherches a changé, 
depuis Nodier. Aujourd'hui, la philologie s'attache de préfé- 
rence à l'étude : 1° de la phonologie, c'est-à-dire des sons 
d'un idiome, envisagés dans leur production et dans leurs 
modifications diverses ; 2° de la flexion, comprenant la décli- 
naison et la conjugaison ; 3° de la formation des mots ; 4° de 
Ja syntaxe. 

D'où il résulte qu'il n'est point d'idiome, si petit qu'ait été 

(d) Charles Nodier, Notions élémentaires de linguistique, 
p. 354. 



Digitized by VjOOQlC 



XVI 

son rôle dans l'histoire, qui n'ait sa grammaire et qui ne 
mérite d'être étudié pour soi. Si donc la philologie moderne 
rapproche les langues ou les dialectes et les étudie simulta- 
nément, c'est afin d'en déduire les rapports et d'en établir le 
classement, et non pas uniquement pour augmenter la con- 
naissance d'un idiome privé. Là est le point de vue nouveau, 
et la grammaire comparée y a gagné tout l'espace occupé 
autrefois par l'étymologie. 

Littré, avec plus de science, de méthode et de précision 
que Nodier, a écrit en tête de son Dictionnaire de la langue 
française (complément de la préface, p. 55), une page ma- 
gistrale sur les Dialectes et Patois 9 qui résume ce qui a été 
dit jusqu'aujourd'hui de plus sensé et de plus scientifique 
sur cette question. Le grand dictionnaire de Littré est aujour- 
d'hui dans toutes les bibliothèques, grandes ou petites, et je 
ne puis qu'y renvoyer. 

Je dirai encore, à la louange de votre recueil, que vous 
avez eu raison de citer, toutes les fois que l'occasion s'en est 
présentée, les couplets de vieilles chansons populaires, les 
anciens proverbes et dictons, les formules et formulettes, 
auxquels vous avez emprunté, en grand nombre, vos locu- 
tions et mots patois. Ce sont vos témoins, et ces citations 
rompent agréablement la monotonie d'une longue nomen- 
clature alphabétique. 

Je ne connais, jusqu'à présent, qu'une partie de vos chan- 
sons populaires, que vous m'avez communiquées à l'état 
d'épreuves. J'ai remarqué que la note enjouée et plaisante y 
domine. Je n'ai pas trouvé dans votre recueil de morceaux 
narratifs, d'une allure épique, ni des sujets dramatiques, 
sombres et fantastiques, comme il s'en rencontre si fré- 
quemment dans nos Gwerziou bas-bretons ; vous avez, en un 

(2) Paul Meyer, Revue critique, année 1866. 



Digitized by VjOOQlC 



XVII 

mot, de vraies chansons, et non des chants. Il en est de fort 
jolies et originales, comme, par exemple (les Sabots de la 
reine Anne, mis à part) : Les Filles des forges de Paim- 
pont, Ma Mignonnette, Le Petit Moine, etc. Cette der- 
nière a sa similaire, mais moins complète, dans le recueil de 
Max Buchon : Chants populaires de la Franche- Comté. 
D'autres ont une désinvolture librement paysanesque et réa- 
liste, qui a aussi son intérêt, pour l'étude des mœurs et des 
sentiments des populations rurales. 

Après votre livre et celui de M. Lucien Decombe, il n'y a 
plus guère qu'à glaner, dans votre département, en fait de 
chansons populaires ; mais il reste encore à recueillir les 
vieux contes de veillées de vos paysans, et il doit en exister 
de fort intéressants, dans un pays où Noël du Fail connaissait 
des conteurs émérites comme Robin Chevet, de Noyal-sur- 
Seiche. Vous vous rappelez le charmant tableau d'une veillée 
villageoise, dans la seconde moitié du XVI e siècle, qu'il nous 
a retracé au chapitre v de ses Propos rustiques (1). 

Les récits de ces anciens conteurs gaulois n'ont pas tous 
disparu avec eux ; que Ton cherche bien et l'on verra qu'ils 
ont laissé des élèves, héritiers de leurs trésors tradition- 
nels. Je le sais, par expérience personnelle, sinon dans votre 
département, dans d'autres qui y confinent. 

Je n'ignore pas que/ outre votre excellent livre : Géogra- 
phie pittoresque du département d'Ille-et- Vilaine, où vous 
n'avez pas oublié le chapitre des traditions populaires, vous 
avez disséminé, dans différents recueils périodiques, nombre 
de curieux récits, d'origine populaire, mais arrangés, mo- 
difiés et accommodés à l'usage d'un monde spécial, celui 

(1) Voir l'excellente édition critique des Propos rustiques de 
Noël du Fail, par M. A. de La Borderie, chap. v. — Paris, 
Lemerre, 1878. 



Digitized by VjOOQlC 



XVIII 

des enfants principalement. Nous voudrions les connaître, 
aujourd'hui, sous leur forme originelle, et tels qu'ils existent 
réellement dans la tradition orale, au risque de les avoir 
moins complets, plus décousus et d'un goût un peu moins 
épuré. 

Voilà donc, mon cher Orain, un but nouveau à vos recher- 
ches, à votre zèle et à vos connaissances spéciales en la ma- 
tière, pour compléter l'œuvre de Folk-Lore de PHle-et- Vi- 
laine, à laquelle restera attaché votre nom. 

En résumé, mon cher ami, et pour terminer cette trop 
longue lettre, vous avez fait un bon livre, qui vous est un 
titre nouveau et sérieux à la reconnaissance de vos com- 
patriotes, comme aussi à celle de tous les folk-loristes de 
France, et il serait à souhaiter que chacun de nos départe- 
ments possédât un ou deux chercheurs aussi laborieux, aussi 
intelligents et aussi heureux que* vous. 

Bien cordialement et confraternellement, 
F.-M. LUZEL. 

Quimper, le 3 avril 1886. 



Digitized by VjOOQlC 



GLOSSAIRE PATOIS 

DU DÉPARTEMENT D'ILLE-ET-VILAINE 



àbarger, v. a. Mettre en barge. (V. Barge.) (Dourdain.) 
Abegauder, v. a. Attraper. Se moquer de quelqu'un. (Rennes.) 

— Regarde-donc un chat sur le clocher. 

— C'est pas vrai, tu veuf m' abegauder. 

Aboiter, v. n. Trimer. (Louvigné du désert.) 

Abrazer, v. a. Briser, a Un chasseur abraze les haies, brise les 
haies. » (Arrondissement de Redon.) 

Abriver (s'), v. pr. S'élancer, s'abriver dans quelqu'un, c Comme 
il 8'abrive dans ma (s'abrive dans moi) ! Est-il abrivé ! (Est-il 
pressé d'arriver à son but.) (Arrondissement de Redon.) 

Achoc, s. m. Individu stupide. c C'est un être achoc. » (Arrondis- 
sement de Redon.) 

Acoter, v. a. Appuyer. (Dourdain.) 

Acousser, v. a. Jeter. « Acousse la balle » (jette la balle). 
(Argentré.) 

Acquit, s. m. Chose qui dure longtemps, t Cette robe m'a coûté 
cher, mais elle m'a fait de l'acquit. » (Tout le département.) 

Actonner, v. n. Bégayer. (Dourdain.) 

Adelaizi, adj. Désœuvré qui s'en va plaisantant tout le monde, 
n'ayant rien à faire, c Est-il adelaizi ! » (Arrondissement de 
Redon.) 

1 



Digitized by VjOOQlC 



Adsa, adv. Ge soir, c Nous mangerons la soupe adsa. » 
(Tresbœuf.) 

AFruTiAUx, s. m. pi. Outils. N'est pas pris ici dans le sens du 
vieux mot français affûtiau, bagatelle, affiquet, parure, etc. 
Les ouvriers dans les campagnes de l'arrondissement de 
Redon appellent leurs outils des afifutiaux. c As-tu apporté 
tes afifutiaux pour travailler? » 

Affourer, v. a. Donner à manger aux bestiaux, c Dis à la 
pàtoure d'aller afifourer les vaches. » (Arrondissement de 
Redon.) 

Agouvreux, s. m. Ménage de la mariée qu'on conduit chez le 
marié. (Bain.) 

Agrai-t-y. (fatums). Int. c Ça vous agrai-t-y? Cela vous plaît- 
il? » (Hédé.) 

Aguin, s. m. Petit houx des bois. Ruscus aculeatus. (Tout le 
département.) — On dit aussi dans les faubourgs de Rennes, 
en parlant d'un individu qui court les filles : « JR *st du 
aguin. » 

Aguibra, s. m. Mobilier vteux et usé. c Le pauvre aguibral » 
(Bain.) 

Ahan, s. m. Peur suivie de syncope. (Canton de Saint-Aubin- 
d'Aubigné.) — Ne pas confondre avec ahan, cri de fatigue d'un 
ouvrier qui fend du bois ou lève un fardeau. 

Ahener, v. pr. Se fatiguer, faire ahan. (La Guerche.) 

Aiche, s. f. Ver de terre dont se servent les pêcheurs pour amor- 
cer leurs lignes. (Arrondissement de Redon.) 

Aïe-va-donc! Expression très usitée sur le littoral de la Rance 

pour exciter les ânes à la marche. 
Aigremoine, s. m. Plante de la famille des rosacées. Agrimonia 

Eupatoria. 
Aiguilles-de-Berger, s. f. Plante de la famille des ombelli- 

fères qu'on appelle aussi Pçigne de Vénus. Scandùc pecten 

Veneris.L. (Fougeray.) 

Airelle, s. f. Myrtille des bois appelé aussi Lucet, Pouriot, etc. 
Vaccinium myrtUlus L, (Saint-Sulpice-des-Landes et Teillay.) 
Aller, v. n. 



Digitized by VjOOQlC 



Indicatif présent* 


Imparfait. 


Posté défini. 


Je vas. 


J'allas. 


J'alli. 


Tu vas. 


Tu allas. 


Tu allis. 


Il vas. 


11 allas. 


n allit. 


J'allons. 


J'allions. 


J'ai limes. 


VYallex. 


Walliez. 


VYallites. 


Us vont 


Y z'allas. 


Y z'allirent 



Au, s. m. Ali, ali, ali, cri des paysans pour appeler les 
abeilles lorsqu'elles essèment (voir Essemer). (Arrondissement 
de Redon.) 

Allumé, e, a4j. Personne qui a bu, qui est presque ivre. tEUe 
est allumée. » (Arrondissement de Redon.) 

Alojaune, s. m. Bruant, passereau conirostre. (Dingé.) 

Amain, s. m. Qui se fait naturellement, sans effort, c N'essayez 
pas d'ouvrir cette barrière à droite, vous la briseriez, son 
amain est à gauche. » (Arrondissement de Redon.) 

Amitonner, v. n. Mitonner. (La Guerche.) 

Amorphosé, e, adj. Personne amorphosée, métamorphosée. 
(Bain.) 

Amourette, s. f. Plante de la famille des graminées, appelée 
aussi tremble et brise tremblante. Briza média, L. (La Domi- 
nilais.) 

Amotonner, v. n. Se dit d'une sauce, d'une bouillie qui forme 
des grumeaux. (La Guerche.) 

Ampan, s. m. Mesure de 20 centimètres environ. Lorsqu'on 
ouvre la main toute grande, la longueur du pouce au médiun 
est un ampan. (Bain.) 

Andin, s. m. Foin mis en rayon par la faulx. (Saint-Médard- 
sur-Ille.) 

Ané, Anet, Anui, adv. Aujourd'hui, « II faut que je finisse anet 
ma besogne. » (Tout le département.) 

Anguille-de-has, s. f. Anguille de haie : couleuvre. (Arrondis- 
sement de Redon.) 

Anis, s. f. pi. Béquilles. (Tout le département.) 

AnneQuiner. v. n. Travailler péniblement. (V. Arricoter.) (Tout 
le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 4 — 

ànte, s. m. Arbre greffe. Se dit principalement des pommiers. 

Dicton : • Quand le crapaud chante, 
Pomme à Tante. • 

(Tout le département.) 

ànvin, s. m. Orvet, reptile. (Tout le département.) 

Apparessence, s. f. Apparence, « II y a cette année une belle 
apparessence de récoltes. » (Messac.) 

Appiéter, v. a. Appiéter un bouquet : aligner les fleurs entre 
elles et rogner les pieds au même niveau. (Saint-Médard-sur- 
Ille.) 

Apploner, v. a. Presser, tasser, étayer, mettre d'aplomb. (Fou- 
gères.) 

Armelle, s. f. Mauvais couteau. (Fougères.) On dit Asmelle dans 
l'arrondissement de Redon.) 

Armena, s. m. Almanach. 

Arodivé, e, adj. Se dit d'une personne restée petite. (Fougères.) 

Arolle, s. f. Foin étendu dans un champ et que Ton met en tas 
pour le charger dans la charrette. (Bain.) 

Arricoter, v. n. Travailler péniblement avec de mauvais ins- 
truments que la misère empêche de remplacer, c Ah ! ce sont 
des arricotiers. » (Tout le département.) 

Arricotier, s. m. Pauvre ère besoigneux qui n'a pas ce qu'il 
faut pour exercer son métier. Se dit ordinairement d'un petit 
laboureur qui n'a que de chétifs animaux et de mauvais ins- 
truments aratoires. (Tout le département.) 

Arrimer, v. a Installer, arranger des marchandises pour les 
mettre en vente. « Arrime-toi donc. » (Marchandes de Saint- 
Malo.) 

Arrocher, v. a. Jeter des pierres. « Il m'a arroché. » (Tout le 
département.) 

Arrossé, e, adj. Être à l'état de rosse. Les poissons d'un 
vivier qui ne grossissent pas sont arrossés. (Tout le départe- 
ment.) 

Asséyas, s. m. Siège, banc, tabouret, etc., sur lequel on 

s'asseoit. (Châteauneuf.) 
Assieter, v. a. Asseoir. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 5 — 

Assitoué, s. m. Siège quelconque. (Saint-Médard-sur-IHe.) 
Atelles, s. f. pi. Morceaux de bois à brûler qui ont été fendus. 

— Jette des atelles dans le feu. (Fougères.) 
Atrimer, v. n. Trimer. (Fougères.) 

Atsa, loc. prép. Ce soir. « Nous irons vous voir atsa. » (Arron- 
dissement de Redon.) 
Augear, s. m. Hangar, appentis, remise ouverte. (Bain.) 
Avanger, v. n. Avancer dans son travail. Se dit plus souvent 
dans le sens contraire. « Y n'avance à ren. » (Tout le dépar- 
tement.) 

Avange, s. f. Se dit d'un mets auquel on ajoute des pommes de 
terre, de la sauce, pour faire plus de volume. « Ça fait de 
l'avange. » 

Avats, s. m. pi. Bestiaux. (Arrondissements de Saint-Malo et de 
Fougères.) — On prononce aveilles dans l'arrondissement de 
Redon. 
Avène, s. f. Ayoine. (Arrondissement de Redon.) 
Avènement, s. m. Apparition surnaturelle, bruit mystérieux qui. 
annonce à quelqu'un la mort d'un parent ou d'un ami. — 
Croyance populaire des campagnes, principalement de l'arron- 
dissement de Redon. 
Avette, s. f. Abeille. « Les avettes vont essemer. » (V. essemer.) 

(Canton de Bain.) 
Avient, v. irrég. Faire facilement une chose. On dit d'un père 
qui porte son enfant : « Comme ça lui avient. » (Tout le dépar- 
tement.) 
Avieuter, v. a. Insulter quelqu'un. (Montfort.) 
Avoir, v. aux. 

Passé indéfini. Plus-que-Parfait. 

J'ai oïu. J'avais oïu, etc. 

T'as oïu. 

n ou elle a oïu. Futur antérieur. 

J'ons oiu. J'aurai oïu. 

VYavez oïu. 
Ils ou elles ont oïu. 

Avouiller, v. a. Jeter de l'eau, t n m'avouille », disent les en- 
fants, pour c il me jette de l'eau à la figure ou sur moi ». (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— « — 



Bada, s. m. Manière de faire. Façonner une servante à son bada ; 

à sa guise. (Bain.) 
Badie, s. f. Cerise sauvage. (Dingé.) 
Badier, s. m. Cerisier sauvage. (Dingé.) 
Badille, s. f. Cerise sauvage. (Bain.) 
Badiole, s. f. Cerise sauvage. (Arrondissement de Redon.) 
Badiolier, s. m. Cerisier sauvage. (Arrondissement de Redon.) 
Bagout, s. m. Bavardage. « Ce sont des bagouts. » (Rennes.) 
Baguenauder, v. n. Flâner. (Rennes.) 
Baillée, s. f. Bouche ouverte, action de bailler. 

c Le grand loup du bois a sorti 
Qu'avait la goule baillée, i 

(Chanson de la forêt de Paimponj.) 

Baire, v. a. Boire. (Tout le département.) 

Baiser, s. m. Partie non cuite d'un pain qui, dans le four, tou- 
chait à un autre pain. (Fougères.) 

Baissière, s. f. Liquide du fond d'un tonneau. Lorsqu'une bar- 
rique de cidre est presque vide, on dit : t Oh ! le mauvais cidre, 
c'est la baissière. » (Tout le département.) 

Baite et Boite, adj. des deux g. Ivre.« Cet homme est baite : » 
cet homme est ivre. On dit aussi «Il sent la baite,i c'est-à-dire 
la boisson. (Tout le département.) 

Bajeu, s. m. Sorte de gâteau. « Oh ! les bons bajeux. » (Fougères.) 

Balai, s. m. Toit, auvent. — c Pêche de balais, » moineau des 
toits. (Tout le département.) 

Balai-de-Silenge, s. m, Roseau à balai, — Çhragmites corn- 
munis. (Fougeray.) 

Balivar, s. m. Baliveau. Jeune arbre de haute ftitaie. (Teillay.) 

Ballière, s. f. Paillasse remplie de balles d'avoine ou de floche, 
sorte de grande graminée des boia appelée Molinia çmulea. 
(Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 7 — 

Ballinot, s. m. Petite paillasse d'enfant pauvre remplie de 
balles d'avoine, c'est-à-dire de renveloppe florôalede l'avoine. 
(Tout le département.) 

Balluchon, s. m. Petit paquet comprenant tous les vêtements 
que les domestiques possèdent lorsqu'ils vont se gager, ou 
quand ils quittent leurs maîtres. (Tout le département.) 

Baloce, adj. et subs. Bavard, bavarde. « Oh! la vilaine ba- 
loce. » (Rennes.) 

Balyer, v. a. Balayer, c n fant balyerla maison; allons, balaye 

donc. (Tout le département.) 
Banner, v. n. Pleurer. (Tout le département.) 
Baôdet, s. m. Ane. (Plerguer.) 
Baragouiner, v. n. Parler un langage incompréhensible. — 

De bar a, pain, et de gouin, vin. (Tout le département.) 

Barassiaux, s. m. pi. Objets sans valeur et embarrassants. 

« J'ai tant de barassiaux que je ne sais où les mettre. » (Tout le 

département.) 
Barattée, s. f. Quantité de lait mis dans la baratte. « Oh ! la 

belle barattée de lait f » 

Barge, s A. Meule de paille, de foin ou de fagots. (Tout le dépar- 
tement.) 

Barguigner, v. a. Discuter, marchander. Ne terminer une 
affaire qu'après de longues objections. (Tout le département.) 

Barquet, s. m. Baquet. (Tout le département.) A Dingé on 
appelle barquet la mangeoire où mangent les chevaux. 

Bas, s. m. Sud. « Le vent est de 1m». » (Dourdaha.) 

Basgoule, s. m. Naïf qui baille aux corneilles. (Environs de 
Rennes.) 

Basse-Heure, s. f. Il est basée-heure, fl est tard, la nuit vient. 
« Il est temps de partir, car il est basse-heure. » (Arrondis- 
sement de Redon.) On dit Baêse-houre dans l'arrondissement 
de Vitré. 

Bassin, s. m. Être fastidieux, bavard, assommant. (Rennes.) 

Bassinant, adj. Fatigant. (Rennes.) 

Bassin-d'or, s. m. Renoncule des champs appelée aussi pied- 
de-coq. Ranunculus borœanus Jordan. (Fougeray.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 8 — 

Bassiner, v. a. Ennuyer. (Rennes.) 

Rassouillkr, v. n. Parler beaucoup et d'une façon incompré- 
hensible. (Tout le département.) 
Bassouilleur ou Bassouillard, s. m. Qui parle beaucoup et 

indistinctement. m 

Bassouilleuse ou Bassouillarde, s. f. (V. Bassouilleur). 

(Tout le département.) 
Bat-de-la-Hanne. Se dit d'un flâneur, d'un paresseux qui s'en 

va doucement battant de la hanne, c'est-à-dire promenant sa 

culotte. (Bain.) 
Bâtée, s. f. La charge d'un âne. € Votre âne a une trop forte 

bâtée. » (Saint-Suliac.) 
Bàton-de-Jacob, s. m. Asphodèle des bois, plante de la famille 

des liliacées. Asphodelus albus. (Rennes.) 
Bàton-du-Diable, s. m. Plante de la famille des composées. 

Cirsium palustre. (La Dominelais.) 

Battoué, s. m. Battoir des lavandières. (Tout le département.) 

c Mon battoué est cassé, digue don, ma dondaine. i 

(Chanson de la forêt de Paimpont.) 

Baubillon et Bobillon, s. m. Radoteur. « Oh! le petit 
bobillon ! » 

Baubillonne et Bobillonne, s. f. Radoteuse. (Tout le dépar- 
tement.) 

Baubillonner et Bobillonner, v. n. Radoter. — Ce mot vient 
de baube, qui lui-même dérive du latin balbus. 

Bave-de-Coucou, s. f. (V. Crachat-de-coucou.) (Arrondissement 
de Redon.) 

Bavou, se, adj. Qui bave. « Enfant bavou. » Homme qui envoie 
de la salive en parlant. « Le sale bavou. » (Tout le départe- 
ment.) 

BÉ, s. m. Bec. (Saint-Suliac et Plerguer.) 

Bec-de-Grue, s. m. Plante de la famille des géraniacées appelée 
aussi Herbe à Robert. Geranium-robertianum. (Sainte-Anne- 
sur-Villaine.) 

Beda, s. m. Paysan. C'est presque une injure. « Le vilain gros 
beda ! 4» (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 9 - 
Bedailler, y. a. Tirer des coups de fusil. (Bain.) 

Bedet, te, sub. Mignon, gentil, aimable. En parlant des enfants : 
« Mon petit bedet, ma petite bedette : » mon petit mignon, ma 
petite mignonne. (Ghàteauneuf.) 

Bediou, s. f. Cerise. (Plerguer.) 

Bedoluer, s. m. Cerisier. (Plerguer.) 

Bedon, s. m. Bedaine, gros ventre. (Tout le département.) 

Bedouaud (Soleil du), s. m. La lune. Se dit d'un coureur de 
nuit, qui fait ses coups au soleil du Bedouaud. (Fougères.) 

Bedoue, s. m. Roseau des marais de Dol et de Ghàteauneuf, 
employé pour la couverture des maisons. € Maison couverte en 
bedoue. » 

Bedouffle, s. f. Enflure causée par une piqûre d'insecte. (Tout 
le département.) 

Bedouiner, v. n. Promener doucement en bedouinant, en 

rêvant. (Bain.) 
Bègaud, s. m. Badaud qui s'arrête à chaque instant pour 

regarder avec une curiosité niaise. (V. Ba&goule.) (Tout le 

département.) 

Beiller, v. n. Beugler. « La vache beille, » pour « la vache 
beugle. » Pleurer. On dit d'un enfant qui pleure. : « Il beille 
comme une bête! » (Arrondissement de Redon.) 

Belinge, s. f. Grosse étoffe, sorte de bure fabriquée dans le 
pays. (Redon.) 

Belou, se, adj. et sub. Boudeur, boudeuse, sournois, sournoise. 
« Le vilain belou. » (Arrondissement de Redon.) 

Beluette, s; f . Étincelle. « Le châtaignier est un mauvais bois 
pour brûler, il fait trop de beluettes, » il produit trop d'étin- 
celles. (Bain.) 

Bener et Beuner, v, n. Pleurer. « As-tu bentôt fini de bener? » 
(Bain.) 

Ber, s. m. Berceau. « C'est le ber à notre petit gas. » Se dit 
aussi des pierres branlantes, monuments druidiques. « C'est le 
ber aux fées. » (Tout le département.) 

Berbis, s. f. Brebis, prononcer berrbis. (Arrondissement de 
Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 10 — 

Berchet, s. m. Derrière, postérieur. (Vitré.) 
Berciller, v. n. Agiter les paupières. (Argentré.) 
Berdasse, s. f. Femme radoteuse. « Est-belle berdasse ! » 
Berdasser, v. n. Radoter. 

Berdassier, s. m. Qui radote. Au féminin, berdassière. 
Berdasseries, s. f. pi. Radotages. (Tout le département.) 
Berlinguin, s. m. Nom donné au cimetière de Rennes. 
Berne, s. f. Couverture de coton fabriquée dans le pays. (Saint 

Médard-sur-Dle.) 
Bernique, s. f. Coquillage des rochers de la Manche qu'on va 
pour enlever et qui se colle avec une telle force qu'il est im- 
possible de l'avoir, Bernique! Mot de refus : se dit, à Rennes, 
en plaisantant, t Tu voudrais bien me suivre, mais bernique. » 

Berouet, s. m. Bouillon d'une soupe claire et maigre. (Bain.) 

Berouette, s. f. Brouette. (Tout le département.) 

Berrouée, s. f. Broussaille. « Le lapin s'est fourré dans la 

berrouée. » (Bain.) 
Berruchet, s. m. Petit oiseau (troglodyte). Appeler un enfant 

berruchet à Plerguer, c'est lui faire injure en lecomparantà ce 

pauvre petit oiseau. 
Berrughot, s. m. Petit oiseau (troglodyte). (Arrondissement de 

Redon.) 
Bersinier, s. m. Peigneur de laine. (Bain.) 
Besaigre, adj. Cidre aigre-doux. (Tout le département.) 
Besouan, s. m. Besoin. (Plerguer.) 

Betayer, v. a. Déranger une pendule, une montre, c Laisse ma 
montre tranquille, tu vas la betayer/» (Champeaux.) 

Bête-au-da, s. f. Bète-au-doigt. Onglée. (Arrondissement de 

Rennes.) 
Bêtes, s. f. pi. Animaux d'une étable, troupeau, « Va chercher 

les bêtes dans la prée. » (Tout le département) 
Bette, s. f. Betterave. (Tout le département.) 
Betoire, s. m. Lieu où l'eau se perd dans la terre. — Boit-tout. 

(Saint-Pern.) 

Betun, s. m. Tabac. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 11 — 

Betuner, v. n. Priser. (Tout le département. ). 

Betunier, s. m. Priseur. — Au féminin betunière, betuneuse. 

(Tout le département.) 
Beu, s. m. Bœuf. (Plerguer.) 
Beuatre, s. f. Instrument servant à mettre du fourrage aux 

bestiau*. (SaimVAubin-d'Aubigné.) 
Beulot, s. m. Petit tas. (Gennes.) 
Beuzin, s. m. Lambin. (Bain.) 

Bézer, v. a. Frapper, c J'vas te bézer. » (Tout le département.) 
Bezille, s. f. Poire sauvage. (Dourdain.). 
Biau, adj. Beau. « Les biaux effets, les biaux vêtements.» (Tout 

le département.) 
Bie, s. f. Cruche à cidre. De l'ancien mot buire qui a servi à 

faire burettes. (Fougères.) 
Bien-de-lune, s. m. Bien volé la nuit. Bois de lune, grain de 

lune. (Bain.) 
Bigne, s. m. Berger. (Saint-Aubin-d'Aubigné.) 
Bigner, v. a. Regarder une chose avec convoitise. « Il a bignô 

les fruits de notre courtil. » (Tout le département.) 

Binot, s. m. Ventre des petits enfants. « Il a bien dîné, son 

binot est plein. » (Arrondissement de Redon.) 
Bique, s. f. Chèvre. — Vêtement de peau de chèvre ou de 

mouton. (Tout le département.) 
Birri, s. m. Mouton. Il y a à Bain la fontaine des quatorze 

birris, des quatorze moutons. 

Biser, v. a. Embrasser. « Viens, mon gas, que j'te bise. » (Tout 
le département.) 

Bisquer, v. n. Tourmenter, vexer. Faire bisquer, faire endêver. 
(Tout le département.) 

Biter, v. a. Toucher. « Vous avez les mains sales, ne me bitez 
pas. » (Tout le département.) 

Biton, s. m. Chevreau. (Arrondissement de Redon.) 

Bitrou, s. m. Pâtre. (La Guerche.) 

Blaighe ou Blèghe, adj. Méchant, sournois, qui frappe ou 
commet une mauvaise action en se cachant. (Tout le dépar- 
tement.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 12 — 

Blaigher ou Blé.cher, v. a. Faire du mal en se cachant. (Tout 
le département.) 

Blé-de- Vache, s. m. Plante des champs. Rhinanthus arvense. 
(Langon.) 

Blena, s. m. Blé noir, sarrazin. (Arrondissement de Redon.) 

Bleu, s. m. Nom donné aux Républicains pendant la Révolution 
de 4789. t Cachez-vous, les chouans, voici les bleus. » (Tout le 
département.) 

Blosse, s. f. Fruit du prunellier qui sert à faire une liqueur. 
(Tout le département.) 

Bobenne, s. f. Femme distraite. (Dourdain.) 

Bober, v. n. Regarder quelqu'un ou quelque chose avec éton- 
nement, pendant longtemps, d'un air stupide. (Tout le dépar- 
tement.) — Se dit aussi d'une personne qui s'endort. <r Elle 
bobe. » (Bain.) 

Bobillon, ne, s. Rabâcheur, rabâcheuse. (Tout le département.) 

Bodet, s. m. Petit veau. (Le Grand Fougeray.) 

Bœufs, s. m. pi. Fruits de l'églantier. (Arrondissement de 

Redon.) . 
Bogue, s. f. Enveloppe épineuse de la châtaigne. (Tout le 

département.) 

Boguille, s. f. Châtaigne non parvenue à maturité. (Dourdain.) 

Boguillé ou Boguillou, adj. des deux g. Personne qui a les 
yeux chassieux. « Elle a les yeux boguilloux. » (Arrondisse- 
ments de Vitré et de Redon.) 

Boinou, s. m. Mauvais ouvrier qui n'avance pas à la besogne. 
(Châteaugiron.) 

Bois-a-la-Bête, s. m. Troène, arbrisseau à fleurs blanches. 

Boisilleu, s. m. Bûcheron. (Forêt de Tanouarn en Dingé.) 

Bois-Punais, — Bois-Joli, — Bois-a-Sainte-Lucie. — Arbris- 
seau de la famille des Amygdalées. Cerasus Mahaleb. (Fouge- 
ray.) 

Boissonner (se), v. pr. S'enivrer. (Fougères.) 

Boissonnier, s. m. Ivrogne. (Fougères.) 

Boite, adj. des deux g. (Voir Balte.) (Fougères.) 

Boiter (se), v. pr. S'enivrer. (Fougères.) 



Digitized by VjOOQlC 



- la — 

Boîtier, s. m. Bûcheron, ouvrier qui travaille le bois. (Dourdain.) 

Bolée, s. f. Bol plein de cidre de la contenance d'un demi- 
litre. » Servez-moi une bolée. » (Tout le département.) 

Boncorps, s. m. Robuste. « C'est un boncorps: » c'est un 
homme fort. (Guipel.) 

Bonhomme-Grille, s. m. Plante de la famille des fumariacées. 
Fumaria borœi. J. (Arrondissement de Redon.) 

Bonne-Sente. Bonne odeur. « Via un bouquet qui a bonne 
sente. » (Bain.) 

Bonhommiau, s. m. Vieillard rabâcheur. Au pluriel, des Bon- 
hommiaux. (Rennes.) 

Bonshommes, s. m. pi. Fleurs de la famille des Amaryllidées. 
Perce^neige et Narcisse. (Bain.) 

Borgniard, s. m. Mouche de forêt, qui pique les chevaux et 
les vaches. (Dingé.) 

Bori, s. m. Taureau. (Saint-Grégoire.) 

Bouc, s. m. Petite crevette. (Littoral de la Manche.) 

Boucard, s. m. Instrument qui sert à couper le marc de 
pommes dans le pressoir. (Dourdain.) 

Boudet, te, s. Se dit des enfants, t Est-il boudet! Est-elle bou- 
dette, » c'est-à-dire mignon, aimable. (Le Minihic.) (V. Bedet.) 

Boudiner, v. n. Aller manger du boudin, de la saucisse, chez 
un parent ou un ami qui a tué un cochon, c Je vas boudiner 
chez mon cousin Malœuvre. » (Canton de Bain.) 

Bouée, s. f. Broussaille. (V. Brousse.) (Dourdain.) 

Bouene, s. f. Mauvaise ouvrière. (Fougères.) 

Bouener, v. n. Travailler malproprement. (Tout le départe- 
ment.) 

Bouenou, s. m. Mauvais ouvrier. Se dit aussi d'un individu qui 
furette, qui cherche à savoir quelque chose, qui écoute ce 

.. qu'pn dit. t C'est un petit bouenou. » (Châteaugiron.) 

Boueton, s. m. Gros sabot. (Dourdain.) 

Bougonner, v. n. Maugréer. (Tout le département.) 

Bougre, Bougresse, Bougrine, excl. Jurons. « Vilain bougre ! 
Sacrée bougresse! Nenni, bougrine, je n'frai point ça. »(Tout 
le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 14 — 

Bouillon, s. m. Boue, Les chemins sont pleins de bouillon. 

(Bain.) 
Bouillon-Blanc, s. m. Plante de la famille des Yerbascées. 

Verba$cum thapsus. (Tout le département.) 

Bouillonner, v. a. Salir de boue. € Il a bouillonné ma blouse. » 

(Arrondissement de Redon.) 
Bouillonnoux, gE, adj. Couvert de boue. • Un chemin bouillon- 

noux, une blouse bouillonnouse. » (Arrondissement de Redon.) 

Bouinias, s. m. Habitants de Bain. (Arrondissement de Redon.) 

Bouquer, v. a. Bouder. (Dourdain.) 

Bouquet, s. m. Toutes les fleurs sans exception. Un paysan du 

canton de Bain vous dira, en vous offrant une seule fleur : 

« Voulez-vous mon bouquet ?» Le mot fleur est presque 

inusité* 
Bourdaine, s. f. Arbrisseau des bois. Bhammts Franffula. (Tout 

le département.) 
Bourde, e, adj, Gharriot bourde, charrette bourdée, c'est-à-dire 

embourbés, arrêtés dans une ornière. (Arrondissement de 

Redon.) 
Bourder, v. n. Embourber. « C'est un mauvais charretier ; il est 

toujours bourde. » (Arrondissement de Redon.) 
Bourdin, s. m. Boudin. (Plerguer.) 

Bourgeois, se, s. Toutes les personnes de l'arrondissement de 
Redon, un peu à l'aise, appellent leurs maris noV bourgeois. 
De môme, quand on entre dans une ferme, si on veut parler 
à la fermière, on dit : « La bourgeoise est-elle là ? » 

Bourgotter, v. a. Travailler avec peine. Un vieillard qui n'a 
plus la force de travailler bourgotte. (La Guerche.) 

Bourrier, s. m. Grain de poussière, a II a un bourrier dans 
l'œil. » (Bain.) 

Bourriers, s. m. pi. Mauvaises herbes, ordures. (Tout le dépar- 
tement.) 

Bourroler, y. n. Marcher en se dandinant à la manière des 
canes. (Louvigné de Bais.) 

Boursée, s. £. Bourse pleine d'or ou d'argent, « Il a trouvé une 
bourséed'or. » (Essé.) 



Digitized by VjOOQlC 



-45- 

Boursouuê, s. f. Brouette. (Bain.) On dit Boutsoule dans l'ar- 
rondissement de Saint-Malo, à Plerguer, notamment. 

Boursoulée, s. f. Brouette pleine. « Une boursoulée de sable. » 
(Presque tout le département.) 

Bousée, s. f. Tas de fiente de bœuf, de vache. (Tout le. dépar- 
tement.) 

Bouteillée, s. f. Bouteille pleine de cidre ou de vin. « feutrions 
ben une bouteillée de cidre. » (Tout le département.) 

Bouter, v. n. Se tenir debout. Ou bien encore placer bout 
à bout. (Châteaubourg.) 

Bouton-d'Argent. — Renoncule blanche des jardins. (Fou- 
geray.) 

Bouton-d*0r. — Renoncule jaune des champs. (Tout le dépar- 
tement.) 

Bouziller, v. a. Faire un travail inutile, du le faire sans soin. 

Bouzilleur, Bouzilleuse, s. Qui bouzille. 

Bouzillou, s. m. Un bouzillou est une personne qui ne travaille 
pas sérieusement, qui perd son temps à faire des choses inu- 
tiles. (Arrondissement de Redon.) 

Bouzine, s. f. Vessie. (Tout le département.) 

Braies, s. f. Culotte. Prononcer Brées. (Bain.) 

Braire, v. n. pleurer. (V. Brève.) 

Brané, e, adj. Crotté. « Est-il brané! » Est-il crotté. (Dingé.) 

Branloire, s. f. Balançoire. (Arrondissement de Montfort.) 

Brandouiller, v. a. Balancer, « Vlà des enfants qui se bran- 

douillent. » (Gennes.) 
Brangé, e, adj. Trempé de sueur. « J'ai tant couru que je suis 

brangè. » (Saint-Médard-sur-Ille.) 
Brayée, s. f. Longue conversation. Temps perdu. (Bain.) 

Brées, s. f. pi. Les brées, les bas, le pantalon. Pour les femmes, 

les bas. (Bain.) 
Breilles, s. f. pi. Pantalon. (Plerguer.) 
Brêlé, e, adj. Se dit de quelqu'un qui a les jambes mouillées 

par la rosée. « II est brêlé. » (Bain.) 
Brelinguette, s. f. Clochette.. (DourdaÛL> 



Digitized by VjOOQlC 



-16- 

Brenée, s. f. Repas des animaux. On dit aussi, quand on a 

mangé une grande écuellée de soupe ou de lait : c J'ai pris ma 

brenée. » (Environs de Rennes.) 
Brère, v. n. Pleurer, c n 6ré, le pauvre èfant. » 
Brin, loc. adv. Un peu. « J'ai dansé un brin. » Brin, sub. On 

dit en parlant d'une belle fille. « C'est un beau brin de fille. » 

(Tout le département.) 
Broc, s. m. Prononcer Bro. Petite fourche en fer qui sert à 

mettre le foin dans les râteliers des bestiaux. (Arrondis- 
sement de Redon.) 
Brocher, v. a. Tricoter. (Tout le département.) 
Broches, s. f. pi. Aiguilles à tricoter. (Tout le département.) 
Bronée, s. f. Repas des animaux, « La vache garette a eu sa 

bronée. » (Betton.) 
Brosilles, s. f. pi. Brindilles de bois. (Bain.) 
Brou, s. m. Lierre. (Tout le département.) 
Brousse, s. f. Broussaille. Lapin de brousses. (Arrondissement 

de Redon.) 
Brouton, s. m. Jeune veau. (Dourdain.) 
Broutu, adj. Couvert de lierre, t Pignon broutu : » pignon d'une 

maison couverte de lierre. (Bain.) 
Brûlerie, s. f. Incendie. « La brûlerie a commencé par l'étable. » 

(Arrondissement de Saint-Malo.) 
Brunette, s. f. Fauvette des haies appelée traîne-buisson. 

(Dingé.) 
Buaille, s. f. Fagots de genêts ou de broussailles pour chauffer 

le four. (Bain.) 
Bûcher, v. a. Tailler la soupe. « As-tu bûché la soupe? » Couper 

le pain pour mettre dans la soupe. (Cardroc.) 
Buaret, s. m. Buisson. (Dourdain.) 
Bue, s. f. Grande cruche en terre qui sert pour aller chercher 

de l'eau à la fontaine. (Saint-Just.) 
Buée, s. f. Lessive. (Bain.) 
Buie, s. f. Grande cruche en terre qui sert pour aller chercher 

de l'eau à la fontaine. (Bain.) 
Butté, e, adj. Découragé. «Je n'ai pu de cœur au travail, je suis 

butté. » (Arrondissement de Montfort.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 47 - 



Ca, s. m. Nourriture, friandise, tout ce qui se mange. « C'est 
chez M. le curé qu'on mange de bon ca. » C'est du bon ou du 
mauvais ca. (Bain.) 
Caboche, s. f. Tête, grosse caboche. (Arrondissement de 

Redon.) 
Cabosse, s. f. Bosse au front, à la figure, suite de coups, défor- 
mation. 
Cabosser, v. a. Déformer. « Il a cabossé son chapeau. » 

(Arrondissement de Redon.) 
Caca, s. m. Ordures. (Tout le département.) 
Cachignard. s. m. Chicanier. (Tout le département.) 
Cachigner, v. a. Chicaner. (Tout le département.) 
Cachot, s. m. Grand panier en osier. (Arrondissement de 

Redon.) 
Cadoret, s. m. Jeu d'enfant. Sorte de tonton composé d'un 
bouton de culotte traversé d'une cheville sur laquelle on le fait 
tourner. (V. Pinu.) (Bain.) 
Cafoin, Cafignon, s. m. Mauvais café. (Fougeray.) 
Cagibi, s. m. Hangar, appentis de décharge. (Tout le dépar- 
tement.) 

7 x 

Caguena, s. m. Cadenas. (Tout le département.) 

Gaillelait, s. m. Plante de la famille des rubiacées. Galium 

verum. (Tout le département.) 
Cailles et Caillebottes, s. f. pi. Lait caillé, le plus souvent 

cuit. (Tout le département.) 
Caillibote, s. f. Fleur d'un arbrisseau, appelée aussi Boule-de- 

Neige. (Messac.) 
Caillibotier, s. m. Arbrisseau connu sous le nom de Viorme. 

Viburnum opulus. (Bain.) 
Cajot, s. m. Petit panier plat, presque sans bords, dans lequel 

on vend à Rennes des cerises, des fraises, des petits pois. 

2 



Digitized by VjOOQlC 



- 18 — 

On dit un cajot de fraises, un cajot de cerises, c Combien le 
cajot?» 
Calbasson, s. m. Grand panier de bourdaine qui sert principa- 
- lement aux tanneurs pour transporter le tan. (Tout le dépar- 
tement.) A Gennes on dit Carbasson. 

Caneçon, s. m. Caleçon, c II n'a pas mis son caneçon de bain. » 
(Rennes.) On dit aussi dans les faubourgs de Rennes en par- 
lant d'un jeune homme qui court les filles: « n est du 
caneçon. » 

Canette, s. f. Jouet d'enfants : billes. (Tout le département.) 

Gani, s. f. Caneton, petit canard. On appelle les canetons: Corn, 
cani, caniy cont, pour leur donner à manger. (Gennes.) 

Canias, s. m. Goéland. (Bords de la Manche.) 

Caniau, s. m. Petit chien. (Dourdain.) 

Canne, s. f. Petite sonde en fer-blanc qui sert à extraire du 
cidre par la bonde d'un tonneau. (Gennes.) 

Canner, v. a. Opération qui consiste à extraire du cidre d'un 
tonneau non percé au moyen d'une sonde introduite dans la 
bonde. (Gennes.) 

Canot, s. m. Mesure pour les grains. (Fougères.) 

Cape, s. f. Capuchon qui recouvre les coiffes des femmes du 

littoral de la Manche. 
Caperiole, s. f. Cabriole. (Arrondissement de Redon.) 

Capot, s. m. Capuchon destiné à recouvrir les coiffes des 
femmes de la campagne lorsqu'elles sont en deuil, ou lors- 
qu'elles veulent se préserver de la pluie. (Arrondissement de 
Redon.) 

Carmiole, s. f. Vêtement serrant la taille des paysans. (Dour- 
dain.) 

Carrau, s. m. Blé noir. (Fougères.) 

Carreau, s. m. Plancher. « Il est tombé sur le carreau. » (Tout 
le département.) 

Casse, s. f. Lard rôti au four. (Bain.) 
Casterolle, s. f. Casserole. (Tout le département.) 
Castilles, s. f. pi. Groseilles en grappes. (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 19 — 

Gastiluer, s. m. Groseiller qui produit des groseilles en grappes. 
(Bain.) 

Gastonade, s. f. Cassonade, sucre. (Tout le département.) 

Gat, s. m. Chat. (Fougères.) Ce mot vient de la Normandie. 

Catelonne, s. f. Couverture de laine. (Saint-Médard-sur-Ille.) 

Gatiole, s. f. Grande coiffe de femme retombant sur les 
épaules. (Tout le département.) On appelle aussi Gatiole, dans 
le canton de Saint-Aubin-d'Aubigné, la digitale, plante des 
terrains schisteux: Digitalis purpurea. L. 

Cepiller, v. a. Houspiller. (Tout le département.) 

Cerclière, s. f. Châtaigneraie. — Taillis de châtaigniers pour 

faire du cercle. (Tout le département.) 
Cerise, s. m. Marmelade de cerises. (Redon.) 

Gernayer, v. a. Faire le tour d'une place, d'une table, d'une 
chambre. (Cardroc.) 

Ghable, s. m. Herse. Instrument de labourage. (Saint-Médard- 
sur-Ille.) 

Ghabler, v. a. Synonyme de herser. Passer la herse dans un 
champ. (Canton de Saint-Aubin-d'Aubigné.) 

Ghaffourer, v. a. Poursuivre, effrayer un chat ou un chien. 
(Tout le département.) 

Chaigne, s. f. Chaîne. « Prends la chaigne du puits pour aller 
tirer de l'eau. » (Tout le département.) 

Chaire, s. f. Chaise. « Prenez une chaire et siétez-vous. » 

Ghaitre, v. n. Choir, tomber. Il va chaltre, il va tomber 
(Dingé.) 

Ind. présent. Je chas, tu chas, il chas. 

Ghambranler, v. n. Ne pas tenir debout, ne pas être 

d'aplomb. « Quand j'ai bu uq coup, je chambranle. » (Tout le 

département.) 
Ghahbreu, s. m. Bruant, oiseau de la famille des granivores. 

(Bain.) 
Chamillard, s. m. Boisson faite avec le marc des pommes. 

(Rennes.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 20 — 

Champagne, s. f. Grand champ. (La Guerche.) Synonyme de 
Domaine, de l'arrondissement de Redon. 

Chandelle, s. f. Arum des haies, appelé aussi Gouet, Arum 
maculatum. (Bain.) 

Chanteau ou Chantiau, s. m. Ghanteau de pain, croûton de 
pain. (Arrondissement de Redon.) 

Chaôsses, s. f. Bas. « Pouille donc tes chaôsses. » (Plerguer.) 

(V. Chatmes.) 
Chapet ou Chapiau, s. m. Chapeau. (Tout le département.) 

Chaput, s. m. Petit billot de bois dans la cour des fermes. 

(Saint-Gilles.) 
Charte, s. f. Charrette. (Tout le département.) On dit cherté 

dans l'arrondissement de Saint-Malo, du côté de Plerguer. 

Charpelouse, s. f. Chenille. (Arrondissement de Redon.) 

Chas, s. f. Herse. (Guipel.) 

Chassou, s. m. Chasseur. Des chaeeoux. (Tout le département.) 

Chatter, v. a. Herser. (Guipel.) 

ChaT'D'Écuré, s. m. Écureuil. « En revenant de la messe, j'ai 
vu un biau chat d'écuré. » (Arrondissement de Redon.) 

Chat-huchet, s. m. Ghat-huant (chat qui huche). (Canton de 
Saint-Aubin-d'Aubigné.) 

Chatrou, s. m. Homme qui châtre les animaux. (V. Gourou.) 
(Saint-Germain-sur-Ille.) 

Chaudebaire, adj. État d'ébriété. « Cet homme est chaude- 
baire, » c'est-à-dire gris, demi-ivre. (Tout le département.) 

Chauminerie, s. f. Chaumière, chaumine. « C'est que j'aperçois, 
guenillon, ma chauminerie. » (Vieille chanson de TUle-et- 
Vilaine.) 

Chausses, s. f. Bas. € J'ai les chausses mouillées. » (Redon.) 

Chauvire, v. n. Sourire. € Tiens, comme il chauvit. Il est ben 
content. » (Arrondissement de Fougères.) 

Ghé, adj. Cher, qui coûte beaucoup, « Je n'achèterai pas ça, 

c'est trop ché. » 
Cheier, v. n. Choir. 



Digitized by VjOOQlC 



— 21 — 



Indicatif présent. 


Imparfait. 


Passé défini. 


Je chais ou je ché. 


Je chéiais. 


Je cbéis. 


Tu chais ou tu chés. 


Tu chéiais. 


Tu chéis. 


Il chait ou il ché. 


Il chéia. 


Il chéit. 


J'cheions. 


Je chéiions. 


Je chéimes. 


Vcheiex. 


Vchéiiez. 


Tchéites. 


Us chaitent. 


Ils chéiaient. 


Ils chéirent. 



Ghen, s. m. Chien. On dit aussi de quelqu'un qui est malin, 
rusé : « Est-il chen! » (Arrondissement de Redon.) 

Ghenillard, s. m. Tricheur. On dit aussi : Tu chenillardes, 
pour : tu triches. (Rennes.) 

Gheniller, v. n. Tricher. « Tu chenilles, tu triches. » (Rennes.) 

Chenu, adj. m. Bon. « Vlà de bon cidre, c'est du chenu. » 
(Bain.) 

Chenucher, v. n. Pleurer. (La Guerche.) 

Cherdir, v. a. Caresser. « Il cherdit les filles : il caresse les 
filles. » (Arrondissement de Redon.) 

Chère ou Chèse, s. f. Chaire d'église, t Qu'a dit le prêtre en 
chèse? » (Tout le département.) 

Chérette, s. f. Petite charrette. (Pipriac.) 

Ghérue, s. f. Charrue. '(Plerguer.) 

Chéruer, v. a. Labourer avec la charrue. (Plerguer.) 

Gheuilne, s. m. Chêne. (Plerguer.) 

Cheuilre, s. t. Chaise. (Plerguer.) 

Cheveux-du-Diable. Plante de la famille des cuscutées. « Cu$- 
cuta epilinum. » (La Dominelais.) 

Chevir (S'en), v. pr. S'en rendre maître. « Cet enfant est si 
méchant que je ne puis m'en chevir. » (Tout le département.) 

Chèvre, s. f. Grosse sauterelle. (Bain.) 

Chian, s. m. Chien. (Plerguer.) 

Chias, s. m. Grande barrière d'un champ. (Fougeray.) 

Chiaugeron. Châteaugiron, chef-lieu de canton de l'arrondis- 
sement de Redon. 

Chieu, s. m. Clos. (Canton de Bain.) 

Chinau ou Chinao, s. m. François, prénom d'homme. (Pler- 
guer.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 22 — 

Chinchée, s. f. Prise de tabac, c Voulez-vous une chinchée? i 

(Tout le département.) 
Chincher, v. n. Priser du tabac. (Tout le département.) 
Chinchoirx, s. f. Tabatière. (Tout le département.) 
Chinchon, s. m. Chéri, préféré. En parlant d'un enfant : 

« Celui-ci, c'est mon petit chinchon : » mon petit Benjamin. 

Chinchonner, v. a. Caresser. « Pauvre petit, il a besoin d'être 
chinchonné. » (Tout le département.) 

Ghinte, s. f. Fourrière d'un champ remplie de fougères et de 
mauvaises herbes. (Dourdain.) 

Chiottes, s. f. pi. Latrines en plein air. (Arrondissement de 

Redon.) 
Chiper, v. a. Voler. (Dourdain.) 
Chipeur, s. m. Voleur. (Dourdain.) 
Ch'mineuille, s. f. Cheminée. (Plerguer.) 
Choc, s. m. Socle, soulier à semelle de bois, c Pva$ prendre 

mes chocs. » (Environs de Rennes.) 

Chômer, v. a. Mettre debout. Se tenir debout. « Chôme ta, mon 
gars. » Il existe dans la commune de Laillé, un menhir qui est 
connu dans le pays sous le nom de la pierre qui chôme. 

Dicton : • Sac vide ne chôme pas. 1 Qui veut dire que les forces 
vous font défaut quand on ne mange pas. 

Chopeau, s. m. Nom donné au chat-huant, dans l'arrondis- 
sement de Redon. 

Choper, v. n. Dormir malgré soi à table, dans une chaise, etc. 

Chouan, s. m. Nom donné au hibou dans tout le département. 

Chu, part. pas. de choir. « Il a chu du pommier. » 

Chuchot, s. m. Sommet de la tète, c Le soleil m'a frappé sur 
le chuchot. » (Tout le département.) 

Chutet, s. m. Jeune chien. Au pluriel chutiaux. (Canton de 
Bain.) 

Cié, s. m. Ciel. (Redon.) 

Cigovi, s. m. Bonnet rouge. (Dourdain.) 

Claie, s. f. Barrière d'un champ. (Tout le département.) 

Clairette, s. f. Cerise. (Pleurtuit.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 23- 

Clampin, s. m. Fainéant, paresseux. (Tout le département.) 
Clampiner, v. n. Se dissimuler, se cacher au moment du 

danger, a n a clampiné. » (Tout le département.) 
Glanche, s. m. Glinche, loquet de porte. (Tout le département.) 
Glas, s. f. Treillis en bois pour mettre la galette. (Dourdain.) 
Glèze, s. f. Cerise. (Se prononce slèze.) (Arrondissement de 

Redon.) 
Clochette, s. f. Jacinthe des bois. (Arrondissement de Redon.) 
Glosez pour fermez. Les nourrices disent à leurs enfants quand 

elles veulent les endormir : « Closez-vos-n'œils, » pour fermez 

les yeux. (Littoral de la Rance.) 
Gocar, s. m. Soulier. De biaux cocars. (Arrondissement de 

Redon.) 
Cocarde, s. f. Nom donné à la renoncule des prés appelée 

Ficaire, Fiearia ranonculoides. 
Goconnier, s. m. Marchand d'oeufs et de volailles. (Tout le 

département.) 
Cœuru, e, adj. Bien portant. « Via un gas cœuru. »(Tout le 

département.) 

Gooer, v. a. Contraindre, obliger, « II ne veut pas payer, il faut 

le coger. » (Montfort.) 
Gohue, s. f. Foire, marché. Place de la cohue, pour place du 

marché. (Rennes.) On dit dans l'arrondissement de Redon, en 

parlant d'une foule : c Quelle cohue ! Citait une vraie cohue /» 
Coin-de-Beurre, s. m. Beurre façonné en cône. (Fougères.) 
Colinette, s. f. Collerette. (Gennes.) 
Colun-Tampon, s. m. Homme qui s'occupe des détails du 

ménage. (Bain.) 
Coma, s. m. Argile, terre glaise, c C'est du coma. » (Saint-Au- 

bin-d'Aubigné.) 
Coméguiens, s. m. pi. Saltimbanques des foires, c Allons voir 

les coméguiens. » (Arrondissement de Vitré.) 
Compère, s. m. Sorte de corset des paysanes. (Dourdain.) 
Cônes, s. f. pi. Cornes. (Tout le département.) 
Gonie, s. f. Corbeau. Tous les corbeaux sont appelés conies et 

conûles dans le département. 



Digitized by VjOOQlC 



— 24 — 

Cônières, s. f. Coin de champ. (Bain.) 

Contée, s. f. Histoire, conte, fable, t Si tu es gentil, je va* te 
dire une contée. » (Saint-Médard-sur-Ille.) 

Conter, v. n. Causer, converser. « Nous allons conter de ça 
tantôt : » nous allons causer de telle chose tantôt. (Guipel.) 

Copa, s. m. Estomac. (Dourdain.) 

Copiaux, s. m. pi. Copeaux. (Dingé.) 

Coq, s. m. Coiffe des femmes de Dinard Saint-Enogat. 

Coquiner (de la tète), v. a. Balancer de la tête de haut en bas. 

(Saint-Suliac.) 
Cor, adv. Encore. (Tout le département.) 
Corbin, s. m. Corbeau. (Bain.) 

Cossu, e, adj. Confortable. On ne dit pas d'une toilette légère, 
élégante, qu'elle est cossue; mais on dit d'une personne 
habillée de bonne étoffe : c Elle a un pouillement cossu. » 
(Bain.) 

Coti, adj. Yeuxcotis, c'est-à-dire gros, sortant de l'orbite. € Ce 
serait-y une belle marraine si elle n'avait pas les yeux cotis ! » 
(Tout le département.) 

Cotir, v. irrég. Faire un bruit éclatant en frappant avec la 
main, t II m'a tellement gifflé que ça a coti. » (Tout le dépar- 
tement.) 

Cotte, s. f. Couette, lit de plumes. (Gévezé.) 

Couarde, s. f. Mare. (La Guerche.) 

Coucou, s. m. Primevère officinale. (Bain.) 

Couée, s. f. Une couée de garçailles, c'est-à-dire un grand 
nombre d'enfants. (Arrondissement de Redon.) 

Coulée, s. f. Vallée. « La fraîche et verte coulée. » (Tout le dépar- 
tement.) 
Couraige, s. m. Courage. 

c Pour donner du couraige 
Au bon gars Mathurin. » {Chanson de Paimpont.) 

Courbèche, s. f. Pique. — Instrument qui sert ordinairement 
à arracher les pommes de terre. (Arrondissement de Vitré.) 

Courou-de-Pochées, s. m. Garçon meunier qui s'en va avec un 



Digitized by VjOOQlC 



— 25 — 

cheval ou un àne chercher le grain à domicile. (Tout le dôpar 
tement.) 

Gourtis, s. m. Ce mot diffère de Çourtil en ce sens qu'il s'agit 
d'une cour de maison, souvent cultivée en jardin. (Fou- 
gères.) 

Cousin, s. m. Nom donné à la Bardane, plante. Lappa minor. 
(Tout le département.) 

Cousiner, v. n. Se rendre visite, se voir souvent. On dit aussi 
d'une personne qui a les jambes mal faites, qui les frotte 
l'une contre l'autre : € Elle cousine des jambes. » (Gennes.) 

Goutage, s. m. Dépense, t Je n'irai pas à Rennes, c'est un 
trop grand coutage. » (Bain.) 

Coutageux, se, adj. Cher, chère. « C'est un dîner coutageux. » 

« La nourriture est coutageuse. » (Bain.) 
Coutet, s. m. Couteau. Au pluriel coutiaux. (Arrondissement de 

Redon.) 

Coutisse, s. f. Lanière de cuir, t Une bonne et belle coutisse. » 

(Arrondissement de Redon.) 
Couyer, s. m. Paysan. C'est presque une injure. « Où vas-tu, 

vieux Couyer?» (Tout le département.) Couyer est aussi le 

nom d'un instrument servant au faucheur à mettre sa pierre 

à aiguiser. (Mordelles.) 
Crachat de Coucou, s. m. Flocon d'écume qu'exhale de son 

corps un insecte, espèce de puceron qui vit sur les genêts 

principalement. (Tout le département.) 

Craie, s. f. Croix. (Arrondissement de Vitré.) 

Crampire, s. f. Pomme de terre. (Arrondissement de Redon.) 

Craqtjelinier, ère, s. Fabricant ou marchand de craquelin. 
Après l'incendie de Saint-Malo, en 1661, les craquelinières, 
(marchandes de craquelins) furent transférées au Grand-Pla- 
citre. 

Crasiner, v. a. Tisonner le feu. (Gennes.) 

Grason, s: m. Homme qui passe sa vie au coin du feu à cra- 
siner. (Bain.) 

Crasse, s. f. Mauvaise action, vilenie, c II m'a fait une crasse 
que je ne lui pardonnerai pas. » (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



Crassoux, se, adj. Personne sale, ou avare, c C'est un cras- 
soux ! » (Tout le département.) 

Cressonnette, s. f. Plante 4e la famille des crucifères. Lepi- 
dium sativum. (Tout le département.) 

Crête-de-Coq, s. f. Plante de la famille des scrofulariées. 
Rhinanthus major. (La Dominelais.) 

Crezée, s. f. Clairière d'un bois, mot très usité dans la forêt de 
Paimpont et notamment au village du Canée où nous l'avons 
entendu. 

Cret. Ind. prés, du verbe croître, c II cret : » il croit, il gran- 
dit. « II a creuu. Il cret cor. » 

Creuler, v. n. Bruit des gaz dans l'abdomen. (Dourdain.) 

Crir, v. a. Aller chercher, t Va cri mon mouchoir de poche. » 

(Tout le département.) 
Croc, s. m. Petit instrument de jardinage emmanché d'un long 

pied. (Y. Houette.) ((rennes.) 

Crochetée, s. f. Fruits réunis en grappes, c Une crochetée de 

cerises. > (Bain.) 
Cropet, s. m. Petit tas se terminant en spirale. Nom familier 

donné à un enfant, c Mon cropet. » (Tout le département.) 

Crottou, se, adj. Couvert de crotte, c Un homme crottou, une 
femme crottouse. » (Bain.) 

Crouil, s. m. Verrou. (Tout le département.) 

Grouiller, v. a. Fermer une porte à clef, « N'oublie pas de 
crouiller la porte. » (Tout le département.) 

Croustin, s. m. Vieux chapeau. (Arrondissements de Rennes 
et de Redon.) 

Cru, e, adj. Mouillé, c Je suis cru\ elle est crue : » je suis 
mouillé, elle est mouillée. (Canton de Saint-Aubin-d'Aubigné.) 

Cruaire, s. f. Endroit non cultivé d'un champ pour le service 
des charrettes. (Hedon.) 

Cruche, s. f. Partie de l'arbre d'où partent les branches. (Fou- 
gères.) 
Cuét, e, adj. Cuit, cuite. « Pain cuêt, viande cuéte. » (Dingé.) 
Cueutet, s, m. Couteau. (Arrondissement de Vitré.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 27 — 

Cuillé, s. f. Cuillère (prononcer eue). (Dingé.) 

Gun, ne, sub. Chien, chienne. c Appelle donc ton cun. » (Fou- 
gères.) 

Cupersaut, s. m. Culbute. (Dourdain.) 

Gurio, s. m. Choriste, enfants de chœur, du vieux français 
cureau, mais on prononce curio dans l'arrondissement de 
Redon. 

Cuteau, s. m. Couteau. (Guipel.) 

Cuter, v. a. Cacher. (St-Malo.) 

Cuviau, s. m. Baquet en bois dans lequel on donne à boire aux 
bestiaux. (Canton de Saint-Aubin-d'Aubigné.) 



Da, s. m. Doigt, c J'ai ma au da : » j'ai mal au doigt. (Plerguer.) 
Dafût (mal), loc. adv. Mal portant. (Dourdain.) 

Daig, s. m. Doigt. Au pluriel Daigs. c La fré ma gueroué les 
daig$ : » Le froid m'a glacé les doigts. (Arrondissement de 
Redon.) 
Dalet, s. m. Garniture d'un bonnet de femme. (Bain.) 
Dame oui, Dame non, Dame je ne sais pas, Interj. C'est par 

notre Dame. (Tout le département.) 
D'amois (comme), loc. adv. Comme d'habitude, c Faites ça 

comme d'amois.» 
Damoiselle, s. f. Demoisellle. 

t Si damoiselle je ne suis point, 
J'ai ben moyen de l'être. » 

{Vieille chanson de l'Ille-et-Vîlaine.) 

Dampie, prép. Depuis. (La Guerche.) 

Dansou, se, sub. Danseur, danseuse, c Les dansoux sont partis 

laissant là les dansouses. > (Tout le département.) 
Dauber, v. a. Frapper, c Je l'ai daubé d'importance. » (Tout le 

département.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 88- 

Dayot ou Deyot, s. m. Linge qui enveloppe un doigt malade, 
c Mets-moi un dayot, je me suis coupé. » (Tout le départe- 
ment.) 

Deberauder, v. a. Désennuyer, c Je promène les garçailles 
pour les deberauder. » (Arrondissement de Redon.) 

Débine, s. f. Misère, c n est ruiné, le v'ia dans la débine. » 

(Bain.) 
Débiner, v. a. Dire du mal de quelqu'un, « Je l'ai joliment 

débiné. » (Bain.) 
Débit, s. m. Bruit, tapage. » Quel débit vous faites, voulez-vous 

bien vous taire. » (Bain.) 

Debord, s. m. Diarrhée, c Jules a le debord. • (Tout le dépar- 
tement.) 

Débouler, v. n. Rouler, tomber en roulant. (Tout le dépar- 
tement.) 

Débraillé, e, adj. Personne quia le cou et les épaules à l'air, 
homme dont le pantalon n'est pas boutonné. Femme qui a le 
corsage ouvert, c II est débraillé, elle est débraillée. » (Tout 
le département.) — A Bain, on dit : Debersaillé, e. 

Déganicher ou Décaniller, v. a. S'arracher avec regret de 
son lit ou d'un lieu de paresse, c Attends, je vas te déca- 
niller tout à l'heure. » (Tout le département.) 

Décarcaner, v. n. Tomber d'un endroit élevé. « Il est décar- 
cané du haut de ce chêne. » (Tout le département.) 

Déclavir, v. a. Ouvrir, c n faut décUwir la porte : » ouvrir la 
porte. (Gennes.) 

Décrouiller, v. a. Faire tomber d'un arbre un objet arrêté par 
les branches, t Ma tèque est encrouillée, fvas la décrouiller 
à coups de pierre. » On dit aussi décrouiller la porte, ouvrir 
une porte fermée à clef. (Arrondissement de Redon.) 

Defilandée, s. f. Foule de choses. (Bain.) 

Defoutrailler, v. a. Déranger. Mettre tout en désordre, c n a 
defoutraillè mes hardes. » (Rennes.) 

Défunte, e, adj. Qui n'existe plus, qui est usé. c Mes chemises 
sont défuntées. » (Environs de Rennes.) 

Dégêner (Se), v. p. Se soulager. Raconter ses cbAgrûi» k quel- 



Digitized by VjOOQlC 



qu'un, c Je lui dis tout ce que j'ai sur le cœur, ça me dégêne. > 
(Tout le département.) 

Dégramatiser, v. a. Dégrader. Enlever l'enduit d'un mur. c Ces 
enfants dégramatisent tout dans la maison. » (Tout le dépar- 
tement.) 

Degrigner, v. n. Montrer les dents, se dit d'un chien qui grogne, 
qui montre les dents. (Bain.) 

Déjouer (Se), v. pr. Se remuer, s'empresser, c Déjoue-fa, mon 
Pierre, pour finir ta besogne, t (Tout le département.) 

Deligandier, s. m. Individu déhanché. (Bain.) 

Demi-heure, s. f. Midi et demi, c II était une demi-heure quand 
j'ai quitté le village, > c'est-à-dire qu'il était midi et demi. 
(Arrondissemen^de Redoir.) 

Demusser, v. a. C'est le contraire de musser. ♦ Cet anneau s'est 
demussé de sa tringle, » c'est-à-dire a glissé. (La Selle-en- 
Luitré.) 

Deniger, v. a. Dénicher un nid. « J'ai dénigé un nid de mêle: » 
j'ai déniché un nid de merle. (Tout le département.) 

Dépiauter, v. a. Dépouiller un animal. « Dépiauter un lièvre pour 
en faire un civet.» On dit aussi Épiauter. (Tout le dépar- 
tement.) 

Deplet, s. m. Long bavardage. (Betton.) 

Depochée, s. f. Aller s'installer chez quelqu'un pour y passer 
les vacances, c Via une depochée gênante pour les amis qui 
ne s'y attendaient pas. » (Arrondissement de Redon.) 

Depocher (Se), v. pr. S'imposer. Aller vivre quelque temps 
chez des amis, c'est se depocher. (Arrondissement de Redon.) 

Deponasser, v. a. Détruire un nid d'oiseau, l'arracher, le briser. 

J'ai entendu, près de Rennes, des enfants crier à un petit 

dénicheur de nid grimpé dans le haut d'un arbre : c Deponasse 

le nid, s'il n'y a rien dedans. » 
Dequetrasser, v. a. Jeter quelqu'un par terre en luttant, c II 

m'a dequetrassè. » (Mordelles.) 
Derincer, v. a. Déraciner un arbre, l'arracher. (La Guerche.) 

Dérivée, s. f. Idée malheureuse, c H n'a que des dérivées 
pareilles. » (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 80 — 

Desalmenté, e, a4j. Dissipé, turbulent. (Bain.) 

Deul, s. m. Chagrin, se prononce de. c Le pauvre homme a 

perdu son gars, il a ben du deul. » (Bain.) 
Dévalée, s. f. Pente, versant d'un coteau, c J'ai laissé ma 

charte dans la dévalée. » (Tout le département.) 
Devantiau ou Devantière, sub. Tablier de femme. (Tout le 

département.) 
Devarinade, s. f. Partie de plaisir, c Nous sommes en devari- 

nade. » Se dit aussi d'un ouvrier qui a quitté son travail pour 

s'amuser, c n est en devarinade. > (Bain.) 
Devouillette, s. f. Diarrhée, dévoiement.(Gennes.) 
Die, prép. Jusque. Die là-bas, — die à Rennes, — die à Mor- 

delles. (Rennes.) 
Dierie, s. f. Menterie. (Arrondissement de Redon.) 
Diffamé, part. pas. La petite vérole Ta diffamé, l'a rendu laid. 

(Montfort.) 
Diot, e, adj. Bote, c Est-il diotl Est-elle diotel » (Saint-Màlo.) 
Dique, prép. Jusque. (V. die.) 

€ Elle a de grands cheveux jaunes. 
Descendant dique es talons. 1 

(Vieille chanson du département.) 

Disous (Que). Int. Que dites-vous? Très usité dans l'arrondis- 
sement de Redon. 
D'nité, loc. adv. D'habitude. 
Dicton : c C'est d'nité 

Gomme une poule à gratter. 1 

(Saint-Sulpice-des-Landes.) 

Do, prép. Avec, ensemble, c Je vas do ta : i je vais avec toi. 

(Tout le département.) 
Dolettes, s. f. pi. Petits copeaux de bois, retailles de cercles. 

(Bain.) 
Doloire, s. f. Hache de charpentier. (Dourdain.) 
Domaine, s. m. Très grand champ de l'arrondissement de 

Redon. 
Dondaine etDoNDON. Refrain de chanson. (Tout le départe 

ment.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 31 - 

Dondon, s. f. Grosse et forte fille, c J'espère que v'ia une 

grosse dondon. » (La Couyère.) 
Dongé, s. m. Dégoût, c J'ai dongé à manger dans cette maison, 

c'est trop sale. J'ai un dongé ! • (Tout le département.) 
Donnàison, s. f. Donnation, testament. (Arrondissements de 

Rennes et de Redon.) 
Donne, $. f. Donnation, testament. (Gardroc.) 
Dosse, s. f. Instrument en forme de racloir pour couper la 

lande. (V. Lande.) (Bain.) 
DossER,v. a. Action de couper la lande. (Bain.) 
Doucette, s. f. Valérianelle des jardins. (Tout le département.) 

Doué, Douet, s. m. Lavoir. «Les lavandières au bord du doué. > 

(Tout le département.) 
Draillée, s. f. Fouaillée. Une mère qui frappe sur les fesses 

de son gars lui donne une draillée. (Arrondissement de 

Redon.) 
Draine, s. f. Air, chanson, que l'on «ntend constamment. (Tout 

le département.) 
Drapiau, s. m. Couche des petits enfants. (Tout le départe- 
ment.) 
Dré et Dret, adj. Droit, c Allez dré devant vous. G'est dret-là- 

lin. » (Arrondissement de Redon.) Dré-là> pour là-bas. (Pler- 

guer.) 
Dressoir, s. m. Crédence, étagère où l'on range la vaisselle. 

(Tout le département.) 
Drue, s. f. Jeu de bouchon. La drue, c'est le bouchon, ou mieux 

le morceau de bois taillé sur lequel on place la monnaie. 

c Mets ton sou sur la drue. » (Bain.) 
Druger, v. n. Jouer, s'amuser, lutter surtout, « Veux-tu dru- 

ger oma?- Vère. — Ils vont se faire du ma. — Nenni 

ydrugeons. » (Tout le département.) 

Drugette, s. f. Lit de jeunes mariés. (Fougeray.) 
Dumé, s. m. Duvet, c Gomme cette oie a du dumé! » (Gennes.) 
Dusse, adj. Dur. « La porte du grenier est dusse à ouvrir. » 
(Gesson.) 



Digitized by VjOOQlC 



Ébarber, v. a. Raser la barbe, « C'est demain dimanche, jVas 

me faire ébarber. • (Vezin.) 
Ébervigé, e, adj. Fou, folle, t Le pauvre diable est ébervigé. 

(Tout le département.) 
Éblusser (S'), v. pron. Petit être, enfant ou oiseau, qui croît, 

qui grandit, commence à manger seul, t n s'éblusse.* (Rennes.) 

Éblution, s. f. Éruption, pustules, boutons, etc. (Rennes.) 

Éboguer, v. a. Débarrasser la châtaigne de son enveloppe épi- 
neuse. «, Les ouvrières sont à éboguer les châtaignes.» 
(Rennes.) 

Ebouter, v. a. Épointer, briser le bout. (La Selle-en-Luitré.) 

Écabouir, v. a. Écraser complètement, c Le chemin de fer Fa 
écaboui. » (Tout le département.) 

Égaler, v. a. Briser une branche à l'endroit d'où elle part du 
tronc. (Bain.) 

Échaler, v. n. Sourire, c Regarde donc comme il échale : » 
comme il sourit. (Gennes.) V. a. Échaler des noix, enlever 
Fécorce verte qui recouvre les noix. (Bain.) 

Écharpiller, v. a. Écharper. t II y avait une telle foule que 
nous avions peur d'être écbarpillés. » (Rennes.) 

Éghaubouillé,e, adj . Avoir chaud. «Je suis tout échaubouillé. » 

(Arrondissement de Redon.) 
Échelier, s. m. Échalier. t Passez par l'échelier du champ 

là-lin, vous aurez plus court. » (Argentré.) 
Échirer, v. a. Déchirer. « J'ai échiré ma chemjse. » (Tout le 

département.) 
Échive, adj. des deux genres, c La taille de cette robe est 

trop échive : » trop étroite. (Gennes.) 
Écholler, v. a. Éfeuiller des choux. (Dourdain.) 

Éclie, s. f. Copeau, long éclat de bois. « Va chercher des éclies 
pour mettre dans le feu. » (Arrondissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 33 — 

Écloset, s. m. Dernier éclos d'une couvée, d'oiseaux, t Les 

autres sont partis, mais l'écloset est resté au nid. » (Tout 

le département.) 
Éclotoire, s. f. Chasse de nuit aux petits oiseaux, en hiver. 

(Arrondissement de Redon.) 
Écossarde, s. f. Buse, bondrée, oiseau de proie. (Bain.) 
Écot, s. m. Chaume qui reste dans les champs après la moisson. 

(Tout le département.) 
Écoter, v. n. Chanter très haut, crier. (Vitré.) 
Écouette, s. f. Petit balai de genêts pour nettoyer le foyer. 

(Bain.) 

Écoute (En), loc. adv. Action d'écouter. 

« Parlez plus bas, beau forestier; 
Mon père est en écoute. • 

(Chanson de la forêt de Paimpont.) 

Écuelle-de-Panne, s. f. Écuelle fabriquée avec la même terre 
que celle qui sert à faire les pannes. (Voyez ce mot.) (Bain.) 

Écrabouiller, v. a. Écraser de telle façon qu'il y ait jet de sang 
ou de matière quelconque. Écraser un limaçon avec le pied, 
c'est V écrabouiller. (Tout le département.) 

Écretelle, s. f. Faucon des ruines. « Les écretelles rendent 
des services en mangeant les vlins. » (V. Vlin.) (Arrondis- 
sement de Redon.) 

Écrevighe, s. f. Écrevisse. (Arrondissement de Fougères.) 

Écriant, e, adj. Glissant, e. Roches écriantes; pierres sur les- 
quelles les enfants se laissent glisser. (Louvigné du désert.) 

Ecuelle-d'Eau, s. f. Plante du bord des eaux. Hydrocotyle vuU 
garis. X. (Tout le département.) 

Écumette, s. f. Écumoire. Ustensile de cuisine pour écumer. 
(Arrondissement de Redon.) 

Éfant, s. m. Enfant. (Arrondissement de Redon.) 
Éfessou, s. m. Batailleur, querelleur. (Dourdain.) 
Effouilles, s. f. pi. Produits d'une ferme. (La Guerche.) 
Effouiller, v. a. Vendre. (La Guerche.) 
Effrontise, s. f. Effronterie, c C'est de l'eflfrontise d'oser faire 
cela. » (Arrondissement de Vitré.) 

3 



Digitized by VjOOQIC 



— 34 — 

Éoacher, v. a. Écraser, t II a égàchô ses fraises. » (Tout le 

département.) 
Égaloche. s. f. Échasse. (Tout le département.) 
Égayer, v. n. Ouvert. « Le corsage de ma robe est trop égayé. » 

(Prononcer égaillé.) (La Selle-en-Luitré.) 
Égraine, s. f. Petit morceau. « Veux-tu du pain ? — Oui, une 

égraine seulement. » (Saint-Malo.) 

Éliger, v. a. Épargner, mette en réserve. (Arrondissement de 
Redon.) Éviter de la peine, c En faisant ce travail, tu m'as 
éligé de la peine. » ^Arrondissement de Vitré.) 

Éliges, s. f. pi. Économies. (Arrondissement de Redon.) 

Élosser, v. a. (Voir É caler.) (Rennes.) 

Emballe, s. f. Embarras, importance mise à de petites choses, 
c Fait-il ses emballes ! » 

Emballer, v. n. S'emporter, c Ce cheval s'est emballé. » (Tout 
le département.) 

Emberlificoter, v. a. Tromper, induire en erreur, c Tu cher- 
ches à m'emberliflcoter, mais tu n'y parviendras pas.» (Tout le 
département.) 

Embêtant, e, adj. Ennuyeux, ennuyeuse. (Tout le départe- 
ment.) 

Embêter, v. a. Ennuyer. (Tout le département.) 

Embouzer, v. n. Embourber. Engager quelqu'un dans une mau- 
vaise affaire. (Fougères.) 

Embouzon, Embouzou, s. m. Individu qui cherche à tromper. 
(Fougères.) 

Émeché, e, adj. Gris, à demi-ivre. iTout le département.) 

Émeiller (S'), v. pr. S'effrayer, c La pauvre Catherine a perdu 
son homme et ça m'émeille d'aller la voir. » (Bain.) 

Emmessé, E,'adj. Qui a assisté à la messe, c Je suis emmessé, 
elle est emmessée. » (Arrondissement de Redon.) 

Empaler (S'), v. pr. Enfoncer les pieds dans la boue. « Il s'est 
empalé dans le marais. » (Arrondissement de Redon.) 

Empiéter, v. a. Embrasser. Empiéter un bouquet, c'est em- 
brasser la personne à laquelle on l'offre. « Voulez-vous que je 
l'empiette? » (Arrondissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 35 — 

Engaler, v. a. Enjamber un ruisseau. (Argentré.) 
Encarcané, e, adj. Enfant ou animal grimpé dans un arbre 

et qui ne peut descendre. Il est encarcané. (Arrondissement de 

Redon.) 
En-Champ, loc. adv. Aller aux champs.* Aller mener paître les 

bestiaux dans les champs, t Je vas en-champ. » (Arrondisse- 
ment de Redon.) 
Enchevir (s'), v. pron. Ne pouvoir s'en rendre maître. (Tout le 

département.) 
Enconstiby, adj. Vrai. En sainte confiance. (Argentré.) 
Encrouillé, e, adj. Objet arrêté par les branches d'un arbre ou 

sur un toit, c Ma balle est restée encrouillée dans un chêne. 

Un cerf-volant est encrouillé sur le toit. » (Arrondissements 

de Vitré et de Redon.) 
Encrucher, v. a. Jeter un objet dans la cruche d'un arbre. 

(V. Cruche.) Se dit aussi d'un objet jeté en l'air et qui reste 

suspendu hors de portée. Un objet peut-être encruché sur le 

haut d'une armoire. (Fougères.) 
Engouiller (s'), v. pr. S'étrangler, t J'ai failli m'engouiller en 

mangeant mon poisson. » (Gennes.) 
Enheuder, v. a. Attacher les jambes d'un animal, du même 

côté, pour l'empêcher de courir, t La vache est enheudée. » 

(Tout le département.) 

Enjaveler, v. a. Réunir le grain en gerbe. (Tout le dépar- 
tement.) 
Enquinequiner, v. pr. Se moquer. « Je fenquinequine : » je me 

moque de toi. Tu m'enquinequines. (Tout le département.) 
Entueller, v. a. Greffer un châtaignier. (Arrondissement de 

Redon.) 
Épeuré, e, adj. Avoir peur. Le pauvre diable tout épeuré s'est 

caché dans son let. (Tout le département.) 
Épeurir, v. n. Faire peur. Il m'a épeuri, il m'a fait peur. 

(LaGuerche.) 
Épiauter, v. a. Synonyme de dépiauter. Épiauter un animal, 

le dépouiller. (Arrondissement de Vitré.) 
Épieter, v. a. Avancer en besogne, travailler promptement. 

(Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 96 — 

Épigocher, v. a. Se gratter le nez, la bouche, les dents surtout. 
« As-tu bentôt fini de t'épigocher? » (Gennes.) 

Épie et Épille, s. f. Épingle, c Prête-moi une épille pour atta- 
cher ma devantière. » 

Épinoche, s. m. Gai comme un épinoche, c'est-à-dire comme le 
petit poisson frétillant auquel on donne aussi le nom d'épi- 
noche. (Arrondissement de Redon.) 

Épleter, v. n. Avancer en besogne, t II éplète bien : > il avance 
beaucoup. (Gennes.) 

Équerbeau, s. m. Escarbot. Coléoptère des bois du genre sca- 
rabée. (Dingé.) 

Équerbiton, s. m. Enfant chétif, malingre. — C'est un pauvre 
équerbiton. (Tout le département.) 

Équerouelles, s. f. pi. Écrouelles. « Les pauvres garçailles 
sont perdues d'équerouelles. » (Arrondissement de Redon.) 

Équesser, v. a. Déchirer, c n a équessé sa hanne: » il a déchiré 
sa culotte. (Tout le département.) 

Équiolle, s. f. Écuelle. (Redon.) 

Ercancié, s. m. Arc-en-ciel. (Châteauneuf.) 

Ergantier, s. m. Églantier. (Dingé.) 

Ermère, s. f. Armoire. (Dingé.) 

Érocher, v. a. Jeter des pierres à quelqu'un, t Pelot m'a 
éroché. » (Plerguer.) 

Éronce, s. f. Ronce. Rubus fruticosus. L. (Arrondissements de 
Vitré et de Redon.) 

Érusser, v. a. User un drap neuf en couchant longtemps 
dedans. « Il est dur à la peau parce qu'il est neuf, mais il sera 
vite érussé. » (Bain.) A Gennes on dit érusser pour glisser. 
(V. Russer.) 

Escarlante, s. f. Rossignol de muraille, oiseau. (Arrondisse- 
ment de Redon.) 

Escluse, s. f. Écluse. (Montreuil-sur-Ille.) 

Esclusier, s. m. Éclusier. (Canton de Saint-Aubin-d'Aubigné.) 

Escofier, v. a. Tuer. « J'ai escofié le chat de ma voisine. » 
(Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 37 — 

Escoper, v. n. Terme d'écolier. Voler le tour d'un autre, (Fou- 
gères.) 

Escors (D'), Int. Terme d'écolier employé pour suspendre le jeu 
et ses conséquences pénales vis-à-vis des autres joueurs. 
Probablement je me mets à l'écart. (Arrondissements de 
Rennes, Fougères et Vitré.) 

Espérer, v. a. Attendre, t Espérez-moi un instant,/t>a* revenir. » 

(Tout le département.) 
Esprivier, s. m. Épervier. (Pont-Réan.) 
Esquinté, part. pas. d'esquinter et adj. Las, fatigué, sans frai 

cheur. t Cette fille est esquintée. » (Tout le département.) 
Esquinter, v. a. Fatiguer un cheval, un chien, en le faisant ou 

trop travailler ou trop courir. (Tout le département.) 
Essarder, v. a. Presser le linge pour en faire sortir l'eau dont 
il a été imprégné. Se dit aussi dans le sens de dessécher. 
Février emplit les fossés, 
Mars les essard. 

(Dicton du département.) 

Essemer, v. pr. Se sauver, fuir. Se dit des abeilles lorsqu'elles 
quittent la ruche pour aller ailleurs fonder une ' nouvelle 
famille, t Je garde mes avettes, car elles veulent essemer. » 
(Arrondissement de Redon.) 

Esserber, v. a. Élaguer les arbres des buissons dans un sen- 
tier. (Dingé.) 

Essente, s. f. Bardeau. Planche mince taillée en forme d'ar- 
doise et qui sert à couvrir les toits. (Fougères.) 

Esson, s. m. Pauvre hère qui n'a ni force, ni courage. (La 
Guerche.) 

Essonger, v. a. Savonner le linge avant de le mettre dans la 
cuve pour là lessive. (Tout le département.) 

Estaige, s. m. Étage d'une maison. (Saint-Malo.) 

Estoumal, s. m. Estomac, c J'ai des crampes dans l'estoumal. » 
(Environs de Vitré.) 

Établir (S'), v. pron. Se marier et se fixer quelque part, t II s'est 
établi à Saint-Senoux. » (Arrondissement de Redon.) 

Étanchet, s. m. Staphylin, coléoptère. (Arrondissement de 
Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 38 — 

Étaumi, s. m. petit enfant chétif, malingre. (Bain.) 

Étramer, v. a. Couper le grain ras de terre, sans laisser d'écot. 
(Saint-Aubin-d'Aubigné.) 

Évailler, v. a. Étendre du linge, de la paille, du foin, etc. 
• Le linge est évaillé sur la has. » (Tout le département.) 

Eve, s. f. Eau. t Va cri de l'ève: » va chercher de l'eau. (Arron- 
dissement de Redon.) 



Fa, Fais, s. f. Fois. « Tsais allé ben des fus chez vous. » (Tout 

le département.) 
Factrice, s. f. Employée de magasin, demoiselle de magasin. 

(Tout le département.) 

Fadir, v. a. Céder. « Il a fadi : » il a cédé. (Pont-Réant.) 
Faduchet, s. m. Maigre, mince. « Votre chat est bien maigre. 

— Oui, c'est un pauvre faduchet. » (Dourdain.) 
Fafiotage, s. m. Passer son temps en fafiotage, à s'attifer. 

(Arrondissement de Montfort.) 
Faguine, s. f. Petit fagot de genêts ou d'ajoncs dont on se sert 

pour chauffer les fours. (Saint-Briac.) 
Failli, e, adj. Chétif, faible. « Le failli gars, la faillie fille. » 

(Tout le département.) 
Fain, s. m. Foin. (Arrondissement de Redon.) 

Fait, s. m. Bien. Posséder un petit fait, c'est-à-dire être à l'aise, 

avoir quelque bien. (Arrondissement de Redon.) 
Fameuse, adj. Enceinte. Femme fameuse. (Montfort.) 
Fanchette, Fanchon, s. f. Prénom de femme qui signifie 
Françoise. (Tout le département.) 

Les enfants de l'Ille-et-Vilaine disent aux filles qui s'appel- 
lent Fanchette la formulette suivante : 

« Fanchette, panquette, 
Grande jambe de bois, 
Ta mère t'appelle, 
Tu ne réponds pas. 



Digitized by VjOOQlC 



— 39 — 

Elle trempe la soupe, 
Tu manges les choux, 
Elle tire les vaches 
Tu bob le lait doux. » 

Fanchin, s. m. François, prénom. (Plerguer.) 

Faraud, s. et adj. Individu fier parce qu'il est bien habillé. 

(Tout le département.) 
Farrer-Sigot, loc. ad. Se sauver, partir. (Bain.) 

Farfouiller, v. a. Chercher, remuer pour trouver un objet, 
mettre tout en désordre. (Rennes.) 

Farfouillon, s. des deux g. Qui n'a pas d'ordre. (Rennes.) 

Faucillon, s. m. Serpe. (Dourdain.) 

Faunille, s. f. Petit fagot de genêt ou d'ajonc dont on se sert 

pour chauffer le four. (Plerguer.) 
Fayots, s. m. pi. Haricots. (Tout le département.) 
Feiné, e, ou Fêné, e, adj. Ensorcelé, ensorcelée, qui n'est pas 

heureux, qui a du guignon. (Arrondissement de Redon.) 
Feiot, s. m. Petit enfant. (Fougères.) 
Féniant, e, sub. Fainéant, fainéante. (Tout le département.) 
Ferdir, v. n. Froidir. « J'avais chaud, mais le vent m'a/crdi. » 

(Bain.) 
Ferieuse-Marraine, s. f. Robuste femme. On dit d'une belle et 

forte fille : « Voilà une ferieuse-marraine. » (Bain.) 
Ferluquet, s. m. Muscadin. (Dourdain.) 
Fernaillon, s. m. Enfant vif. (Dourdain.) 
Ferouas, s. m. Individu qui a les genoux cagneux. (Rennes.) 

Fertille, sub. f. Rien, t Vous reste-t-il du pain ? — Il ne m'en 
reste pas une fertille. » (Dourdain.) 

Fertin, s. m. Débris, restes. (Bain.) 

Fessée, s. f. Frapper un enfant sur les fesses, c'est lui donner 
la fessée. (Tout le département.) 

Feuger, v. n. Figer. « La sauce est feugée. » (Arrondissement 

de Redon.) 
Fi, s. m. Fil. (Redon.) 
Fiaguenau, adj. Mou. (Dourdain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 40 ~ 

Fichu, e, adj. Mauvais, malade. On dit d'un mauvais sujet : « C'est 
un fichu gas, » d'un malade : t D a fichue mine. » On dit aussi 
d'un malade abandonné des médecins : « II est fichu, » pour : 
D n'en reviendra pas. (Tout le département.) 

Fi de fouet, s. m. Corde que l'on attache à l'extrémité du 
fouet. (Bain.) 

Fieu, s. m. Fils ou filleul, t Mon fieu. » (Arrondissement de Fou- 
gères.) 

Fil-a-Perdrix, s. m. Cuscute, plante parasite des champs et 
des landes. On la rencontre surtout sur les ajoncs. (Tout le 
département.) 

Fils-de-Vèce, s. m. Injure grossière. (Prononcer Fi de vèce.) 
(Arrondissement de Redon.) 

Finissement, s. m. Fin d'une chose. (V. Terminage.) (Tout le 
département.) 

Flache, s. f. Graminée des bois employée par les malheu- 
reux pour remplir la paillasse de leur lit. Aira cœrulea. L. 
(Dingé.) 

Flambée, s. f. Flambée de feu. t Jetez du bois dans le fouyer 
pour faire une flambée. » (Arrondissement de Redon.) 

Flaupée, s. f. Action de frapper. « Mon père m'a donné une 
flaupée qui peut compter. » (Tout le département.) 

Flauper, v. a. Battre quelqu'un. (Tout le département.) 

Flèche, s. f. (V. Flache.) (Arrondissement de Redon.) 

Flémard, e, adj. et sub. Paresseux, paresseuse, t Est-il flémard! 
Va, tu n'es qu'une flémarde. » (Rennes.) 

Flème, s. f. Paresse. Se dit de quelqu'un qui n'a pas le cou- 
rage de travailler, qui n'a aucune énergie. (Tout le départe- 
ment.) 

Fleurette, s. f. Décomposition d'un reste de vin oublié dans 

une bouteille. (Tout le département.) 
F'neuilt, s. f. Fenêtre. (Pleurtuit.) 

Foloiseau, s. m. Tous les oiseaux de proie. (Dingé). Foloisiau. 
(Arrondissement de Redon.) 

Fomme, s. f. Femme. « C'est y une belle fomme ! » (Arrondisse- 
ment de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 44 — 

Fond, s. m. Four à cuir le pain. (Noô Blanche.) 

Fonnille, s. f. Fagots d'épines et de ronces pour chauffer le 

four. (Dourdain.) 
Fosset, s. m. Espèce de clé pour tirer le cidre. « Tvas vous 

faire goûter mon cidre ; mais je le tire encore au fosset. » 

(Tout le département.) 

Fouaillée, s. f. Frapper un enfant sur les fesses. Une mère qui 

corrige son enfant lui donne la fouaillée. 
Fouasse, s. f. Sorte de pain qu'on vend aux portes des églises 

le Vendredi-Saint. (Arrondissement de Redon.) 
Fouée, s. f. Flambée. Feu clair dans la cheminée. « Une belle 

fouée. » On dit aussi : « J'ai senti une fouée me monter à la 

figure, » pour : Le sang m'a monté au visage. (Arrondissement 

de Redon.) 

Fougerotin, s. m. Habitant de Fougeray. t Vlà les Fougero- 
tinsqui vont voter pour les chouans, ça c'est sûr. » (Arrondis- 
sement de Redon,) 

Fouillue, adj. f. Touffue. « Un chien à queue fouillue. » (Mont- 
fort.) 

Fouine, s. f. Faîne, fruit du hêtre. (Tout le département.) 

Fouinier, s. m. Hêtre. (Plerguer.) 

Foulée, s. f. Foule. « Il y avait une foulée. » Un encombre- 
ment de personnes. (Cardroc.) 

Fourcher, Fourchotter, v. a. Remuer avec une fourche. 
(Tout le département.) 

Fourchette-du-Diable, s. f. Géranium des haies appelé aussi 

Herbe à Robert. (Fougeray.) 
Fourgotter, v. a. Remuer. (Dourdain.) 
Fourière ou Forrière, s. f. Fossé d'un champ, t J'ai attaché 

la bique dans la fourière. » 

Fourni, s. m. Appartement de décharge dans une ferme. (Can- 
ton de SaintrAubin-d'Aubigné.) 

Fourraige, s. m. Fourrage. (Tout le département.) 

Fourret. s. m. Lange d'enfant. (Pipriac.) Ce mot vient de four- 
reau. 

Foutiau, s. m. Hêtre. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 42 — 

Foutre, v. Frapper. * Pvas lui foutre une raclée. » (Tout le 

département.) 
Foutu, e, adj. c II est foutu, elle est foutue, » c'est-à-dire, il est 

mort, elle est morte. On dit aussi : c Je lui ai foutu une trempe,» 

pour : Je l'ai battu. (Tout le département.) 

Fouyé et Fouyer, s. m. Foyer. « Jetez du bois dans le fouyer 
pour faire une flambée. » (Tout le département.) 

Framba et Frambail, s. m. Fumier d'étable. (Fougeray.) 

Framboyer, v. a. Vider le fumier d'une étable. « Prenez la 
fourche à framboyer. » (Dourdain.) 

Frasil, s. m Poussière de charbon. Expression usitée dans les 
bois et forêts où Ton fait du charbon. 

Frater, s. m. Perruquier. (Tout le département.) 

Frenille, adj. Remuant. (Dourdain.) 

Fret et Fré, s. f. c La fré m'a guerouè les daig* : » le froid m'a 
gelé les doigts. (Arrondissement de Redon.) 

Fresaie et Fresas, s. f. Orfraie, oiseau de nuit (Tout le dépar- 
tement.) 

Fricassé, e, adj. Se dit des noms qui ont été allongés, enrichis 
d'une particule ou d'un nom de terre. Ou bien encore une 
fille dont le nom est Marie et qu'on appelle Maria, c'est un 
nom fricassé. (Dourdain.) 

Friche, s. f. Jardin attenant à la ferme dans lequel on cultive 
de gros légumes et quelquefois du chanvre, du lin, du trèfle. 
(Fougères.) 
Fricheti et Fristi, s. m. Rata. (Tout le département.) 
Frigoule, s. f. Thym. Plante de jardin. (Teillay.) 

Friloux, se, s. Frileux, frileuse, t II est toujours devant le 
fouyer, c'est un friloux. » (Tout le département.) 

Friquet, te, adj. Chatouilleux, chatouilleuse. (Vitré.) 

Frisquet, te, adj. Froid piquant, vif. « L'air est frisquet, la 

brise est frisquette aujourd'hui. » (Tout le département.) 
Froumer, v. a. Fermer la porte, la fenêtre, le tiroir, etc. (Tout 

le département.) 
Froumi et Fromi, s. f. Fourmi. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 43 — 

Frusques, s. f. pi. Nippes. « Enlevez vos frusques, et quittez 
ma maison, i (Tout le département.) 

Frusquin (Saint-), s. m. Avoir, «namangé tout son Saint-Frus- 
quin : » tout son avoir. (Arrondissement de Redon.) 

Fumelle, s. f. Femelle. (Redon.) 

Fumellier, s. m. Amateur de filles. (Tout le département.) 
Fungne, s. m. Fumier. (Canton de Saint-Aubin-d'Aubigné.) 
Fuselier, s. m. Cornouiller des jardins. (Teillay.) 

Fusil, s. m. Manche du petit marteau qui sert au faucheur 
à repasser le fil de sa faulx. (St-Medard-sur-Ille.) 

Futé, e, adj. Malheureux, qui a du guignon. (V. Fêné.) (Tout le 
département.) Se dit aussi dans le sens de rusé. « Elle a un 
air futé. » 

Futer, v. a. Salir, abîmer. (Tout le département.) 



Gâche, s. f. Pain mal cuit, qui est plat, qui est mou. «C'est de la 
gâche. 9 (Tout le département.) 

Galais, s. m. Fusain, arbrisseau. Evonymus européens, h. 

(Arrondissement de Redon.) 
Galenne (Vent de). Vent du sud-ouest. (Bain.) 

Galette, s. f. Crêpe épaisse faite avec de la pâte de blé noir, 
claire et sans levain, que Ton fait cuire sur une plaque de 
fonte. (Tout le département.) 

Galicelles, s. f. pi. Vêtements. (Renac.) 

Galichon, s. m. Dernière galette cuite sur la tuile. Cette galette 
généralement plus petite que les autres, faite avec la dernière 
cuillerée de la pâte, est convoitée par les petits enfants. 
(Bain.) 

Gallois (a), loc. adv. Qui n'est pas clos. « Ces champs sont à 
gallois. » (Pléchâtel.) 

Galoux, se, sub. Galeux, galeuse. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 44 — 

Galoches, s. f. Semelles de bois clouées sous des souliers. 
(Tout le département.) 

Galvauder, v. n. Courir la prétantaine. (Rennes.) 

Galvaudeux, s. m. Vaurien. (Dourdain.) 

Gapi, e, adj. Vermoulu, e. (Maure.) 

Garatas, s. m. Grenier. (Dourdain.) 

Garçailles, s. des deux g. Petits enfants des deux sexes, « Les 
garçailles sont à l'école. » (Tout le département.) 

Gare, adj. des deux g. Couleur noire et blanche, a Une vache 

gare. » 
Gârette, s. f. Nom donné aux vaches de couleur gare. « La 

gârette a la panse bien remplie. » (Tout le département.) 

Garse, s. f. Injure. Une garse est une mauvaise femme. (Tout 
le département.) 

Garsette, s. f. Petite fille. (Fougères.) Les petits garçons sont 

appelés gars, 
Gas, s. m. Garçon. (Tout le département.) 

Gâte, s. f. Masure, maison en ruine, t Les malheureux cou- 
chent dans une gâte. » (Arrondissement de Redon.) 

Gâter, v. a. Renverser un liquide, t II a gâté son cidre. » Les 
enfants disent aussi au maître d'école pour indiquer qu'ils ont 
un besoin à satisfaire : c Je veux gâter de l'eau. » (Arrondisse- 
ment de Redon.) 
Gaufferroy, s. m. Tuile pour cuire la galette. (Pleurtuit.) 
Gauler, v. a. Battre un enfant, un arbre. Gauler un noyer, c'est 

abattre les noix avec une gaule. (Tout le département.) 
Gaurer, v. a. Châtrer les animaux. (Tout le département.) 
Gaurer-des-Chausses, v. a. Raccommoder des bas. (Bain.) 

Gaziau, s. m. Oiseau, ce Oh ! le biau gaziau. » (Saint-Aubin- 

d'Aubigné.) 
Gazet, s. m. Petit oiseau. « Le joli gazet. » (Saint-Médard-sur- 

Ille.) 
Geheule ou Geheune, s. f. Cage. Etymol: Geôle. (Montfort.) 
Geignard, s. m. Soufflet. (Dourdain.) 



Digitized by VjOOQlC 



-45- 

Geuque. s. f. Angélique, prénom de femme. (Arrondissement 
de Redon.) 

Gênance, s. f. Gène. « C'est une génance de tous les moments. » 
(Arrondissement de Vitré.) 

Gendarme, s. m. Nom donné au poisson de mer appelé hareng. 

(Poligné.) 
Genouet, s. m. Genou. « Les beaux petits genouets. » (Lalleu.) 

Gens, s. m. pi. Parents. Le père et la mère. (Tout le dépar- 
tement.) 

Georgeon, s. m. Nom donné au diable. (Fougères.) 

Gerbe, s. f. Petit fagot de genêt ou d'ajonc employé pour chauf- 
fer les fours. (Port-Saint-Jean sur la Rance.) 

Gerbière, s. f. Croisée de grenier. (Dourdain.) 

Gergaud, s. m. Homme sans valeur. (Loutchel.) 

Gerziau, s. m. Plante de la famille des papilionacées. (Tout le 

département.) 
Gilée, s. f. Jet de liquide. (Tout le département.) 

Giler, v. a. Lancer un liquide par jet. (Tout le département.) 

Gilette, s. f. Julienne, prénom de femme. (Messac.) 

Gilonne, s. f. Julienne, prénom de femme. (Cardroc.) 

Giroflée a cinq feuilles, s. f. Soufflet, giffle. (Fougères.) 

Gis, s. m. Jet, pousse que produit un arbre dans le cours d'une 
année. « Voilà un gis vigoureux. » (Tout le département.) 

Glaviau, s. m. Gosier. (Arrondissement de Redon.) 

Gléïois, s. m. Chaume, paille de blé ou d'avoine restée debout 
sur les sillons après la moisson. (Port-Saint-Jean sur la 
Rance.) 

Glenets, s. m. pi. Épines des ajoncs qui sert à faire les glennes. 

(La .Guerche.) 
Glenne et Gleune, s. f. Fagots de genêts, de bouleaux, etc., 

pour les boulangers. (Tout le département.) 

Glouri, s. m. Champ dépouillé de sa récolte. (PortrSaint-Jean 

sur la Rance.) 
Glui, s. m. Paille préparée pour couvrir les toits. (Fougères») 



Digitized by VjOOQlC 



— 48- 

Gniaffe, s. m. Cordonnier, presque une injure. (Tout le dépar- 
tement.) 

Gobelet, s. m. Plante de la famille des Amygdalées. Umbilicus 
pendulinua. (Saint-Sulpice des Landes.) 

Gober, v. n. Attraper, recevoir. « Tu vas gober ! » c'est-à-dire : 
Recevoir des 'coups. (Dourdain.) 

Gober sa chèvre, loc. adv. Se mettre en colère. (Ateliers 
de Rennes.) 

Godi-Sarsau, s. m. Ourlet de robe de femme. (Guichen.) 

Gogueno, s. m. Vase de nuit. (Arrondissement de Redon.) 

Gondolé, e, adj. Le bois vert gondole, c'est-à-dire travaille. Le 
bois sec ne gondole pas. « Cette porte est toute gondolée. » 
(Tout le département.) 

Goret ou Gorin, s. m. Porc. « Les gorins étaient-ils chers à la 
foire de Fougeray ? » (Tout le département.) 

Goron, s. m. Ivrogne. (Fougères.) 

Goronner, y. a. Enivrer. (Fougères.) 

Gouet, s. m. Arum des haies appelé aussi chandelle. Arum 
macula tum. (Tout le département.) 

Goule, s. f. Bouche, ouverture, grotte. « A-t-il la growicgrande?» 
pour : la bouche grande. « La goule du four : » l'ouverture du 
four à cuir le pain. Il existe àDinard une grotte qu'on appelle 
La Goule-es-Fées. (Tout le département. ) 

Goulée, s. f. Bouche pleine. « Une goulée de pain : » la bouche 
pleine de pain. « Le chien l'a mordu et a emporté la goulée, » 
c'est-à-dire : A enlevé le morceau. (Saint-Malo de Phily.) 

Gouleyant, adj. Agréable au goût. On dit du cidre gouleyant, 
droit en goût et justificatif. (Montfort.) 

Goulipias, s. m. Goinfre. Individu qui mange malproprement. 
(Env. de Rennes.) 

Goulipiaud, s. m. Vaurien, rôdeur, coureur de nuit. « C'est un 
grand goulipiaud. » (Rennes.) 

Goulu, s. m. Gourmand. (Dourdain.) 

Gourbaille, s. f. Corbeille, sorte de panier. (Saint-Sulpice des 
Landes.) 

Gourdine, s. f. Fève, légume, t De bonnes gourdines. » (Arron- 
dissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 47 — 

Gourgantink, s. f. Corsage. (Pleurtuit.) . 

Gourou, s. m. Individu dont le métier consiste à châtrer les 
animaux. Pour se faire reconnaître, le gouru se promène 
dans les foires en jouant avec les lèvres d'un tout petit instru- 
ment. (Tout le département.) 

Gouspin, s. m. Méchant gamin. (Tout le département.) 

Goutte, adv. Nulle chose; néant; pas. t Je n'y vois goutte : » 
Je n'y vois pas. (Tout le département.) 

Grafigner, v. a. Égratigner. « Le chat m'a grafigné. > (Mont- 
fort.) 

Graisser, v. a. Fumer un champ. (Arrondissement de Redon.) 

Graisse, s. f. Fumier, engrais. (Saint-Suliac.) 

Grangoulipias, s. f. Femme laide qui a une grande bouche. 
(Rennes.) 

Gras a lard, loc. adv. Gras comme un porc. (Tout le dépar- 
tement.) 

Gratteron, s. m. Plante des haies dont le fruit se colle aux 
vêtements. Galium aparine. (Arrondissement de Rennes.) 

Gréier, v. g. Gréier un cheval, harnacher. (Saint-Briac.) 

Grelle, s. f. Panier d'osier ou de bourdaine servant aux blan- 
chisseuses pour porter le linge en ville. (Rennes.) 

Grémil, s. m. Plante de la famille des Borraginées. (Lithosper- 
mum arvense, L.) (Fougeray.) 

Gresillon, s. m. Grillon. (Tout le département.) — « Quand le 
grésillon chante, c'est signe de beau temps. » 

Gresset, s. m. Rainette, grenouille. « Quand les gressets chan- 
tent, signe de beau temps, t (Tout le département.) 

Greus, se, adj. Gros, grosse, f Quelle greusse fomme ! » (Arron- 
dissement de Redon.) 

Le cœur greus de tristesse, 

J'fus serrer du cresson. {Vieille chanson.) 

Grichu, e, adj, Personne désagréable, de mauvaise humeur. 

(Tout le département.) 
Grignette, adj. Figure grincheuse, rechignée. (Dourdain.) 
Grimâcher, v. n. Gronder, gourmander. (Saint-Suliac.) 
Grindoux, s. m. Être rechigné. (Dourdain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 48 — 

Grippi, s. m. Nom donné au diable. (Tout le département.) 
Griseiller, v. n. Blanchir des cheveux ou de la barbe. « Il 

griseille. » (Tout le département.) 
Grison, s. m. Pouding, aglomération de petits cailloux. « La 

butte au grison. » (Dingé.) 
Grissaud, s. m. Traître, méchant. (V. Blaiche.) (Gennes.) 
Grisses, s. f. pi. Méchancetés, grimaces. (Gennes.) 

Grohir, v. a. Rissoler. « Ce poisson est bien grohi, » bien cuit, 

qui croque sous les dents. (Rennes.) 
Groler, v. n. Agoniser. (Tout le département.) 
Grolet, s. m. Râle de la mort, t Le pauvre mâtin a le grolet ; 

il n'en reviendra pas. » (Tout le département.) 

Grolle, s. f. Corbeau connu sous le nom de Freux. 

« Grolle, grolle, grolle, la dernière rendue, 

c Aura la -crotte au cul. » 

(Formulette des enfants de V arrondissement, de Redon.) 

Gros, s. m. Déchet de farine de blé noir. (V. Soursas.) (Bain.) 

Grossier, ère, adj. Gros, grosse ; gras, grasse. « Via un petit 
gas quïest ben grossier: » Bien gras. (Tout le département.) 

On dit d'un homme ou d'une femme qui a de l'embonpoint : 
t II est grossier, elle est grossière. » (Montfort.) 

Groué, e, adj. Glacé, glacée. (Tout le département.) 

Grouer, v. a. Glacer, congeler. « Il groue: » il glace. (Tout le 
département.) 

Grouger, v. a. Supporter l'infortune patiemment. (Dourdain.) 

Grouler (Se), v. pr. Se remuer. « Il est bien malade, il ne peut 

plus se grouler. » (La Guerche.) 
Grous, e. adj. Gros, grosse. « Oh ! le grous gas. » Oh ! le gros 

gas. (Gennes.) 
Groux, s, f. Bouillie de blé noir. (Tout le départeihent.) 
Guegeot, s. m. Imbécile, niais. « Quel guegeot 1 » (Arrondisse- 
ment de Redon.) 
Guenaf, s. m. Gourmand. Synonyme de Goulu. (Loutchel.) 
Guener, v. a. Glaner, t II est à guener dans le domaine. » 
(Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 49 — 

Guerdi, adj. En quantité. « Je suis guerdi de puces : » Je suis 
couvert de puces, t II est guerdi de poux: » couvert de poux. 
(Environs de Rennes.) 

Guerdi, e, adj. Engourdi, « II est guerdi de froid. » (Tout le 
département.) 

Guerdin, e, sub. Gredin, grédine, mauvais sujet, mauvaise 

fille. (Tout le département.) 
Gueret, s. m. Sol d'un champ retourné par le soc de la char- 
rue. « Habiller du gueret » veut dire écraser les mottes d'un 

champ charrue. (Tout le département.) 
Gueretter, v. a. Charnier. (Tout le département.) 
Gueriau-bouilli, loc. adv. Gruau-bouilli. Cette expression 

signifie être à son ménage. (Tout le département.) 
Guerissou, s. m. Médecin. « Allez cri le guérissou, car il est ben 

malade. (Arrondissement de Redon.) » 
Guérit-tout, s. m. Valériane. Plante qui sert à cicatriser les 

plaies. (Valerianaphu, L.) (Tout le département.) 
Guermille, s. f. Miette, petite part. « Je n'ai pas mangé la plus 

petite guermille anet. » (Tout le département.) 
Guernette, s. f. Petite grenouille, t Quand les grenouilles 

chantent, c'est signe de beau temps. » (Arrondissement de 

Redon.) 

Guernier, s. m. Grenier. (Tout le département.) 

Guernolle, s. f. Grenouille, t J'vas à la pêche aux guernolles. » 

(Gennes.) 
Guernoselles, s. f. pi. Groseilles. « J'ai tant mangé de guer- 

noselles que j'en ai ma au ventre. » (Arrondissement de 

Redon.) 
Gueroisilles. (Gennes.) 

Guernouille, s. f. Grenouille. (Tout le département.) 

Guerois, s. m. Grains de sable. « Il m'a jeté des guerois à la 

figure. » (Tout le département.) 
Gueroué, e, adj. Gelé, glacé. « Je suis gueroué: » Je suis gelé. 

« Il a gueroué cette netée: » Il a gelé cette nuit. (Messac.) 

Guersille (à), loc. adv. En abondance. « Ce pommier a des 
pommes à guersille. » (Bain.) 

4 



Digitized by VjOOQlC 



— 50 — 

Guersillée, s. f. Grande quantité, t II y a eette innée de* 
guersillées de cerises. » (Bain.) 

Guersillon, s. m. Grillon. « Quand le gôëfsHlOn chante dans 

le fo*f*t\ il porte bonheur. » <Arrond iBBOMon t de Redon.) 
Guétron, s. m. Guêtre. (Dourdain.) 
GufcUL* D'stttaGiffc, s.f. Gueulàtfd, gireutotfde. t Va$4ut*tatirè, 

sacrée gueule d'empeigne ? » (Rennes.) 
Gukubine ou Gueuttne, s. f. Blague A tabac. (Canton de Saint* 

Aubin-d'Aubigné.) 
Guibolle, s. f. Jambe. (Tout le département.) 
Guichenas, s. m. Habitant de Guichen. On emploie aussi Ce 

mot comme injure . t Oh ! le vilain guichenas 1 » "(Tout îe 

département.) 
GtttGfcB, s. f. Cerise sauvage. « Allom Hr r ei * ïe$ gutyne*. t 

(Tout le département.) 

GuiLDftou et GtjmEDRÔu, s. m. Courir -le guildrou. «îl cotrft 
toutes les nuits le guildrou, * c>est-à-dire qu'A va toutes les 
nuits dans de mauvais lieux. (Rennes.) 
Guille, s. f. Robinet. (Fougères.) 
(ÏTttfc, s. in. Gui. Plante parasite des arbres. (Dourdain:) 
Gûinche, s. f. Grande graminée des bois. (V. Flache.) (Rennes.) 
Guingan, s. m. Étoffe rayée. (S*-Méen.) 
Gustao, s. m. Auguste, prénom d'homme. (Plerguer.) 



Haiter, v. n. Pktnfe, convenir 

Hxite-t-y (Ça vous), Int. « Ça vw*s haiteH-y ?» Ça vous «cm- 

vient-il?(Hédé.) 
Hale, s. m. Vent sec. « Le linge ne va pets stefoer sHl ne fait 

paêdehâUi. » <Toutle département.) 
Halfes9*er > s. m. Batailleur peu scrupuleux, mauvais ««jet, 

fainéant. (Dourdain.) 



Digitized by CjOOQIC 



-M — 

Halleb (S'entre), v. pron. S'empoigner, se prendre aux che- 
veux. (Messac.) 

Hajipin, s. m. Boiteux. (Dourdain.) 

Hampiner, v. n. Boiter. (Dourdain.) 

Hancer, v. n. Geindre. (Dourdain.) 

Hanebane, s. f. Plante de la famille des Solanées, appelée aussi 
Herbe aux chevaax. {Hfpècy&muB niger, L.) (La Dominelais.) 

Hanne, s.f. Pantalon. « Boutonne ta hanne. » (Tout le départe- 
ment.) 

Hanner, v. a. Mettre une culotte, c Viens mon gars que te 

hanne. » (Tout le département.) 
Hannebannes, s. t pi* Tripes, boyaux deoochon. (Bain.) 
Hanôohe, s. L Rondin, bois de chauffage rond. {Dourdain.) 
Hahochêr, y. a. Couper du rondin. (Dourdain.) 
Hansard, s. m. Outil pour faire le guéret, tailler la paille et le 

smwc de pommes. (La Bouêxiêre.) 
Hantier, s. m. Manche de faux. (Bain.) 
Happer, v. a. Prendre Vivement ou attraper à la course, i Pai 

happé un lapin. » (Tout le département.) 

Harasse, s. f. Caisse à jour dans laquelle se font les expédi- 
tions de faïence et de porcelaine. (Tout le département.) 
Harasser, v. a. Griller des châtaignes. (Saint-Médard-sur-IUe.) 
Harassoire, s. f. Poêle percée pour griller des châtaignes. 

« Où as-tu mis l'harassoire? » {Saint-Médard-sur-Hle.) 
Hausser, s. m. Bouclede fer ronde. (Dourdain.) 
Harbillon, s. m. Boucle de fer carrée. (Dourdain.) 
Harîas, s. m. Embarras. « Quand on est à la tête d'une ferme, 

ce n'est pas un petit harias. » (Bain.) 
Haricotage, s. m. Travailler avec peine. (Bain.) 
Harie, s. f. Héritage, succession. (V. hérit.) (Gardroc.) 
Harnas, s. m. Harnois. Se dit aussi de quelqu'un qui court les 

filles, « II est du harnas. » (Arrondissement de Vitré.) 
Harnois, s. m. Charrette attelée de bœufs. « Via un bitm /wir- 

naU. »-{Tout le département.) 
Harquelier, s. m. Buveur, propre à rien. (Doturêain.) 



Digitized by VjOOQlC 



Harrée, s. f. Averse. « Une harrée de pluie, de grêle, de neige. » 

Une giboulée. (Tout le département.) 
Has, s. f. Haie servant de clôture à un champ ou à un jardin. 

(Tout le département.) 
Hausset, s. m. Jambes, pattes. 

Devinette : Qui n'a ni haut, ni hausset 
Et qui passe *en les russeUl 
— Une sangsue. 

(Bain.) 

Haut, s. m. Corsage de robe. (Goômes.) 

Haut, s. m. Nord, t Le vent vient du haut. > (Dourdain.) 

Haut-de-Chausse, s. m. Pantalon. (Pipriac.) 

Haute-Heure, s. f.De bonne heure. C'est le contraire de basse- 
heure, t Nous avons le temps de cheminer, il est haute- 
heure. * (Saint-Grégoire.) 

Havet, s. m. Grande fourchette en fer à deux branches. (Dour- 
dain.) 

Héampionné, e, adj. Personne qui, ayant eu les reins brisés, se 
dodine en marchant, t Cet homme est héampionné, cette 
femme est héampionnée. » (Arrondissement de Vitré.) 

Hégron, s. m. Héron, t II y a des hégrons sur le bord de 

l'étang. » (Bain.) 
Henquin, s. m. Lambin, fainéant. (Dourdain.) 
Henquiner, v. n. Travailler mollement. (Dourdain.) 

Hèque, s. f. Petite barrière pour empêcher .les enfants de sortir 
delà maison, sans les priver du jour. (Canton de Saint- Aubin- 
d'Aubigné.) A Maure, dans l'arrondissement de Redon, on 
appelle Hèque le petit treillage en bois sur lequel on met la 
galette à froidir. 

Hérassé, e, adj. Maladie de langueur. « Il est hèrassé. » (Dour- 
dain.) 

Heraudée, s. f. Heraudée de pluie, c'est avoir reçu une averse. 
On dit aussi de quelqu'un qui a été battu: « En a-t-il reçu, une 
heraudée ! » 

Herauder, v. a. Battre, frapper. « Si tu fais le gamin, j'vas fhe- 
rauder. » (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 53 — 

Herbe- a-cinq-Coutures, s. f. Plan tin. (Plantago laneeolata.) 
(Toutle département.) 

Herbe-a-Cochon, s. f. Plante de la famille des Polygonées 
appelée aussi Renouée des oiseaux, traînasse. (Polygonum 
aviculare, L.) (La Dominelais.) 

Herbe-a-Éternuer, s. f. Plante de la famille des Composées 
appelée Achilléa. (Saint-Sulpice des Landes.) 

Herbe a la Coupure, s. f. Plante de la famille des Crassulacées, 
appelée aussi Herbe-au-charpentier, Herbe-aux-cors. (Sedum 
Telephium.) (Tout le département.) 

Herbe-aux-Chevaux, s. f. Plante de la famille des Solanées, 
appelée aussi Hanebane. (Fougeray.) 

Herbe-aux-Égus, s. f. Plante des bords des eaux, à fleur jaune, 
de la famille des Primulacées. (Lysimachia nummularia, L.) 
(Tout le département.) 

Herbe aux femmes battues, s. f. Plante des bois. (Tamut 
communts, L.) (Rennes.) 

Herbe-aux-Gueux, s. f. Plante des haies. (Clematis vitalba.) 
(Rennes.) 

Herbe-aux-Hernies, s. f. Plante de la famille desParonychiées. 
(Herniaria glabra,L.) (Tout le département.) 

Herbe-aux-Poux, s. f. Plante des lieux humides. (Pedicularis 
sylvatica, L.) (Tout le département.) 

Herbe-aux-Sorciers, s. f. Plante de la famille des Verbenacées. 
(Verbena officinalis.) (Toutle département.) 

Herbe-Sainte, s. f. Absinthe. Plante de la famille des Compo- 
sées. (Artemisia absinthium, L.) (Bain.) 

Herbe-Saint-Jean. s. f. Plante connue sous le nom de lierre 
terrestre. (Glechoma hederacea, L.) (Tout le département.) 

Herette, s. f. Planche de pois dans unjardin.«J'ai semé une he- 
rette de pois. » (Arrondissement de Redon.) 

Hérigaudier, s. m. Brigand. (Dourdain.) 
Hérille, s. f. Haridelle. (Dourdain.) 

Hérit, s. m. Héritage. « 11 a fait un hérit : » Il a fait un héritage. 
(Arrondissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— M - 

Hicriie, loc. adv. Rien. On dit aussi Herme-en-tout, pour rien du 

tout. (Bain.) 
Hsrquëubr, s. m. Homme qui n'avance pas au travail, qui s'y 

prend mal, qui est paresseux. 
Dicton : 12 chassoux, 12 pêchoux, 19 oiteitert, et 12 beuonmer* 
Ça fait en tout 48 herqueliers. 

(Fougères.) 
Hêtant, adj. Agréable. (Bain.) 

Hetier, s. m. Tuile à galette. (Arrondissement de Fougères.) 
Hette-Ben, loc. adv. Ça me convient bien. (Guipry.) 
Hetter, v. unip. Convenir, (Guipry.) 
Heude, s. f. Entrave. Corde attachant les jambes d'un cheval 

ou d'une vache, du môme côté, pour l'empêcher de courir. 

(Arrondissement de Redon.) 
Heunes, s. f. pi. Rhumatisme articulaire. (Bain.) 
Heutin, s. m. Hôtel. H existe un village de la commune de 

Pancé qui s'appelle l'Hôtel-aux-Merles. Il n'est connu dans 

toute la commune que sous le nom <X Heutin- aux-Mèles. 

Hi, adj. Se dit des nids d'oiseaux qui ont été abandonnés, dé- 
laissés, parce qu'on y a touché. « Ce nid est hi. » (Bain.) 

Hian, s. m. Gland, fruit du chêne. (Plerguer.) 

Hiandra, s. m. Gland du chêne. «Va ramasser les hiandras pour 
les pourciaux. » (Arrondissement de Redon.) 

Hinge, s. f. Haine. « Il l'a pris en hinge, il ne peut plus l'endu- 
rer : » Il l'a pris en haine, il ne peut plus le souffrir. (Au- 
bigné.) 

Hobelis, sub. des deux g. Herboriste. (Gennes.) 

Hober, v. a. Remuer, ébranler. (Montfort.) 

Hocton, s. m. Petit gilet d'enfant. (Pipriac.) 

Hoince, s. m. Vieux couteau de poche. (Dourdain.) 

Homer, v. a. Humer en aspirant. « Homer un œuf. » (Gennes.) 
Boire à grande gorgée. 

« Home Guyot, 

€ Y en a cor dans le pot. • 

(Dicton de Bain.) 

Homper, v. a. Fouler. (Dourdain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 55 — 

Hoqueler, v. n. Tenon qui a trop de libre dans la mortaise. 

(Dourdain.) 
Houdace, s. f. Femme travailleuse. (Deurdain.) 
Houeler, v. n. Chanter en braillant. (Fougères.) 

Houette, s. m. Petit instrument de jardinage emmanché d'un 

long pied. (Bain.) 
Houlon, s. m. Bol. (Dourdain.) 
Houlonnée, s. f. Bol de cidre. (Dourdain.) 
Hourlék, s. f. Effort pour soulever un fardeau. (Loutehel.) 

Houspiau, s. m. Personne qui a la démarche empruntée. (Dour- 
dain.) 

Houspiller, v. a. Secouer quelqu'un, le brutaliser. (Tout le 

département.) 
Houspin, s. m. Malotru. (Dourdain.) 

Housser, v. n. Lever les épaules en signe de dédain. (Dour- 
dain.) 
HoysTEy, adv. Ujentôt. (Dourdain.) 
Houte, s. f. Manche 4a la faux, (J)ourdain.) 
jf oumu, s. m, Itateau & quatre depts, (Sajut-Grégoirç.) 

Houzé, e. Mal habillé. « Gomme il est houz$ 1 » § Regarde donc 
Perrine, cornue el|e est houaée, * (Tout le département,,) 

Houzée, s. f. Averse. (V. Harrée.) « Quelle houzée nous allons 

avoir ! » (Saint-Malo.) 
Houziaux, s. jn. pi, Guêtres, « J'aj «liai mes hQUziaux pour ne 

pas me brêler les jambes » : f ai rois, rpes fjuêtres pour ne p$s 

me mouiller les jambes. (Le Grand Fougeray.) 

Houzjw4e, s, f. Cuisson touffu, (Bourdajn.) 

IJuw, adjt des deux g. Qui a une huppe sur la tête. (Louvigné 
du désert.) 

Huche, s. f. Huchet, s. m. Coffre où Ton met le pain, le lait, 
le beurre. (Tout le département.) 

Huchée, s. f. Distance déterminée par la voix, c'est-à-dire aussi 
loin qu'un cri peut se faire entendre. « Vous n'avez qu'une 
huchée à parcourir pour atteindre tel village. » (Tout le dépar- 
tement.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 56 — 

Hucher, v. n. Crier, c Huche plus haut, ou y n'te ouïra pas. » 

(Tout le département.) 
Huette, s. f. Luette. (Dourdain.) 
Huge, s. f. (V. Huche.) Meuble en bois dans lequel on serre le 

pain, c Mets le pain dans la huge. » (Tout le département.) 
Hupinerie, s. f. Maison malpropre* (Dourdain.) 
Hupion, s. m. Homme sale. (Dourdain.) 
Huppe, s. f. Femme sale. (Dourdain.) 

Husset et Huchet, s. m. Huis. Petite porte basse, la seule 

fermée quand on est à la maison. (Tout le département.) 
Huyette, s. f. Entonnoir. (Pleurtuit.) 



Ian, adv. Oui. (Arrondissement de Redon.) 

Iau, s. f. Eau. Un seillée d'iau. c Va cri de l'iau : » Va cher- 
cher de l'eau. (Arrondissement de Redon.) 

Ielle, pron. poss. Elle, c C'est telle qui m'a dit ça. » (Arrondis- 
sement de Redon.) 

Igniau, s. m. Agneau. Au pluriel igniaux. (Tout le départe- 
ment.) 

Incoquelicot, adv. Incognito. (Rennes.) 
Infoume, adj. des deux g. Gourmand. (Loutehel.) 
Innocent, s. m. Idiot. « C'est un pauvre innocent. » (Tout le 
département.) 

Io ou Hio, s. m. Reste de boisson dans un verre ou dans un bol. 
« Il a laissé un io dans son écuelle, rince-la donc. » (La Domi- 
nelais.) 

Iou, adv. Où. (Plerguer.) 

Itou, adv. Aussi. 

« Comment ça va-t-il ? 

« Pas mal, et vous itou?» 

(Arrondissement de Redon.) 
Iun, e, ad. Un, une. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 57 — 

Ivrogne, s. m. Plante de la famille des Caryophyllées. {Lychnis 
sylvestris.) (Tout le département.) 



Ja, Jac, Jacques, Jacquot, s. m. Gréai. (Tout le département.) 

Jaffe, s. f. Gifïle, calotte, c Tvas te donner une jaffe. » (Pler- 

guer.) 
Jamains, adv. Jamais. (Arrondissement de Redon.) 
Jambet, s. m. Lassitude du mollet occasionnée par la danse. 

(Dourdain.) 

Jan, s. m. Ajonc, arbuste épineux à fleurs jaunes. (Arrondisse- 
ment de Redon.) 

Janic, s. m. Ajonc. (V. Jan.) (Arrondissement de Vitré.) 

Jardrin, s. m. Jardin. (Arrondissement de Redon.) 

Jargogner, v. n. Parler indistinctement. (Dourdain.) 

Jas, s.m. Jars, mâle de Foie. (Tout le département.) 

Jasson, s. m. Jatte. C'est dans lejasson que se fait la pâte à 
galettes. (Bain.') 

Jauna, s. m. Ajonc. (Saint-Sulpice des Landes.) 

Jaunas, s. f. Pâture d'ajoncs et de genêts. (Arrondissement de 
Redon.) 

Jaupitrer, v. n. Jouer, s'amuser. (Rennes.) 

Jauri, e, adj. Se dit de l'eau gâtée, corrompue, t L'éve du doué 
est jaurie. » (Bain.) 

Javelle, s. f. Amas de grain coupé par la faucille et devant 
composer la gerbe. (Saint- Aubin-d'Aubigné.) 

Javelle, s. f. Petit tas de lande coupée. (V. Lande.) (Bain.) 

Javelots, s. m. pi. Gerbes de grain. (Bain.) 

Jeannot, s. m. Jean, prénom d'homme. (Plerguer.) 

Jedrin, s. m. Jardin. (Plerguer.) 

Jêlotte, s. f. Julienne, prénom de femme. (Arrondissement de 
Redon.) 

Jeue, s. f. Gage pour les oiseaux. (Dingé.) 



Digitized by VjOOQlC 



-68- 

Jeunesse, a. I Jeunes filles. Toutes les jeunea filles sont des 

jeunesses. (Tout le département.) 
Jeunette, adj. Jeune. 

* La fille encore jeunette 
Lui délia les pieds. » 

(Vieille chanson de Rennes.) 

Jobard, s. m. Imbécile. (Tout le département.) 

Joo, s. m. Juchoir. c Les poules vont à jec pour dormir. » On 

dit aussi quand une femme relève ses seins dans son corsage: 

«Elle met ses tétons à joc.» (Arrondissement de Redon.) 
Joheu, s. m. Pain blanc. (Dourdain.) 
Joïkule, s. "f. Cage pour les oiseaux. On prononce jo-ieule. 

(Maure.) 
Ge mot vient de Geôle, prison. (Y. Geheule,) 
Jonc-des-Chaisiers, s. m. Plante des marais. (Seirpus lacus- 

tris, L,) (Fougeray.) 

Jonc-Marin, s. m. Plante de la région maritime acclimatée dans 
les jardina et qui sert à faire des bordures. (Ârmeria 
maritima.) (Tout le département) 

Jûntele*, v, a. Mettre un tonneau plein, en plage. (Pourdain.) 

José, José, Joson, s. m. Joseph, prénom d'homme. « Appelle 
donc Joson. » (Tout le département.) 

Jotemaux, s, m. pi. Oreillons. Inflammation des glandes voi- 
sines de l'oreille. Quand les enfants ont cette maladie, on leur 
frotte le cou à l'auge des cochons, parce que, eroit-on, les porcs, 
qui sont très-sujets à cette inflammation, se guérissent de 
cette façon. (Tout le département.) 

Jotte, s, f. Soupe au potiron. (Fougères.) 

Journal, s. m. Mesure agraire. « Le journal est de 48 ares, » 
(Tout le département.) 

J'tun (au féminin J'teune), sub. Lutin familier et espiègle qui 
joue un certain rôle dans les contes populaires du pays. 
(Saint-Suliao.) 

Jugeote, s. f. Jugement, t II a de la jugeote. » (Tout le dépar- 
tement.) 

Julienne-des-Prés, s. f. Plante des prairies humides. (Carda- 
mine pratensis, L.) (Bain*) 



Digitized by VjOOQlC 



-60- 

Juuau, s. m. Jules, prénom d'homme. (Arrondissement de Re* 

don.) 
Juuow, s. f. Julie, prénom de femme. (Plerguer.) 
Juste, Justin, Juston, a. m. Corsage de femme. (Tout te depar 

tement.) 
J'và, Joyaux, s. m. Cheval, chevaux. (Tout le département.) 



KàeteRj v, n. Travailler courageusement, (Dourdain.) 
Kai^ier, s. m. Ivrogne et vaurien. (Pourdain.) 
Kani, 8. m. Méchant. Traître à la lutte. (Dourdain,) 
Kanissiqries, s. f. pi. Méchanceté*. (Fougères.) 
Eerbite, s. f. Viande maigre. (Dourdain.) 
Kianche, s. m. Loquet de porte, (Pierguej.) 
Kiau, s. m. Clos, champ. (Plerguer.) 



Laguign alleu, s. f. Quête annuelle des bedeaux dans lea pa- 
roisses. (On prononce La^guig^nalleu,) On suppose que ce 
mot est une corruption de : au qui Van neuf. (La Guerche.) 

Laîche, s. f. Plante des lieux humides. (Cam>.) (Tout le dépar* 
tement.) 

LaÎteron, s. m. Plante de la famille des Composées qui sert à 
nourrir les lapins domestiques. (Sonohu* oleraceuM.) (Tout le 
département.) 

Laitier, s. m. Plante des pelouses, (Polygqla.) (Tout le dépar» 

tement.) 
La-Lin, adv. Là-bas. « Aile» là-lin, vous trouverez Polo en 

champ. » (Tout le département.) 
Lambinerie, s. f. Travail long et futile. (Dourdain.) 



Digitized by VjOOQlC 



1 



— 60 — 

Lampée, s. f. Gorgée, c Boire une bonne lampée de vin ou de 

cidre. » (Tout le département.) 
Landassin, s. m. Lièvre de lande, c Tai tué trois landassins 

dans ma chasse. » (Arrondissement de Redon.) 
Lande, s. f. Ajoncs et bruyères dans les terrains non cultivés. 

c Je vas douer de la lande : » Couper de la lande. (Tout le 

département.) 
Landes, s. f. Lentes, œufs de pou. c II a des landes dans le pa. » 

Il a des lentes dans les cheveux. (Tout le département.) 

Lanfeu, s. m. Chanvre. (Dourdain.) 
Lanfeusser, v. a. Carder le chanvre. (Dourdain.) 
Langouriau, adj. des 2 g. Enfant languissant. (Env. de Rennes.) 
Langue-de-Bœuf, s. f. Plante de la famille des Boraginées : 

Vipérine. (Rennes.) 
Langue-de-Pie, s. f. Plante des marais. (Carex pilulifera, L.) 

(Saint-Sulpice des Landes.) 
Lèche, s. f. Quelque chose d'excellent, c Oh ! la bonne liqueur ! 

c'est de la lèche. » (Arrondissement de Redon.) 
Légume, s. f. De la bonne et belle légume. Ce mot est employé 

au féminin dans tout le département. 
Lentille, s. f. Plante qui recouvre la surface des mares et que 

les canards mangent avec avidité. (Lemna.) (Tout le départe- 
ment.) 
Lentou, s. m. Individu lent. (Env. de Rennes.) 
Leouis, s. m. Louis, prénom d'homme. On prononce Le-ouis. 

Le-ouison, pour Louise. (Tout le département.) 
Lessi, s. m. Eau qui coule de la panne (cuve) lorsqu'on fait la 

lessive. (Tout le département.) 

Let, s. m. Lit. Prononcerle, presque leu. t Mon let n'est pas 

encore fait. » (Cesson.) 
Leu, pron. pers. Leur. (Tout le département.) 
Lever, v. a. Laver. (Fougeray.) 
Lèze, adj. des 2 g. Large. La forêt a deux lieues de lèze. Ce 

mot est aussi employé pour indiquer la largeur des étoffes. 

t Cette toile a tant de lèze. » (Arrondissement de Montfort.) 
Li, pronom pers. Lui. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 61 — 

Liboines, s. f. pi. Fairequelque chose qu'on ne veut pas avouer. 
Donner le change. « Joson, que fais-tu dans le grenier ? — Des 
liboines. » (Tout le département.) 

Lien d'Amour, s. m. Plante panachée de la famille des Graminées 
cultivée dans les jardins pour orner les bouquets. On l'appelle 
aussi Ruban d'amour. (Phalaria picta.) (Tout le départe- 
ment.) 

Lierre-Terrestre, s. m. Plante rampante médicinale appelée 
aussi Herbe-Saint-Jean (Glechoma hederacea, L.) (Tout le 
département.) 

Lieuve, s. m. Lièvre. (Plerguer.) 

Liger, ère, adj. Léger. 

Ligèrement, adv. Légèrement. 

« Marchons donc ligère, ligère, 
Marchons donc ligèrement. » 

(Chanson de conscrits de tout le département.) 

Lima, s. m. Limaçon, escargot. 

t Lima, lima, lima, tire tes cônes (cornes). » 

(Formulette des enfants de mie-et-Vilaine.) 

Limero, s. m. Numéro. (Arrondissement de Redon.) 
Limon, s. m. Brancard, bras de voiture, t Le cheval de limon 
s'est abattu. » (Tout le département.) 

Limonier, s. m. Cheval de limon attelé entre les deux branches 

de la limonière d'une voiture, c C'est un bon limonier. » 

(Tout le département.) 
Linceuls, s. m. pi. Draps de lit (Fougères.) 
Lirette, s. f. Fille coquette. « La petite Lirette a la joue sous 

l'œil. » (Arrondissement de Redon.) 
Liron, s. m. Belette. « J'ai pris un biau liron dans mon piège à 

taupes. » (Arrondissement de Redon.) 
Lisette, s. f. Betterave. (Tout le département.) 
Lobard, s. m. Imbécile. (V. Jobard.) (La Guerche.) 
Lober,, v. n. Laisser sortir la langue hors de la bouche, c As-tu 

bientôt fini de lober, vilain gars? » (Fougères.) • 

Loche, s. f. Petite limace des jardins. (Tout le département.) 
Lofias, s. m. Gros maladroit. (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— « — 

Logis, s. m. Maison de maître. On dit h un pauvre : c rn'avoas 

pas le moyen d'veus assister, ailes au logia. 1 (Bain.) 
Lohan et Lohon, s. m. Marmelade de cerises. (Pléchâtel.) 
Lohia, s. m. Lohéac. (Commune de l'arrondissement de Redon.) 
LosftE, s. f. Louche, cuillère k servir le potage. (Bain.) 
Louaille, s. m. Taureau. (Broons-sur-VilaineJ 
Lgocrard, Lguchon, s. m. <Jœ loucha (Tout le département) 
Louîsëts, s. m. pi. Ancienne secte religieuse de catholique 

formée de prêtres qui n'étaient pas soumis att Concordat. 

(Il en existait autrefois à Fougères.) 
Louisic, s. m. Louis, prénom d'homme. 
Louison, s. f. Louise, prénom de Iftto, 
Louvard, s. m. Jeune loup. (Arrpttd issgm eftt de Redon.) 
Loyet, s. m. Corne remplie d'eau pendant à la ceinture du 

faucheur et dans laquelle il met sa pierre à aiguiser. (Bain.) 
Lu, pron. pers. Lui. (Bain.) 
Lucet, s. m. Arbrisseau des bois. \Vacciniufh wyrttllus.) (Forêt 

de Paimpont.) 
Luzabd, s. m. Lêsard. (Dingé.) 



Ma, Mail, Mé£, pron. pers. Moi. Ma. (Arrondissement de 
Redon.) — Mail. (Cancale.) — Mée. (Rennes.) 

Machin, s. m. Mauvais outil. (Jourdain.) 

Machurau, s. m. Vaurien. (Dourdain.) 

Magonner, v. n. Mâchonner. (La'Guerche.) 

Mai, s. m. Bouquet placé le 1 er mai à la porte d'une jeune fille 
qu'on aime ou d'une fiancée, c Un jeune homme qui a été rëftisê 
met un choux par dérision, par vengeance. » (Arrondissement 
de Redon.) 

Maîè ou Méë, s. f. Grand coffre qui sert dans les fermes k ren- 
fermer les pots remplis de lait. (Tout te département^ 



Digitized by VjOOQlC 



- 63 - 

Maigrecrigné, adj. Individu maigre, chétiî, Souffreteux. (Tout 
le département.) 

Maigrughet, adj. Enfent maigre. (DoUrdain.) 

Mail, s. m. Tas de bois ou de paflle. (V. Barge.) (Port-Saint- 
Jean sur la Rance.) 

Maingots, s. m. Laitage. Crème fouettée que Ton mange au 
dessert. (Rennes.) 

Mairre, *. ». Marc. (Ptergtter.) 

Maisonnée, s. f. Tous les habitants die la ffleme tnateaa. t Bon- 
jour à la malsonnée. » (Tout le département.) 

Maisonnier, s. m. Petit cultivateur n'ayant qu'une chaumière 
# et quelques lopins de champs. (Tout le département.) 

Mal-sciencé, loc. adv. Individu peu intelligent, presque idiot. 

(Loutehel.) 
Maleyard, s. m. Pain fait avec de la farine de seigle et de fro- 
ment ; pain maleyard. <6ain.) 
MaltOutiers. s. m. pi. Maltôtiers. (Arrondissement de €Mïâlô.) 
Mams'elle, s. t. Mademoiselle. (Tout le département.) 
Mangeaille, s. f. Tout ce qui se mange. (Tout le département.) 
MaNîgaNCër, v. a. Mélanger quelque chose. (Dourdain.) 

Manigances, s. f. pi. Manières, affectations. « Faire des mani- 
gances, C'est faire des embarras. » {Arrondissement de Fou- 
gères.) 
Maque, s. f. Macre, châtaigne d'eau. (Trapa notons.) (Arron- 
dissement de Redon.) 
MAQtr&ftiAtJ, -s. m. Maquereau, pôîssôh de mer. 

t H arrive, tt arrive, il arrîfè îè maqueriau. » 

(Cri des poissonnières dans les rues de Rennes.) 

Marabille, adj. Litige usé. (Dourdain.) 

MarcêlCT, B. # fn. Petit marchand ambulant. (Arrondissement 

4e Sai»t-M«o.) 
Marcou, s. m. Matou, chat. (Tout le département.) 
Màréê, S. T. Liquide renversé par terre, t Une marée de cidre, » 

On dit aussi : « On Ta trouvé dans une marée de sang. » 

(Tout le âéfwrtettienk) 



Digitized by VjOOQlC 



— 64 — 
Margannk, s. f. Matière fécale. (Tout le département.) 
Margannier, s. m. Fabricant d'engrais. (Tout le département.) 
Margot, s. f. Pie, oiseau. (Tout le département.) 

c Margot la pie a fait son nid 

Dans la cour à David. 

Si David l'attrappe, 

Il lui coupera la patte, 

Nette, nette comme torchette. » 

(Formulette du canton de Bain.) 

Margoullin, s. m. Individu méprisable. (Rennes.) 
Margrite, s. f. Marguerite. On appelle les pâquerettes des 

champs des margrites. (Tout le département.) 
Marie-Louise, s. f. Coiffe de femme en tulle brodé. (Doiuv 

dain.) 
Maringotte, s. f. Voiture à deux roues traînée par un cheval. 

(Dourdain.) 
Marion, s. f. Marie, prénom de femme. (Arrondissement de 

Redon.) 

« Marion s'y promène, le Jong de son jardin. » 

(Chanson de TUle-et-Vilaine.) 

Marlborough, s. X. Grosse voiture à deux roues. (Dourdain.) 
Marouillage, s. m. Marais, lande mouillée. (Bain.) 
Marraine, s. f. Toutes les femmes de la campagne sont appe- 
lées marraines dans l'arrondissement de Redon.. € Cest-y 
une belle marraine que la femme à Renaud ! » 
Mas, s. m. Tas de bois ou de paille. (V. Barge.) (Plerguer.) 
Massacrement en Colère, adv. C'est être furieux. (Montfort.) 
Masse-d'eau et aussi Massette, s. f. Plante des marais. (Typha 

latifotia.) (Rennes.) 
Massonnaille, s. f. Maçonnerie. (Saint-Malo.) 
Matemben, particule d'affirmation. Oui. Il est vrai. (Bain.) 
MAtin, s. m. Pauvre diable. « Il n'est pas riche, le pauvre ma- 
tin. » (Arrondissement de Redon.) 
Màtir, v. a. Flétrir, t Tu vas mâtir tes fleurs, » c'est-à-dire: les 

faner. (V. Pâmer.) (Arrondissement de Vitré.) 
Mau, s. m. Mal. c II a un mau à la jambe. » (Lohéac.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 65 — 
Mauge, s. m. Brutal, grossier. « Est-il mauge ! » (Gennes.) 

Maure, s. f. Mûre, fruit de la ronce. « Les maures sont déjà 
mûres, c'est signe que les beaux jours sont passés. » (Arron- 
dissement de Redon.) 

Maure, s. m. Confiture faite avec le fruit de la ronce sauvage. 
(Bain.) 

Me, Mé, pron. pers. Moi. (Arrondissement de Fougères.) 

Mècuerdi, s. m. Mercredi. (Prononcer Mèqueerdi.) (Arrondisse- 
ment de Redon.) 

Medioc, s. m. Idiot. (Loutehel.) 

Méson, s. f. Maison. (Plerguer.) 

Mêle, s. m. Nèfle, fruit du néflier. (Tout le département.) On 
prononce mêle et mélier à Plerguer. 

Mêle, s. m. Merle, oiseau. (Tout le département.) 

ÎÏèle-Terrier, s. m. Merle qui niche sur la terre au pied des 
haies. (Tout le département.) 

Meleyard, s. m. Grain provenant d'un champ semé de seigle 

et de froment. 
Mêlier, s., m. Néflier. (Tout le département.) — On prononce 

mélier à Plerguer. 
Même, s. f. Grand-mère. (Fougères.) 
Memin, s. f. Maman. (Arrondissement de Redon.) 

Menacer, v. a. Gronder. (Le Minihic.) On dit aussi dans tout le 

département. « Le ciel menace, » pour : Le ciel est chargé de 

nuages. 
Mener du bruit. Faire du tapage, t Les garçailles mènent 

tant de bruit qu'en ne s'entend pas. » (Arrondissement de 

Redon.) 
Menquében, adv. Il peut se faire. C'est peut-être vrai. (V. Ventiez- 

ben. (Gennes.) 
Menthe-Coq, s. f. Plante cultivée de la famille des composées. 

(Tanacetum bateamita, L.) (Fougeray.) 

Mentonnière, s. f. Coiffure de paysanne. (Bain.) 
Ménuit ou Ménet, s. m. Minuit. « Viens-tu à la messe de mé- 
nuit? » (Tout le département.) 

5 



Digitized by VjOOQlC 



-68 ~ 

Mer, s. f. Mucosité du cidre. (Mycoderma aceti.) (Tout le dépar- 
tement.) 

Mère-Mitaine, s. f. Sage-femme. (Dourdain.) 

Mérie, Mérion, s. f. Marie, prénom de femme. (Plerguer.) 

Mérienne, s. f. Méridienne. Faire un somme l'après-midi. Ar- 
rondissement de Redon.) 

Mériennée, s. f. Après-midi. « Il fait chaud cette mériennée. » 
Dormir la mériennée. (Arrondissement de Redon.) 

Merlan, s. f. Perruquier. (Rennes.) 

Mésé et Mésui, adv. Désormais, dorénavant. On dit aussi dé- 
mise, demésui. (Bain.) 

Meset, adj. des deux g. Replet. Un homme meset, c'est-à-dire 
gras, fort. (Loutehel.) Un porc meset est un porc dont le lard 
est gâté, et qui ne se vend pas. (Bain.) 

Métive, s. f. Moisson. « Faire la métive. » 

Métivier, s. m. Ouvrier moissonneur. « Il s'est gagé pour faire 
la métive qui dure trois mois, juin, juillet et août. »(Saint-Mé- 
dard-sur-Ille.) 

Mezelin, e, adj. Maigre et mince. « Petite fille mezeline. » (Tout 

le département.) 
Miacher, v: a. Mâcher. (Gennes.) 
Mias, s. m. Potage ou chocolat épais, rempli de pain. « En v'ia 

un mias. » (Bain.) 
Miaulette, s. f. Hydromel. (Fougères.) 

Micamot, s. m. Café, t Entrez-vous boire un micamot ? » (Tout 

le département.) 
Micaud, s. m. Restes d'un repas. (Dourdain.) 
Micauder, v. n. Faire des restes. (Dourdain.) 
Miche, s. f. Pain de ménage qui n'est pas complètement blanc. 

(Arrondissement de Redon.) 
Mignardise, s. f. Petit œillet de jardin. (Rennes.) 
Mignonnette, s. f. Luzerne, plante fourragère que l'on appelle 

aussi Minette-dorée. (Teillay.) 
Miliasse, s. f. Plante de la famille des graminées. (Setaria vertu 

dilata.) (Arrondissement de Vitré.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 67 — 

Mirette, s. f. Miroir. (Tout le département.) 
Mirlitaire, s. m. Militaire. (Saint-Senoux.) 
Mirodé, e, adj. Branche mirodée dont Pécorce a été enlevée 
dans divers endroits ; bâton mirodé. (Tout le département.) 

Miroder, v. a. Enjoliver une canne, un objet quelconque par 

quelques petites sculptures faites avec un couteau. (Tout le 

département.) 
Mirodure, s. f. Enjolivement de mauvais goût fait à un objet ou - 

à une toilette. (Tout le département.) 
Misoué, s. m. Outil pour hacher les choux. (Dourdain.) 
Mitan, s. m. Milieu, moitié. « Coupe le pain par le mitan. » Le 

mitan d'un champ. (Arrondissement de Redon.) 
Mizeritte, s. f. Souris des champs. (Dourdain.) 
Moche, s. f. Beurre préparé en forme de gâteau ou en cône 

tronqué. (Tout le département.) 
Mochet, te, adj. Grassouillet, « Enfant mochet, fillette mo- 

chette. » (Arrondissement 4e Rennes.) 
Mochon, s. m. Petite motte. « Mochon de laine. » Petit peloton 

de laine. (Arrondissement de Fougères.) 
Moguener, v. n. Manger malproprement. (Dourdain.) 
Moine, s. m. Arum. Plante appelée aussi Pied de veau. (Lan 

gon.) 
Moiniau, s. m. Moineau, passereau. C'est aussi une injure, 

« Oh ! le vilain moiniau. » (Tout le département.) 
Molène, s. f. Plante médicinale appelée aussi Bouillon-Blanc. 

(Verbascum thapsus.) (Tout le département.) 
Monition, s. f. Munition. « Il a mangé du pain de monition. » 

(Rennes.) 
Monman, s. f. Maman. (Tout le département.) 
Monnier, s. m. Meunier. (Saint-Ganton.) 
Monssieu, s. m. Monsieur. (Lassy.) 
Monstrueux, se, adj. Personne grosse, grasse, forte, replète. 

(Loutehel.) 
Moque, s. f. Tasse, mesure pour les boissons qui correspond 

à peu près à la chopine ou demi-litre. « La moque a été rem- 
placée par la bollée. » (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 68 — 

Morcet, s. m. Morceau. € Un morcet de pain. » (Fougeray.) 

Morelle, s. f. Plante médicinale appelée aussi douce-amère. 

(Solanum dulcamara.) (Tout le département.) 
Morguillon, s. m. Reste de pain ou d'un fruit mordu. (La 

Guerche.) 
Morguillonner, v. n. Faire des restes. (Dourdain.) 
Morvias, s. m. Morve, gros crachat venant du nez. (Tout le 

département.) 
Morvou, s. m. Petit enfant qui a le nez sale. S'il tombe en avant 

en se penchant trop, on dit que « le morvou a emporté le 

foirou. » (Bain.) 
Mosselé, adj. Lait caillé. 

Mosselée, s. f. Écuelle pleine de lait et de galette. (Bain.) 
Motte de Sucre, s. f. Morceau de sucre. (Tout le départe- 
ment.) 
Mouais, adj. Mauvais, a C'est un mouais gas. » (Gennes.) 
Mouché, Mouchet et Mouchoué, s. m. Mouchoir, c Va cri 

mon mouché de poche. » (Arrondissement de Redon.) 

Moucher, v. n. Se dit des animaux piqués par les insectes pen- 
dant les chaleurs. Ils -mouchent, ils sont apeurés, ils se sau- 
vent. (Tout le département.) 

Mouffe, s. f. Mousse. (Bain.) 

Mouillasse, s. f. Prairie marécageuse. (Messac.) 

Moulinier, s. m. Meunier. (Noë Blanche.) 

Mouque, s. f. Moue, grimace de mécontentement, c Ne fais 
donc pas la mouque, tu es trop laid. » (Environs de Rennes.) 

Mouque, s. f. Moule, coquillage. (Arrondissement de Redon.) 

Mourinant (En), v. n. Part. prés. En finissant. (Dourdain.) 

Mousse, adj. des deux g. Chien ou chienne mousse qui n'a qu'un 

f^tout petit bout de queue. (Guichen.) 

Moutons, s. m. pi. Sorte de duvet qui se forme sous les meubles 
lorsqu'on ne balaye pas souvent. (Tout le département.) 

Moutte, s. f. Se dit d'une grosse chatte : c Ma moutte; » et aussi 
d'une belle fille : t C'est une belle grosse moutte. » (Bovel.) 

Mouver, v. n. Mouvoir. « De ce temps chaud le oisson doit mon- 



Digitized by VjOOQlC 



ver dans l'eau. » « Allons, les gas, mouvons-nous si nous vou- 
lons finir notre travail aujourd'hui. » (Tout le département.) 

Mu et Mucre, s. m. Odeur de moisi, chose qui sent le vieux, 
le renfermé. (Tout le département. 

Mufle-de-Veau, s. m. Plante des jardins connue sous le nom de 
Gueule de lion. (Fougères.) 

Mulon, s. m. Grosse meule de foin. (Tout le département.) 

Musiau, s. m. Museau. (Tout le département.) 

Musser, v. n. Se glisser ou introduire quelque chose dans un 
trou. « La souris est mussée dans son trou. » t J'ai musse 
mon doigt dans le pertu. » (Tout le département. ) 



N 



Na, Nair, e, adj. Noir, noire, « II est na comme une taupe. » 
En parlant^ d'une petite personne très brune, on dit : « C'est 
une petite naire. » (Tout le département.) 

Nâchard, s. m. Moqueur, c Oh ! le vilain nàchard. » (Tout le 
département.) 

Nâcharder, v. a. Se moquer de quelqu'un. « Il nàcharde. » Il se 
moque. (Tout le département.) 

Nâche, s. f. Corde servant à attacher les bestiaux. (Tout le dé- 
partement.) 

Nâcher, v. a. Attacher les vaches à l'étable. ce Les vaches sont- 
elles nàchées ? » (Tout le département.) 

Naircibot, adj. Teint bronzé. (Dourdain.) 

Nanni, adv. Nenni, non. (Tout lé département.) 

Nannin, adv. Non. (Plerguer.) 

Nannon, s. f. Anne, prénom de femme. (Tout le département.) 

Navet du Diable, s. m. Bryone, plante des haies. (Tout le dé- 
partement.) 

Naviau, s. m. Navet. (Tout le département.) 

Nayer ou Neyer, v. a. Noyer. «c Le pauvre diable s'est nayè. » 
(Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 70 - 

Nazi aux, s. m. pi. Narines. (Dourdain.) 

Nazibotter, v. n. Parler du nez. (Dourdain.) 

Nazo, s. ni. Nez. t Nazo morvou. » Nez sale. (Arrondissement 
de Redon.) 

né et Net, s. f. Nuit, et Dépéchons-nous, voici la net. » (Arron- 
dissement de Hedon.) 

Neille, s. f. Boutonnière. Corruption du mot œil. (Arrondisse- 
ment de Fougères.) 

Netée, s. f. Toute une nuit, t La netée est longne en hiver. » 
(Arrondissement de Redon.) 

Nias, s. f. Fainéante. Une grande nias est une fille paresseuse. 
(La Dominelais.) 

Nibochier, s. ni. Homme qui travaille mal, qui perd son temps. 
(Loutehel.) 

Nie, s. m. Nid. « J'ai dénigé un nie. » (Saint-Briac et Chàteauneuf.) 

Nicodème, s. m. Imbécile, t Pauvre Nicodème!» (Tout le dépar- 
tement.) 

Niel, s. m. Grande plaine de sable gazonnée au bord de la mer. 
« Les niels ont un aspect jaunâtre lorsque le galium qui les 
recouvre est en fleurs. » {Galium neglectum.) (Bords de la 
Manche.) 

Nige, s. f. Niche. « Le saint est dans sa nige. » t Une nige à 
chien. » (Tout le département.) 

Nigeon, adj. des deux g. Travail minutieux, ennuyeux. « C'est 
bien nigeon à faire. » Loutehel.) 

Nigeot, s. m. Fruitier. « Mettre des fruits à nigeot, » c'est les 
mettre à mûrir. (Arrondissement de Redon.) 

Niger, v. n. Faire son nid. t La tras a nigé dans les jaunas : » 
La grive a niché dans les ajoncs. (Arrondissement de Redon.) 

Nihiou, se, adj. Frileux, frileuse. « Ote-toi des cendres, vilain 

nihiou. » (Rennes.) 
Nitée, s. f. Nichée, t Une nitée d'alouettes, de mauvis, etc. » 

(Gennes.) 
Noa et Noua, s. m. Noël. « Chantez Noa, ma bonne femme, 

pour une pommé, pour une poire, pour un p'tit coup de cidre 

à boire. » (Chanson du département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— W — 

Noc, s. m. Canal qui conduit l'eau, gouttière des toits. On dit 

aussi en parlant d'un ivrogne : € Il boit comme un noc. » 

(Tout le département.) 
. Noc-Fondrier, s. m. Porte d'étang servant à déverser les eaux. 

(Saint-Médard-sur-Ille.) 
Noces, s. f. pi. Bouillie de farine de gruau préparée en retirant 

la farine par infusion et non par mouture. (Tout le départe- 
ment.) 
Noë, s. f. Moyeu d'une roue. Prononcer noix. (Fougères.) 
Nonna ou Nouna, part, négative. Non. (Bain.) 
Norouâ ou Noroît, s. m. Vent du nord-ouest. (Littoral de la 

Manche.) 
Nosetier, s. m. Noisetier, coudrier. (Plerguer.) 
Nosette, s. f. Noisette. (Plerguer.) 
Noubin, s. m. Garçon. (Dourdain.) 
Nouna ou Nona, part. nég. Non. (Loutehel.) 
Noutre, adj. Notre. (Arrondissement de Redon.) 
Nouvette, s. f. Insecte mou des fougères qui se colle aux chiens 

et leur suce le sang. (Dingé.) 
Nouviau, adj. Nouveau. (Tout le département.) 
Nouyau, s. m. Noyau. « Les Clèzes font ma à c'te garçaille, car 

elle mange les nouyaux : » Les cerises font mal à cette enfant, 

car elle mange les noyaux. (Noë Blanche.) 
Nouyer, s. m. Noyer. « C'est un biau nouyer. i II y a la ferme, 

le tertre et la carrière des Nouyers -commune d'Orgères. 
Nouzille et Nozille, s. f. Noisette, t Allons serrer la nozille. » 

(Arrondissement de Redon.) 
Nouziller et Noziller, s. m. Noisetier. (Arrondissement de 

Redon.) 
Noyette, s. f. Plante de la famille des Graminés qui croît dans 

les bois et qui sert aux malheureux pour remplir leurs 

paillasses. (V. Flache.) (Canton de Saint-Aubin-d'Aubigné.) 
Nunu, s. des.deux g. Bon à rien, t Elle est incapable de gagner 

sa vie, c'est une nunu. » (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 72 



0, prép. Avec, ensemble. « Je vas o ta : » Je vais avec toi. 

t Viens o ma : » Viens avec moi. (Chanteloup.) 
Obre, s. m. Arbre. (Plerguer.) 

Offignoux, se, adj. Répugnant, répugnante. (Fougères.) 
Oidri, s. m. Moisi. (La Guerche.) 
Oidu, e, adj. Qui est presque sourd. Il est oidu, elle est oidue. 

(Bain.) 
Oiset, s. m. Oiseau (Dingé.) 

Oisiau, s. m. Oiseau. « Des oisiaux. » (Arrondissement de Re- 
don.) 
Ol Mont (Aller). Monter, c Aller ol mont. » Aller en amont. 

(Montfort.) 
Ol Val (Aller). Descendre, aller en aval. (Guichen.) 
Ongne, s. m. Ongle. (Plerguer.) 
Orbille, s. m. Partie d'un vêtement. «Je l'ai empêché de tomber 

dans le ruisset en le retenant par un orbille de sa veste. » 

(Argentré.) 
Orée, s. f. Partie d'un tout quelconque. « Ce champ est à 

plusieurs personnes, j'en ai mon orée. » « Une orée de 

grain, etc. » (Tout le département.) 
Oreille-de-Souris, s. f. Plante de la famille des Composées. 

(Hieraciumpilosella, L.) (Rennes.) 
Orine, s. f. Espèce, grande ou petite orine. c Cette vache est 

de la grande orine, ce torin est de la petite orine. » (Arrondis- 
sement de Redon.) 
Dans l'arrondissement de Saint-Mâlo ce mot veut dire origine. 

Aussi est-ce une grosse injure que de dire à une personne : 

« Vilaine orine. » 
Orive, adj. des deux genres. Hâtif, précoce, fruits orives. 

(Guipel.) 
Ormiau, s. m. Ormeau. (Tout le département. 



Digitized by VjOOQIC 



— 73 - 

Orseu, s. m. Pron. urseu. Petit pot. (Fougères.) 
Orsiau, s. m. Débris de vaisselle. Une écuelle brisée dans la- 
quelle on peut encore mettre quelque chose est un orsiau. 
(Bain.) — On dit Orseu dans le canton de Saint- Aubin-d'Au- 
bigné. 

Oseille-de-Bucheron, s. f. Plante de la famille des Oxalidées. 
(Oxalis ace to sella.) (Paimpont.) 

Osteu, adv. Quasi, presque. (Chasné.) 

Otet, s. m. Maison. « Il faut rentrer à Yotet. i (Redon.) 

Oueilles, s. f. pi. Ouailles, brebis! 

— Vous petez, vieille ? 

— Oui, Monssieu, j'cherche mes oueilles, 

— Vous petez en marchant? 

— Oui, y en a un na et un blanc. 

— Au diable la bonne femme et son cul. 

— Hélas I oui, ils sont ben perdus. 

(La pàtoure sourde et le chasseur. — Conte du canton de Bain.) 
Ousque- Vous allez ? Interj. Où allez- vous ? (Tout le départe- 
ment.) 

Oustal, s. m. Maison. (Gevezé.) 

Oustau et Osto (Y), s. m. Lit. Aller à l'oustau, c'est aller au 

lit. (Arrondissement de Redon.) 
Ovale, s. f. Mangeoire des vaches. (Dingé.) 
Oveille, s. f. Brebis. (Orgères.) 



Pa, PaiL, s. m. Poil, cheveux. Voici un dicton d'Ille-et-Vilaine 
en usage dans les foires et marchés aux bestiaux : 
« Bon pa, bonne bête, 
« Le rouge est le maître. » 

C'est-à-dire que les animaux qui ont le pa (poil) rouge valent 
mieux que les autres. (Tout le département.) 
Paffe, adj. des deux g. Ivre, t II est palîe ! » (Tout le départe- 
ment.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 74 — 

Pagale, s. f. Tomber en tas, s'affaisser. « J'sais tombé en pa- 
gaie. » « Ces sacs de blé-na (blé noir) sont chés (tombés) en 
pagale dans la grange. » (Tout le département.) 

Païasse, s f. Affaire peu claire. (Dourdain.) 

Païassée, s. f. Chevelure embrouillée, mal peignée. fDour- 
dain.) 

Pailler, v. a. Pailler une chaise, la couvrir de jonc. (Arrondis- 
sement de Redon.) 

Paillu, adj. Couvert de poils (pron. Peillu). « Cet homme est 
paillu comme un ours. » (Tout le département.) 

Pain-frais, s. m. Plante vénéneuse de la famille des ombelli- 
fères qui croit au bord des eaux. (Œnanthe crocata, L.) (Canton 
de Bain.) 

Paipette, s. f. Fille ou femme prétentieuse. (Dourdain.) 

Paire, s. f. Poire, fruit du poirier. (Tout le département.) 

Pairier, s. m. Poirier. « Allons les gars, allez secouer le pai- 
rier. t (Tout le département.) 

Paisan, s. m. Paysan. (Tout le département.) 

Paisser, v. a. Poisser, coller. « J'ai si chaud que ma chemise 
paisse sus ma (sur moi). » (Arrondissement de Redon.) 

Paisso, s. m. Plante des haies qui s'attache aux vêtements 
quand on s'en approche. Galium aparine. (Tout le départe- 
ment.) 

Paissu, part. pas. de paître. « Ce champ a été paissu par les 
berbis. » (Poligné.) 

Paisson, s. m. Poisson. (Tout le département.) 

Palâtre, s. m. Paysan. € C'est un vilain palâtre. » (Rennes.) 

Palis, s. m. Grandes pierres de schiste employées à faire des 
clôtures. (Bain.) 

Grande pelle en fer pour remuer l'écorce des tanneurs. 
(Tout le département.) 

Pâmer, v. a. Flétrir: « Ces fleurs sont pâmées. » « Il faut arroser 
ces plantes, ou elles vont pâmer, i On dit aussi d'une femme 
qui se fane : « Elle a la goule pâmée : * la bouche flétrie ; 
d'une femme tombée en syncope : t Elle est pâmée ; d'un en- 
fant qui pleure à en être malade : « Le voilà qui se pâme. » 
(Arrondissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 75 — 

Pan, s. m. Pain. (Plerguer.) 

Panais, s. m. Plante de la famille des ombellifères. Pastinaca 
sylvestris. 

Panas, s. m. Mouchoir de poche. (Environs de Rennes.) 
Panne, s. f. Grande cuve en terre qui sert à faire la lessive. 
On dit aussi : « Il est dans la panne » pour il est dans la mi- 
sère. (Bain.) 
Pansu, e, adj. Qui a un gros ventre. (Tout le département.) 
Paour, s. m. Lourdaud. C'est une injure. « Gros paourl* 
(Arrondissement de Redon.) 

Paracœur et Parcœur, s. m. Plante des lieux frais, Androsœ- 

mum officinale. (Tout le département.) 
Parche, s. f. Image. (Saint- Aubin-d'Aubigné.) 
Parceinte, s. f. Ceinture de jupon de femme. (Plertuit.) 
Pardine, Loc. aff. Certainement. (Tout le département). 
Pargoua fils de Catri de millions, loc. adv. (Juron de l'arron- 
di ssemeril de Redon.) 
Parelle, s. f. Plante des lieux humides appelée aussi patience. 

(Rumex crispus.) (Tout le département.) 
Pargué, adv. Par ici t Venez pargué. » (Montfort.) 
Parrain, s. m. Tous les hommes sont appelés parrains et les 

femmes marraines. (Arrondissement de Redon.) 
Par sur, loc. adv. Par dessus. (Roz-sur-Couesnon.) 
Parvolant, adj. Qui vole auvent. 

« A présent robe sur robe, 
C'est c'que mon cœur aime, 
Les rubans en parvolant 
C'est c'que mon cœur aime tant. » 

(Vieille chanson de l'arrondissement de Redon.) 

Parvolle, s. f. Coccinelle, coléoptère connu aussi sous le nom 
de bête au bon dieu. (Canton de Bain.) 

Pas d'âne, s. m. Fleur d'hiver. (Tussilago farfara.) (Rennes.) 

Pasmen, adv. Pourtant. « C'est pasmen vra ce que je vous ra- 
conte. » (Bain.) 

Passe velours, s. f. Plante, amarante Crête-de-coq. Celosia 
cristata. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 76 — 

Pastel des Teinturiers, s. m. Plante cultivée. (Isatis tinctoria.) 

(Tout le département.) 
Pastouriau, s. m. Pâtre. 

c Quand j'étais chez mon père 
Petit garçon pastouriau, 
On m'envoyait à l'herbe 
Pour garder les ignaux. t 

(Chanson de lllle-et- Vilaine.) 

Patache, s. f. Pomme de terre. « Via de bannes patachet 
primes. » (Tout le département.) 

Pataud, s. m. Libéral, républicain. « Les g as de Bain sont des 
patauds et les gas de Fougeray des chouans. » En 1795 un 
pataud était l'ennemi des chouans. (Tout le département.) 

Pâtou, se, sub. Berger, bergère. « Le pâtou est sur la lande à 
garder ses bêtes. » (Tout le département.) 

Patouriau, s. m. Pâtre. (Sixt.) 
Patouille, s. f. Femme bavarde. (Dourdain.) 
Patouillard, s. m. Homme loquau. (Dourdain.) 
Patouillard, s. m. Marais. « Il s'est enfoncé dans le patouil- 
lard jusqu'au ventre. » (Dingé.) 
Patouillée, s. f. Liquide renversé par terre. (Arrondissement 

de Redon.) 
Patouiller, v. n. Marcher dans l'eau. « Il est à patouiller dans 
le ruissiau. » (Tout le département.) 

Patte-de- Verre, s. f. Primevère des champs. Primula grandir 
flora. (Bain.) 

Paturin, s. m. Graminée du genre Poa. (Langon.) 

Pauganner, v. n. Faire des saletés avec les mains dans de 
l'eau ou dans du mortier. <r Regardez ces garçailles qui sont à 
pauganner dans la mare aux canards. » (Tout le département.) 

Pava, s. m. Plante des marais qui est employée par les chai- 
siers de la campagne à recouvrir les chaises communes. 
(Typha Latifolia. L.) (Bain.) 

Payaut, s. m. Vaurien. (Dourdain.) 

Pêchard, adj. Cheval pôchard, on prononce péchard, cheval 
dont la robe est d'une nuance particulière, ayant un peu la 
couleur de la pêche. 



Digitized by VjOOQlC 



- 77 - 

Pèche-de-Balais, s. f. Moineau des toits. Le balai est la partie 
des toits en saillie sur les murs. (Saint-Aubin-d'Aubigné.) 

Pêche de H as, s. f. Fauvette des haies connue sous le nom de 
Traîne-buisson. (Canton de Saint-Aubin-d'Aubigné.) Dans l'ar- 
rondissement de Redon on l'appelle Pêchelette de Has. 

Pêchou, s. m. Pêcheur. (Tout le département.) 

Pecune, s. f. Mauvaise.viande. « N'achète pas cette poitrine de 
veau, c'est de la pecune. » (Dourdain.) 

Pedrix, s. f. Perdrix. (Tout le département.) 

Peïche, s. f. Pêche, fruit du pêcher. (Plerguer.) 

Peichier, s. m. Pêcher. (Plerguer.) 

Peignée, s. f. (V. Tripotée.) « Il m'a foutu une peignée. » (Fou- 
geray.) 

Peillot, s. m. Petit chiffon de toile. « Je me suis coupé le 
doigt, mais je l'ai entouré d'un peillot. i On appelle aussi 
peillot le dessus de la crème. (Tout le département.) 

Peilloter, v. n. Placer les liens devant les moissonneurs 

chargés de mettre le blé en gerbe. (Dourdain.) 
Peillotou, s. m. Homme qui parcourt la campagne pour ache- 
ter des Peillots, c'est-à-dire du vieux linge. On dit : gai comme 
un peillotou. (Pléchàtel.) 
Peineller. v. n. Travailler misérablement. (Tout le départe- 
ment.) 
Peinellier, s. m. Travailleur maladroit, sans goût. (Pron. Pe- 

nelliev. (Tout le département.) 
Peinellerie, s. f. Travail inutile. 

Pêlette, s. f. Petite poêle. On appelle le mésange à longue 
queue : queue de pêlette, parce que sa queue ressemble au 
manche d'une poêle. (Arrondissement de Redon.) 
Pêlon, s. m. Poêlon, petite poêle. (Tout le département.) 
Pelot, s. m. Paul ou Pierre, prénom d'homme. (Tout le départe- 
ment.) 

« Le roi Leouis m'a z'appelé 
C'est sans quartier, qu'il m'a nommé, 
Sir' sans quartier n'est point mon nom, 
Je m'appelP Pelot de Betton. » 

(Vieille chanson de Rennes.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 78 — 

Peloires, s. f. pi. Lèvres. « Tiens comme il échoie des Peloires\ » 
Tiens, comme il rit des lèvres. (Gennes.) 

Penache, s. f. Frange. « Je veux de la pendche à mon mouchouè, 
dit la jeune fille. (Lohéac.) 

Penachou, adj. Sale, chemin penâchou, chemin boueux. (Marti- 
gné Ferchaud.) 

Penais et Peniau, s. m. Bât que l'on met sur les chevaux pour 
les charger. (Tout le département.) 

Penerée, s. f. Panerée. (Tout le département.) 

Penette, s. f. Radoteuse et femme qui fréquente constamment 
les églises. (Tout le département.) 

Penier, s. m. Panier. (Tout le département.) 

Penille, s. f. Grosse étoffe du pays en laine cardée et en fil. 
t Not' fille a un biau cotillon de penille. » (Tout le départe- 
ment.) 

Pensacre, s. f. Plante du bord des eaux (Œnanthe crocata.) 
(Tout le département.) 

Pentecôte, s. f. Orchidée des champs. « Venez-vous, les gars, 
serrer des pentecôtes dans la prée ?» (Tout le département.) 

Pepa, s. m. Papa. (Arrondissement de Vitré.) 

Pépée, s. f. Perrine, prénom de femme. (Plerguer.) 

Peperiatan, s. m. Pinson. « C'est un mâle de peper ia tan» (Envi- 
rons de Rennes.) 

Peperiatons, s. m. Habitants du bourg de Pipriac. 

Percepierre, s. m. Plante des bords de la côte appelée aussi 
Cassepierre. (Saint-Màlo.) 

Perchain, s. m. Prochain, adj. « J'irai travailler chez vous jeudi 
perchain. i (Tout le département.) 

Percieux, adj. Précieux. Au fém. Percieuse. (Saint-Georges-de- 
Grehaigne.) 

Perrines, s. f. pi. Filles de la campagne. Lorsque les filles vont 
aux assemblées pour se gager on dit : « VHa les perrines qui 
passent. » (Rennes.) 

Perrotte, s. f. Perrine, prénom de femme. (Tout le départe- 
ment.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 79 - 

Persident, s. m. Président. (Ghanteloup.) 
Persoué, s. m. Pressoir. (Arrondissement de Redon.) 

Pertantaine, s. f. Prétantaine. « Courir la pertantaine. » (Tout 

le département.) 
Pertintaille, s. f. Collier de cheval garni de grelots. (Dour- 

dain.) 
Pertus, s. m. Trou. « Il a fait un pertus à la cloison. » t Son 

sabot a un pertus. i (Tout le département.) 

Pertuser, v. a. Percer, perforer. (Arrondissement de Redon.) 

Peson, s. m. Anneau de plomb placé au bas du fuseau d'une 
quenouille à filer pour le rendre plus lourd. « Combien la dou- 
zaine de pesons ? » f Arrondissement de Redon.) 

PESgARD, s. m. Qui poisse. La graine du lappa, qui s'attache 
aux vêtements, est appelée graine de pessard. (Tout le dépar- 
tement.) 
Pessau, s. m. Sorte d'échalas. (Fougères.) 
Pesse, s. f. Moineau. (Fougères.) 

Pétard, s. m. Digitale. Plante des terrains schisteux. (Arron- 
dissement de Redon.) 
Pétasse, s. f. Radoteuse. (Tout le département.) 
Petasser, v. n. (V. berdasser.) (Tout le département.) 
Petasseries, s. f. pi. (V. berdasser ies.) (Tout le département.) 
Petassier, s. m. Rabâcheur. (Tout le département.) 
Peter, v. n. Crever. « Il frappait si fort sur son tambour que 
la peau a peté. » (Tout le département.) 

Péteux, s. m. Poltron, t C'est un péteux, il n'ose pas sortir la 

net. » (Tout le département.) 
Petiton, adj. Qui est petit, le pied petiton. 

« Le pied petiton, ma dondaine, 
Le pied petiton ma dondon. > 

(Vieille chanson de l'I Ile-et-Vilaine.) 

Petoche, s. f. Chandelle de résine. (Dourdain.) 
Petoghie, s. f. Porter quelqu'un sur son dos. (Dourdain.) 
Petoire, s. f. Instrument en sureau dont se servent les enfants 
pour lancer de l'eau ou de petites balles d'étoupe. (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 80 — 

Petraude, s. f. Bruyère des champs. (Dingé.) A Bain on pro- 
nonce Petreule. 

Petrauder, v. a. Couper de la bruyère. (Dourdain.) 

Petron-Jacquet, s. m. Dès le lever du jour. 

Petron-Minet, s. m. Dès l'aurore. « Je me suis levé dès le petron- 
minet. i (Tout le département.) 

Petou, s. m. Petit banc qu'on met dans le coin du foyer pour 
les enfants. On dit aussi d'un petit gras qui fait des pets: «C'est 
un petou ! » (Pléchàtel.) 

Petou, s. m. Fesses. « Assis-toi sur ton petou, mon Josoa. » 
(Tout le département.) 

Peuce, s. m. Pouce, doigts de la main, t J'ai ma au peuce. » 
(Arrondissement de Redon.) 

Peucerot, s. m. Pouce des petits enfants, 
c Peucerot, lèche pot, longi, 
Mal appris, le petit doigt du paradis. » 

(Formulette de i'IUe-et-Vilaine.) 

P£UCEYER, v. a. Enfoncer le pouce dans les fruits pour s'assu- 
rer qu'ils sont mûrs. (Dourdain.) 

Peugner, v. a. Peigner. « Peugne ta fille ou elle aura des landes 
dans la pa. » Peigne ta fille ou elle aura des lentes dans le 
poil (dans les cheveux). (Hirel.) 

Peule, s. f. Pelle. (Plerguer.) 

Peurou et Peuvrou, s. et adj. Peureux. Au fém. peurouse, peu* 
vrouse. « C'est un peurou ! » « Elle n'est pas sortie de la net 
(nuit) tant elle est peuvrouse. » (Arrondissement de Redon.) 

Peusacre, s. f. Ciguë du bord des eaux. (La Dominelais.) 

Peux, s. m. pi. Bouillie de blé noir. (V. Groux.) (Vitré.) 

Pezet de laine, s. m. Laine préparée, prête à filer, et amassée 
en paquet ayant la forme d'une poupée. (Bain.) 

Peziaux, s. m. pi. Poids pour peser les marchandises. ^Fou- 
geray.) 

Phalomise, s. f. Physionomie. € Cet homme a une phalomise 
bien agréable. » t Cette femme a une bonne phalomise. » 
(Loutehel.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 81 — 
Philomïe, s. f. Physionomie. (Environs de Rennes.) 
Piâcher, y. n. Mâcher. (Gennes.) 
Piacot, s. m. Petite mare. (Dourdain.) 

Piacoter, v. n. Marcher dans l'eau, s'amuser dans l'eau. (Dour- 
dain.) 
Piacrer, v. a. Souder, coller. (Dourdain.) 

Piadolle, s. f. Femme qui se lamente, qui gémit sur tout. 
€ C'est une piadolle I » (La Bouôssière.) 

Piailler, v. n. Quémander, mendier. (Tout le département.) 

Pian, s. m. Voleur, vagabond, détrousseur de grands chemins. 
Toutes les mauvaises gens sont des pians. Il existe, non loin 
de Dourdain, une lande mal famée de laquelle on dit : qu'en 
frappant sur les brousses, on en ferait plutôt sortir un pian 
qu'un lièvre. 

Piau, s. f. Peau. La piau d'un loup. (Tout le département.) 
« C'est une piau ! » C'est-à-dire un mensonge. (Rennes, 
locution d'imprimerie.) Piau, signifie aussi femme de mau- 
vaise mœurs. « C'est une piau. » (Arrondissement de Redon.) 

Pibanner, v. n. S'enquérir de nouvelles et les colporter. (Dour- 
dain.) 
Pibaut, s. m. Chien errant. (Dourdain.) 

Pighé, s. m. Vase en terre dans lequel on sert le cidre sur la 
table. On dit aussi une pichée de cidre. (Tout le département.) 

Pichelin, s. m. Individu qui n'a pas d'appétit, qui ne trouve 
aucun mets à son goût. (Dourdain.) 

Pichenette, s. f. Chiquenaude. (Tout le département.) 

Picoté, e, adj. Figure marquée par la variole. « Adressez-vous 
à la servante picotée elle va vous renseigner. » 

Picpuce-, s. m. Tailleur à la journée, appelé aussi Couturier. 

(Dourdain.) 
Picron, s. m. Dard, aiguillon des abeilles. (Bain.) 

Pièce de terre, s. f. Champ. Dans tout le département on dit : 
« Voilà une pièce déterre. » pour un beau champ. 

Piécette, s. f. Le haut du tablier des femmes. (Tout le départe- 
ment.) 

6 



Digitized by VjOOQlC 



Piéchaté, s. m. Pléch&tel, commune du canton de Bain, dans 
l'arrondissement de Redon. 

Pied-de-Coq, s. m. Renoncule des champs appelé aussi Banmr 
d'or. (Ranunculus Borœanus.) 

Pied-de-Griffon, s. m. Hellébore, plante d'hiver. 

Pied-de-Liêvre, s. m. Plante de la famille des Papilionacées. 
Trifolium amenée. 

Pied-de-Loup, s. m. Renoncule bulbeuse. 

Pied-de-Veau, s. m. Plante des haies. Arum maculatusn. (Tout 

le département.) 
Pied-d'Oiseau, s. m. Plante des terrains arides. (Ormthopu* 

perpueUlus.) (Tout le département.) 

Piegriêche, s. f. Femme acariâtre, harpie. (Tout le départe- 
ment.) 
Pie-Maraioe, s. f. Vanneau, pie de marais. (Sixt.) 
Pie-Pou, s. m. Renoncule rampante. 

Pierrk-a-Galettes, s. f. Ustensile en fonte sur lequel on cuit la 
galette de blé noir. (Y. tuile à galettes.) (Arrondissement de 
Redon.) 

Pierre-de-Sucre, s. f. Morceau de sucre.- (Tout le départe- 
ment.) 

Pierupt, s. m. Petit col pour enfant. (Bain.) 
Prénom d'homme. (Plerguer.) 

Pieu, s. m. Lit. « Je vais m'enfoncer dans mon pieu.* (Rennes.) 

Pieune-Fougeure, s. m. Chef-lieu de canton de l'arrondisse- 
ment de Saint-Malo. 

Pifoiner, v. n. Mal travailler. (Dourdain.) 

Pile, s. f. Coups reçus ou donnés. « Je lui ai flanqué upe pile. » 
(Tout le département.) 

Pigaler, v. a. Écraser, abîmer. « Ne marchez pas sur mon 
grain, vous le pigalez. » (Tout le département.) 

Pigeons, s. m. pi. Petits paquets de blé noir, frais coupé, mis 
debout à sécher dans les champs. (Tout le département.) 

Pigner, v. n. Pleurnicher, se plaindre. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 83- 

Pïgnogher, v. n. Plaindre parce qu'on n'est pas bien portant. 
t Qui pignohcevivocfie. ) 

(Dicton de Rennes.) 

Pignou, s. m. Au fém. Pignette. Pleureur, pleureuse. Petit 
enfant pignou, petite fille pignette. Se dit aussi d'une femme 
qui gémit sans cesse. « C'est une pignette. » (Tout le dépar- 

• tement.) 

Pigots, s. m. pi. Balles d'avoine et d'autres grains que l'on met 
■' ordinairement à pourrir dans les rues des villages pour faire 
du fumier. (Arrondissement de Redon.) 

Piherne, s. f. Grande barrière en bois généralement placée à 
l'entrée d'une avenue. — Ne pas confondre avec une grille en 
fer. (Arrondissement de Redon.) 

Pimpin, s. m. Plante du bord des eaux appelée aussi Pensacre, 
(V. Pensaere.) 

Pinette, s. f. Mauvais cidre. (Rennes.) 

Pingeon, s. m. Pigeon. « Voulez-vous acheter un pingeon-ra~ 
tnter? « C'est un biau pingeon. » (Arrondissement de Redon.) 

Pingron, s. m. Langue de reptile. (V. Picron.) t La vipère attire 
son pingron pour saisir les insectes. » (Gennes.) 

Pinu, s. m. Sorte de tonton composé d'un bouton de culotte tra- 
versé d'une cheville qui sert à le faire tourner. Jouet d'enfant. 
(V. Cadoret et Pirvire.) C'est aussi le nom de l'ancienne mon- 
naie appelée liard. (Bain.) 

Piongeau, s. m. Petit enfant maladif. (Fougères.) 

Pionne, s. f. Jeu d'enfants. Ce mot est également employé par 
les paysans de l'arrondissement de Fougères pour indiquer 
l'impôt de la prestation en nature pour les chemins vici- 
naux. 
Piot, s. m. Cidre, t Buvez-donc, c'est du bon piot. » (Tout le 

département.) 
Piperia, s. m. Pipriac, chef-lieu de canton de l'arrondissement 
de Redon. 

« C'étaient trois vieilles commères, 
S!en venant de Piperia. » 

(Chanson de rille-et-Vifcine.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 84 — 
Pipi, s. m. Petit oiseau. (Tout le département.) 

Piquou-de-Pucbs, s. m. Tailleur de campagne. (Environs de 

Rennes.) 
Pirette, s. f. Pâquerette cultivée dans les jardins. (Tout le 

département.) 

Pirot et Piroton, s. m. Petit de l'oie, c II faut mener les pirots 
aux champs. » (Tout le département.) 

Pirvire, s. f. Bouton de bois traversé par une cheville qu'on 
fait tourner avec le pouce. (V. Cadoret et Pinu.) (Gennes.) 

Pirviré, E, adj. Quasi fou. Il est pirvirè, elle est pirvirée, c'est- 
à-dire qu'ils n'ont pas complètement leur raison. (Arrondis- 
sement de Redon.) 

Pisque, conj. Puisque, c PUque je le veux. » (Tout le départe- 
ment.) 

Pisquette, s. f. Petite fille. (Dourdain.) 

Pisse-Trois-Gouttes, s.f. Petite fille chétive. (Tout le départe- 
ment.) 

Pissot, s. m. Urine d'animaux, de cheval principalement. (Tout 
le département.) 

Pissou, se, sub. Enfant qui pisse au lit. Un petit pi$$ou> une 
petite pis$ou$e. Dans les faubourgs de Rennes et dans une 
grande partie du département toutes les petites filles sont 
désignées sous le nom de pis$ou$e$. 

Pistron, s. m. Lambin. (Dourdain.) 

Pistronner, v. n. Travailler lentement. (Dourdain.) 

Pitau, s. m. Jeu. C'est le môme que le jeu de bouchon. Seule- 
ment le morceau de bois qui remplace le bouchon s'appelle 
pitau. (Vitré.) 

Pitois, s. m. Putois, t Un pitois est venu cette nuit dans mon 
poulailler et a saigné toutes mes poules. » (Arrondissement 
de Redon.) 

Pitou, s. m. Peureux, lâche. (Dourdain.) 

Pitler, v. n. Crier fort et d'une voix aigre. (Louvigné du dé- 
sert.) 



Digitized by VjOOQlC 



-96- 

Placard, s. m. Lettre de foire part d'un décès. (Rennes.) 

Place, s. f. Parquet. Espace libre au milieu d'une chambre. 
Tomber dans la place, pour tomber sur le parquet. Vieux mot 
français qui ?e rétrouve dans les contes de la reine de Na- 
varre. (Tout le département.) 

Plante-a-Beurre, s. f. Plante de la famille des caryophyllées. 
(Spergulavulgaris.) (Sixt.) 

Plat, adj. Se dit généralement du cidre. Du cidre plat est mau- 
vais. Il n'a aucune saveur, aucun goût. (Tout le départe- 
ment.) 

Plâtrée, s. f. Plat rempli de viande, c Je porte ma plâtrée de 
viande au four. (Tout le département.) 

Platuche, s. f. Galette de blé noir. (Fougeray.) 

Plée, s. f. Pluie. 4 La plée ché. » La pluie tombe. (Arrondisse- 
ment de Redon.) 

Plendre, v. n. Pleuvoir, c II va plendre. » (Port-Saint-Jean-sur- 
la-Rance.) 

Plorer, v. n. Pleurer. (Arrondissement de Fougères.) 

PI4UMEVARRE, adj. des deux g. Couleur d'un jaune verdâtre, cou- 
leur de la Primevère, c Ce gaçiau a le ventre plumevarre. 
(Canton de Saint-Àubin-d'Àubigné.) 

Plusfine, s. f. Excrément humain. (Messac.) 

Pobier, s. m. Gourmand. Synonyme de Guenaf. (V. ce mot.) 

(Loutehel.) 
Pobin, s. m. Individu mal élevé, qui touche à tout. (Dour- 

dain.) 
Poche, s. f. Ivrogne. « C'est une poche ! » (Tresbœuf.) 

Pochée, s. f. Sac de grain ou de farine. On appelle les meu- 
niers des couroux dépêchées. (Tout le département.) 

Pochon, s. m. Sac en toile ou en papier, « J'ai toutes mes éliges 
(économies) dans un pochon. » (Tout le département.) 

Poire, s. f. Main, c Les vilaines poires. » (Tout le département.) 

Pocton, ne, adj. Maladroit de ses mains.* (Tout le départe 

ment.) 
Poeche, s. f. Pèche. « Aller à la poéche. » (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



-86- 

Poecher, v. a. Pêcher, prendre du poisson, 
c Poêchon*-nou* du poisson, 
Vhre U République, 
Poécfams-noas du poisson 
Vive Napoléon. » 

(Chanson des conscrits de l'Ille-et- Vilaine. 

Poêle, s. f. Bassine en cuivre sans anse. (Tout le départe- 
ment.) 

Poganne, s. m. Cuisinier ou charcutier malpropre. (Dourdain.) 

Poganneb, v. a. Toucher souvent, longtemps un objet ou un 
animal, c Laisse donc ce chat, tu le pogannes depuis une 

" heure. » (Gennes.) — A Dourdain, Poganner signifie faire là 
cuisine malproprement. — A Rennes, c'est faire de mauvaise 
besogne. 

Pogannier, s. m. Individu qui touche atout. (Gennes.) 

Poguilles, s. f. pi. Mains. (Grenues.) 

Pogùiller, v. n. Manipuler avec les mains. (Gennes.) 

Poignard, adj. m. De la grosseur du poing, c Les vieux pom- 
miers seront remplacés, quand ils tomberont, par de 
jeunes pommiers poignards a (Cette phrase existe dans tous 

* les baux à ferme de l'arrondissement de Redon.) 

Pois-de-Raie, s. m. pi. Haricots sur leur tige. Ils sont ainsi 
appelés parce qu'ils sent semés en ligne. (Bain.) 

Foison, s. f. Fille de mauvaise vie. C'est une injure grossière 
que d'appeler une femme poison. « Ah ! la sacrée poison. » 
" (Arrondissement de Redon.) 

Poisson-d' Avril, s. m. Plante delà famille des rubiacées appelé 
aussi paisso, gratteron et prend-main. (Rennes.) 

Poivre-d'eau, s. m. Plante de la famille des polygonées. (PoÈy- 
gonum /iydropiper.)(Saint-Sulpice-des-Landes.) 

Polisson, s. m. Tournure, ajustement de la femme. (Tout le 
département.) 

Polka, s. f. Petite coiffé portée par les femmes des environs de 

. Rennes. • 

Polygogne, s. f. Polygone, c Viens-tu voir le tir au canon à la 

polygogne. » (Faubourg de Rennes.) :. ... 



Digitized by VjOOQlC 



— 87 — 

Pommelle, s> f. Orge, c Via é* la belle pommelle dans le champ 

à François. » (Arrondissement 4e Redon.) 
Ponnasse, s. f. Gui de la poule, de la canne, de Foie. (Tout le 

département.) 
Ponneuse, s. f. Pondeuse, poule qui pond, t Vous pouvez 

Tacheter en toute confiance, c'est une bonne ponneuse. » (Tout 

le département.) 

PontwRiant, s. m. Pont-Réant, petit bourg de l'Dle-et-Vilaine. 
Poquette, s. f. Étui, petite boite à aiguilles. (Tout le départe- 
ment.) 
Porche, s. m. Charcutier. (Saint-Suliac.) 

Portement, s. m. La santé. « Comment va le portement ? » 

(Arrondissement de Redon.) 
Portou, se, sub. Porteur, porteuse. « Le portou de pain bénit 

à l'église ne m'en a point donné. » (Arrondissementde Redon.) 

Possau, s. m. Individu sale, malpropre. « C'est un vilain pos- 
sau ! » (Environs de Rennes.) 

Postiche, s. f. Farce. (Terme d'atelier.) t Faire des postiches. » 
C'est ordinairement un ouvrier gris qui fait ces farces. (Ren- 
nes.) 

Pou, s. m. Pante des haies, stellaire. t Venez-vous cueillir des 
poux ? » (Arrondissement de Redon.) 

Pouchette, s. f. Poche d'habit. (Plerguer.) 

Poue, s. f. Peur, c La poue empêche de dormir. » (Tout le dé- 
partement.) 

Poués et Pouis, s. m. pi. Poux, insectes qui s'attachent aux 
gens malpropres. « Il a des poués dans le pa: » Il a des poux 
dans le poil, c Étoules-tu tes poués mon petit gars? » Étouler 
veut dire chercher; nous avons omis ce mot à la lettre E. 
(Arrondissement de Redon.) 

Pouffire, v. a. Enduire, t J'ai fait pouffire ma maison. (Fou- 
geray.) 

Pouillas, s. m. Corsage de femme sans manches. (Saint-Sul- 
pice-des-Landes.) 

Pouillement, s. m. Vêtement, « J'ai fait faire un biau pouille- 
ment de drap. » 



Digitized by VjOOQlC 



Pouiller, v. a. Mettre des vêtements, c PouiUe-fa donc, mon 

Joson. * (Tout le département.) 
Pouillou, se, feub. Personne qui a des poux. On dit aussid'un 

misérable couvert de guenilles : c C'est un pouillou. » (Arron- 
dissement de Redon ) 
Poulot, Poulochon, s. m. Poupon, c Oh ! le joli petit poulot! » 

Au féminin, poulote et pouloche. (Tout le département.) 
Poupée, s. f. Paquet de filasse enroulé autour de la quenouille. 

(Tout le département.) 
Poupette, s. f. Petite coiffe de femme retroussée sur la tète. 

(Tout le département.) 
Pouplassier, s. m. Marchand de filasse. (Loutchel.) 
Poupon de filasse, s. m. Paquet de filasse. (Arrondissement 

de Redon.) 
Pourbitère, s. m. Presbytère, t Viens-tu voir Monsieur le curé 

au pourbitèrel » (Louvigné-du-désert.) 
PoOrcé, s. m. Porc. (Plerguer.) 
Pourcet, s. m. Bourrelet que les femmes se mettent au bas 

des reins pour soutenir leur jupon. (Dourdain.) 
Pourciau, s. m. Cochon. « Mets les pourciaux dehors, ils vont 

manger les hiandras. (Y. hiandra.) (Arrondissement de Redon.) 
Pourcôusser, v. a. Chasser les chiens, les chats, les poules. 

t Pourcousse les poules ou elles vont manger le grain. » (En- 
virons de Rennes.) 
Pourriot, s. m. Myrtille des bois appelé aussi Lucet. (Montfort.) 
Pourmener (Se), v. pron. Se promener. (Montfort.) 
Pousser pour être prêtre, loç. adv. Étudier pour être prêtre. 

c C'est un grand honneur pour nous, notre gars pousse pour 

être prêtre. » (Tout le département.) 

Poussié, s. m. Mauvais lit. t Je me dépêche à souper pour m'é- 
tendre sur le poussié. » (Gennes.) — On dit aussi du poussié 
pour de la poussière de grain. (Tout le département.) 

Poussierou, se, adj. des deux g. Couvert de poussière, c Ma 

robe est toute poussiérouse. (Bain.) 
.Poux, s. m. Bouillie de froment ou de blé noir. (Port-Sain t- 
Jean-sur-la-Rance.) 



Digitized by VjOOQlC 



~ » — 

Pras, s. f. Se dit d'une fille de mauvaise Vie. « C'est une pras î» 
Ou bien encore d'une femme qui n'a pas de tenue, qui se né- 
glige, qui «st safe, qui est fainéante. (Tout le département.) 

Prêcher, v. n. Causer, t Revenez tantôt, y allons prêcher, car 
• j's'ais trop occupé à cetthèure. » (Arrondissement de Redon.) 

Prêchi, pas. déf. de prêcher. « Notre vicaire prêchi l'autre jour 
sur la gourmandise. » (Arrondissement de Redon.) 
• Prêchi, prêcha, 
Ma chemise entre mes bras, 
Mon chapeau sur ma tête. 
Je suis entré dans an petit cabinet, . . 

J'ai tu la mort qui rôtissait un petit poulet 
Je lui eo ai demandé un petit morceau 
Elle m'a donné cent coups de bâtons. 
. Est-ce bien fait mon maître? 
— Oui, grosse bête !» 

(Formulette des petits enfants de l'Ille-et-Vilaine.) 

Prée, s. f. Prairie. « Va mener les bétes dans la prèe. » (Tout 

le département.) 
Preindre, v. a. Prendre. 

Ind. prés. Je preins, 
x Tu preins, 

11 preint. 

(Arrondissement de Redon.) 

Prend-main, s. m. Plante. (V. Poisson d'avril. (Rennes.) 

Prendre-du-Mathurin. Loc. adv. Prendre du ventre. (Rennes.) 

Prime, adj. des deux genres. Diminutif de primeur. « Des paires 
primes », c'est-à-dire des poires qui mûrissent de bonne 
heure. (Tout le département.) 

Prinse, s. f. Prise de tabac. Vlou une prinsef Voulez-vous une 
prise? (Lohéac.) 

Privé, e, adj. Oiseau qu'on élève et qui mange seul. « Via un 
mauvis ben privé ». (Tout le département.) 

Pruner, v. n. Se dit d'une femme enceinte. Elle prune pour 

elle s'arrondit. (Ghâteaugiron.) 
Pruniau, s. m. Pruneau. « J'ai mangé des pruniaux à mon 

diner. » (Tout le département.) , - i. — 



Digitized by VjOOQlC 



— «0 — 

P*tit (Un), Loc. adv* Un peu. c Donnet-ma un p'Ht de pain. > 
(Tout le département). 

Pu, adv. plur. Je souffre trop, je Wy Hem pu. (Arrondissement 
de Redon.) 

Pu ou Puts, s. n. Puits. * Il a chê dam le pu. » Il est tombé 
dans le puits. 

Puette, s. f. Petit trou pour donner de l'air au tonneau quand 
on tire le cidre. (Dourdain). 

Puette, s. f. Petite fille. (Champeaux.) 

Pungeau, s. m. Seau pour puiser de l'eau. « Va cri de Viau 
avec le pungeau. » (Tout le département.) 

Pungeot, s. m. Oiseau qui plonge dans l'eau et qui reparaît à 
une certaine distance. Les poules d'eau, les grèbes sont ap- 
pelés pungeots par les habitants des bords de l'IUe et du 
canal d'Dle-et-Rance. 

Pupute, s. f. Mèche du bonnet de coton. (Rennes.) 

Purésie, s. f. Pleurésie. (Rennes.) 

Puteu, loc. adv. Par exemple ! Ah ! bien oui. 



Qua et Quai, pron. rel. Quoi, c De qua parles-tu ? » c Quai que 
tu dis, ma Jeanne-Marie ? » (Tout le département.) 

Quant et ma, Quant et nous, loc. adv. Avec moi, avec nous. 
« Viens-tu quant et ma, mon gars ? » (Tout le département.) 

Quant et quant, loc. adv. Les uns les autres. « Ils allaient 
tous quant et quant. • (Tout le département.) 

Quatre pelés et un tondu, loc. adv. Réunion peu nombreuse. 
(Tout le département.) 

Quejo, s. m. Maniaque, homme qui s'occupe des détails du mé- 
nage, individu minutieux, qui s'attache à des vétilles. (Bain.) 

Quelau, s. m. Enfant qui s'élève difficilement. « C'est un failli 
quekiu. » (Maure.) .-..-. 

A Bain, un quelau, ou un quelot, est un imbécile*. 



Digitized by VjOOQlC 



— Si — 

Quenbnbau, s. bl Café au lait: c Je ne puis pas me passer de 
mon petit queneneau. » (Fougeray.) ., 

Queniàu, s. m. Tout petit enfant (Bain.) 

Quenouille, s. f. Plante des marais. Typha latifoli*, L. 
(Bain.) ' - 

Quenouillette, s. f. Petite quenouille à filer. ' ' 

Elle attira sa quenouillette, 

C'était pour m'en, lan la de tirette, ■■'.-' 

. C'était pour m'en firapper. • 

(Vieille chanson de l'arrondissement} de Redon*) 

Querci, e, adj. Mets trop cuit. Viande quercie. (Tout le dôpar- 

- tement.) . . / 

Quercir, v. a. Trop cuire, c J'ai querci mon pfcutet. » (Tout le 
département.) 

Quérée, s. f. Viande maigre, xjorrompue, qui a mauvaise mine. 
(Tout le département.) . ; 

Quériature, Su t Créature. (Fougères.) 

Quérier, v. n. Crier. « Notre viqaire quériait si haut, qu'on l'en- 
tendait du cimetière. » (Bruz.) 

Quérin, s. m. Peau du visage. (Dourdain.) 

Quernelle, s. f. Tuyau, tube en fer. C'est ordinairement un 
vieux canon de fusil employé, lorsqu'on fait la lessive, à faire 
couler l'eau de la cuve dans la chaudière placée sur le feu. 
(Bain.) 

Quéro, s. m. Bride de sabot. (Dourdain.) 

Quésse, s. f. Cuisse. « Il a chu du pairier et s'est cassé la 
quésse. » (Il est tombé du poirier et s'est cassé là cuisse.) (Tout 
le département.) - > ■' 

Quétinner, v. n. Pleurnicher. « As-tu bientôt fini de quétinner, 
vilain p*tit étaum\ï » (Arrondissement de Redon.) — Quètiriner, 
dans l'arrondissement de Fougères, signifie remuer, agiter. 
« n quétinne des bras en marchant. » 

Quétron, s. m. Cerises cuites au four. (Dourdain.) 

Quette, s. f. Cuisse. # V 

Trouspette, lève ta quette, 
^Ta jambe bien faite, etc. - " - 1 

(Vieille» chanso».) v • - ViC 



Digitized by VjOOQlC 



— 92 — 

Qufcu, ac(j- Quel. « Le queu <?e$t-y qu'a dit çal* t Le quel est-ce 

qui a dit cela? (Ghâteaubourg.) 
Queue-de-pêlette, s. f. Mésange à longue queue du nom de 
. peflduline. (Bain.) 
Queue-de-Rat, s. f. Plante des terrains calcaires. (Equisetum 

arverne.) (La Chaussairie.) 
Quiabau, s. m. Bavard. (Dourdain.) 
Quié, s. m. Avare. (Dourdain.) 

Quio, s. m. Méchant. Quio gamin (méchant gamin.) (Gennes.) — 
Quio sert aussi de cri de ralliement pour appeler les bes- 
tiaux. 
Quitter, v. a. Laisser, c Quitte-ma donc tranquille. » (Laisse- 
moi donc tranquille.) (Littoral de la Manche.) 
Quoue, s. f. Queue. 

Quand l'bonhomrae revint du bois, 
Trouvi la quoue de son âne 
Que le loup avait mangé. 

(Vieille chanson de Guichen.) 

Qu'rir, v. a. Quérir, chercher. (V. Crir.) (Tout le département.) 



Rabatjoie, s. m. Chaudron que Ton met sur le feu et qui em- 
pêche de se chauffer, « Enlevez le rùbatjoie. » (Arrondissement 
de Redon.) 

Babine, s. f. Avenue ombreuse dans le voisinage des vieux châ- 
teaux. « Allons nous promener dans la rabine. » (Tout le 
département.) 

Racasta, s. m. Cordonnier, Auvergnat, ouvrier malpropre. 
(Arrondissement de Redon.) 

Racaut, s. m. Amour. « C'est un vieux marcou qui est toujours 
en racaut. » (Tout le département.) 

Rache, s. f. Maladie de l'enfance, croûte sur la figure. (Tout le 
département.) 

Racoit, s. m. Être chétif. « Cet enfant est un pauvre petit 
racoit. » (Pancé.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 9ff — 

Raclée, s. f. Action de frapper, c Je lui ai foutu une raclée dont 
il se souviendra. » (Arrondissement de Redon.) 

Ràcoin, s. m. Recoin. (Tout le département.) 

Radirer (Se), v. n. Se perdre, s'égarer. (Dourdain.) 

Rafale, e, adj. Misérable, c Les pauvres diables, sont-ils rafa- 
les! » (Tout le département.) 

Rafistolage, s. m. Arranger de vieux habits, de vieilles 
choses, pour les faire servir. (Rennes.) 

Rafistoler, v. a. Retaper. (Rennes.) 

Rafoin, s. m. Odeur de crasse, de saleté. Un enfant, quand 
il n'est pas bien lavé, sent le rafoin. (Tout le département.) 

Ragaleh, v. a. Remuer, bouger. Ragaler une serrure, chercher 
à l'ouvrir avec un objet quelconque, c Cette nuit, f ai entendu 
ragaler à ma porte. » (Bain.) 

Ragatonner, v. n. Marcher, à tâtons dans l'obscurité, « Ouvrez 
la porte à Jean, je l'entends qui ragâtonne dans l'escalier. » 
(Arrondissement de Redon.) 

Ragolu, e, adj. des deux g. Raboteux, raboteuse, qui présente 
des aspérités. (Bain.) 

Ragosse, s. f. Vieil arbre qui ne donne plus de fruits, c C'est 

une ragosse, il faut l'abattre. (Corps nus.) » 
Ragoter, v. a. Vomir. (Dourdain.) 
Ragricher, v. a. S'emparer, sans scrupule et de mauvaise foi, 

d'un objet, d'une chose. (Dourdain.) 
Ragricheur, s. m. Homme de mauvaise foi, presque voleur. 

(Dourdain.) 
Raiguisé, e, adj. Trompé, attrapé, mort. « Le pauvre diable est 

raiguisé. » (Tout le département.) 
Rail, s. m. Feu de joie. (Chàteauneuf.) 
Raisin de mer, s. m. Sous-arbrisseau des sables maritimes. 

{Ephedra distachya.) 

Raission, s. f. Collation, léger repas dans l'après-midi. (Saint- 

<;Just) 

Râle, actf. des deux g. Rare, qui n'est pas commun, c Le trèfle 

- à quatre feuilles est bien râle. » (Arrondissement de Redon.) 

Ramaige, s. m. Ramage. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— »4 — 

ftufnxfcys. f. Quantités Innombrables, t Venez donc voir cette 

ramillée de fourmis» » (Arrondissement de Rennes.) 
Rangeau ou Ranoeot, s. m. Seau en bois, bas et large, pour 

faire boire les bestiaux. (Tout le département.) 
Rapia, s. des deux g. Avare. « C'est un rapia! » « C'est une 

rapia ! • (Tout le département.) 
Rapin, e> sub. Avare, c C'est une rapine ! » (Bain.) 
RApou, s. m. Fruit vert et de digestion difficile. (Dourdain.) 
Ras-du-cul, loc. adv. Bas des reins, c J'ai été mouillée jusqu'à 

4a rot-cfo-cul. » (Langage des paysannes de Pléchatel.) 
Rasibus, adv. Mesurer à ras, plein. (Tout le département.) 
Ras-le^gul, loc. adv. C'en est trop, c J'en ai raê-le-cul y de cette 

affaire. » (Pléchatel.) 
Rasse-en-tout, loc. adv. Rien du tout. 

— Tu tg mangé? 

— Non, rasêê-mrtout. 

(Saint-Sulpice-des-Landes.) 

Rat, s. m. Avare*. c II est si rat qu'il écorcherait un pou pour 
en avoir la peau. » (Dicton de l'Ele-et-Vilaine.) 

Rat, s. m. Feu de joie. (Saint-Briac.) 

Raté, Ratel, s. m. Râteau. (Arrondissement de Redon.) 

Rateuère, s. f. Coin de grenier sous les ardoises. 

Ratiau, s. m. Râteau. (Tout le département.) — A Plerguer on 
prononce râtiao. 

Ratiboiser, v. a. Attiser le feu. (Dourdain.) Redresser, attra- 
per, tromper. (Arrondissement de Redon.) 

Ratirer, v. a. Retirer, c Le chat est tombé dans le puts (puits), 
va donc le ratirer. » (Bain.) 

Ratuchonner, v. n. Mets trop cuit, qui a attaché à la casse- 
role. « Le fricot a ratuehonné. » (Gennes.) 

Ravenelle, s. f. Plante de la famille des crucifères. {Raphanus 

■ raphaniitrum.) (Bain.) 

Raviné, e, a<Jj. Creusé, e. t Chemin raviné par la pluie. » 
« Route rawnée. » (Bain.) 

Ravouillée, s. f. Mets qui a trop de sauce. « C'est de la ravovM* 
lie. (Bain.) < - . , 



Digitized by VjOOQlC 



Ravouiller, y. a. Ajouter trop de sauce à uo mets, c'est ra- 

vouiller. (Bain.) 
Rebambiller, v. a. Secouer, reveiller. (Ghasné.) 

Reboutou, s. m. Rebouteur. Celui qui remet les membres bri- 
sés. <r II a la jambe cassée, allons vite chez le reboutou. » 
(Tout le département.) 

Recaupi, e, adj. Guilleret. « Te v'ia ben recaupi anet » (Te voilà 
bien guilleret aujourd'hui.) (Bain.) — A Rennes, recaupi se dit 
d'un malade qui va mieux,. « Il est recaupi. » (Il en réchappe.) 

Receper, v. a. Recevoir un objet qui tombe. (La Bouêxière). 

Rechaler, v. a. Réchauffer. « Ma soupe est froide; faut la recha- 

ler. » (Bain.) 
RechoIr, v. n. Revenir à la vie, à la santé. (Liffré.) 
Recteur, s. m. Curé. (Tout le département.) 

Redaré, e, adj. Être étendu, renversé dans un fauteuil, dans 
une voiture, c Est-il bien redoré ! » (Bain.) 

Refoincher, v. n. Rechigner, faire la moue. (Rennes.) 

Régaler, v. a. Corriger, c Attends un peu, j'vas te régaler. » 

(Tout le département.) 
Regoncer, v. n. Déborder. « Le ruistet a regoncè. » (Vieux-Vy.) 
Reillée, s. f. Rayon de soleil, c Une reillée de adula fait grand 

bien. » (Tout le département.) 
Reluquer, v, a. Regarder avec opiniâtreté. (Bain.) 
Relusàyant, adj. Reluisant, qui reluit. (Arrondissement de 

Redon.) 
Remberge, s. f. Plante des lieux cultivés. (Mercurialis annua.) 

(Tout le département.) 
Remeiller, v. a. Dégeler. (Ghasné.) 
Remets, s. m. Graisse, « Passe-ma le remeU pour faire la tri* 

cassée. » (Gennes.) 
Remouët, s. m. Moisi. < Ça sent le remouët. » c Ça â goût dé 

remouêt. » (Arrondissement de Redon.) 

Remucre, adj. Pourri, altéré. « Via du cidre remuêre » (qui a 

goût de pommes pourries.) (Lassy.) 
Ren, s. m. Rien, (Tout le département.) -"....'.» 



Digitized by VjOOQlC 



— 88 — 
Renâcler, v. n. Renifler. (Rennes.) 

Renaud, e, sub. René, Renée, prénom d'homme et de femme. 
As-tu vu le loup, mon Renaud f 

— Yan. 

— Où était-y ? 

— Dans le haut d'un chêne, 

— Que fefeait-y? 

— Quenenas, quenenas. 

— Celait pas le loup, mon Renaud, c'était un corbin. 

(Conte de Jean l'Hébété dans le canton de Bain.) 

Rendonnéb, s. f. Longue causerie. (Bain.) 

Rennois, s. m. Rennais. Habitant de Rennes. (Tout le dépar- 
tement.) 

Renotte, s. f. Renée ou Reine, prénom de femme. (Tout le 
département.) 

Renouée, s. f. Plante des chemins et des moissons. {Polygo- 
num.) Adj. Les sources sont renouées lorsqu'à l'hiver elles 
recommencent à couler après avoir été taries pendant l'été. 
(Arrondissement de Redon.) 

Reparon, s. m. Grosse toile en usage dans les campagnes. 

(Bain.) 
Repecer, v. n. Recommencer. (Bain.) 
Repousser du goulot, loc. adv. Avoir mauvaise haleine. 

(Rennes.) 
Requiper, v. a. Réparer. (Dourdain.) 

Résipère, s. m. Érésipèle. « Ma tontine a son résipère tous les 
ans. » (Arrondissement de Redon.) 

Respé de vous, loc. adv. Sauf votre respect. (Tout le dépar- 
tement.) 

Ressiée, s. f. Après-midi. € n va faire chaud cette reniée. » 
(Arrondissement de Redon.) 

Ressionner, v. n. Légère collation dans l'après-midi. <Arron- 
dissement de Redon.) 

Ressoudre (S'en), v. pron. S'en relever, s'en retirer. (Port 
Saint-Jean-sur-la-Rance.) 

Rététée, s* f. Mésange, oiseau. 



Digitized by VjOOQlC 



— 97 - 

Retinse, part. pas. Retenue. J'étais retinse à la maison quand 
mes enfants étaient petits. (Gesson.) 

Retoué, e. adj. On dit qu'on est retoué quand on a bien dîné, 
qu'on a le ventre plein. « Je suis retoué, » pour satisfait, con- 
tent. (Bairi.) 

Retouer, v. a. Retirer du marché une marchandise quel- 
conque parce qu'on n'en trouve pas un prix suffisant. (Bain.) 
— A Lohéac on dit retouiller. 

Reuder, v. n. Roter. (Dourdain.) 

Reupie, s. f. Roupie. (Arrondissement de Redon.) 

Reupie, s. f. Rouge-gorge, oiseau. (Bain.) . 

Revenez-y, sub. Se dit d'une bonne chose à laquelle on revient, 
c Oh! le bon ca, c'est du revenez-y. » 

Révérer, v. n. Faire une révérence. (Romazy.) 

Reveuroer, v. a. Retourner la terre. « Ces porcs ont reveurgé 

mon champ. » (Gennes.) 
Rez, s. m. Petit ruisseau. (Bain.) 

Rhabiller-les-chemins. Réparer les chemins. (Monfort.) 
Rhume (La), s. f. Être enrhumé, « J'ai la rhume qui me tue. » 

Ge mot est employé au féminin dans tout le département. 

Rïaux, s. m. pi. Entrailles de porc cuites au four. (Bain.) 

Riban, s. m. Ruban. <r La mariée avait-elle de biaux ribans ? » 

(Tout le département.) 
Ribler, v. a. Couler rapidement. « A cet endroit de la rivière 

l'eau rible. » (Gennes.) 
Ribon, Ribaine, loc. adv. Bon gré, mal gré. (Arrondissement 

de Rennes.) 
Ribot, s. m. Instrument pour baratter le beurre. (Arrondisse- 
ment de Redon.) 
Riboter, v. a. Faire du beurre dans une baratte. « Cette femme 

ribote son lait. » (Tout le département.) 
Riboteur, s. m. Individu qui s'enivre ou qui s'amuse au lieu de 

travailler. (Arrondissement de Redon.) 
Ribotoire, s. f. Baratte. Vase en terre dans lequel les paysannes 

ribotent leur beurre. 

7 



Digitized by VjOOQlC 



Ribotte, s. f. Orgie, t n est en ribotte, » c'est-à-dire. Il est en 
train de s'enivrer. (Arrondissement de Redon.) 

Richoler, v. n. Ricaner, rire à demi et d'un air moqueur, t II 
richole. » (Tout le département.) 

Ridiau, s. m. Rideau. 

Tirez le ridiau, 
La farce est jouée. 

(Chanson de Pont-Péan.) 

Riette, s. f. Ruelle. (Gennes.) 

Rigant, actf. Brillant, reluisant. (Pacé.) 

Rigoler, v. n. S'amuser. Ce mot nouveau est usité dans tout le 

département. 
Rimé, e, adj. Tourner, aigrir, c Le lait a rimé. » (Saint-Sulpice- 

des-Landes.) . 
Rincée, s. f. c II m'a flanqué une rincée, » pour : il m'a battu. 

(Tout le département.) 
Ripatons, s. m. pi. Grands pieds plats. « Oh ! quels ripatons t > 

(Rennes.) 
Ripeaupée, s. f. Mauvaise cuisine, boisson épaisse, c Tout cela, 

c'est de la ripeaupée. » (Tout le département.) 

Rire, v. n. 

Passé défini : Je ry-is, 
Tu ry-is, 
Il ry-it, 
J'ry-tmes, 
V'ry-îtes, 
Y'ri-îrent. 

Robert, s. m. et adj. m. Un robert est un mari trompé. Il 
existe dans la commune de Combourtillé un rocher autour du- 
quel les jeunes gars fiancés vont, la nuit, faire le tour à cloclie- 
pied 7 afin de ne pas être Roberts, » c'est-à-dire trompés par 
leur femme une fois mariés. 

Robiner, v. n. Flâner. (La Guerche.) 

Robuste, adj. des deux g. Emporté, vif, colère. (Loutehel.) 

Roche, s. f. Caillou. « Si tu m'ebétesj'vas de foute un coup de 
roche. » (Si tu m'ennuies je vais te donner un coup de 
pierre.) (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 99 — 

Rognonner, v. n. Grommeler, murmurer. (Tout le départe- 
ment.) 

Rolon, s. m. Tout ce qui est rond, et notamment la monnaie 
d'or ou d'argent roulée dans un papier. « Un rolon d'or, un 
rolon d'argent. » (Arrondissement de Redon.) 

Rondir de la blosse, loc. adv. Rouler des yeux. (Rennes.) 

Rocquer, v. n. Grimper. « Tu vas chair si tu rocques dans le 
pommier. » (Tu vas tomber si tu grimpes dans le pommier.) 

Rocquet, s. m. Petite côte. « Le rocquet de Saint-Cyr,à Rennes, 
faubourg de Brest. » 

Roquette, s. f. Cresson de terre. (Barbarea prœcox.) (Fou- 
gères.) — Il existe aussi une petite perdrix qu'on appelle 
roquette et dont l'espèce commence à disparaître de la Bre- 
tagne. 

Rose-de-tonnerre, s. f. Fleur de l'églantier. (Arrondissement 
de Redon.) 

Rosser, v. a. Frapper. « Je l'ai rossé. » (Fougeray.) 
Rossignolet, Roussignol, Roussignoulet, s. m. Rossignol, 
oiseau. (Tout le département.) 

Rossignolet des bois, 
Rossignolet sauvaige, 
Redis-nous ton ramaige, 

(Chanson de l'llle-et-Vilaine.) 

Rote, s. f. Sentier étroit. La rote messière est le sentier qui 
conduit à l'église. "(Arrondissement de Vitré.) — On appelle 
rote, dans l'arrondissement de Redon, la brèche faite dans un 
fossé pour permettre de passer. « Les chasseurs ont fait une 
rote dans mon champ, » c'est-à-dire un passage dans une 
haie ou un fossé. 

Roualle, s. f. Bouche, « Chauvir de la roualle, » sourire niai- 
sement. (Rennes.) — Roualle veut aussi dire roue de voi- 
ture. 

Rouchement, s. m. Mal de dents insupportable. (Gennes.) 

Roucher, v. a. Dépouiller un os avec les dents. Mâchonner un 
morceau de bois ou un morceau de pain dur. « Roucher une 
croûte de pain. » (Tout le département.) 

Rouchie, s. f. Fille de mauvaises mœurs. (Rennes.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 100 — 

Rouchon, s. m. Reste d'un objet rouchè, mâchonnné. c Un rovir 
chon de pain. » (Gennes.) — A Dourdain, un rouchon est un 
reste de dent brisée. 
Rouelles, s. f. pi. Avant-train de charrue. (Dingé.) 
Rouenner, v. n. Rognonner, grommeler. « Je ne sais ce qu'a le 

gars, il a rouenné toute la journée. » (Rennes.) 
Rouincher, v. n. Pleurer longtemps et presque pns motif. 

c II rouvnéhe comme un cochon. » (Dourdain.) 
Roupiller, v. n. Dormir, sommeiller. (La Guerche.) 
Rousine, s. f. Résine. 

C'est la chandelle de rousine 
Qui fait danser le rigodon. 

(Vieille chanson de Hlle-et- Vilaine.) 

Rousinier, s. m. Objet en fer que l'on enfonce dans le mur de 
la cheminée pour y placer la chandelle de résine. (Arrondis- 
sement de Redon.) — A Dourdain, un usurier est appelé rou- 
sinier. 

Rousinerie, s. f. Travail peu lucratif. (Dourdain.) 

Roustée, e, adj. Taches de rousseur sur la figure. « La vilaine 
marraine est-elle roustée 1 » (Bain.) 

Roustée, s. f. t II lui a foutu une fameuse roustée, > pour : il Fa 
battu. (Guipry.) 

Routie, s. f. Pain grillé dans du cidre chaud. C'est au dire des 
paysans un remède contre toutes sortes de maux. (Le Sel.) 

Rubrique, s. f. Finesse, malice. « Il a de la rubrique. > (Fougeray.) 

Rue-des-prés, s. f. Plante de la famille des renonculacées, 
appelé aussi rhubarbe des pauvres. (Thalictrum flavum.) 
(Tout le département.) 

Ruée, s. f. Lande et bruyère étendues devant les fermes, pour 
absorber les purins des étables. « Le sale village, il y a de la 
ruée à toutes les portes. » (Fougeray.) 

Ruette, s. f. Petite rue. (Saint-Malo.) 

Ruissiau, s. m. Ruisseau. « Le ruissiau a débordé. » (Langon.) 

Rumas, s. m. Maladie des poules. 

Nous prierons le bon Dieu, 

Et le bon saint Nicolas 

De garder vos poules du rumas. 

(Vieille chanson de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 101 — 

Russe, s. f. Moutarde des champs. (Sixt.) 

Russer, v. n. Glisser. (Montreuil-sur-IUe.) 

Russet, Russiau. s. m. Ruisseau, « Faut passer le russet là- 
lain. » (Faut passer le ruisseau là-bas.) (Tout le dépar- 
tement.) 

Rutache, s. f. Rouge-gorge, oiseau. (Bécherel.) 



S 



Sa, s. m. Soir, c J'allons nous promener le sa au clair de lune. » 

(Tout le département.) 
Sa, s. f. Soif. * Oh! j'ai t'y sa! » (Arrondissement de Redon.) 
C'étaient trois bonnes commères 
S'en venant de l'Agribra, 
Se disaient les un's aux autres : 
Ma commèr* que j'ai grand sa, 

(Chanson de l'Ille-et- Vilaine.) 

Sabot de la mariée, s. m. Plante des prés. (Lotus cornicu- 

latus.) (Sainte-Colombe.) 
Sabouler, v. a. Gronder, « Ta mère va te sabouler, mon gars, 

ton pantalon est déchiré. » (Tout le département.) 

Sacre, s. m. Le Sacre ou la Fête-Dieu. (On pron. sac.) a Allons- 
nous au sacre? » — A Rennes, on dit, en voyant les paysannes 
venir à la Fête-Dieu : « Voici les cousines du sacre. » 

Saffre, adj. Sec. « Temps saffre », temps froid, sec, dur. 
(Arrondissement de Redon.) On prononce saffe à Dourdain. 

Safran -bâtard, s. m. Plante des terrains calcaires appelée 

aussi Tue-chien. (Saint-Jacques-de-la-Lande.) 
Saige, adj. des deux g. Sage. « Pour réussir dans le monde, il 

faut être saige et entendu. » (Tout le département.) 

Saigné-bouc, s. m. Mauvais couteau. (Tout le département.) 

Saigne-nez, s. m. Plante de la famille des composées appelée 
également herbe au charpentier. (Achillea Mille folium.) 
(Thourie.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 402 — 

Saint-Marcain, s. m. Saint-Marcan, commune du canton de 
Pleine-Fougères, dans l'arrondissement de Saint-Malo. 

Saint-soit-il, s. m. Homme peu intelligent. « C'est un saint- 
soit-il. > (Loutehel.) 

Saint-Suplice, s. m. Saint-Sulpice, commune du canton du 
Grand-Fougeray, dans l'arrondissement de Redon. 

Saint-Thuriau, s. m. Saint-Thurial, commune du canton de 
Plélan, dans l'arrondissement de Montfort. 

Sais (Je), ind. du verb. être. Je suis, t Je sais pas méchant mais 
faut pas me cachigner. » (Tout le département.) 

Salaud, s. m. Grossier, homme mal élevé. Injure. (Tout le 

département.) 
Sali, s. m. Endroit sale où l'on dépose les ordures. (Montger- 

mont.) 
Salisson, s. m. Petit enfant malpropre, c C'est un salisson. » 

(Rennes.) 

Salopète, s. f. Large pantalon de toile que les ouvriers mettent 
pour travailler. (Rennes.) 

Salopiau, s. m. Homme sale et dégoûtant. « Quel salopiau ça 
fait ! » Tout le département.) 

Sanve, s. f. Moutarde sauvage, plante. (Moulins.) 

Saprée-Matin, loc. adv. Sacré-mâtin, juron. (Tout le départe- 
ment.) 

Saocisse, s. f. Saucisse. (Plerguer.) 

Sapias, s. m. pi. Rats, t Les sapias ont mangé la chandelle de 
suif. » (La Guerche.) 

Sapinette, s. f. Sapinière, bois de sapin. « J'ai dénigè une écos- 
sarde dans la sapinette. » « J'ai déniché une buse dans la sapi- 
nière. » 

Saquer, v. a. Tirer brusquement. « Il a saqué la porte. » (Mont- 
fort.) 

Saquette, s. f. Fille légère. (Dourdain.) 

Sarciau, s. m. Sorte de faucille. (Tout le département.) 

Sardrine, s. f. Sardine. (Châteaugiron.) 



Digitized by VjOOQlC 



_ 103 - 

Sarte, s. f. Sardine, c Qui veut de la tarte ? » cri des mar- 
chandes de sardines de Rennes. 

Sas, s. m. Tamis en crin qui sert à passer la farine. (Tout le 

département.) 
Sassoter, v. n. Passer au sâs, au tamis. (Essé.) 
Saude, s. m. Saule. 

Saudras, s. f. Nom de villages. (Tout le département.) 
Sauf votre respé, loc. adv. Ces mots précèdent toujours le 

nom d'un animal, t Sauf votre respè, j'ai vendu mon cochon. » 

(Tout le département.) 

Saunier et Saunière, sub. Boite en bois pendue dans la che- 
minée et qui renferme du sel. 

Quand la saunière dégoutte 
Signe de dégel. 

(Dicton de Dourdain.) 

Sauquette, s. f. Barrière. (Dourdain.) 

Sauqueter, v. n. Sauter par-dessus une barrière. (Dourdain.) 

Sausse, s. m. Saule, arbre de la famille des amentacées. (Salix 

alba.) (Rennes.) 
Sauter-a-la-crasse, loc. adv. Sauter à la figure. « Le chat m'a 

sauté à la crasse, » (Lohéac.) 
Sautir, v. a. Sauter. « J'ai fait sautir mon chen dans le ruis- 

siau. » (Saint-Just.) 
Sautou, Sautillon, s. Sauteur, « Quel petit sautou tu fais ! » 

(Tout le département.) 
Sauvaige, adj. des deux g. Sauvage. « C'est un chat sauvaige. * 
Sava, Savai, Inf. du verb. savoir. (Je viens sentir sava si fille à 

vous sera fomme à ma. » « Je viens savoir si votre fille sera 

ma femme.) (Conte de Jean l'Hébété.) (Bain.) 
Savonnière. s. f. Saponaire, plante officinale. (Bain.) 

Sceiller et Sciller, v. a. Scier, couper le grain avec une fau- 
cille. (Tout le département.) 

Sceillerie, s. f. Action de couper le grain. Réunion d'ouvriers 
embauchés pour ce travail. « Elle veut que j'aille laver chez 
elle la semaine prochaine ; je ne le pourrai pas, je serai en 
sceillerie. » (Cesson.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 104 — 

Se, s. m. Sel. (Arrondissement de Redon.) 

Se carapater, loc. adv. S'esquiver. (Rennes, terme d'atelier.) 

Seille, s. f. Seau en bois. 

Seillée, s. f. Seau rempli d'eau. (Tout le département.) 

Seillot, s. m. Seau. (Plerguer.) 

Se la couler douce, loc. adv. Ne pas s'échiner, ne pas se 
fatiguer à travailler, avoir une existence agréable. (Rennes.) 

Sèlette, s. f. Petit tabouret à trois pieds qui sert aux pâtoures 

pour tirer les vaches. (Bain.) 
Senas, s. m. Grenier. 

Ouest Pelot? 
— Il est dans le senas. 

(Tout le département.) 

Sente, s. f. Sentier d'un champ. (Montfort.) 

Sente, «. f. Odeur. « Via des fleurs qui ont bonne sente* (bonne 
odeur.) (Tout le département.) 

Sentier-messier, s. m. Petit sentier à travers champs qui per- 
met de se rendre à pied promptement à la messe. (Arrondis- 
sement de Redon.) 

Senti-sava, loc. adv. Flairer quelque chose. (Bain.) 

Sepiller, v. a. Secouer quelqu'un, le brutaliser. (V. Houspiller.) 
« Prends garde, José, si tu continues, j'vas f sepiller. » (Tout le 
département.) 

Serand, s. m. Machine pour carder le chanvre. (Dourdain.) 

Sèrée, s. f. Soirée. (Tout le département.) 

Seroncée, s. f. Correction. (Dourdain.) 

Serpiau, s. m. Serpe, instrument tranchant employé pour émon- 
der les arbres. (Arrondissement de Redon.) 

Serpidas, s. f. Femme haute et déhanchée. « La vilaine serpi- 
das. » (Rennes.) 

Seumer, v. a. Aspirer par le nez un breuvage quelconque. 

(Bain.) 
Seulées, s. m. pi. Souliers. (Arrondissement de Vitré.) 
Seyen, s. m. Enfant méchant. (Liffré.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 105 — 

Sia, loc. aff. Oui. (Bain.) 

Siau, s. m. Seau en bois. (Tout le département.) 

Sicot, s. m. Bois mort. (Dourdain.) 

Siedu, s. m. Seuil de porte (Dourdain.) 

Siéter, v. a. Asseoir. 

Siétez~\ous don ma Jeanne-Marie. 
Siète ton gars, ou y va ché (va choir). 

(Tout le département.) 

Signifiance, s. f. Annoncer, faire connaître. « Je me sais 
aperçu à ces signifiâmes que j'avais péché. » (Feins.) 

Siguernas, s. m. Lit de paille. (Dourdain.) — Mauvais grenier. 
(V. Senas.) (Rennes.) 

Simelle, s. f. Semelle de soulier. (Ghâteaugiron.) 

Sion, s. m. Bâton. « J'vas te foutre un coup de sion. » (Tout le 
département.) 

Siun, pron. démonst. Celui. « A qui le chen? C'est le siun à 
François. » (Tout le département.) 

Sixdents, s. m. Jeune mouton. (Fougères.) 

Soiffard, s. m. Ivrogne. (Fougères.) 

Soiter et Soitonner, v. a. Travailler en commun. Se dit de fer- 
miers qui, n'ayant pas assez de domestiques ou d'ouvriers, tra- 
vaillent mutuellement, les uns pour les autres. (La Guerche.) 

Sola et Soula, s. m. Soleil. Sola. (Arrondissement de Redon.) 
Soula. (Arrondissement de Saint-Malo). 

Solées, s. m. pi. Souliers. (Arrondissement de Redon.) 

Soleuil, s. m. Soulier. (Plerguer.) — On dit soleu dans l'arron- 
dissement de Montfort. 

Solier, s. m. Grenier. « Va chercher du fain (foin) dans le 
solier. » (Canton de Saint-Aubin-d'Aubigné et de Hédé.) 

Sonou, s. m. Ménétrier. Joueur de violon de la campagne. 
(Tout le département.) 

Sorine, s. f. Boisson des indigents faite avec la lie du cidre. 
(Environs de Rennes.) 

Sottiau, s. m. Individu fier, vain et bète. (V. Faraud.) (Fou- 
geray.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 106 — 

Souau, s. m. Mauvais lit. (Dourdain.) 

Souches, s. f. pi. Bois à brûler en quartiers, assez gros pour 
former des bûches de fond de cheminées. (La Guerche.) 

Souci, s. m. Sourcil. (Arrondissement de Vitré.) 

Soue, s. f. Refuge à porcs ; étable où on loge les cochons. Se dit 
aussi d'une maison malpropre. (Arrondissement de Redon.) 

Souétrau, s. m. Homme malpropre. (Dourdain.) 

Sougéa ou Souja, s. m. Sougéal, commune du canton de 
Pleine-Fougères dans l'arrondissement de Saint-Malo. 

Soui, s. m. Endroit malpropre. (Tout le département.) 

Souie, s. f. Taie d'oreiller. (Tout le département.) — A Dourdain 
c'est une souille. 

Souil, s. m. Sale. (Prononcer soûi.) Ce mot vient de souillon 
probablement. (Fougères.) 

Soula, s. m. Soleil. (Pancé.) 

Soulaire, s. m. Orient. « Le vent vient du soulaire. » (Dour- 
dain.) 

Soulard et Soûlaud, s. m. Ivrogne, t Le vilain soulard. » 
(Tout le département.) 

Soulaugraphe, s. m. Ivrogne. (Rennes.) 

Soulaugraphie, s. f. Orgie. (Tout le département.) 

Soumeterre, s. m. Cimetière. (Gennes.) 

Soupiérée, s. f. Soupière pleine de soupe ou de lait. (Tout le 
département.) 

Sourd-gare, s. m. Salamandre terrestre, objet d'effroi et de 
répulsion dans les campagnes bretonnes. L'expression de 
gare ici signifie animal de diverses couleurs, bariolé. Une 
vache gare, au contraire, est une vache noire et blanche. 
(Tout le département.) 

Dicton: Si taupe voyait, 

Si sourd-gare entendait. 
Le monde entier mourrait. 

Souricer, v. a. Voler adroitement. « Il m'a souricé mon porte 
monnaie. » (Rennes.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 407 — 

Souricet, Souriciau, s. m. Petite souris. (Tout, le dépar- 
tement.) 

Formulette : n est midi. 
-Qui Ta dit? 

— Le souricet, 

— Oùest-y? 

— Dans la chapelle. 

— Que fait-y ? 

— Y dit la messe. 

— Qui la répond ? 

— Trois petits chatons. 

Soursas, s. f. Déchet de farine de blé noir. (Bain.) 
Spet, s. m. Instrument qui sert à tenir le seau dans le puits. 
(Dourdain.) 

Su, prép. Sur. 

Vous frappez su Vz'os, 
Ils pourriront; 
Vous n'frappez point m le cœur, 
Où l'z'amours sont. 
(Vieille chanson du faubourg l'Évêque, à Rennes ) 

Su, s. m. Suif et aussi sureau, arbuste. (Arrondissement de 

Redon.) 
Devinette : Quels sont les trois noms d'arbres qu'on peut dire le plus vite ? 

Su 

Pin 

If 

On dit cela d'un seul mot : Supinif. 

(Canton de Bain.) 

Subelée, s. f. Air sifflé. On dit aussi d'un individu en état 
d'ivresse : « En a-t-il pris, une subelée ! » (Messac.) • 

Subeler, v. n. Siffler, (Tout le département.) 

Dicton : Vache qui beille (beugle), 
Fille qui subèle (siffle), 
Poule qui chante le coq, 
Sont trois bêtes qui méritent la mort. 

(Bain.) 

Subelet, s. m. Sifflet. (Arrondissement de Redon.) 
Subite, s. f. Petite maison misérable, cabane. (Tout le dépar- 
tement.) 



Digitized by VjOOQlC 



-108- 

Subout, adv. Debout, c Le pauvre gars est ben malade, il 

n'tient pas subout. » (Env. de Rennes.) 
Suivette, s. f. Bonne odeur pour faire suivre les jeunes gars. 

Les filles allant acheter des parfums disent toujours : « Ven- 

dez^moi de la suivette ». (Bain.) 

Surelle, s. f. Petite oseille sauvage appelée aussi Vinette. (Ar- 

brissel.) 
Suroua, s. m. Vêtement goudronné ou en caoutchouc porté 
par les marins quand il fait mauvais temps. (Littoral de la 
Manche.) 
Sus, prép. Sur. « J'porte toute ma fortune «us ma » (sur moi). 

(Arrondissement de Redon.) 
S'y, pron. pers. Se. 

C'est notre cuisinière ; 
S'y lève de grand matin. 

(Chanson de Paimpont.) 



Ta, Tail, Toué, pron. pers. Toi. Ta. (Arrondissement de 
Redon.) — Tail. (Arrondissement de Saint-Malô.) — Toué. 
(Rennes.) 

Tablée, s. f. Beaucoup de monde à table. « Ah ! la belle tablée! » 

Taie ou Tée de bouteilles, s. m. Débris, morceaux de bou- 
teilles brisées. (Tout le département.) 

Taile, sub. f. Toile. (Arrondissement de Redon.) 

Tailleur, s. m. Petit insecte qui nage sur la surface de l'eau 
et qui s'appelle hydromètre. (Bain.) 

Tait, s. m. Étable, écurie. (On prononce souvent ta.) (Arrondis- 
sement de Redon.) 

Talibourdas, s. m. Gros tas d'ordures. (Bain.) 

Tambour, s. m. Instrument muni d'un cuir qui reçoit la farine 
du sas. (V. Sas.) (Bain.) 

Tamponner, v. a. Toucher longtemps une même chose. (V. Po- 
ganer.) « As- tu bientôt fini de tamponner cette viande? Tu me 
fais dongé. » (Arrondissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 109- 

Tannée, s. f. Tan, poudre d'écorce de chêne pour tanner les 

cuirs. (Tout le département.) 
Tantine, s. f. Tante. 

— Bonjour tantine Perrine, 
Comment s'porte vot' pourciau ? 

— Il n'est ni gras, ni maigre, 
Les os li perce la piau. 

(Chanson de Ffile-et-Vilaine.) 

Tantouillard, sub. Qui tantouille, qui trempe diverses choses 
dans l'eau. « C'est un tantouillard. » « C'est une petite tan~ 
touillarde. » 

Tantouillèr, v. a. Tremper quelque chose dans l'eau à plu- 
sieurs reprises, t As-tu bientôt fini de tantouillèr, vilain 
gars? » Se dit à un enfant qui joue avec Feau, ou qui marche 
dans Feau. (Tout le département.) 

Tapée, s. f. Quantité, abondance. « Quelle tapée de soupe ! 
jamais je ne pourrai tout manger. » 

Taque, s. m. Insecte d'eau, gros coléoptère appelé hydrophile. 
(Dingé.) 

Tarâghe, s. f. Insecte qui se colle aux vaches et aux chiens et 

leur suce le sang. (Bain.) 
Tarague, s. f. (V. Tarâche.) (Dingé.) 
Tarin, s. m. Petit d'un chardonneret et d'une femelle de serin. 

(Tout le département.) — Coureur de nuit. (Dourdain.) 

Tassée, s. f. Tassée de cidre, de lait, etc. Bol plein d'un liquide 
quelconque. « Veux-tu baire une tassée de lait. (Tout le dépar- 
tement.) 

Tatouille, s. f. Action de battre. (V. Tripotée.) (Tout le dépar- 
tement.) 

Taupenne, s. f. Sorte de clochette pendue au cou des vaches 
dans les forêts. (Teillay.) 

Tauper, v. a. Tromper, attraper, c A-t-il été taupe dans son 
marché avec Renaud ! » (Cesson.) 

Tauper, v. a. Arrêter. « Taupe-le donc. » (Fougeray.) 

Taupette, s. f. Fiole d'eau-de-vie, servant de mesure dans les 
cabarets. « Servez-moi une taupette d'eau-de-vie. » (Arrondis- 
sement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 110 — 

Tée, s. m. Vaisselle complètement brisée. « Prenez garde de 
vous blesser, j'ai jeté des tées sur la rue. » (Arrondissement 
de Redon.) 

Teigne, s. f. Plante des champs et des landes appelée aussi 
Herbe-à-Perdrix. (Cuscute.) (Vergéal.) 

Teiller, v. a. Broyer le chanvre. (Bain.) 

Telle, s. m. Métier de tisserand. (Gennes.) 

Téméraire, adj. des deux g. Cruel. (Loutehel.) 

Tenant, loc. adv. Tout le temps. « Il Ta injurié tenant » (tout le 

temps, sans discontinuer.) (Montfort.) 
Tèque, s. f. Balle, jouet d'enfant. « Nous allons jouer à la 

tèque. » (Arrondissement de Redon.) 

Tequer, v. a. Lancer la tèque, frapper quelqu'un. (Guipry.) 
Terjou et Tourjous, adv. Toujours. (Tout le département.) 

Terminage, s. m. Fin d'une chose. « Si le terminage est aussi 
bon que le commencement, ça ira tout seul. » (Tout le dépar- 
tement.) 

Terpement, s. m. Ressaut. (Liflré.) 

Terper, v. a. Ressauter. (Liffré.) 

Terpin, s. m. Pied-bot. (Dourdain.) 

Terrou, se, adj. Couvert de terre. — Dans le canton de Plélan, 
on dit d'une personne qui possède des terres : « Elle a le cul 
terrou. » 

Tertillée, s. f. « Une tertillée de garçailles, » (Un grand nombre 
d'enfants.) (Bain.) 

Teruelle, s. f. Truelle, instrument de maçon. (Tout le dépar- 
tement.) 

Tétines de chatte, s. f. Plante des murs. (Sedum album.) (Ar- 
brissel.) 

Téture, s. f. Filasse. (Tout le département.) 

Tesserie, s. f. Lieu où l'on tisse la toile. (La Guerche.) 

Tètre, v. a. Tisser, faire de la toile. (La Guerche.) 

Teugner, v. n. Tousser. « Le pauv' gars teugne toute la jour- 
née. » (AiTondissement de Vitré.) 

Teurheulée. s. f. Écuellée de soupe ou de cidre. (Fougeray.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 111 — 

Teurte, s. f. (Pron. Terrrtre.) Tourterelle. (Tout le dépar- 
tement.) 

Teutée, s.f. Écuellée. (Gennes.) 

Tignasse, s. f. Chevelure. Tignasse blonde. « Cette fille 
a-t-elle la tignasse mal peignée ! » (Tout le département.) 

Tillon, ne, adj. Qui n'a pas le caractère facile. « Il n'est pas 
tillon. » (Il n'est pas commode.) (Tout le département.) 

Time, s. m. Seau. (Liffré.) 

Tintiau, s. m. Réunion de douze gerbes de grain dans un 
champ. (Bain.) 

Tire-jus, s. m. Mouchoir de poche. (Tout le département.) 

Tirer, v. a. Oter. « Tire-ta de là que je m'y mette. » Ote-toi de 
là que je prenne ta place). (Noë-Blanche.) 

Tirer des pieds (Se), loc. adv. Se sauver, s'en aller. (Rennes.) 

Tirette, s. f. Tiroir. « Mets les èliges dans la tirette. » Mets les 
économies dans le tiroir.) (Bain.) 

Tirmachausse, adj. des deux g. Difficile. Une chose qu'on ne 

peut obtenir, c'est tirmachausse. (Marpiré.) 
Tirpayer, v. a. Embrouiller. (Canton de Liffré.) 
Tirtaine, s. f. Grosse étoffe employée pour les vêtements des 

paysans de l'arrondissement de Redon. 
Toc-toc, adj. des deux g. Personne qui n'a pas toute sa raison. 

« n ou elle en est toc~toc. » (Rennes.) 
Tomber, v. n. 

Passé défini : Je tombis, 
Tu tombis, 
Il tombit, 
J'tombîmes, 
V'tombites, 
Y tombirent. 

Tonniau, s/m. Tonneau. (Tout le département.) 

Tonton, s. m. Tous les hommes sont appelés tonton par les 

petits enfants dans l'arrondissement de Redon. 
Toquart, s. m. Gros enfant. « C'est un fameux toquart. » (Tout 

le département.) 
Toqué, e, adj. Individu extravagant, presque fou. « 11 est toqué, 

le pauvre diable. » (Messac.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 112 - 

Ton, s. m. Taureau (Fougères.) 

Torchepin, s. m. Pin, arbre vert appelé aussi Pin à crochets. 
(Arrondissement de Saint-Malo.) 

Torchette, adv. Faire une chose promptement, proprement. 
On dit : « Nette comme torchette. » (Tout le département.) 

Torin, Tourin, s. m. Taureau. Torin, dans l'arrondissement 
de Redon, et Tourin dans l'arrondissement de Rennes. 

Tortillard, s. m. Homme qui a les jambes mal faites. (Tout le 

département.) 
Tortiller, v. a. Détruire. « La fré a tortillé les fleurs. » (Bain.) 

Tortillon, s. m. Sorte de gâteau fabriqué dans la Loire-Infé- 
rieure et qu'on vient vendre dans l'IUe-et- Vilaine. (Le Grand- 
Fougeray.) 

TossÉ, E, adj. Presque ivre, t J'ai bu un bon coup de piot, 
mais comme il était fort en goût et justificatif, il m'a tossé. » 
(Montfort.) 

Tosser (Se), v. pron. Se frapper. « Je me suis tossè contre un 
arbre. » (Tout le département.) 

Touaille, s. f. Nappe qu'on étend sur la table pour mettre le 
couvert. « Mets la touaille. » (Bain.) 

Touaillon, s. m. Petit nappe. (Saint-Meloir-des-Ondes.) 
Toue, s. f. Fromage. (Fougères.) 
Touillé, adj. Sale, mouillé. 

Comme te voilà touillé, mouillé, 

Comme ta monman va te battre. 

(Chanson de Bain.) 

Toupie, s. f. Méchante fille ou femme de mauvaises mœurs. 
« C'est une vieille toupie. » (Tout le département.) 

Tournebouse, s. f. Fille de la campagne lourde et feale. (Tout le 

département.) 
Tourneyer, v. n. Tournoyer. « Les sansonnets tourneyent dans 

l'air. » (Arrondissement de Redon.) 

Tournement, s. m. Tour de main. (Servon.) 
Tournette, s. f. Petite pelle en fer qui sert à retourner la ga- 
lette sur la tuile. On dit Tournoire aux environs de Dol. 



Digitized by VjOOQlC 



— 443 — 

Touron, s. m. Veston très court que portent les paysans. (Tout 
le département.) 

Tourteau, Tourtiau, s. m. Pain. « Donne-moi un tourtiau 
(un pain). » — Il existe dans l'arrondissement de Vitré un bel 
étang qui s'appelle Paintourteau, parce qu'il a la forme d'un 
pain. 

TousÉ, e, adj. Tondu, tondue, a II a les cheveux tousés. » (Tout 
le département.) 

Touser, v. a. Tondre. 

Toute-bonne, s. f. Sauge cultivée dans les jardins. (Arrondis- 
sement de Vitré.) 

Toutpas, s. m. Sorte de barrière pour empocher les bestiaux de 
sortir d'un pâtis. (Fougeray.) 

Touter, v. n. Tousser. « J'ai beau faire, je toute toujours. » 
(Environs de Rennes.) 

Tracer, v. a. Traverser un champ sans suivre de sentiers tra- 
cés. « Les chassoux tracent à travers champs. » (Bain.) 

Trahir, v. a. Enivrer quelqu'un par surprise. « Il m'a trahi, 
j'sais chaudebaire. » (Arrondissement de Redon.) 

Traînée, s. f. Femme de mauvaise vie qui court à tous les plai- 
sirs, à toutes les fêtes. (Tout le département.) 

Tranche, s. f. Instrument de jardinage. (Arrondissement de 

Redon.) 
Transport, s. m. Fièvre. Être dans le transport, c'est avoir 

la fièvre. (Guichen.) 
Tras, s. f. Grive. Dicton de l'arrondissement de Redon : « II 
chie comme une tras. » Se dit de quelqu'un qui a le corps dé- 
rangé,parce que la grive en cage est d'une malpropreté dégoû- 
tante. (Bain.) 
Tras, adj. num. des deux g. Trois. (Pléchâtel.) 
Travès (A), loc. adv. A travers. 

A travès has et buissons 
J'trouverons l'z'autr's, là où y seront. 

(Chanson de Bourg-des-Comptes.) 

Travouil, s. m. Dévidoir. (Arrondissement de Redon.) 
Trée, s. f. Truie, femelle du porc. C'est une injure grossière 

8 



Digitized by VjOOQlC 



— 144 — 

faire à une femme que de l'appeler: « Vilaine iris. » (Tontle 
département.) 

Tremble, s. m. Plante de la famille des graminées. {Brisa 
média, L.) (Bain.) 

Tremée, s. f. Gage en bourdaine pour prendre des oiseaux en 
hiver. « Préte-moi ta tramée. » 

Tremen, s. f. Trèfle blanc < Mène lès bêtes manger du 
tremen. » (Dingé.) 

Trempage, s. m. L'ouvrier des bourgs loge dans des auberges 
où il paie son lit et le trempage, c'est-à-dire le bouillon de la 
soupe de la maison qu'on verse sur du pain qui lui appar- 
tient. « J'ai le logement et le trempage chez la mère Pertuset. » 
(Bain.) 

Trempe, s. f. « Je lui ai flanqué une trempe, » c'est-à-dire je l'ai 
battu. (Tout le département.) 

Treuler, v. n. Courir, marcher sans but. « Toutes les nets, il 
est à treuler par les chemins. » (Tout le département.) 

Treuler (Se), v. pr. Se promener. « Elle s'est treulée (prome- 
née) toute la sainte journée. » (Rennes.) 

Triôart, s. m. Entrave pour empêcher les moutons, les chè- 
vres, les oies de traverser les haies. (Tout le département.) 

Trichard, s. m. Tricheur, voleur. (Tout le département.) 

Tricocher, v. a. Bâtonner. (Canton de Liffré.) 

Trifouillard, s. m. Individu brouillon. (Fougeray.) 

Trifouillée, s. f. Action de battre quelqu'un. (V. Tripetèe.) 
(Arrondissement de Redon.) A Lififré, trifowlUe signifie foule. 

Trimarder, v. n. Faire autre chose que son métier. (Liffré.) 

Trimasser, v. n. Trimer, prendre de la peine, travailler à toutes 
sortes de choses. (Rennes.) Dans le canton de Liffré, trimas- 
ser veut dire: qui languit, qui traîne. 

Trimballer, v. n. Avoir des secousses en voiture, c'est être 
trimballé. Beaucoup voyager, c'est aussi se trimballer. (Tout 
le département.) 

Tringlot, s. m. Soldat du train. (Rennes.) 

Triolas, s. m. Grenier. (La Bouëxière.) 

Tripoter, v. a. Manipuler longtemps un objet ou une mixture. 
(Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— i45 - 

Twoi&K» s. f. Battre quet^u'an. « Je Jui ai feuta une tripotée. » 

(Tout le département.) 
Trochet, s. m. Trois fruits renais eu grappes, oc Un trochet de 

noisettes. » (Saint-Malo.) 

TiieOTïGWM*, s. m. Bas des reins. 

Pauvre quo*e fui n'ohasaera plus les moucherons, 
Tout autour du troufignon. 

(Chanson de l'âne mangé par le loup. — Guichen.) 

Trouspette, s. f. Nom d'un personnage qui revient fréquem- 
ment dans les contes du pays gallo. (Tout le département.) 

Trousse-guenille, s. m. Homme vicieux. (Rennes.) 

Tue-chien, s. m. Colchique d'automne. (Arrondissement de 
Vitré.) 

Tuer, v. n. Se dit du cidre qui change de couleur, qui devient 
noir dans le verre ou dans la bouteille lorsqu'il a été tiré au 
tonneau. « Ce cidre est tué, c'est du cidre qui se tue. » (Ar- 
rondissement de Redon.) 

Tuffe, s. f. Tuf, terrain schisteux: « Cette ferme n'a pas de 
valeur, la terre est mauvaise, c'est de la tuffe. » 

Tuile-a-gàlettes, s. f. Ustensile en fonte sur lequel on cuit la 
galette. (Rennes.) — On dit Pierre-à-galettes, dans l'arrondis- 
sement de Redon. 

Tumbrai, s/m. Tombereau. (Fougeray.) 

Turne, s. f. Maison malpropre, mal tenue. (Arrondissement de 
Redon.) 

Turquette, s. f. 'Plante appelée aussi Herbe-aux-hernies. (Her 
niara glabra.) (Arrondissement de Vitré.) 

Tuter, v. n. Siffler. « Écoutez-le donc qui tute. » (Bain.) 

Tutinter, s. m. Mauvais ouvrier, qui ne fait rien de bon. (Lou- 
tehel.) 



Ugène, s. m. Eugène, prénom ji'homme ; pour une femme on 
dit : Vgéuie. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 446 — 

Umile, s. m. Émtle, prénom d'homme. (Tout le département.) 
Ursé, adj. des deux g. Lait qui a collé à la casserole. 

Votre crème est brûlée, elle ne vaut rien. 

— Non, elle est un peu ursée. 

(Tout le département.) 

Ustuberlu, e, adj. Étourdi, étourdie. (Rennes.) 



Vache-de-chêne, s. f. Hanneton. (Tout le département.) 
Vair, v. n. Voir. 



Prés, de VInd. 


Imparfait. 


Passé défini. 


Je vais, 


J'vayais, 


J'vayis, 


Tu vais, 


Tu vayais, 


Tu vayis, 


I) vait, 


Il vayait, 


Il vayit, 


JVayons, 


JVayions, 


J'vayimes, 


Vous vayez, 


Vous vayiez. 


Vous vayites, 


Y vaient. 


Y vayaient. 


Y vayirent. 



Valet, s. m. Petit enfant de la campagne qui rend déjà quel- 
ques services, qui cherche à se rendre utile. « C'est un bon 
petit valet. » (Arrondissement de Redon.) 

Vanner, v. a. Fatiguer. « Il est vanné, » c'est-à-dire extrême- 
ment fatigué. (Bain.) — A Rennes, vanné signifie ruiné, 
c Un homme vanné (ruiné). » 

Vanter, v. a. Vanner, nettoyer les grains. (Arrondissement de 
Redon.) 

Varice, s. f. Valise, sac de voyage. « J'ai perdu ma varice. » 
(Tout le département.) 

Vars, prép. Vers. « J'irai vars midi manger la soupe. » (Mes- 
sac.) 

Vas, s. f. Voie. « Ote-ta de ma vas: Ote-toi de ma voie. » (Bain.) 

Vèci, prép. Voici. 

Vèci la Toussaint, 
Le temps des veiUées. 

(Chanson de l'arrondissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 147 - 

Veillette, s. f. Petit sentier dans un jardin ou dans un champ. 

(Gennes.) 
Veilloche, s. f. Petite meule de foin, c On met le foin en vet'i- 

loches, avant d'en faire des muions. » (V. Mulon.) (Tout le 

département.) 

Veillois, s. f. pi. Veillées à la campagne. (Ercé près Liffré.) 
— A Dingé, on dit villois, et à Acigné, veillade. 

Vêlage, s. m. Moment où la vache vêle, c'est-à-dire met bas un 

veau. (Tout le département.) 
Velou, interj. Voulez-vous? On prononce v'iou? (Chanteloup.) 
Venderdi, s. m. Vendredi. (Tout le département.) 

Venigoutte (A), loc. adv. A tâtons. « J'avançais à venigoutte 
dans la cave lorsque je me suis frappé dans une barrique. » 
(Tout le département.) 

Vent dessus, Vent dedans, loc. adv. Gris, presque ivre. (Tout 
le département.) 

Ventiez, Ventiez-ben, adv. Peut-être. (Montfort.) 

Ventoué, s. m. Pièce de grosse toile, ou bâche, qui reçoit le 
grain d'un moulin à vanter. (V. Vanter.) (Bain ) 

Ventrée, s. f. Ventrée de poulet. Quand on prépare un poulet 
pour le mettre à la broche, on lui enlève la ventrée, c'est-à-dire 
les entrailles. (Arrondissement de Redon.) — On dit aussi 
d'un chien qui vient de bien manger : <r En a-t-il pris, une ven- 
trée! » (Rennes.) 

Vbrda (mettre au), loc. adv. Mettre au travail, montrer ce qui 
est à faire. (Chasné). 

Verdague, s. f. Matière fécale d'homme ivre. (Arrondissement 
de Redon.) 

Verdée, s. f. Coups. « Il m'a foutu une verdée de coups de 
bâton. » (Tout le département.) — Verdée signifie aussi 
grande quantité. (Canton du Grand-Fougeray.) 

Verdinguettes, s. f. pi. Petites cloches. (Rennes.) 

Verdonne, s. f. Lézard, reptile. (Ercé près Lififré.) 

Vère, adv. Oui. (Tout le département.) 

Verette, s. f. Variole, c II a la verette. » (Arrondissement de 
Redon.) 



igitizedby VjOOÇ 



— 448 - 
Verge, s. f. Bâton de 1" 80 qui sert à mesurer la toile. (Bain.) 
Verita, s. f. Vérité. « C'est la verita. » (Arrondissement de 

Saint-Malo.) 
Vermichel, Vermiché, s. m. Vermicelle, pâte alimentaire. 

(Tout le département.) 

Vernille, s. f. Fillette vive, alerte. (Dourdain.) 
Vérole, s. f. Variole. (Tout le département.) 
Veroté, e, adj. Personne qui a des marques de varioles sur le 
visage. « Elle est toute verotêe. » (Rennes.) 

Verrure, s. f. Verrue, excroissance de chair. (Tout le dépar- 
tement.) — Pour faire disparaître les verrures, il faut prendre 
une poignée de pois, sans les compter, et les jeter dans un 
puts (puits). Lorsque les pois germeront, les verrures s'en 
iront. (Superstition du canton de Bain.) 
Vesprée, s. f. Après-midi. (Tout le département.) 
Veuri, e, adj. Pourri, pourrie. « Une planche de bois veurie. » 
(Tout le département.) 

Veuves, s. f. pi. Ancolies, plantes de la famille des renoncula- 
cées. (Aquilegia vulgarti. L.) (Bain.) 

Veuvier, ère, sub. Veuf, veuve. (Tout le département.) 

Véyage ou Voyaige, sub. m. Voyage. (Saint-Senoux.) 

Vezet, s. m. Oiseau. (Canton de Maure.) 

Viande a Jean le soûl, loc. adv. Viande de première qualité, 
le gibier par exemple, qui ne peut être mangé que par les per- 
sonnes riches. (Tout le département.) 

Viau, s. m. Veau. « Combien le viau ? » (Tout le département.) 

Viage, s. m. Voyage. Se dit surtout d'un pèlerinage. « Je viens 
de faire un viage à Saint-Eustache, qui de tous maux dé- 
tache. » (Teillay.) 

Viberquin, s. m. Vilebrequin, outil pour percer du bois. (Tout 
le département.) 

Vichon, s. m. Petit veau. Se dit aussi d'un enfant qui fait le 
câlin. « Petit vichon. » (Bain.) 

Vichonne, s. f. Vache qu'on caresse ou qu'on appelle. « Viens, 
ma vichonne. » 

Vidèle, s. f. Reprise. (Rennes.) 



Digitized by VjOOQlC 



— Ii9 - 

Vidèler, v. a. Repriser. « H faut que je vidète les bas <te mon 

homme. » (Tout le département.) 
Viette, s. f. Sentier des champs. (Bain.) 

Vieijvié, S- a*. Yieux-Yiel, commune du canton de Pleine-Fou- 
gères dans l'arrondissement de Saint-Malo. 

Vieux (Je). Ind. prés, du verbe vouloir. <r Je vieux ben aller 
conté vous (avec vous). » (Ghâteaubourg.) 

Vieux-pic, s. m. Terme de mépris envers un vieillard. « Le 
vieux-pic ne m'a pas répondu, x> (Rennes.) 

Vinette, s. f. Oseille sauvage. (Rumex acetosa. L.) (Tout le 

département.) 
Vinette (Petite), s. f. Petite oseille. (Rumex acetosella. L.) 

(Rennes.) 

Vinoche, s. f. Mauvais vin. « Ce n'est pas du vin, c'est de la 
vinoche. » (Tout le département.) 

Vioche, adj des deux g. Bien portant, vigoureux. « Cet enfant 
est ou n'est pas vioche. » (Tout le département.) 

Violon, s. m. Longue bouteille de grès dans laquelle on met du 
cidre. (Bain.) 

Vipériau, s. m. Petite vipère, t J'ai trouvé dans une has toute 
une nichée de vipêriaux. » (Saint-Senoux.) 

Virago, s. f. Se dit d'une personne presque foUe. « C'est une 
virago. » On dit aussi en écoutant une idée étrange, bizarre : 
« En voilà d'une virago. » (Rennes.) 

Viré, e, adj. des deux g. Presque fou. « Ne l'écoute pas, il est 
viré. » (Bain.) 

Vire de persoué, loc. adv. En forme de vis de pressoir. « Bas 
en vire de persoué (bas mal tiré). » (Bain.) 

Vire-la-Lune, sub. m. Individu hébété, qui regarde en l'air en 
marchant. (Tout le département.) 

Virer, v. a. Viser, ajuster, c J'ai vu un lièvre, j'ai viré juste et 
je l'ai tué. t (Arrondissement de Redon.) 

Virolet, adj. Qui forme des plis. Se dit ordinairement des bas 

mal tirés. (Lifîré J 
Vispi, s. m. Enfant vif, reamauL (Dourdain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 120 - 

Vitraige, s. ni. Vitrage* 

Je vim's rouler sur le pavé 
Une belle maison en bois doré 
Dont les murs étaient de vitraige. 

(Vieille chanson de Ghâteaubourg.) 

Vitrias, s. m. Habitants de Vitré. — A Gennes, on les appelle 
les Vitrassiés. — A Pipriac on appelle Vitrias les vitriers de 
passage qui posent des vitres aux fenêtres des maisons de vil- 
lages. 

Vivature, s. f. Nourriture, t La vivature est coût ag ère. » (Env. 
de Rennes.) 

Vivier, s. m. Mauvais lieu, lupanar, t II est allé au vivier. » 
(Saint-Grégoire.) 

Vivocher, v. n. Vivoter, vivre mesquinement. « Je n'sommes 
pas riches, mais j'vivochons. » (Tout le département.) 

Vivrebel, le, adj. Vraiment joli, « Cette fille est vivrebelle. • 
(Noë-Blanche.) 

Vivrement-bon, adj. Excellent au goût. (Noë-Blanche.) 

V'lez-vous ? v'lou ? Inter. Voulez-vous ? t V'lou ben finir vilain 
adelaizi. » (La Domine lais.) 

Vlin, s. m. Reptile: couleuvre, vipère, lézard, crapaud. « Sauve- 
ra, v'ia un vlin. » On dit aussi vlin pour venin, c Cette bète a 
du vlin, n'y touche pas. » (Tout le département.) 

Dicton : A la Saint-Mathias, 

Les vlins sortent de la h as. 

V'nelle, s. f. Côté du lit qui touche à la muraille, t Je couche 
dans la v'nelle du lit. » (Tout le département,) 

Voirez (Vous), fut. du verbe voir. « Vous voirez cela quand nous 
y serons. » (Tout le département.) 

Volage, adj. des deux g. Personne vive, emportée. (Lou- 
tehel.) 

Volaige, adj. Volage. « C'est une fille volaige. » (Arrondisse- 
ment de Redon.) 

Volant-d'eau, s. m. Plante des eaux. (Myriophyllum verticilla- 
tum.) (Arrondissement de Fougères.) 

Volet, s. m. Nénuphar, plante aquatique. iMa ligne s'est accro- 
chée dans les volets. » (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 121 — 

Voleu, s. m. Voleur. « C'est un voleu de poules. » (Tout le dé- 
partement). 

Vonger, v. hr. Jaillir, c On lui a coupé le bras et le sang a 
vongè sur ma. » (Environs de Rennes.) 

Vouillée (Mal), adj. Mal mise, « Cette femme est toujours mal 

vouillée. » (Dourdain.) 
Vouiller, v. a. Verser de l'eau chaude. (Dourdain.) 
Vouyot, s. m. Instrument, grande écuelle de bois pour verser 

le Zem lorsqu'on fait la lessive. (Arrondissement de Redon.) 
Vra, adj. des deux g. Vrai. « A tout coup c'est ben vra. » (Bain.) 



Yac, s m. Lérot, petit mammifère, espèce de loir. (Bain.) 
Yaume, Yaumé, Yaumin, s. f. Guillaume. Prénom d'homme. 
(Tout le département.) 



Zélée, s. f, Galopade, action de galoper. (La Bouôxière.) 
Zidor, s. m. Prénom d'homme. (Tout le département.) 
Zoiseau, s. m. Oiseau. (Sixt.) 
Zigue (Bon), s. m. Bon enfant. (Tout le département.) 
Zogue, s. m. Imbécile. « Tais-toi, vilain zogue. » (Rennes ) 
Zozo, s. m. Imbécile. « Quel zozo l » (Arrondissement de Redon.) 
*Zuner, v. a. Regarder fixement. (Rennes.) 
Zunette, s. Qui zune. (Rennes.) 



Digitized by VjOOQlC 



APPENDICE 



Depuis le commencement de h publication du Glossaire patois 
de Vllle-et-Vilaine nous avons reçu de nombreuses communications 
nous rappelant des expressions que nous avions oubliées, et d'autre* 
qui ne nous étaient pas familières. U nous a paru utile de les donner 
ici. A. 0. 



Aberver, v. a. Abreuver. « La pàtoure est à aberver les bes- 
tiaux. » (Tout le département.) 
Abriller, v. a. Couvrir, se préserver du froid, t Abrille ton gars, 

ma Joséphine, ou il va avoir fré. » (Tout le département.) 
Acgommoder, v. a. Préparer les repas. (Bain.) 
Accropir (S'), v. p. S'accroupir. (Tout le département.) 
Achaler, v. n. Ennuyer. (Guichen.) 

Achée, s. f. Lombric, vers de terre. (Louvigné-du-Désert.) 
Acouver (S'), v. p. S'accroupir. (Châtillon-en-Vendelais.) 
Acouve-toi, Imp. du verbe acouver. Abaisse-toi. Cette expres- 
sion est très usitée à Châtillon-en-Vendelais près Vitré. 



Digitized by VjOOQIÇ 



AftAir, toc. ad*. En dehors. Objet ou rastnmeot 

dessus dessous. 
Admésé, adv. Désormais. (SainUôrégoke.) 
Affreux, s», adj. Gros, fort, replet. (Loutehel.) 

Afftneter, v. a. Affiner, devenir plus fin. « Y nVest point afll- 
netè dans ses voyages. » (Orgères.) 

Afistorium, s. m. Arrangement, réparation fàîte à un objet, à 
un vêtement pour pouvoir s'en servir. (Bain.) 

Agoniser de sottises, loc. adv. Ne pas tarir en injures. 
(Bain.) 

Aigledon, s. m. Édredon. (Environs de Rennes.) 

Alfessier, s. m. Vilain homme. « C'est un failli al fessier. » 
(Rennes.) 

Amin, s. m. Ami. « C'est mon amin. » (Tresbœuf.) 

Aniger, v. a. Installer chaudement un petit enfant dans son 
lit, comme un petit oiseau dans son nid. (Arrondissement de 
Redon.) 

Apigots, s. m. pi. Petits mets recherchés. « Il est bien difficile 
à nourrir, il ne lui faut que des apigots. » (Bain.) 

Apotichonner, v. a. Donner le biberon à un nouveau-né. (Tout 

le département.) 
Arolée, s. f. Longue course d'une seule traite. (Rennes.) 
Aroler, v. a. Lancer, <r U lui arolit une pierre dans la tête. » 

(Rennes.) 
Arraicher, v. n. Arracher. « Le sola (soleil) a fini par s'ar- 

raicher. » (Pléchâtel.) 
Auras, s. m. Pierres désagrégées du sous-sol et qui mêlées 

à la terre remplissent certains champs. (Arrondissement 

de Redon.) 
Assoleiller (S'), v. p. Se mettre au soleil lorsqu'on est conva- 
lescent ou que l'on a froid, (Rennes.) 
Assolider, v. a. Consolider, t Une maison aêsoÀiêée. » (Rennes.) 
Assotiji, v. a. Tuer, c J'ai assoti le chat du voisin. » 
Ast'heure, adv. Présentement, à eette heure. (Tout le dépar 

tement.) 



Digitized by VjOOQlC 



-134- 

Attraper son bœuf, toc. adv. Se mettre en colère. (Rennes 

dans les ateliers.) 
Ava, Avair, v. aux. Avoir. (Tout le département.) 
Avantage, s. m. Virginité. (Arrondissement de Saint-Malo.) 
Avenant, e, adj. Agréable. « C'est une femme bien avenante. » 

(Loutehel.) 
Avisé, e. adj. Avancé, petit enfant qui devient intelligent. (Tout 

le département.) 
Azor, s. m. Sac de militaire ou de voyageur. (Tout le dépar- 
tement.) 



Bachou, adj. Individu malpropre. (V. Bavou.) (Dourdain.) 
BAconner, v. n. Trembler, tâtonner, c La pauvre bonne femme 

bâeonne en marchant. » (Rennes.) 
Bacouaner, v. a. Parler, causer, bavarder, c C'est une bacouane 

que cette fille-là. » (Rennes.) 
Baga, s. m. Plaisir, jeu, amusement. « Avons-nous eu du baga 

à la noce du cousin Laurent! » (Rennes.) 
Ballader(Se), v. pr. Se promener, i Que fais-tu ? —Je me bal- 
lade. » (Tout le département.) 
Ballin, s. m. Paillasse. € Le ballin du gars est mouillé. » 

(Rennes.) 
Balline, s. f. Paillasse. € Mets la balline à sécher. » (Bain.) 
Ballosse, adj. des deux g. Bote, lourdaud. (Rennes.) 
Barbouillée (Être dans la), loc. adv. Être impliqué dans une 

mauvaise affaire. (Arrondissement de Redon.) 
BAtir sur le devant, loc. adv. Prendre du ventre. (Rennes.) 
Battre sa femme, loc. adv. Fainéanter. (Rennes.) 
Baudrie, adj. des deux g. Mouillé. « J'ai été surpris par une 

harrée, j'sais baudrie. » (Environs de Rennes.) 
Baudrir, v. a. Éclabousser. (Gennes.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 425 — 

Bedat, s. m. Homme sans valeur, c C'est un bedat! » (Lou- 
tehel.) 

Bel et ben, loc. adv. Passablement. « Y a-t'i du blè na ? — Ian, 
bel et ben. » (Tout le département.) 

Beluettes, s. f. pi. Vue gênée par un jour trop vif ou par 
un coup reçu sur la figure. <r Quand je suis sorti de la cave 
mes yeux ne voyaient que des beluettes. » (Tout le dépar- 
tement.) 

Benée, s. f. Larmes abondantes. (Lohéac.) 

Bernagot, s. m. Bâton. (Dourdain.) 

Berraud, s. m. Imbécile. (Pléchâtel.) 

Beruère, s. f. Bruyère. « Faut aller couper la beruère. » (Arron- 
dissement de Saint-Mâlo.) 

Bervacher, v. a. Boire sans cesse. (Bain.) 

Bête-en-tout, loc. adv. Imbécile. (Tout le département.) 

Bevons, imp. du verbe boire, i Bevons une bollée. » (Tout le 
département.) 

Bezard, s. m. Poirier sauvage. (Arrondissement de Redon.) 

Beziller (Se), v. pr. Se blesser avec un marteau ou un outil 
quelconque. « Je me suis bezillè un da. » (Rennes.) 

Bezu, s. m. Individu bête et gros, c Gros bezu, va! » (Rennes.) 

Bi ailler, v. a. Dissiper sa fortune. « Il Maille tout son bien. » 

(Arrondissement de Redon.) 
Bien-de-rang, loc. adv. Être d'accord. (La Guerche.) 
Bigner, v. a. Lorgner, regarder de côté avec convoitise. (Tout 

le département.) 
Bigot, s. m. Ver qui se trouve dans les fruits, t Les cerises 

sont pleines de bigots. » (Arrondissement de Redon.) 
Billeté, adj. m. Il a tiré au sort. « Il est billeté. » (Environs de 

Rennes.) 
Binette, s. f. Corbeille. (Dingé.) 
Binettée, s. f. Corbeille pleine. (Dingé.) 
Biquerie, s. f. Petite ferme. (Arrondissement de Redon.) 

Bobane, s. f. Fille niaise, maladroite, qui dans toute sa personne 
a l'air bête. (Environs de Rennes.) 



Digitized by VjOOQlC 



— ti6 — 

Bocaiqe, a. sa. Bocage. Ce moi est seulement employé dans les 

vieilles chansons. (Tout le département.) 
Boissai, s- m. Boisseau de grain, de châtaignes, etc. (Tout le 

département.) 
Bon, adv. Fort. Un enfant bon est un enfant fort (Arrondisse- 
ment de Redon.) 
Bonder le derrière, toc. adv. Coup de pied au derrière, très 

usité. « Je vas te bonder le derrière situ continues. » (Tout le 

département.) 
Boucqué, adj. des deux g. Qui est de mauvaise htM&eur, qui 

regarde noir. (Saint-Malo.) 
Bougon, s. m. Travail mal fait dans tout ouvrage de femmes, 

tricot, couture, etc. (Tout le département.) 
Bougonner, v..n. Travailler sans goût. (Rennes.) 
Bouie, s. f. Abbaye. Le village de P Abbaye dans la commune de 

Bain est appelé la Bouie. 
Bouigner, v. n. Faire un mouvement du nez occasionnait des 

rides. « Tiens,comme il bouignedu nez en riant. » (Messac.) 

Bouillie (Être en), loc. adv. Être en marmelade, t J'ai tué un 
lièvre au gîte, il est tout en bouillie. » (Tout le département.) 

Bouquignou, adj. et sub. Sale. « Des yeux bouquignoux. » 
(Rennes.) On dit bouguillou, dans l'arrondissement de Redon. 

Bourcom, s. m. Bourg-des-Gomptes, commune du canton de 

Guichen. 
Bourder, v. n. Rester court dans une conversation ou un dis- 
cours. (Tout le département.) 
Bourgeauder, v. n. Parler à tort et à travers. (Dourdain.) 
Bousin, s. m. Mauvais lieu, tapage. (Rennes.) 
Boutocher, v. n. Marcher sur le bout du pied. (Dourdain.) 
Braie, s. f. Instrument pour broyer le lin. (Arrondissement de 

Redon.) 
Bran, s. m. Lin. (Gennes.) 

Brave homme, s. m. Cocu, mari trompé. (Paimpont.) 
Brochon, s. m. Brindille de bois. (Tout le département.) 
Brodure, s. f. Broderie. « C'est de la belle brodure. » (Betton.) 



Digitized by VjOOQlC 



-m — 

Brossée, s. f. Coups reçus ou donnés. t Fai reçu une frretaée qui 

peutcompter. » (Tout le département.) 
Bruère, s. f. Bruyère, arbuste des bois et des landes. (Liflpé.) 
Brulé-Soul, loc. adv. Complètement ivre. (Chauvigné.) 
Bruman, s. m. fiancé, promis. (Saint-Malo.) 
Brumasser, v. n. Se dît 4'une brume épaisse ou d'une furie 

très-fine. (Tout le département.) 
Buan, s. m. Brouillard. « Les buans de Noa: » Les brouillards 

de Noël. (Arrondissement de Redon.) 
Budoret, s. m. Mauvais ouvrier. Homme qui ne fait rien de bon. 

(Loutehel.) 
Bulotter, v. n. Marcher doucement et au hasard. « Cet enfant 

allait en bulottant. » (Rennes.) 
Bureux, s. m. Bure, grosse étoffe fabriquée dans le pays. 

(Arrondissement de Saint-Malo.) 



Cabossou, s. m. Qui frappe, qui fait des cabosses. (V. Cabosse.) 
On dit des prêtres, dans l'arrondissement de Fougères : 
« C'est un cabossou de crapiauds, » c'est-à-dire qui passe sa 
vie dans son jardin à tuer les crapauds. 

Caghe-cuté, s. m. Cache-cache, jeu d'enfants. « Veox-tu jouer 
à cache-cuté ? » (Tout le département.) 

Cachemitier, s. m. Cachottier. Individu qui fait mystère de 
choses peu importantes. (Rennes.) 

Caige, s. f. Cage. « Mets l'oisiau dans la caige. » (Arrondis- 
sement de Redon.) 

Caxjot, s. m. Niais, homme qui se laisse diriger par sa femme. 

(Tout le département.) 
Caillette (Faire), loc. adv. Dormir l'après-midi. (Dourdara.) 
Cale, s. f. Gros morceau de pain. « Joson a mangé une grosse 

cette de pain. » (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 128- 

Gauborgne, s. m. Personne qui louche d'un œil. (Tout le 
département.) — A Rennes, on dit: C'est un cali. 

Ganepin, s. m. Calepin. (Tout le département.) 

Canuler, v. a. Ennuyer, t Vous me canulez. » (Tout le dépar- 
tement.) 

Garreus, s. m. Clôture. (Tout le département.) 

Carteiller, v. a. Plier sans soin, pour le rentrer, le linge qu'on 
a mis À sécher. (Bain.) 

Garvanne, s. f. Cadavre en putréfaction. (Tout le départe- 
ment.) 

Casaquin, s. m. Vêtement de femme, sorte de petite veste. 

(Tout le département.) 
Casser (Se la), loc. adv. Se sauver. « Je me la casse. » (V. Es- 

bigner (s 9 ).) (Rennes.) 
Caturine, s. f. Fille de mauvaises mœurs. (Tout le dépar- 
tement.) 
Ghabin, s. m. Équarrisseur de bois. (Forêt de Teillay.) 
Chadron, s. m. Chardon. (La Chapelle-des-Fougeretz.) 
Chalumiau, s. m. Chalumeau. (Tout le département.) 

Chamarou, s. m. Grosse tête, c Quel chamarou I » Nom donné 
à une anguille qui a une grosse tête. (Tout le département.) 
Chaniller, v. a. Tricher. (Dourdain.) 
Chara, s. m. Manche de faulx. (Saint-Médard-sur-Ille.) 
Charnailler, v. a. Provoquer. (Dourdain.) 

Gharrière, s. f. Bac pour transporter les passagers d'une rive 
à l'autre de la rivière. (Bourg-des-Gomptes.) 

Ghaudin, s. m. Lit. « Il fait fret, j'vas me musser dans mon 
chaudin. » (Arrondissement de Redon.) 

Ghaurire, v. n. Rire à demi. « Il chauvit dans sa barbe. » 
(Arrondissement de Redon.) 

Chelinguer, v. jk Avoir mauvaise haleine. (Tout le départe- 
ment.) 

Cheminiau, s. m. Ouvrier voyageur. Se dit aussi de tous les em- 
ployés des chemins de fer et des ouvriers occupés à ces che- 
mins, a Ce sont des cheminiaux. » (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 






- i88 - 

Cheminse, s. f. Chemise. (Arrondissement de Saint-Malo.) 

Chêne-flanté, s. m. Avoir la tête par terre et les jambes en 
l'air. « Fais donc le chêne-plantè. * (Rennes.) 

Cheneucher, v. n. Geindre, se plaindre et aussi rechigner, « La 

pauvre vieille ne fait que cheneucher. » (Rennes.) 
Chertée, s. f. Charretée. (Le Grand Fougeray.) 
Ghevert, s. m. Chevet du lit. (Redon.) 

Chias-db-mouches, s. m. pi. Excréments de mouches. (Arron- 
dissement de Redon.) 

Chiasse, s. f. Dévoiement. « Cet enfant est malade, il a la 
chiasse. » (Tout le département.) 

Chiffe, s. f. Chiffon, t II ne vaut pas une .chiffe, » c'est-à-dire 
pas la peine qu'on s'en occupe. (Tout le département.) 

Chiner, v. a. Mendier, quémander, offrir de la marchandise. 

(Tout le département.) 
Chineur, se, s. Qui chine. (Tout le département.) 
Chiôture, s. f. Clôture, « Les chassous ont cassé la chiôture. » 

(Fougeray.) 
Chiou, s. m. Clou. (Fougeray.) 
Chiquer, v. a. Manger avec appétit. « "Via un efant qui n'a pas 

mis grand temps à chiquer sa cale de pain. » (Lohéac.) 

Ghouérer, v. a. Avoir envie de quelque chose. Se dit ordi- 
nairement d'une femme enceinte qui a un désir. « Elle 
chouère. » (Arrondissement de Redon.) 

Chouet, TE, adj. Btau, joli, bien fait. «Via un travail qu'est 

chenet. » (Tout le département.) 
Choui, s. m. Enfant gâté. (Dourdain.) 
Chupiron, s. m. Chaperon, ancienne coiffure. (Poligné.) 

Chuppe, s. f. Huppe, touffe de plumes sur la tète d'un oiseau. 

(Arrondissement de Redon.) 
Chuppé, e, adj. Orné d'une huppé. « Un coq chuppé, une poule 

chuppée. » Se dit aussi de gens riches. « Ils sont chuppés. » 

(Arrondissement de Redon.) 
Cisiaux, s. m. pi. Ciseaux. (Tout le département.) 
Clan, s. m. Petite barrière d'un champ. (La Dominelais.) 

9 



Digitized by VjOOQlC 



— 130 — 

Claver, v. a. Ouvrir une porte. (Argentré.) 

Clé, s. f. Fléau pour battre le grain. (Saint-Aubin-d*Aut>igné.) 

Coco, s. m. Injure. « Ohl le vilain coco. » (Tout le départe- 
ment.) 

Gohenner, v. n. Faire un travail inutile. (Dourdain.) 
Gohuèler, v. n. Promener, courir à toute heure de nuit ou de 
jour. (Bain.) 

Cohuet, s. m. Homme désœuvré qui ne sait comment employer 

son temps, imbécile. (Loutehel.) 
Coller (Se), S'accoupler avec une gadoue. (V. Gadoue.) « Il est 

collé avec une rouchie. » (V. Rouchie.) (Rennes.) 

Conras, s. f. Courroye. (Fougeray.) 

Conséquent, adj. Important, considérable* (Tout le dépar- 
tement.) 

Conte, prép. Avec. (V. Quante.) (Tout le département.) 

Coquillon, ne, adj. Accorte, gentil. (Rennes.) 

Costable, adj. des deux g. Personne de relations faciles, agréa- 
bles. « C'est une femme bien costable. » (Loutehel.) 

Coteux, se, adj. Montagneux. Pays côteux. (Environs de 

Rennes.) 
Cothurne, s. f. Lacet de souliers de femme. (Bain.) 

Cotte, s. f. Large pantalon de toile bleue que portent les ou- 
vriers pour travailler. (Rennes.) 
Gouamelle, s. f. Femme bavarde, plutôtgueularde. (Rennes.) 

Coui, adj. m. Couvi, gâté, pourri. Se dit ordinairement des œufs. 
« Je ne veux point de vos œufs, ma bonne femme, ils sont 
couis. » (Bain.) 

Couigner, v. n. Geindre, soupirer aigrement. « Le petit chien a 
couigné toute la nuit. » (Tout le département.) 

Couillon, s. m. Imbécile. Injure grossière. (Tout le dépar- 
tement.) 

Goulevassée, s. f. Femme sans tenue et déguingandée. 
- (Rennes.) 

Couvent, s. m. Chauffe-pieds. (Tout le département.) 

Crapiaud, v. n. Crapaud. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 131 — 

Craquiller, v. n. Bruit que produit le bois lorsqu'on le casse. 

(Dourdain.) 
Grève-chien, s. m. Plante de la famille des solanées. (Solanum 

nigrum.) (Fougères.) 
Crier, v. n. Pleurer. (Tout le département.) : 

Cropion, s. m. Croupion. (Arrondissement de Redon.) i 

Crotiche, s. f. Fruit avorté, desséché. « Vous n'avez que des 

crotiches à vendre, ma bonne femme. » (Bain.) 

Cru, e, adj. Cruel, le. (Loutehel.) 

Cuiter (Se), loc. adv. Se soûler. « Il a pris une fameuse cuite. » 

(Tout le département.) 
Cul- de-poche, s. m. Soûlard. t C'est un vilain cul-de-poche. » 
Cupersaut, s. m. Culbute, cabriole. (Gennes.) 
Cuvée, s. f. t Avoir sa cuvée, » c'est-à-dire être ivre. On dit : 

c II avait sa cuvée k chier partout. » (Rennes.) 



D'a-rang, loc. adv. De rang, t Ces soldats vont d'à-rang. » 
(Plerguer.) 

Debersaillé, e, adj. Débraillé. Corsage ouvert, pantalon 
déboutonné. (Bain.) 

De bric et de broc, loc. adv. Par-ci par-là. (Tout le dépar- 
tement) 

Debrousser, v. n. Nettoyer un bois qu'on veut abattre, enlever 
les broussailles. (Teillay.) 

Decalucher, v. a. Faire tomber. (Montfort.) 

Deculer, v. a. Déranger. Faire sortir quelqu'un de la place 
qu'il occupe. (Tout le département.) 

Degobiller, v. n. Vomir. (Tout le département.) 

Degovaitrer, v. n. Vomir. (Rennes.) 

Dehucher, v. a. Faire descendre quelqu'un d'un arbre, d'un 
lieu élevé. « Attends un peu, j'vas te dehucher du pommier. » 
(Arrondissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 132 — 

Deligandier, s. m. Grand garçon qui se dandine en marchant. 
(Bain.) 

Delongée, s. f. Grande longueur, t Une delongée de maisons. » 
(Fougeray.) 

Demé, s. m. Mesure de grain, demi-boisseau. (Bain.) 

Demésé ou Demésui, adv. A présent. « Ùemezè j'ai plus de la 
moitié de mon pain mangé, » c'est-à-dire j'ai plus de la moi- 
tié de ma vie écoulée. 

Denpuis, prép. Depuis. (Arrondissement de Saint-Malo.) 

Depaisser, v. a. Tromper, blesser, attraper, se moquer. (Gui- 
pry.) 

Dépenaillé, e, adj. Déguenillé. (Rennes.) 

Déplet, s. m. Faire un déplet, c'est raconter des ennuis, des 
contrariétés à quelqu'un. 1 11 m'a fait tout un déplet. » (Tout 
le département.) 

Dequeniller, v. a. Chasser de son lit ou du coin du feu un en- 
fant paresseux ou le chien et le chat de la maison. (Château- 
bourg.) 

Dequesser, v. a. Déchirer, « II m'a tout dequessé en jouant avec 

ma. » (Tout le département.) 
Derre, s. m. Derrière. 

c J'ai usé ma culotte rouge, 

— Pourquoi l'usais-tu ? 

— Que ne venais-tu sans culotte ? 

— Pourquoi 1* usais-tu? 

— Que ne venais-tu le derre nu ? » 

(Formulette de la commune de Bain.) 

Designalement, s. m. Signalement. (Gévezé.) 

Detillé, e, adj. Vif, remuant, alerte, t Vla-t'y une petite fille 

detillée ! » (Loutehel.) 
Devouiller, v. a. Dévider. On dit : c J'vas devouiller mon fil, » 

(Tout le département.) 
Deuler, v. a. Chagriner, causer du deul. (V. Deul.) (Pipriao.) 
Dimaine, s. m. Dimanche. (Tout le département.) 
Dinguer, v. n. Envoyer quelqu'un au diable. (Rennes.) 
Dorelier, s. m. Doreur, marchand de bijoux. (Arrondissement 

de Vitré.) 



Digitized by VjOOQlC 



Dresseuse, s. f. Repasseuse. (Tout le département.) 

Droguet, s. m. Grosse étoffe employée par les p a ysan s peur 
leur* vêtements. (Saiatâenoux.) 



E, Es, partie. Au, aux. « 11 faut porter du fourraige et bétes. » 

(Tout le département.) 
Ébéter, v. a. Envoyer, c As-tu bentôt fini? Tu m'ebMm.» (Ar* 

rondissement de Redon.) 

Ésobé, u, adj. Air bête et embarrassé. « Elle est toute ibobêe* » 

(Tout le département,) 
Ébriver, v. a. Lancer une pierre ou un autre objet. (Tout le 

département.) 
Ébreiller, v. n. Brailler. (Arrondissement de Fougères.) 
ÉMJAU.LBR» v. n. Souffler le feu. (Dourdain.) 
Écaigner, v. a. Agacer. « Il Yéeaigne* » (Rennes.) 

ÉGHSVÉ, s. m. Ëcheveau. « Un échevéûe fil. » Un écheveau de fil. 

(Arrondissement de Sainb-Malo.) 
Échelette, s. f. Petite échelle. 

La p'tite souris «stalle passé* par là ? 
— Montez Véchelette, montez-la, etc. 

(Jeu d'enfants du canton de Bain.) 

Éclie, s. f. Esquille, petit éclat de bois qu'on s'enfonce souvent 
maladroitement dans les chairs. (Tout le département.) 

Écocailler (S'), v. pr. S'écrier. « Comme elle s'écocaille, cette 
fumelle-là. » (Rennes.) 

Éconer, v. a. Briser la corne d*un boeuf ou d'une vache. « La 
vache garette a été écônée en drugeant. » (V. Druger.) 

Éconer, v. a. Écornifler. (Rennes.) 

Écoper, v. a. Recevoir un coup. «Ha écopé un fameux coup de 
poing. » (Rennes.) 

Eppouédrer, v. n. Pleurer subitement et abondamment avec 
suffocation. « La pauvre fille s'est mise à effàuêdrer en appre- 
nant la mort de sa mère. (Arrondissement' de Rennes.) 



Digitized by VjOOQlC 



-^134- 

Éoailler, v. a. Étendre, éparpiller. (Orgères.) 

Égoussé, adj. Ruiné. (Dourdain.) 

Égron, s. m. Héron. « Il y a des égrons sur l'étang.» (Bain.) 

Empafer, v. n. Dormir profondément. « Il est empafé. » (Bain.) 

En casquette, loc. adv. Être à moitié soûl. (Rennes.) 

Enchiferné, e, part. pas. Être enchiferné, c'est avoir le nez 
embarrassé au commencement d'un rhume de cerveau. 
(Bain.) 

Encourir (S'), v. pr. Se sauver. (Tout le département.) 

Enferduré, e, adj. Avoir froid, frissonner, ne pouvoir se ré- 
chauffer. (Bain.) 

Enfle, s. f. Enflure, grosseur, gonflement, bouffissure, c (Sainte 
Onenna, patronne de la commune de Tréhorenteuc, près 
Paimpont, guérit de l'enfle. » 

Engaiger (S'), v. pr. S'engager à faire une chose. (Tout le 
département.) 

Enguimenter (S'), v. pr. Se préparer à faire quelque chose. 
« Elle tfenguimente pour ses couches. » (Rennes.) 

Entortillé, e, adj. Gauche, embarrassé. « A-t-il l'air assez 
entortillé ! » (Rennes.) — On dit aussi : « Il m'a entortillé, » 
pour : il m'a attrapé. (Tout le département.) 

Enrousiner, v. a. Ennuyer, c Vous vpHenrousinei. » (Bain.) 

Envoyer, v. a, Envoyer, « J'ai enveyè Pierre à la fontaine. » 
(Tout le département.) 

En vin de chien, loc. adv. Être gris. (Rennes.) 

ÉoyïR, v. a. Ouïr, entendre. (Tout le département.) 

Épeniller, v. a. « Faire de la penille, » c'est-à-dire éplucher de 
la.laine. (Arrondissement de Redon.) 

Épeuser, v. a. Épouser.. <r Vas-tu épeu$er la Jacqueline ? » (Ar- 
rondissement de Redon.) 

Éf euvrir^ y.^a. Effrayer, a Nç crie pas si haut, tu vas épeuvrir 
les garçailies. » (Argentré.) 

Épingles, s. f. pi. Pot de vin lorsqu'on contracte un marché. 
(Arrondissement de Redon.) . 

Épinia, s; ra* Commune du canton de Dol. • 



Digitized by VjOOQlC 



ÉpoquaKté, e, adj. Infirme. « Il est tout époquantê. » (Rennes.) 
Équelie, s. f. Copeau, c Va chercher des équelies pour mettre 
dans le feu. » (Betton.) 

Esbigner (S'), v. pr. S'esquiver, se sauver. « Je m'esbigne. » 

(Tout le département.) 
Esbrouffe, s. m. Embarras. Faire de Yesbrouffe. (Dourdain.J ' 
Escrimer (S*), v. pr. Faire des gestes ou plutôt des démonstra- 

trations vives et saccadées. (Rennes, terme d'atelier.) 
Étains (J^, imp. de l'ind. du verbe être. J'étais. <t rétains conte 

vous quand le malheur est arrivé. » (Noê-Blanche.) 
Étêter, v. a. Briser la tête. « Va donc ètêter des choux pour les 

vaches. » (Arrondissement de Redon.) 
Étouler, v. a. Chercher ses poux, c Étoules-tu tes poués, mon 

petit gars ? » (Bain.) 



Failli-mesle, s. m. Mauvais sujet, individu chétif. (Tout le 
département.) , 

Feuger, v. n. Chercher. « Les cochons *feugent dans le bouil- 
lon. » (Messac.) 

Flattin, s. m. Petit couteau d'enfant. (Bain.) 

Fossé, s. m. Talus. « Appuie-ta su le fossé. » (Tout le dépar- 
tement.) 

Fouillarpot, s. m. Qui fourre le nez partout, surtout dans la 
cuisine. (Rennes.) 

Fournigoter, v. a. Fouiller, fourrer. « Il fournigote. » (Tout le 
département.) 

Frigon, s. f. Grande pelle en bois pour enfourner îe pain dans 
le four. (Bain.) 

Fripouille, s. f. Canaille, mauvais garnement. (Redon.) 

Frissonneux, se, adj. Personne qui a lia fièvre, qui tremble, 
qui frissonne. (Environs de Rennes.) * 



Digitized by VjOOQlC 



Gadoue, ». t Fille de mauvaise vio. (Rennes.) 

Gargouiller, v. a. Gaz dans l'abdomen. « Ça me g€urgouUle 

dans le ventre. » (Tout le département.) 
Gaspiou, s. m. Jeune gamin. « Sauve-toi, gaspiou. » (Rennes.) 
Gaupitrer, v. n. Jouer. (Environs de Revaes.) 
Gaviot, s. m. Gosier. (Dourdain.) 

Gemme, s, f. Poix, matière résineuse. (Tout le département.) 
Gbnrson, s. f. Gros veau. (Vitré.) 
Gilettée, s. f. Avoir une gilettée, c'est être soûl, oc R avait une 

fameuse gilettée. » (Rennes.) 
Gouepe, s. f. Ivrogne. (Tout le département.) 
Gratte, s. f. Débris de lin broyé qui ressemble à une poussière 

presque impalpable. (Dingé.) 

Guette, s. f. Œuf de mouche à viande. (Bain.) 

Guedé, e, adj. Être guedé, c'est avoir bien dîné, avoir le ventre 
plein. (Tout le département.) 

Guené, e, adj. Mouillé, mouillée. (Tout le département.) 

Guêpe, s. f. Femme de, mauvaise vie « La sale guêpe. » 
(Rennes.) 

Guerdindaine (A la). Jeu d'enfants. Deux enfants se tiennent 
par la main et le troisième s'assied sur leurs bras qu'ils balan- 
cent comme une escarpolette. (Arrondissement de Redon.) 

Guernaffe, s. m. Mauvais lit. « J'ai couché sur une guer- 
naffè. » (Pancé.) 

Gueule-de-casse, loc. adv. Bouche creuse et menton en avant. 
(Rennes.) 

Guezon, s. m. Argent. (Tout le département.) 

Guigner, v. a. Chercher à voir quelqu'un. « Je le guigne depuis 
ce matin, » Regarder quelque chose avec envie. (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 137 - 



Habin, s. m. Fournée de charbon. (Liffré.) 

Hague, s. f. Averse, t Une hague de plée : » Une averse de 

pluie. (Saint-Grégoire.) 
Haguin, s. m. Petit houx de bois. H aspiré et non aguin, 

comme nous l'avons écrit à la lettre A. 
Haldabon, sub. des deux g. Mauvais ouvrier, mauvaise ouvrière. 

« C'est un haldabon.* Se dit surtout d'un mauvais tailleur. 

(Très usité à Rennes.) 
Haricoter, Haricotier. (V. Arricoter et arricotier.) C'est par 

erreur que nous avons écrit ces mots par un a. L7* est même 

aspiré. 



Ider, v. a. Aider. « Jdc-ma à ramasser mes vaches. » (Poligné.) 
Ila, adv. de lieu. Là-bas. — C'est le contraire de ici. (Bédée.) 



Jagdale, s. m. Imbécile. (V. Innocent.) 

Jacdale qui mène les poules pisser 
Quat'e à quat'e dans un panier. 

(Formulette de Bain.) 

Jambette, s. f. Petite jambe, manche de couteau en forme de 

jambe. (Arrondissement de Redon.) 
Jaupitrer, v. n. Jouer. (Environs de Rennes.) 
Jelien, Jelienne, s. Julien, Julienne, prénoms d'homme et de 

femme. (Pléchâtel.) 
Jouasser, v. n. Jouer. (Rennes.) 

Jubler, v. n. Jouer. (Les petits Fougeray en Chanteloup.) 

40 



Digitized by VjOOQlC 



138 — 



i 

I 

Kakoué, s. m. Vieux moulin à eau. (Dourdain.) : 



Karagot, s. m. Porc. (Dourdain.) 
Kouasir, v. n. Mourir. (Dourdain.) 



Loup-de-brousse, s. m. Individu bourru, mal élevé. (Tout le 
département.) 



M 



Mailloche, s. f. Maillet, marteau de bois. (Arrondissement de 

Redon.) 
Maillon, s. m. Maillet, petit marteau de bois à deux têtes. 

(Dingé.) 
Maleyer, v. a. Mélanger. « La farine mélangée fait du pain 

maleyard. » (Bain.) 

Margoulette, s. f. Bas de la figure. 

Par la barbe je te tiens 

Le premier des deux qui rira 

Sur sa margoulette aura. 

(Formulette de lllle-et- Vilaine.) 

Marni, s. m. Fumier pourri. (Arrondissement de Redon.) 
Menton-d'égaloche ou Menton de galoche, s. m. Menton 

propre à la race celtique, c'est-à-dire en avant et long et large. 

(Tout le département.) 
Miagher, v. a. Mâcher. (Bain.) 
Mistempot ou Mussetempot (En), loc. adv. En fraude. « Il a 

logé son cidre en mistempot. » (Tout le département.) 
Mourines, s. f. pi. Abeilles. (Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 139 — 

Mourinïer, s. m. Paysan qui élève les abeilles pouf trafiquer 

de leur miel. (Bain.) 
Muacre, adj. Humide. (Dourdain.) 



N 



Neuzou, adj. Craintif, peureux. (Dourdain.) 
Nichée, s. f. Larmoiement. (Lohéac.) 
Nicher, v. n. Pleurer en braillant. (Lohéac.) 

Nillou, adj. et sub. Frileux. « Ote-toi de là, vilain nillou. » 

(Arrondissement de Redon.) 
Nom de Dious, excl. Sorte de juron. (Orgères.) 



Oïait, imp. de l'ind. de ouïr. « Il Ta tant battu qu'il tioîait plus 

(n'entendait plus). » (Saint-Médard.) 
Ouallou, interj. Où allez-vous ? (Arrondissement de Redon.) 



Pachu, s. m. Lourdaud. (Dourdain.) 

Pail-de-Carotte, loc adv. Cheveux rouges. (Tout le dépar- 
tement.) 

Panage, s. m. Pacage. « Mène les vaches au partage. » (Lieu- 
ron.) 

Paronne, s. f. Collier de travail pour les chevaux. (Dourdain.) 

Pignon de mes fesses, loc. adv. Qui couche avec moi. « Je n'ai 
point de lit pour mes garçailles, je les mets coucher au pignon 
de mes fesses. » (Arrondissement de Redon.) 

Platine, s. f. Bonne langue. (Dourdain.) 

Poicre, adj. Avare. (Dourdain.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 140 — 

Poire d'Étranglard, s. f. Poire sauvage très acre. (Bain.) 
Pou-de-chai, loc. adv. Peur de tomber. (Bain.) 



Quenillée, s. f. Famille nombreuse. « Une quenillêe de gar- 
çailles. » (Bain.) 



Ravio, s. m. Bénéfice illicite. Part volée sur des marchandises 

ou des salaires d'ouvriers. (Redon.) 
Rouler, v. n. Attraper quelqu'un. Le tromper dans un marché. 

(Dingé.) 



S 



Sabiot, s. m. Sabot. 

Lorsque j'avais des sabiots neufs, 
On m'enveyait garder les bœufs. 

(Vieille chanson.) 

Sabouler, v. n. Gronder. (Tout le département.) 

Sauter a la crasse, loc. adv. Sauter à la figure. « Le chat m'a 

sauté à la crasse. » (Arrondissement de Redon.) 
Subout, adv. Debout. « Le pauvre gars est ben malade; i n'tient 

pas subout. » (Le Sel.) 

Suivette, s. f. Bonne odeur, parfum pour faire suivre les gars. 
« Vendez-moi donc de la suivette. » (Bain.) 



Tocante, s. f. Montre. (Tout le département.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 141 — 

Touchou, s. m. Garçon de ferme qui aiguillonne les bœufi. 

(Tout le département.) 
Tricoterie, s. f. Réunion de tricoteuses. (Bain#) 



Vioter, v. n. Voter. (Bain.) 



RÈGLES GÉNÉRALES 

Les syllabes, bre, cre, dre, pre, comme dans brebis, mercredi, 
vendredi, président, se prononcent ber (berbis), cuer (mècuerdi), der 
(venderdi),per (persident). 

Les mots se terminant en âge, comme courage et volage, se pro- 
noncent aige, couraige et volaige, etc. 

Les noms dont la terminaison est en ais, comme les bourgs et 
villages suivant: Bleruais, La Dominelais, La Ghalouzais, L'Élossais, 
La Faroulais, les Riais, se prononcent : Bleruas, La Dominelas, La 
Chalouzas, L'Élossas, La Faroulas, les Rias. 

D'un autre côté les paysans parlant très vite, et par suite suppri- 
mant un certain nombre de syllabes, il est presque impossible à un 
étranger de suivre la conversation des habitants du fond des terres, 
et notamment des arrondissements de Redon et de Montfort. 

Les chansons populaires que nous publions à la suite de ce Glos- 
saire donneront une idée assez exacte du patois du département 
d'Ille-et-Vilaine. Nous citerons tout particulièrement les suivantes : 
La Fille au cresson, — Les Buans de Noa, — La Confirmation à 
Châtiaubourg, — Marguerite est un biau nom, — Empêchons les 
gens d'aimer, — Tn'aime pas la nobiesse. 

Ad. Orain. 



FIN DU GLOSSAIRE. 



Digitized by VjOOQlC 



qLc 



CHANSONS POPULAIRES 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



CHANSONS POPULAIRES 

DU DÉPARTEMENT D'ILLE-ET-VILAINE 



I. — CHANSONS HISTORIQUES 



Les Sabots d'Anne de Bretagne 

(Air no 1) 

C'était Anne de Bretagne, — avec des sabots, (bis.) 

Revenant de ses domaines 
En sabots, mirlitontaine, ah ! ah ! ah ! 
Vive les sabots de bois ! 

Revenant de ses domaines, — avec des sabots, (bis.) 
Entourée de châtelaines 
En sabots, mirlitontaine, ah ! ah ! ah ! 
Vive les sabots de bois 

Entourée de châtelain's, — avec des sabots, (bis.) 

Voilà qu'aux portes de Rennes, 
En sabots, mirlitontaine, ah ! ah ! ah ! 
Vive les sabots de bois ! 



Digitized by VjOOQlC 



— 146 — 

Voilà qu'aux portes de Rennes, — avec des sabots, (bis.) 
L'on vit trois beaux capitaines 
En sabots, mirlitontaine, ah ! ah ! ah ! 
Vive les sabots de bois 1 

L'on vit trois beaux capitaines, — avec des sabots, {bis.) 
Offrir à leur souveraine 
En sabots, mirlitontaine, ah ! ah I ah 1 
Vive les sabots de bois 1 



Offrir à leur souveraine, — avec des sabots, (&«•) 

Un joli pied de verveine 
En sabots, mirlitontaine, ah ! ah ! ah ! 
Vive les sabots de bois ! 

On joli pied de verveine, — avec des sabots; (bis.) 

S'il fleurit tu seras reine 
En sabots, mirlitontaine, ah ! ah ! ah ! 
Vive les sabots de bois ! 

S'il fleurit tu seras reine, — avec des sabots. (&«•) 

Elle a fleuri, la verveine, 
En sabots, mirlitontaine, ah ! ah ! ah ! 
Vive les sabots de bois ! 

Elle a fleuri, la verveine, — avec des sabots ; (bis.) 

Anne de France fut reine 
En sabots, mirlitontaine, ah! ah! ah! 
Vive les sabots de bois ! 

Anne de France fut reine, — avec des sabots, (&**.) 

Les Bretons sont dans la peine 
En sabots, mirlitontaine, ah! ah! ah! 
Vive les sabots de bois ! 



Digitized by VjOOQlC 



- 147 - 

Les Bretons sont dans la peine, — avec des sabots; (bis.) 
Ils n'ont plus de souveraine 
En sabots, mirlitontaine, ah! ah! ah! 
Vive les sabots de bois ! 

Cette chanson, que j'ai recueillie dans la forêt de Rennes, me semblait 
venir du Morbihan, parce que le sabotier qui me la chanta était originaire 
de Ploërmel. Mais depuis, l'ayant entendue, avec des variantes, à Mon- 
treuil-sur-Ille, au Grand-Fou geray et à Lohéac, j'ai l'intime conviction 
qu'elle appartient au département d'Ille-et-Vilaine. 

Elle a été chantée, à Paris, au diner celtique présidé par M. Ernest 
Renan, le samedi 3 novembre 1884. 

La mélodie a été notée par le commandant Léon Legrand. 



Avec mes sabots 

(Variante) 

Hier, en revenant de Rennes, 
Avec mes sabots ; 
Avec mes sabots, dondaine, 
Avec mes sabots. 

J'ai rencontré trois capitaines^ 
Avec mes sabots; 
Avec mes sabots, dondaine, 
Avec mes sabots. 

Ils m'ont dit que j'étais vilaine, 
Avec mes sabots; 
Avec mes sabots, dondaine, 
Avec mes sabots. 

Mais je ne sais point si vilaine, 
Avec mes sabots ; 
Avec mes sabots, dondaine, 
Avec mes sabots. 



Digitized by VjOOQlC 



- 148 - 

Puisque le ûls du roi m'aime, 
Avec mes sabots ; 
Avec mes sabots, dondaine, 
Avec mes sabots. 

Il m'a donné une verveine, 
Avec mes sabots ; 
Avec mes sabots, dondaine, 
Avec mes sabots. 

Que j'ai plantée à l'instant même, 
Avec mes sabots ; 
Avec mes sabots, dondaine, 
Avec mes sabots. 

Si elF fleurit, je serai reine, 
Avec mes sabots; 
Avec mes sabots, dondaine, 
Avec mes sabots. 

Si elP périt, je perds ma peine, 
Avec mes sabots; 
Avec mes sabots, dondaine, 
Avec mes sabots. 

(Variante recueillie à Montreuil-sur-IUe, 
au mois de novembre 1885.) 



Digitized by VjOOQlC 



- 149 — 



Le joli bas de laine 

[Variante aux deux chansons précédentes) 



(Air no 2) 



L'autre jour, dedans la plaine, 
Tir' ton joli bas de laine, 
J' rencontrai trois capitaines, 
Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Car on le verra. 

J' rencontrai trois capitaines, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Qui m'ont dit : « Bonjour, vilaine, 
Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Car on le verra. » 

Qui m'ont dit : « Bonjour, vilaine, 
Tir' ton joli bas de laine, 
— Je ne suis pas si vilaine, * 
Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
- Car on le verra. 

« Je ne suis pas si vilaine, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Puisque le fils du roi m'aime, 
Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Car on le verra. 

« Puisque le fils du roi m'aime, 
Tir* ton joli bas de laine. 
Il m'a donné pour étrenne, 



Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Car on le verra. 

« Il m'a donné pour étrenne, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Un bouquet de marjolaine, 
Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Car on le verra. 

« Un bouquet de marjolaine, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Que j'ai planté dans la plaine; 
Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Car on le verra. 

« Que j'ai planté dans la plaine, 
Tir' ton joli bas de laine. 
S'il fleurit, je serai reine, 
Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Car on le verra. 

« S'il fleurit, je serai reine, 
Tir' ton joli bas de laine ; 
S'il périt, je perds ma peine, 
Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Car on le verra. 



Digitized by VjOOQlC 



— 150 — 



c S'il périt, je perds ma peine, 
Tir' ton joli bas de laine, 
11 a fleuri, je suis reine! 



Tir' ton, cach' ton, tir' ton bas, 
Tir' ton joli bas de laine, 
Car on le verra. » 



Chanson très vieille, recueillie à Bain en 1854. Il n'y aurait rien 
d'extraordinaire qu'elle fût le thème sur lequel on a brodé les deux pré- 
cédentes. 



Le grand duc du Maine 

(Air n<> 3) 



C'est le grand-duc du Maine, 
La brigue dondaine, 

Au grand combat blessé, 
La brigue dondé. 

Il demande une plume, 
La brigue dondaine, 

De l'encre et du papier, 
La brigue dondé. 

Pour écrire à son roi, 
La brigue dondaine, 

Son maître et son allié, 
La brigue dondé. 



Sire, je suis bien malade, 
La brigue dondaine, 

(Chanson recueillie à Rennes, en mars 1885 ) 



Je crois que j'en mourrai, 
La brigue dondé. 

En lisant cette lettre, 

La brigue dondaine, 
Le roi s' prit à pleurer, 

La brigue dondé. 

La reine lui demande, 
La brigue dondaine : 

— Qu'avez-vous à pleurer? 
La brigue dondé. 

— C'est le grand-duc du Maine, 
La brigue dondaine, 

Au grand combat blessé, 
La brigue dondé. 



Digitized by VjOOQlC 



— 151 - 



IL — CHANSONS DES BOIS 



Les Filles des forges de Paimpont 

(Air n° 4) 



Ce sont les fill's des forges, {bis.) 
Des forges de Paimpont, 
Falaridon, falaridaine, 
Des forges de Paimpont, 
Falaridain', falaridon. 

Qui furent à confesse, (bis.) 
Au curé de Beignon, 
Falaridon, falaridaine, 
Au curé de Beignon, 
Falaridain', falaridon. 

En entrant dans l'église, (bis.) 
Ont demandé pardon, 
Falaridon, falaridaine, 
Ont demandé pardon, 
Falaridain', falaridon. 

— Qu'avez-vous fait les filles (bis.) 
Pour demander pardon? 
Falaridon, falaridaine, 
Pour demander pardon? 
Falaridain', falaridon. 



—favons couru les danses (bis.) 
En habits de garçons, 
Falaridon, falaridaine, 
En habits de garçons, 
Falaridain', falaridon. 

— Vous aviez des culottes (bis.) 
Dessous vos blancs jupons, 
Falaridon, falaridaine, 
Dessous vos blancs jupons, 
Falaridain', falaridon. 

— J'avions ben des culottes (bis.) 
Mais point de cotillons, 
Falaridon, falaridaine, 

Mais point de cotillons, 
Falaridain', falaridon. 

— Allez-vous-en, les filles, (bis.) 
Pour vous point de pardon, 
Falaridon, falaridaine, 

Pour vous point de pardon, 
Falaridain', falaridon. 



Digitized by VjOOQlC 



Il faut aller à Rome 
Chercher l'absolution, 
Falaridon, falaridaine, 
Chercher l'absolution, 
Falaridain', falaridon. 



— 152 — 
(bis.) 



— Si je l'avons à Rome, (bis.) 
f V aurons ben à Beignon, 
Falaridon, falaridaine, 
f l'aurons ben à Beignon ! 
Faiaridain', falaridon. 



(Recueillie le 7 mars 1872 au village du Canée, 
commune de Paimpont.) 



Les forges de Paimpont, situées sur la lisière de l'ancienne forêt de 
Broceliande, au bord d'un étang ombragé de beaux arbres, furent créées 
en 1633. Elles firent d'abord partie de la puissante maison de Laval, et 
devinrent plus tard, avec la forêt qui les alimente, la propriété des 
de èJonlfort, des de Rieux, des de Coligny, des de La Trémouille, et, il 
y a quelques années à peine, des princes d'Orléans. 



Le gars Mathurin 

(Air n° 5) 

C'est notre cuisinière, 
S'y lèv' de grand matin — tin tin, 
S*y lèv' de grand matin. 

Pour y fair' sa toilette, 
Et se rendre au moulin — tin tin, 
Et se rendre au moulin. 



(bis.) 
\ bis. 

(bis.) 
\ bis. 



Frapp' du pied dans la porte, (bis.) 

— Dormez-vous, Mathurin? — tin tin, \ 
Dormez-vous, Mathurin? ) 



Je n* dors ni je n 1 sommeille , 
Je vous entends très bien — tin tin, 
Je vous entends très bien. 



(bis.) 
} bis. 



Digitized by VjOOQlC 



i 



— 153 — 

Il la prend, il la jette 
Dessur un sac de grain — tin tin, 
Dessur un sac de grain. 

— Ah! finissez, dit-elle, 
Vous m'enfarinez bien — tin tin, 

Vous m'enfarinez bien. 

— Si je vous enfariné, 

J' vous défarfnrai bien — tin tin, 
J' vous défarin'rai bien. 

Avec des brosses fines 
Qui sont dans mon moulin — tin tin, 
Qui sont dans mon moulin. 

— Si je savais, dit-elle, 

Je reviendrais demain — tin tin, 
Je reviendrais demain. 

J'apport'rais de la miche 
Et quatr' bouteill's de vin — tin tin, 
Et quatr' bouteilFs de vin. 

Pour donner du couraige 
Au bon gars Mathurin — tin tin, 
Au bon gars Mathurin. 

A caresser les filles, 
Qui vont dans son moulin — tin tin, 
Qui vont dans son moulin. 



(6t>.) 
bis. 

(bis.) 
bis. 

(bis.) 
bis. 

(bis.) 
bis. 

(bis.) 
bis. 

(bis.) 
bis. 

(bis.) 
bis. 

(bis.) 
bis. 



Cette chanson, recueillie au village de Y Abbaye de Tallouet, est attri- 
buée à un forgeron de Paimpont qui avait vu une fille d'auberge se 
rendre au moulin du gars Mathurin. Hélas I ce moulin est aujourd'hui 
en ruines, et porte le nom de Trompe-Souris, parce que les souris n'y 
trouvent plus rien à grignoter. 



11 



Digitized by VjOOQlC 



— 454 — 

La Cressonnière 

(Air n<> 6) 



Dimanche, à la ressiée, 

J'alli vair Marion, 

Bon, bon, <T la cressonnière, 

J'alli vair Marion, 

Bon, bon, le bon cresson ! 

J' ly dis comm' ça : « La belle, 
J' veux pas rester garçon, 
Bon, bon, d' la cressonnière, 
J' veux pas rester garçon, 
Bon, bon, le bon cresson! 

— Ma, j* veux rester, dit-elle, 
Vieiir fille à la maison. » 
Bon, bon, d' la cressonnière, 
Vieiir fille à la maison, 
Bon, bon, le bon cresson! 

Le cœur greus (1) de tristesse, 
J' fus serrer du cresson, 
Bon, bon, d' la cressonnière, 
J' fus serrer du cresson, 
Bon, bon, le bon cresson ! 

J' vis Marion dans l'herbe, 
R'troussant son cotillon, 
Bon, bon, d' la cressonnière, 
Retroussant son cotillon, 
Bon, bon, le bon cresson ! 



Son pied glissi dans l'ève (2), 
EU' chet (3) dans Vbouillon (4), 
Bon, bon, d' la cressonnière, 
EU' chei dans Vbouillon, 
Bon, bon, le bon cresson! 

J' la pris par sa main blanche, 

La mis sur le gazon, 

Bon, bon, d' la cressonnière, 

La mis sur le gazon, 

Boa, bon, le bon cresson ! 

Elle était vivrebelle (5), 

Ainsi en pâmoison, 

Bon, bon, d' la cressonnière, 

Ainsi en pâmoison, 

Bon, bon, le bon cresson ! 

J' lessuyis o (6) ma manche 
Des pieds jusqu'au menton, 
Bon, bon, d' la cressonnière, 
Des pieds jusqu'au menton, 
Bon, bon, le bon cresson! 

J'iy dis, dedans l'oreille : 
« Veux-tu d'ma (7), Marion? 
Bon, bon, d' la cressonnière, 
Veux-tu d'ma, Marion? 
Bon, bon, le bon cresson ! 



(1) Gros. — (2) Eau. — <3) Tomba. — (4) Boue. — (5) Vraiment belle. 
— (6) Avec. — (7) De moi. 



Digitized by VjOOQlC 



— 155 — 

— Quand tu voudras, dit-elle, 
Nous nous épouserons, 
Bon, bon, d' la cressonnière, 
Nous nous épouserons, 
Bon, bon, le bon cresson ! > 

(Chanson recueillie dans les bois de la Musse, 
commune de Baulon, arrondissement de Redon.) 



Les Buans de Noa 

(Les Brouillards de Noftl) 
(Air n<> 7) 

La conie (4) est arrivée 

Dans les bois et dans les champs. 

Ban, ban! 
J'entends la cloch' du villaige (2), 

Ban, ban! 
De Noa vèci les buans (3). 

Nia pu d'oisiaux dans la prèe (4) ; 
Seul' la reupie (5) va sautant. 
Ban, ban! etc. 

La pâtoure (6) à la vesprée 
Va prom'ner ses moutons blancs. 
Ban, ban ! etc. 

Les pieds dans l'herbe grouèe (7), 
Le pâtou (8) va la suivant. 
Ban, ban! etc. 

(1) Corneille. — (2) Village. — (3) De Noël voici les brouillards. — 
(4) Il n'y a plus d'oiseaux dans la prairie. — (5) Le Rouge-gorge. — 
(6) Bergère. — (7) Glacée. — (8) Berger. 



Digitized by VjOOQlC 



— 156 — 

Au daig (1) de sa ben ? : mée 
Il passe un anneau d'argent. 
Ban, ban! etc. 

A ménet (2), la mess' sonnée, 
Ils ont juré le serment. 

B?n, ban! 
J'entends la cloch' du villaige. 

Ban, ban! 
De Noa vèci les bu ans. 

(Chanson recueillie dans le bois de la Marzelière, 
commune de Bain.) 



Ma Mignonnette 

(Air no 8) 

Non, jamais je ne sais (3) si aise 

Qu'ayant ma mie auprès de mè (4); (bis.) 

Je lui dis tout bas dans l'oreille : 

c Ma mignonnette, embrasse-mè. (ter.) 

— Nenni, nenni, me répond-elle, 

Vous v'zen allez servir le rey (5); (bis.) 

Quand vous y serez à la guerre, 

Vous n'y penserez plus à mè. (ter.) 

— Si fait, si fait, ma mignonnette, 

J'y penserai toujours à vè (6) ; (bis.) 

J'y ferai faire un' grande imaige 

A la ressemblance de tè (7). (ter.) 

(1) Doigt. — (2) Minuit. — (3) Suis. - (4) Moi. — (5) Roi. — (6) Vous. 
(7) Toi. 



Digitized by VjOOQlC 



— 157 — 

Cent fès (1) le jour, ma mignonnette, 

Cent fès le jour, je l'embrasserai. (bis.) 

Si mes camarades m'y demandent 

Ce que j'y ai à tant pleurer, (ter.) 

Je leur dirai, ma mignonnette, 

Ma mignonnett', je leur dirai : (bis.) 

« C'est le souvenir de ma maîtresse, 

Que j'ai oïu (2) le temps passé. » 

(Chanson des bûcherons de la forêt de Paimpont.) 



Ma Julienne, venez çà 

(Air n<> 9) 

En revenant de voir nos blés, (bis.) 

J'ai rencontré trois cavaliers. 

Julienne ici, 

Julienne là, 
Ma Julienne, venez çà ! 

J'ai rencontré trois cavaliers, (bis.) 

Deux de cheva (3) et un de pied (4). 
Julienne ici, 
Julienne là, 
Ma Julienne, venez çà ! 

Deux de cheva et un de pied, (bis.) 

Celui de pied m'a demandé, 

Julienne ici, 

Julienne là, 
Ma Julienne, venez çà ! 

(1) Fois. — (2) Eue. — (3) Deux à cheval. — (4) Conduisant son cheval 
par la bride. 



Digitized by VjOOQlC 



— 158 - 

Celui de pied m'a demandé : (bis.) 

— Bell', donnez-moi un doux baiser. 

Julienne ici, 
Julienne là, 
Ma Julienne, venez ça ! 

— Bell', donnez-moi un doux baiser. (bi$.) 

— Prenez-en deux et vous hâtez. 

Julienne ici, 
Julienne là, 
Ma Julienne, venez çà ! 

— Prenez-en deux et vous hâtez, (bis.) 
Car j'entends ma mèr' m'appeler. 

Julienne ici, 
Julienne là, 
Ma Julienne, venez çà ! 

Ma Julienne venez çà nous fut chantée il y a près de vingt ans par 
M. Guérin de la Roche-Giffard, alors propriétaire du splendide château 
situé dans la commune de Saint-Sulpice des Landes, et qui appartient 
aujourd'hui à M. Récipon, député. 

M. Guérin la tenait lui-même d'un sabotier de la forêt de Teillay. 



Le petit Moine 

(Air n« 10) 

C'était un petit moine, 

De Sainte- Anne en Auray, 

Qui s'en va voir les filles 

Le soir après souper. 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, | 
Tourne, tourne ton moulinet. ' 



Digitized by VjOOQlC 



— 159 — 

Qui s'en va voir les filles 

Le soir après souper. 

Il en rencontra une 

A la sortie du tet (4). 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, ) . 
Tourne, tourne ton moulinet. » 



Il en rencontra une 

A la sorti* du tet; 

Il lui demanda : Belle, 

Qu'avez-vous à pleurer? 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, } _ . 
Tourne, tourne ton moulinet. ' 



Il lui demanda : Belle, 

Qu'avez-vous à pleurer? 

— J'ai tous mes lits à faire, 

Et mes vach's à tirer. 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, \ 
Tourne, tourne ton moulinet. ' 



— J'ai tous mes lits à faire, 
Et mes vach's à tirer. 

— Que donneriez- vous, belle? 
Je vous les tirerais. 

Tourne, tourne ton moulin, tourne, J 
Tourne, tourne ton moulinet. ' 



— Que donneriez- vous, belle? 
Je vous les tirerais. 

— Je donnerais tout Rennes 
Et Saint'-Anne en Auray. 

Tourne, tourne ton moulin, tourne, ( , . 
Tourne, tourne ton moulinet. ' 

(1) Écurie. 



Digitized by VjOOQlC 



— 160 — 

— Je donnerais tout Rennes 

Et Saint'-Anne en Auray. » 

Le moine a pris la jatte, 

À la vache est allé. 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, j 
Tourne, tourne ton moulinet. » l8m 



Le moine a pris la jatte, 

À la vache est allé ; 

La vache était jeunette, 

EU* jouait du jarret. 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, I 
Tourne, tourne ton moulinet. ' t8 ' 

La vache était jeunette, 

EU* jouait du jarret ; 

Elle a jeté mon moine 

Dans un des coins du tet. 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, ) . 
Tourne, tourne ton moulinet. ' 



Elle a jeté mon moine 

Dans un des coins du tet; 

Le moin' s'est relevé 

Meurtri, ensanglanté. 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, 
Tourne, tourne ton moulinet. 

Le moin' s'est relevé 

Meurtri, ensanglanté; 

Il jura par saint Gilles 

(C'est le nom qu'il portait). 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, 
Tourne, tourne ton moulinet. 

Il jura par saint Gilles 
(C'est le nom qu'il portait) 



} bis. 



\ bis. 



Digitized by VjOOQlC 



— 461 — 

Que jamais sous les vaches 

11 ne s'accroupirait. 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, 
Tourne, tourne ton moulinet. 

Que jamais sous les vaches 

Il ne s'accroupirait ; 

Qu'il n'aim'rait plus les filles 

Ayant des vach's à lait. 
Tourne, tourne ton moulin, tourne. 
Tourne, tourne ton moulinet. 

Qu'il n'aim'rait plus les filles 

Ayant des vach's à lait ; 

Que dedans sa cellule 

Il se renfermerait. 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, 
Tourne, tourne ton moulinet. 

Que dedans sa cellule 

Il se renfermerait ; 

Quand il pens'rait aux filles, 

Il embrass'rait sa craix (1). 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, 
Tourne, tourne ton moulinet. 



bis. 



i 



bis. 



bis. 



\ bis. 



(Variante, à partir du couplet n° 11) 

Le moin' s'est relevé, 
Jurant comme un baudet ; 
Il avait de la bouse 
Dans les yeux, dans le pail (2). 

Tourne, tourne ton moulin, tourne, ) . 

Tourne, tourne ton moulinet. ' 

(1) Croix. — (2) Poil. 



Digitized by VjOOQlC 



— 162 — 

Sa robe mi-usée 

Crevit dans mille endrets (1); 

Sa culotte percée 

Laissait voir ses genouets (2). 
Tourne, tourne ton moulin, tourne, 
Tourne, tourne ton moulinet. 



| bis. 
(Chanson des sabotiers de la forêt de Rennes.) 



Les trois Commères 

(Air n« 11) 

C'étaient trois bonnes commères, 

S'en venant de Vaguibra (3), {bis.) 

Se disaient les un's aux autres : 

« Ma commèr', que j'ai grand sa (4). » 

Tu ne bairas pu (5), commère, 

Tu ne bairas pu o ma (6) ! 

« Entrons, va, dans cette auberge, 

J'en berrons chacun' notr' fa (7). » (&w.) 

EU's en ont bu trois barriques, 

Et encore avaient grand sa. 

Tu ne bairas pu, commère, 

Tu ne bairas pu o mal 

< Bah! bah! bah! leur dit l'hôtesse, 

Sortez toutes de chez ma. » (bis.) 

Si v'z'aviez vu ces trois vieilles, • 

Tout's trois s'entr'haller dans le pa (8) ! 

Tu ne bairas pu, commère, 

Tu ne bairas pu o ma! 

(1) Endroits. — (2) Genoux. — (3) De faire des déménagements. — 
(4) Soif. — (5) Boiras plus. — (6) Avec moi. — (7) Fois. — (8) Se 
prendre aux cheveux. 



Digitized by VjOOQlC 



- 163 — 

L'un* perdit sa devantière (1), 

L'autr' s'en fut chéier (2) dans le toi (3), (bis.) 

La troisièm', la plus colère, 

S'était démanché un bras ! 

Tu ne bairas pu, commère, 

Tu ne bairas pu o ma ! 

(Chanson du bois de la Serpandais, commune 
de Saint-Sulpice des Landes.) 



Adieu donc, ma chère Nânon 

(Air n<> 12) 

J'ai fait une maîtresse, 
Trois jours n'y a pas longtemps. 
Je m'suis f éloigné d'elle; 
, Je n'ia vois pas souvent. 
J'irai la voir dimanche. 
N'aura-t-ell' pas changé de sentiment? 
Je n'en sais rien ; 
Je m'suis f engagé pour sept ans. 
Adieu donc, ma chère Nânon. 

— Je m'suis f engagé, belle, 
Aujourd'hui pour sept ans ; 
Quand c'temps sera passé, 
La bell', j't'épouserai. 

— Sept ans, répond la belle, 
Sept ans, c'est bien du temps. 
A qui conter mes peines, 
Mes sensibles tourments? 

— Je m'suis t'engage pour sept ans. 
Adieu donc, ma chère Nânon. 

(1) Tablier. — (2) Choir. — (3) Étable. 



Digitized by VjOOQlC 



— 164 - 

— Les garçons du village 
Sont-y pas bons enfants ? 
T'y causerons souvent, 
Pendant sept ans d'absence. 
Ils te diront cent fois : 

t Belle, aim' moi. Belle, ainV moi. » 
Pour t'y faire oublier 
L'amour du temps passé. 

— Les garçons du village 
N f savent point fair' l'amour; 
Ils ont le raôm' langage, 
Toujours les mém's discours. 

C'est pas comm' toi, fidèle amant, 
Toujours aimant, toujours causant, 
Toujours plaisant, toujours chantant, 
Toujours changeant de sentiment. 

Au bout de sept années, 
Il s'en est revenu, 
S'en va droit à la porte, 
Trois petits coups frappa. 

— Bell' Nânon, dormez-vous? 
Sommeillez-vous, la belle ? 

Si vous dormez, réveillez-vous, 
C'est votre amant qui parle à vous. 

(Chanson du village du Canée, dans la forêt de Paimpont.) 



Je n'serai pas religieuse 

(Air n« 13) 

Entre Paris et Versailles, 

Il y o-t-une abbaye, (bis.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 165 — 

Il y a-t-un' petit' nonne 
Qui n' veut pas porter l'habit. 
— • Je n' s'rai pas religieuse, 
Je n' saurais porter l'habit ! 

Il y a-t-un' petit' nonne 

Qui n' veut pas porter l'habit. (bis.) 

EU' demande à la tourière 

S'il fait bon prendre un mari. 

— Je n' s'rai pas religieuse, 
Je n' saurais porter l'habit ! 

Eli' demande à !a tourière 

S'il fait bon prendre un mari. (bis.) 

— Ah! là, oui, répondiL-elle, 
Quand il est fort bien choisi. 

— Je n' s'rai pas religieuse, 
* Je n' saurais porter l'habit! 

— Ah! là, oui, répondit-elle, 

Quand il est fort bien choisi. (bis.) 

La bonn' mère est à la porte, 
Qui entendit tout ceci. 

— Je n' s'rai pas religieuse, 
Je n' saurais porter l'habit ! 

La bonn' mère est à la porte, 

Qui entendit tout ceci. (bis.) 

— Rentrez, rentrez, petit' sotte, 
Rentrez bien vite au logis. 

— Je n' s'rai pas religieuse, 
Je n' saurais porter l'habit ! 

— Rentrez, rentrez, petit' sotte, 
Rentrez bien vite au logis, (bis.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 466 — 

Ou bien j'enverrai nouvelle 
A votr' pèr* de tfm' vous cri (4). 

— Je n' s'rai pas* religieuse, 
Je n' saurais porter l'habit ! 

— Ou bien j'enverrai nouvelle 

A votr* pèr' de v'ni' vous cri. (bis.) 

Le dimanche, ell' s' mit en route, 
Le lundi, ell' s'y rendit. 

— Je n' s'rai pas religieuse, 
Je n' saurais porter l'habit! 

Le dimanche, ell' s' mit en route, 
Le lundi, ell' s'y rendit; (bis.) 

Le mardi, on cherche un homme, 
L'mercredi, on la marie. 

— Je n' s'rai pas religieuse, 
Je n' saurais porter l'habit ! 

Le mardi, on cherche un homme, 
L'mercredi, on la marie; (bis.) 

Le jeudi, ell' tomb' malade, 
L'vendredi, on Yenterrit. 

— Je n' s'rai pas religieuse, 
Je n' saurais porter l'habit ! 

Le jeudi, ell' tomb' malade, 
L'vendredi, on Yenterrit; (bis.) 

L'samedi, on porte le deuil, 
Le dimain (2), on le quittit. 

— Je n' s'rai pas religieuse, 
Je n' saurais porter l'habit! 

(Chanson des charbonniers de la forêt de Teillay.) 
(1) Venir vous chercher. — (2) Dimanche. 



Digitized by VjOOQlC 



- 167 - 

La belle Céleste 

(Air n<> 14) 

Chez mon pèr', fêtions douze éfants (4), (bis.) 
Tétions Pêne, fêtions Mène, 
Tétions Jacques, Jacgf Élène, 
Tétions Haut, Haut le Mau, 
Tétions Perrine, Étiennette, 
Téotiste, Agath\ Céleste, 

La belle Céleste! 
Celle que mon cœur aime ! 

Mon père a marié ses éfants, (bis.) 

A marié Pêne, a marié Mène, 
A marié Jacques, Jacq' Élène, 
A marié Haut, a marié Mau, 
A marié Perrine, Étiennette, 
Téotiste, Agathe, Céleste, 
La belle Céleste ! 
Celle que mon cœur aime ! 

Mon père a doté ses éfants, (bis.) 

A doté Pêne, a doté Mène, 
A doté Jacques, Jacq' Élène, 
A doté Haut, a doté Mau, 
A doté Perrine, Étiennette, 
Téotiste, Agathe, Céleste, 
La belle Céleste ! 
Celle que mon cœur aime ! 

Il les a dotés richement : (bis.) 

Cent francs à Pèn', cent francs à Mène, 



(1) Enfants. 



Digitized by VjOOQlC 



— 168 — 

Cent francs à Jacques, Jacq' Élène, 
Cent francs à Haut, cent francs à Mau, 
Cent francs à Perrine, É tienne tte, 
Téotiste, Agathe, Céleste, 
Miir francs à Céleste! 
Celle que mon cœur aime ! 

Us ont tous eu des éfants : (bis.) 

Un 1 fille à Pêne, un' fiUe à Mène, 
Un' fille à Jacques, à Jacq' Élène, 
Un' fille à Haut, un' fille à Mau, 
Un* fille à Perrine, Etienne tte, 
Téotiste, Agathe, Céleste, 
Un gars à Céleste ! 
Celle que mon cœur aime! 

(Chanson recueillie dans la forêt de Teillay.) 



Celle que son cœur aime 

(Variante de la chanson précédente : La Belle Céleste) 

Un roi allant à la chasse, {bis.) 
Rencontra cinq damoiselles, 



Toutes jeunes, toutes belles. 
L'une était Mine, 
L'autre était Fine, 
Les autres, Laure et Herminette, 
Celles qui jouent de l'épinette, 
Et puis sa reine, 
Celle que son cœur aime ! 

Il salua Mine, 
Il salua Fine, 



Digitized by VjOOQlC 



— 109 — 

Il salua Laure et Herminette, 
Celles qui jouent de l'épinette, 

Et embrassa sa reine, 

Celle que son cœur aime! 

Il renvoya Mine, 

Il renvoya Fine, 
Il renvoya Laure et Herminette, 
Celles qui jouent de l'épinette, 

Et garda sa reine, 
Celle que son cœur aime ! 

Bien triste fût Mine, 
Bien triste fut Fine, 
Bien tristes furent Laure et Herminette, 
Celles qui jouent de l'épinette, 
Mais bien gaie fut sa reine, 
Celle que son cœur aime ! 

Il consola Mine, 
Il consola Fine, 
Il consola Laure et Herminette, 
Celles qui jouent de l'épinette, 
Et caressa sa reine, 
Celle que son cœur aime! 

Il régala Mine, 

Il régala Fine, 
Il régala Laure et Herminette, 
Celles qui jouent de l'épinette. 
Il régala aussi sa reine, 
Celle que son cœur aime ! 

Il congédia Mine, 
Il congédia Fine, 



d2 



Digitized by VjOOQlC 



-17D- 

Il congédia Laure et Herminette, 
Celles qui jouent de l'épinette, 
Et enfin sa reine, 
Celle que son cœur aime 1 

(Chanson recueillie dans la forêt du Pertre, en 1880.) 
• (communiquée par M. de la Please.) 



Tn'9îm* pas la n o blesse (1) 

(Air no 15) 

Mon pèr* n'avait d'éfant (2) que ma (3) ; (bis.) 
Vlà qui m'disit : c Mon gars, mari' ta (4). » 
Va, Ta, j' n'aim' pas la noblesse, ma, (bis.) 
y n'aim' pas la nobiesse! 

Vlà qui m'disit : c Mon gars, mari' ta. » (bis.) 
M'a baillé (5) un' belF fomme (6) à ma. 
Va, va, j' n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 
J' n'aim' pas la nobiesse! 

M'a baillé un' belT fomme à ma; (bis.) 

Je la m'nis (7) au bal conte (8) ma. 
Va, va, j' n'aim 9 pas la nobiesse, ma, (bis.) 
J' n'aim' pas la nobiesse! 

Je la m'nis au bal conte ma. (bis.) 

Passi par là un noble en na (9). 
Va, va, j' n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 
J' n'aim' pas la nobiesse! 

Passi par là un noble en na, (bis.) 

Qui fit danser bell' fomme à ma. 
Va, va, j' n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 
J' n'aim' pas la nobiesse! 

(1) Noblesse. — (2) Enfant. — (3) Moi. — (4) Toi. — (5) Donné. 
(6) Femme. — (7) Menai. — (8) Avec. — <9) Noir. 



Digitized by VjOOQlC 



— 474 — 

Qui fit danser bell' fomme à ma. (bit.) 

V m'en fus crier (1) dans notre tat (2). 
Va, va, j' n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 
J' n'aim' pas la noblesse! 

J' m'en fus prier dans notre tat. (bis.) 

N'y avait qu' la grand' vach' naire (3) à ma. 
Va, va, j' n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 
J' n'aim' pas la noblesse ! 

N'y avait qu' la grand' vach' naire kma. (bis.) 
Tlà fy pas qu'è m'bousi dans l'pa (4). 
Va, va, y n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 
J' n'aim' pas la nobiesse! 

, Tlà t'y pas qu'è m'bousi dans Vpa. (bis.) 
Je pris la fourch', m'en démêla. 
Va, va, j' n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 
r n'aim' pas la nobiesse! 

Je pris la fourch', m'en démêla. (bis.) 

J' m'en fus crier dans l'autre tat. 

Va, va, j' n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 

J' n'aim' pas la nobiesse ! 
t 

J' m'en fus crier dans l'autre tat; (bis.) 

N'y avait qu' la grand' jument à ma. 

Va, va, j' n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 

J 9 n'aim' pas la nobiesse! 

N'y avait qu' la grand' jument à ma, (bis.) 
Qui riait des dents, et non pas ma. 
Va, va, j' n'aim' pas la nobiesse, ma, (bis.) 
J' n'aim' pas la nobiesse! 

(Chanson recueillie dans le bois du Véréal, commune 
de Bain, arrondissement de Bedon.) 

(1) Pleurer. - (2) Étable. — (3) Noire. — (4) Poil. 



Digitized by VjOOQlC 



— 472 — 



je soi* d'Allemagne 



Mon père a fait faire 
Trois petits japons blancs. 
Je suis d'Allemagne, 
Je parle allemand. 

Je suis la plus p'tite, 
Et j'ai eu le plus grand. 
Je suis d'Allemagne, 
Je parle allemand. 

D'ia rognur' d'ma jupe 
Je m'en suis fait des gants. 
Je suis d'Allemagne, 
Je parle allemand. 

J' suis allé les vendre 
Au marché d'Orléans. 
Je suis d'Allemagne, 
Je parle- allemand. 

Dans mon ch'min rencontre 
Le fils d'un adjudant. 
Je suis d'Allemagne, 
Je parle allemand. 

Il m'a d'mandé : « Belle, 
Un baiser en passant. » 



Je suis d'Allemagne, 
Je parle allemand. 

J' lui en ai donné 
Un baiser de mes gants. 
Je suis d'Allemagne, 
Je parle allemand. 

Il est allé s'plaindre 
A Renn's, au Parlement. 
Je suis d'Allemagne, 
Je parle allemand. 

< Ah! c'est vous, la belle, 
Qui battez les amants? 
Je suis d'Allemagne, 
Je parle allemand. 

— Ah! oui, ah! oui, dis-je, 
Quand ils sont insolents ! 
Je suis d'Allemagne, • 
Je parle allemand. 

J'en ferais bien d'méme 
A Monsieu l'Président! » 
Je suis d'Allemagne, 
Je parle allemand. 



(Chanson du bois de la Marzelière, dans la commune 
de Bain, arrondissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 473 — 



Le vieillard qui radote 

Mon père m'a mariée 
Avec un vieux bonhomme, 

Pour moi, j'aurais «mieux aimé 
Avoir un beau jeune homme. 

Refrain. 

C'est un vieillard qui radote, 
Ne va, ne vient, ni ne trotte. 
Pour moi, je veux un mari 
Qui saut', qui rit, qui babille. 
Pour moi, je veux un mari 
Qui toujours soit réjoui ! 

Sitôt qu'il vient quelqu'un cheu nous, 

Il entre en jalousie. 
H dit qu'il ne veut voir chez lui 

Aucune compagnie. 

Refrain. 

C'est un vieillard qui radote, 
Ne va, ne vient, ni ne trotte. 
Pour moi, je veux un mari 
Qui saut', qui rit, qui babille. 
Pour moi, je veux un mari 
Qui toujours soit réjoui ! 

Vous jeun's filles à marier, 
Ne fait's point trop les fines ; 

Prenez qui voudra vous aimer, 
îf' soyez pas difficiles. 



Digitized by VjOOQlC 



— 474 — 

Refrain. 

Craignes le vieux qui radote, 
Ne Ta, ne vient, ni ne trotte ; 
Prenez plutôt des maris 
Qui saut'nt, qui rient, qui babillent. 
Prenez plutôt des maris 
Qui toujours soient réjouis 1 

(Chanson recueillie dans la forêt de la Guerche.) 



La verduron, durette 

Je voudrais bien me marier, (bis.) 

Mais j'ai bien peur de me tromper, (bit.) 

Tromper en amourette, 

La verduron, durette 1 

Je ne veux point d'un avocat, (ois.) 

Car il faut plisser son rabat (bis.) 

Et aussi ses manchettes, 

La verduron, durette! 

Je ne veux point d'un procureur, (bis.) 

Car ils sont tous des rabâcheurs, (bis.) 

Et la chicane en tète, 

La verduron, durette ! 

Je ne veux point d'un médecin, (bis.) 

Car il s'en va, dès le matin, (bis.) 

Chez Jeanne et chez Jacquette, 
La verduron, durette ! « 



Digitized by VjOOQlC 



— 175 — 

Je ne veux point d'un financier, (bis.) 

Car il est toujours occupé, [bis.) 

Et l'œil à la cassette, 

La verduron, durette ! 

Parlez-moi d'un jeune officier, (bis.) 

Car il est toujours disposé (bis.) 

A vous conter fleurette, 

La verduron, durette ! 

(Chanson des bûcherons de la forêt d'Argentré.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 476 — 



m. — CHANSONS DU BORD DE L'EAU 



Les trois gas de Guer 

(Air n<> 16) 

Il était trois bons gas {bis.) 

De la ville de Guer (1), Ion la, 
Du bourg de Carantoir (1). 

Qui se sont embarqués {bi$.) 

A cent lieues sur mer, Ion la, 
A cent lieues sur mer. 

Le vent leur était bon, (bis.) 

La mer était contraire, Ion la, 
La mer était contraire. 

Le vent les a jetés (bis.) 

Proch' d'un moulin à vent, Ion la, 
Proch' d'un moulin à vent. 

Moulin qui moud de l'orge, (bis.) 

Moulin qui moud de l'orge, Ion la, 
Ainsi que d' la pommelle. 



(1) Guer et Carantoir sont deux bourgs du Morbihan, très voisins de 
rille-et-Vilaine. 



Digitized by VjOOQlC 



— 177 - 

La fille du meunier (bis.) 

Leur fait la révérence, Ion la, 
Leur fait la révérence. 

Le meunier leur demande : (bis.) 

— D'où vient la connaissance, Ion la, 
D'où vient la connaissance? 

— Ne t'en souviens-tu pas, (bis.) 
Que nous étions à Nantes, Ion la, 

A lui choisir des bagues? 

Nous en choisim's sur cent, (bis.) 

Nous n'en retinm's que quatre, Ion la, 
Nous n'en retînm's que quatre. 

— Sont encore à mes doigts; (bis,) 
Les voulez-vous reprendre, lpn la, 

Les voulez-vous reprendre? 

— Votre cœur est le mien, (bis.) 
Ils sont à la balance, Ion la, 

lis sont à la balance. 

— Si T votr* emport' le mien, (bis.) 
lis coucheront ensemble, Ion la, 

Ils coucheront ensemble. 

Dans un biau lit carré, (bis.) 

Garni de roses blanches, Ion la, 
Garni de roses blanches. 

Aux quatre pieds du lit, (bis.) 

Quatre pommes d'orange, Ion la, 
Quatre pommes d'orange. 



Digitized by VjOOQlC 



— 178 — 

Et au chevet du lit, (bis.) 

Le rossignol il chante, ion la, 
Le rossignol il chante. 

Chante, beau rossignol, (bis.) 

Chante la réjouissance, Ion la, 
Chante la réjouissance. 

De ces deux jeunes gens (bis.) 

Qui vont coucher ensemble, Ion la, 
Qui vont coucher ensemble, 

(Chanson de Flétan, dans l'arrondissement 
de llontfort) 



j bis. 



La Jeune Batelière 

(Air n<> 17) 

Ce sont trois garçons de la cour, 

Qui s'en vont tous trois fair* l'amour; 
Ils s'en vont, tout le long des rivières, 
A deux, trois pas de la jeun' batelière. 

— Monsieur, voulez-vous passer l'eau? 1 
Mettez le pied dans mon bateau. ) 

Dans mon bateau il ya de belles chaises, 
Nous passerons la rivière à notre aise. 

— Bell', vos amours fraient-y si chères, j 
Qu'on ne pourrait les acheter? j * 

— Pour cent écus, oh ! ce n'est pas grand'chose, 
Mais pour des mill* mes amours sont les vôtres. 

Le beau, monsieur fouille à sa poche | 

Et a sa bourse promptement ) 

— Prenez-n'en va, des cent aussi des mille, 
Prenez-n'en va, ma gentil!' joli' fille. 



Digitized by VjOOQlC 



— 179 — 

— Monsieur, vous v'ià za cent lieues d'eau, 1 
Il nous faut sortir du bateau. ( 

Monsieur, voyez si je n'ai pas raison, 
Apercevez-vous là-bas des maisons? 

— C'est vrai; Mad'moiselle a raison. J 
J'aperçois là-bas des maisons. ) 

— Vous y trouerez de grand's et belles chambres, 
Où nous serons et nuit et jour ensemble. 



Monsieur, oh! sans vous commander, 
Il vous faut sortir le premier. 
Eli' retira son navire en arrière, 
S'en va chantant la joli' batelière. 

— As-tu le cœur assez méchant 
De t'en aller o mon argent! 

— De ton argent tu n'en es plus le maître, 
De ton argent je serai la maîtresse. 

— La belT, rendez-moi cent écus 
Et du reste n'en parlons plus. 

— Tu n'en auras ni des cent ni des mille, 
Ça t'apprendra à f y moquer des filles. 



bis. 



| bis. 



| bis. 



— Hélas! que diront-y> mes gens, ) 

Quand y n' me verront plus d'argent? ) 

— Tu leur diras, tu n'y mentiras guère, 

Que tu as joué avec la batelière. 



— Si tu reviens dans ce pays, 
Tu pourras bien t'en repanti. 
— Je ne s'rai plus petite batelière, 
Je n'irai plus le long de ces rivières. 



bis. 



(Chanson des bords de FAIT, rivière qui prend 
sa source dans l'étang de Paimpont.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 180 — 

Sous un Tilleul, un Bal s'Mt donné 
(Air n<> 18) 



Sous on tilleul, 
Un bal s'est donné. 

— Ma p'tit' maman, 
Veux-tu que j'ailF danser? 

— Non, non, ma fille, 
Ta n'iras pas danser. 

Mont' dans sa chambre, 
Et se met à pleurer. 

Son frèr' demande : 
— Qu'as-tu donc à pleurer? 

— Maman n' veut pas 
Que j'aille au bal danser. 

— Prends ta rob' blanche 
Et ta ceintur* dorée. 

Eli' fit un tour, 
Et la voilà tombée. 

Eli' fit deux tours, 
Et la voilà noyée. 

— Mon frèr', mon frère, 
Me laiss'ras-tu noyer? 

— Non, non, ma sœur, 
Je vais te retirer. 



bis. 



bis. 



bi* 



bis. 



bis. 



bis. 



bis. 



bis. 



bis. 



bis. 



bis. 



Digitizedby VjOOQIC 



— ^81 - 

Les cloch'g bientôt 
Se mirent à sonner. 

La mèr' demande : 
— Qu'est-c' qu'on entend sonner? 

— G' sont vos enfants 
Qui viennent de se noyer ! 



\bis. 



I 



bis. 



(Chanson recueillie à Sainte-Anne-sur-Vilaine, 
canton du Grand-Fougeray.) 



La Fleur de Genêt s'envole 

A Nant's, à Nant's, est arrivé, 
Oh ! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envol', vol', vole, 
La fleur de g'nét s'envole. 

Un beau navir' chargé de blé, 
Oh ! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envoP, vol', vole, 
La fleur de g'nét s'envoie. 

— Marin, marin, combien ton blé? 
Oh ! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envol', vol', vole, 

La fleur de g'nét s'envole. 

— Jele le vends cent sous Vdemé (1)* 
Oh ! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envol', vol', voie, 

La fleur de g'nét s'envole. 



(1) Boisseau. 



Digitized by LiOOQ IC 



-482- 

— Il n'est pas chtr, si c'est d* bon blé. 
Oh ! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 

La fleur de g'nét s'envol', vol', vole, 
La fleur de g'nét s'envole. 

La jeune fille a 1' pied léger, 
Oh ! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envol*, vol, vole, 
La fleur de g'nét s'envole. 

Dedans la barque die a sauté, 
Oh! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envol', voP, vole, 
La fleur de g'nét s'envole. 

— Ce soir, o (1) moi, vous coucherez, 
Oh ! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envol', vol', vole, 

La fleur de g'nét s'envole. 

Et demain soir o mon valet. 
Oh ! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envol', vol', vole, 
La fleur de g'nét s'envole. 

— Oh! non, oh! non, monman (2) 1' saurait. 
Oh ! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 

lia fleur de g'nét s'envol', vol', vole, 
La fleur de g'nét s'envole. 

— Oh! non, oh! non, qui lui dirait? 
Oh! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envol', vol', vole, 

La fleur de g'nét s'envole. 



(1) Avec. — (2) Maman. 



Digitized by VjOOQlC 



— Les p'tite oiseaux du marinier. 
Oh! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 
La fleur de g'nét s'envol', vol', vole, 

La fleur de g'nét s'envole . 

— Les p'tiU oiseaux n' saVnt point parler. 
Oh! gai, bon bon, la fleur de g'nét, 

La fleur de g'nét s'envol', vol', vole, 
La fleur de g'nét s'envole. 

(Chanson des mariniers des bords de la Vilaine.) 



La Pileuse des bords du Canut 

Le long du ruisseau, 
En filant mon fuseau, 
Je me tourn', je me vire, 

Le long du ruisseau, 
En filant mon fuseau, 
Je me peign', je me mire, 

Je me mir' dans l'eau ! 

Mon miroir dit que je sais belle, 
Je m'en doutais ben quasiment, 
J'ai tout l'air d'une damoiselle, 
Tant ma personne a d'agrément. 
Le long du ruisseau, etc. 

Quand le seigneur vient à la chasse, 
Il me regarde en soupirant. 
— Ton bonheur il faut que je fasse; 
Viens quant è moy, ma chère enfant, 
Le long du ruisseau, etc. 



Digitized by VjOOQlC 



-184- 

Ta auras varleU, équipaige, 
Rob' de velours, croix et diamants; 
Pour te conduire un joli paige 
Et moy le plus tendr' des amants. 
Le long du ruisseau, etc. 

— Nenni, seigneur, c'est inutile, 
Je ne peux vous donner mon cœur; 
Votre amour est ben trop fragile 
Pour un' filV qui n'a qW son honneur. 
Le long du ruisseau, etc. 

J'ai donné ma parole à Pierre 

Qui est allé servir son roy. 

Il reviendra bientôt, j'espère ; 

Je veux ly dir* : c Sais fier de moy! » 

Le long du ruisseau, 
En filant mon fuseau, 
Je me toura', je me vire, 

Le long du ruisseau, 
En filant mon fuseau, 
Je me peign', je me mire, 

Je me mir* dans l'eau ! 

(Chanson recueillie le 5 octobre 1884 au château 
du Val, commune de Saint-Just.) 



Digitized by VjOOQlC 



185 — 



IV. — CHANSONS DE CIRCONSTANCES 



La Demande en mariage 

(Air n<> 19) 



— J'ai-z-encore une 
Campagne à faire, à faire 



| bis. 



Dans mon pays, 
Le rossignol il chante, 

Chante la nuit, 

Chante le jour, 

Chantera toujours 

Les plaisirs de l'amour. 

— Brav' paysan, i 
Donnez-moi votre fille, I bis ' 

Donnez-la-moi, 

Brav' paysan, 
Vous m'y rendrez Y cœur, 
Le cœur bien content. 

— Mon beau galant, 
Ma fille elle est trop jeune; 

Elle est trop jeune 
A quatorze ans ; 
Faites-lui l'amour, 
L'amour en attendant. 



} bis. 



bis. 

43 



Digitized by VjOOQlC 



-186 — 

Denpuis (1) Paris 

Jusqu'à Lorient; 
J'emplirai ma bourse, 
MaTwurse d'argent. 

Quand ma campagne, 
Ma canipagn' sera faite, 

Je reviendrai 

Dans mon pays 
Pour y feir' l'amour, 
L'amour à mon plaisi. 

(Chanson de la commune de Monteurs, canton de 
Saint-firice, arrondissement de Fougères.) 



\bis. 



LA NOCE 



L'Arrivée de l'Agouvraux (2) 



— Monsieur le marié, 
Si nous avons tardé, 
Nous amenons du bien, 
Mais il vous appartient. 
J' vous am'nons lit garni, 
Armoire et table aussi, 
Tous les coffres remplis. 

(On entre dans la maison 

— Monsieur le marié, 
Yotr' fiancée vous d'mande 
De placer son ménage 
A son arrangement. 



Monsieur le marié, 
Vous n' voyez pas encor 
Le plus beau du trésor; 
Vous la verrez venir 
Mardi l'après-midi 
Avèque son mari. 

• 
pour placer le ménage.) 

— Puisque ma mie Ta dit, 

J'irai à sa demande ; 

Je lui serai fidèle, 

Fidèle je lui serai, 

Et je lui donnerai 

Les marqu's de ma fidélité. 



(1) Depuis. — (2) Mobilier de la mariée. 



Digitized by VjOOQlC 



- 187 — 



La Beurrée 

Lorsque les mariés reviennent au village, après la messe, les personnes 
restées à la maison pour préparer le repas de noce vont au-devant d'eux 
et leur offrent une beurrée, en chantant : 

Mon père il m'a mis à servi; 
Nouvelle mariée, voici, 

De par sous la lavande, 
Où sont les gens du. marié? 

On les demande 
Ah ! les voici, ah I les voilà 

Qu'y s'y présentent. 

Les parents et amis du marié répondent : 

— Avaux (1) cent écus à leur donner? 
Ils sont prêts à les prendre. 



Chanson du repas 



Nous somm's venus ce jour 
Du fond de nos villages, 
C'est pour vous annoncer 
La joie du mariage, 
A Monsieur votre époux 
Aussi bien comme à vous ; 
Embrassez-vous tous deux 
Et soyez bien heureux I 

N'avez-vous pas été 
Ce matin à la messe? 
Avez-vous entendu 
Ce qu'il a dit, le prêtre? 

(1) Avez-vous. 



Fidèle à votre époux, 
De l'aimer comme vous, 
Fidèle à votre époux 
La restant de vos jours. 

L'amant qui vous a pris 

C'est un garçon bien sage, 

Il a bien le talent 

D'y conduire un ménage. 

Ah t le joli talent, 

Que le prix en est long; 

Ah ! le joli talent, 

Que le prix en est grand. 



Digitized by VjOOQlC 



— 488 — 



Quand on dit son époux, 
On dit souvent son maître; 
Ils ne sont point si doux 
Gomme ils ont promis d'être; 
Car doux ils ont promis 
D'être toute leur vie, 
Ont promis d'être doux, 
Ne le sont point du tout. 

Aujourd'hui, grand festin, 
Tout le mond' vous honore ; 
Et peut-être demain, 
Ça dur'ra-t-il encore? 
Mais au bout de trois jours 
Vous rest'rez seuls chez vous; 
Mais au bout de ce temps 
Vous s'rez seuls à présent; 

Il vous en souviendra, 
Madame la mariée, 
D'avoir été liée 
Avec un lien d'or 
Qui dur' jusqu'à la mort, 
D'avoir été liée 
Avec un lien d'argent 
Qui dure aussi longtemps. 

Tenez, v'ià un bouquet 
Que ma main vous présente; 
Prenez-en une fleur 



Pour vous faire comprendre 
Que tous plaisirs, honneurs, 
S'en vont comme une fleur. 

Tenez, v'ià un gâteau 
Que ma main vous présente; 
Prenez-en un morceau 
Pour vous faire comprendre 
Qu'il faut pour vous nourrir 
Travailler et souffrir. 

Vous n'irez plus au bal, 
Madam' la mariée, 
Rest'rez à la maison 
Tandis qu' les autr's iront, 
Vous berc'rez les poupons 
Tandis qu' les autr's iront. 

Si vous avez chez vous 
Des bœufs aussi des vaches, 
Des brebis, des moutons, 
L'embarras du ménage, 
Faudra soir et matin 
Veiller à tout ce soin. 

Si vous avez chez vous 
Enfants et domestiques, 
Faudra faire écouter 
La parole de Dieu, 
Car vous seriez tous deux 
Coupables devant Dieu. 



(Chanson recueillie à Bain, chef-lieu de canton.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 189 — 
Le Plaisir du Ménage 

(Chanson chantée à table le jour de la noce.) 

— Je viens à vous, et fort innocemment, 

Pour vous consulter, mèr' Berlotte, 
Sur un sujet que j' crois intéressant, 
Et qui depuis longtemps m'interlope (I). 
Vous devez savoir — ah ! dame, c'est bien certain — 
Les chos's qu'on ignore à mon âge. 
Je vous en prie, dites-moi donc un brin 
Quels sont les plaisirs du ménage? 

— G' que tu m' demand's là, vois-tu, ma chère enfant, 

C'est assez difficile à dire ; 
Pour t' obliger, j' vais essayer pourtant, 

Si cela se peut, de t'instruire. 
Mieux que tout autr', ah! je puis, par bonheur, 

Conseiller une fille sage. 
Vlà quarante ans, hélas ! que j' sais par cœur 

Quels sont les plaisirs du ménage. 

Chez les gens rich's, ainsi que chez les grands, 
Je ne sais comment cela se fait, Magdeleine, 
Mais je sais bien que chez les pauvres gens 
Le plaisir est plus rare que la peine. 
Quand on s' marie sans un sou dans F gousset, 

Après quelque temps d' mariage, 
Malgré l'amour, faut danser d'vant 1' buffet : 

Voilà le plaisir du ménage. 

Les premiers mois, on s'adore à genoux, 

Comm' deux tourtereaux on rigole, 
Puis on se donne les mots les plus doux : 
Mon chat, mon rat, mon raton, ma poupoule; 

(1) Interloque. 



Digitized by VjOOQlC 



Avec le tempe, il vous vient um enfant, 
Qui pleur', piaille el fait le tapage; 
Vingt fois par jour, il faut l' changer de vêtements : 
Voilà le plaisir du ménage. 

Quand, par exempl', votre homme est d' bonne humeur, 

A la campagne il vous emmène 
Vous promener par trent' degrés d' chaleur, 

Cueillir des bluets dans la plaine ; 
On mang' du veau, on s' roui' sur le gazon. 

Tout à coup survient un orage, 
Faut retourner pour gagner sa maison : 

Voilà le plaisir du ménage. 

Quand on arrive à son sixièm' bambin, 

Bonsoir plaisirs et promenades, 
Faut s'coucher tard et se lever matin 

Pour faire des bouillies, des panades. 
Vous vieillissez, vous perdez vos attraits, 

Quoiqu' vous soyez gentille et sage. 
De tous côtés votre homme vous fait des traits. 

Voilà le plaisir du ménage. 

Dans un ménage, il arriv' bien souvent 

Que l'époux ne rentr' qu'à l'aurore, 
Après avoir dépensé son argent, 

Heureux s'il lui en reste encore ! 
Les jours suivants, tant pis pour la petite, 
On boit de l'eau, on mange du fromage, 
Encor faut-il l'acheter à crédit : 

Voilà le plaisir du ménage. 

Mais, chère enfant, il est si ennuyeux 

D' rester à coiffer saint' Gath'rine, 
Que, pour ma part, j' crois qu' tu frais mieux 

De prendre un garçon de bonn' mine. 



Digitized by VjOOQlC 



— i91 - 

Et, s'il est doux, sobre, fidèle et franc, 

Galant, tendre, économe et sage, 
Tu pourras dir' que t' as un merle blanc, 

Lorsque tu seras en ménage. 

Cette chanson, très populaire dans l'arrondissement de Bedon, n'est 
assurément pas du pays. Elle n'a pas la naïveté des autres chants de la 
noce. Apportée peut-être par un soldat, ou même un marchand de chan- 
sons, elle a subi quelques changements dans la bouche des paysans, mais 
sa facture me la fait répudier comme œuvre du crû. 



Le Déshabillé de la Mariée 



— Monsieur le marié, 
On voudrait vous parler : 
C'est votre mariée 

Qui est bien désolée ; 
Venez la consoler. 
Apportez-lui à boire, 
Du vin de la bouteille, 
Et venez l'embrasser. 

— Madam' la mariée 
Faut vous reconsoler, 
Faut détacher vos hardes, 



Vos anneaux et vos bagues, 
Pour aller vous coucher. 
— Je n' détach' point mes hardes, 
Mes anneaux et mes bagues, 
Je veux encor' danser. 

— Madam' la mariée, 
Faut vous déshabiller. 
Détachez vos épilles (1) 
Pour donner à ces filles 
Qui vous ont assistée. 



La mariée se déshabille en pleurant, et donne des épingles aux gars et 
aux filles à marier. Elle doit toujours donner un nombre impair. 



— Madam' la mariée, 
Velou (2) vous en venir 
Au logis d' chez votr' père, 
D'où vous êtes sortie ? 



Vous serez ramenée 
De grande compagnie 
Comme à venir ici. 



(1) Épingles. — (2) Voulez-vous? 



Digitized by VjOOQlC 



— Oh! non, oh! non, les filles, 
Point je ne m'ennuierai, 
Ménage il m'y faut prendre 
Aujourd'hui sans attendre, 
Dieu me Ta commandé. 



— 192 - 

— Oh! non, oh! non, les filles, 
Point je ne m'ennuierai; 
S'il faisait clair de lune, 
J'écrirai* o (1) ma plume 
En vous disant adieu. 



(Chanson recueillie à Bain, chef-lieu de canton de l'arrondissement 
de Redon, et communiquée par M u * Adèle Desgrés.) 



Départ des Invités 

Le* invités (parents et amis de la mariée). 

— Quand il faut quitter tout ce qu'on aime, 
Le cœur ne peut jamais y consentir. 
Ah ! ah ! ah ! c'est aujourd'hui même 
Qu'il nous faut aller partir. 

Le marié (en riant). 

— Partez quand vous voudrez, 
Mais pour moi je demeure. 
Ah ! si jamais j'en pleure, 
Sera quand vous r' viendrez. 

La mariée (paraissant en colère au milieu des siens). 

— Sans dout' je partirai 
Sans verser une larme. 
Groyez-vous que vos charmes 
M'engag'raient à rester? 

Le marié. 

— Partez quand vous voudrez. 
Mais il court après elle, et la ramène à la maison. 

(1) Avec. 



Digitized by VjOOQlC 



- 193 - 



La Gerbe 

(Air no 20) 

La Gerbe se chante quand on a achevé le battage du blé. Lorsque la 
dernière airée est rentrée, une fille et un garçon vont chercher le fermier 
et la fermière (le bourgeois et la bourgeoise)) et les font asseoir au milieu 
de Taire sur une gerbe ornée de fleurs et de rubans. On présente à la 
bourgeoise un gros bouquet. En même temps, le plus autorisé par son âge 
et ses services dans la maison entonne gravement et d'un air solennel le 
vieux chant traditionnel de la Gerbe, qui ne se chante que dans cette cir- 
constance. . . 



En donnant le bouquet : 

— Ah ! salut à la bourgeoise, 
Et le bourgeois en suivant. 
Ah ! battu j'avons la gerbe 
Aujourd'hui joyeusement. 

Réponse du fermier : 

— J' vous saluons, les enfants, 
Les domestiqu's pareilPment. 
Ah ! battu, etc. . 

Le chanteur continue : 

— Voici la Saint-Jean qu'arrive, 
Et le mois d'août en suivant. 
Ah! etc. 

Par un matin, je m'y lève, 
Par un beau soleil levant. 
Ah! etc. 

J'ai rentré dans mon jardin, 
Par une porte d'argent. 
Ah! etc. 



J'aperçois un romarin 

Qui fleurissait rouge et blanc. 

Ah! etc. 

J'en ai coupé une branche, 
Avec mes ciseaux d'argent. 
Ah! etc. 

Je l'envoie à ma maîtresse 
Par le rossignol chantant. 
Ah! etc. 

Elle m'y renvoie une lettre 
Par l'alouette des champs. 
Ah! etc. 

Et moi qui ne sais pas lire, 
Je sais bien ce qu'il ya d'dans. 
Ah ! etc. 

Il y a dedans la lettre : 

< Mon ami, je vous aime tant! » 

Ah! etc. 



Digitized by- VjOOQlC 



194 — 



Noos avons battu l'avène (1), 
L'orge, le blé et le froment. 
Ah! etc. 



Nous somm's bien vingt on trente. 
N'est-ce pas un beau régiment? 
Ah! etc. 



Nous irons à la grand'messe, 
Les rubans au parvolant (2). 
Ah! etc. 

Cette chanson, originaire du canton de Saint-Brice en Cogles, arrondis- 
sement de Fougères, se chante, chaque année, dans toutes les fermes 
occupant un certain nombre d'ouvriers. 



Jeannette au bois 

(Air n<> 21) 

On chante cette chanson en cueiilissant (arrachant) le chanvre. Tous les 
cueillissoux se divisent en deux chœurs : les hommes d'un côté et les 
femmes de l'autre. 



Femmes. N'avez point vu Jeannette 
[au bois, au bois, au bois? 

Hommes. Oui, je l'avons vue, Jean- 
nette, au bois, au bois, au bois. 

F. De quel métier est-elle? 

H. Elle était couturière. 

F. En quoi y cousait-elle? 

H. En soie et en dentelle. 

F. De quoi est son aiguille? 

//. Elle est tout argentine. 

F. Dans quoi la ramasse-t-elle? 

H. Dans sa poquette (3) d'ivoire. 

F. Où met-elle s* poquette? 

H. Dans l'écrin de son coTre. 

F. De quoi est-il, son coffre ? 



N'avez point vu Jeannette au joli 
[petit bois? 

Si, je l'avons vue, Jeannette, au 
' [joli P^ b°is. 
De quel métier est-elle? 
Elle était couturière. 
En quoi y cousait-elle ? 
En soie et en dentelle. 
De quoi est son aiguille? 
Elle est tout argentine. 
Dans quoi la ramasse-t-elle? 
Dans sa poquette d'ivoire. 
Où met-elle sa poquette f 
Dans l'écrin de son coffre. 
De quoi est-il, son coffre? 



(1) Avoine. — (2) Qui vole au vent. — (3) Étui, 



Digitized by VjOOQlC 



— 195 - 

H. Il est de cœur de chêne. Il est de cœur de chêne. 

F. Qu'est-ce qui a fait son coffre? Qu'est-ce qui a fait son coffre? 

H. C'est Jean Gautier, de Gogles. C'est Jean Gautier, de Cogles. 

F. Qui n'a (4) fait la serrure? Qui n'a fait la serrure? 

H. C'est Pierre Àussant, de Mon- C'est Pierre Aussant, de Mon- 
[tours, [tours, 

F. De quoi est la serrure? De quoi est la serrure? 

H. Elle est de beau cuivr' jaune. Elle est en beau cuivr' jaune. 

F. Qu'est-ce qui a fait la clé? Qu'est-ce qui a fait la clé? 

H. C'est Pierr' Janvier, de Poilley. C'est Pierr' Janvier, de Poilley. 

Cette chanson est connue de tons les habitants des campagnes des can- 
tons de Saint-firice et de Louvigné-du-Désert, 



La Passion 



La Passion du doux Jésus, 

Vous plairait-il entendre? 
Écoutez-la, petits et grands, 

Et prenez-y exemple. 
Quand le doux Jésus était p'tit, 

Y faisait pénitence : 
11 a jeûné quarante jours, 

Quarante nuits suivantes, 
Sans jamais ni hoir' ni manger 

Qu'une pomme d'orange 
Que sa saint' Mèr' l'iavait donné 

Dans sa jolie main bianche; 
Encor ne l'a ti pas mangée : 

En fit part à ses anges 
Et à saint Pierre et à saint Paul, 

A saint Michel archange. 
Saint Pierre il a dit à saint Jean : 

— Que la misère est grande ! 



(1) N'a pour a. 



Digitized by VjOOQlC 



— 196 — 

Le doux Jésus Via répondu : 

— Vous en voirez ben d'autr' : 
Vous voirez la mer flamboyer 

Gomme un flambeau qui flambe, 
Vous voirez les petits oisiaux 

Mouri dessur la branche, 
Vous voirez la terre trembler 

Et les rochers se fendre, 
Vous voirez mon sang ruisseler 

Tout oleva (1) mes membres. 

(Loutehel, canton de Maure.) 
(1) Le long de... Oleva, ou mieux Ol-val, qui veut dire descendre. 



Digitized by VjOOQlC 



— 497 — 



V. — CHANSONS DE CONSCRITS 



Les Conscrits 

(Air n<> 22) 

C'étaient trois jeun's garçons-, 

Qui partaient pour Séville, (bis.) 

C'étaient trois jeun's garçons, 

Regrettant leurs maîtresses, 

Leurs petits cœurs mignons. 

Le plus jeune des trois 

Regrette encor la sienne. (bis.) 

Ne pouvant la quitter, 

Le long de la rivière, 

S'en fut la consoler. 

Quand nous fûm's à Bordeaux, 
Bordeaux la joli' ville, (bis.) 

Il m'y prit mal de tête, 
Un grand mal de côté. 
Je crois que dans cett' ville 
Il m'y faudra rester. 

Le capitai n' nous dit : 

<r Enfants, prenez courage, (bis.)' 

En France nous r'viendrons ; 

Nous r'viendrons voir nos blondes, 

Nos petits cœurs mignons. » 



Digitized by VjOOQlC 



J'entends crier au ciel 

La voix d'une hirondelle, {bis.) 

Qui m'y parlait d'amour; 

Je crois que c'est Adèle 

Qui vient à mon secours. 

(Chanson de conscrits du canton de Plélan.) 



Marguerite est un biau nom 

(Air n<> 23) 



Marguerite est un biau nom, 
Verse à baire (1), 

Marguerite est un biau nom, 
Bevons (2) donc! 

Elle a de grands cheveux jaunes, 
Descendant dique es (3) talons. 
Marguerite est un biau nom, 

Verse à baire, 
Marguerite est un biau nom, 

Bevons donc ! 

Elle est du faubourg de Nantes, 
DePauberg' des Trois Pignons. 
Marguerite est un biau nom, 

Verse à baire, 
Marguerite est un biau nom, 

Bevons donc ! 



Marguerite est un biau nom, 

Verse à baire, 
Marguerite est un biau nom, 

Bevons donc ! 



Elle a la jambe bien faite, 
Et le petit pied mignon. 
Marguerite est un biau nom, 

Verse à baire, 
Marguerite est un biau nom, 

Bevons donc! 

Elle aim' ben qu'on la caresse, 
Qu'on ly (4) prenn' le menton. 
Marguerite est un biau nom, 

Verse à baire, 
Marguerite est un biau nom, 

Bevons donc ! 



Elle a la bouche vermeille, 
Un joli menton tout rond. 

(Chanson de conscrits de Rennes et des environs.) 

(1) Boire. — (2) Buvons. — (3) Jusqu'aux. — (4) Lui. 



Digitized by.VjOOQlC 



— 199 — 
Fleur-d'Orange 

{Variante à la chanson précédente.) 

Dans les faubourgs de Guérande, 
II y a-t-une maison, 

Verse à baire y 
II y a-t-une maison, 

Bevons donc I 

Où Ton voit trois belles filles, 
Qui toufs trois ont un biau nom, 

Verse à baire, 
Qui toufs crois ont un biau nom, 

Bevons donc! 

La plus vieille s'appelle Jeanne, 
Et la plus jeune Louison, 

Verse à baire, 
Et la plus jeune Louison, 

Bevons donc ! 

La troioièm', cVst Fleur-d'Orange; 
Fleur-d'Orang' c'est Y plus biau nom, 

Verse à baire, 
Fleur-d'Orang' c'est Y plus biau nom, 

Bevons donc ! 

Elle a de grands cheveux jaunes, 
Descendant dique es talons, 

Verse à baire. 
Descendant dique es talons, 

Bevons donc! 



Digitized by VjOOQlC 



— 200 — 

C'est sa mèr' qui les ly peigne, 
Brin-z-àrbrin dessur son front, 

Verse à baire, 
Brin-z-àrbrin dessur son front, 

Bevons donc ! 

Son jttit frère qui les ly tresse, 
Les ly tresse à trois cordons, 

Verse à baire, 
Les ly tresse à trois cordons, 

Bevons donc ! 

Ly dit : < Ma sœur, que t'es belle ! 
Les soldats fy emmèn'ront, 

Verse à baire. 
Les soldats f y emmèn'ront, 

Bevons doncl » 



En revenant de Nantes 

(Air n« 24) 



En revenant de Nantes, 

Verde, verde, verde, 

En revenant de Nantes, 

(1) mon bonnet, (bis.) 

Je rencontre un' fille, 

Verde, verde, verde, 
Je rencontre un' fille, 

mon bonnet. (bis.) 

Je la prends et l'embrasse, 

Verde, verde, verde, 
Je la prends et l'embrasse, 
mon bonnet. (bis.) 

(1) Avec. 



Les parents de la fille, 

Verde, verde, verde, 

Les parents de la fille, 

mon bonnet, (bis.) 

Disent qu'ils me feront pendre, 

Verde, verde, verde, 
Disent qu'ils me feront pendre, 
mon bonnet. (bis.) 

Ils n'en sont pas capables, 

Verde, verde, verde, 
Ils n'en sont pas capables, 
mon bonnet. (bis.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 201 — 



Et tant qu' je serai jeune, 

Verde, verde, verde, 
Et tant qu' je serai jeune, 
O mon bonnet. (bis.) 



J'embrasserai les filles, 
Verde, verde, verde, 
J'embrasserai les filles 
mon bonnet. 



(bis.) 



(Chanson de conscrits des communes du canton de Retiers.) 



14 



Digitized by VjOOQlC 



VI. — CHANSONS DES VILLES ET DES BOURGS 



Empéohous les gens d'aimer 

(Air no 25) 



Lorsque fêtions petit' fille, 

A la maison, 
On allait garder les vaches 

Et les moutons. 
Empêchous les gens d'aimer, 

Ma dondaine, 
Les iflcz-voiiê garder d'aimer, 

Ma dondé ! 

On allait garder les vaches 

Et les montons; 
Mais f allions druger au bois 

les garçons. 
Empêchons les gens d'aimer, 

Ma dondaine, 
Les tflez-vous garder d'aimer, 

Ma dondé! 

Mais f allions druger au bois 

les garçons. 
Ma mère n'a pas pris fourche, 

A pris bâton. 



\bû 



bis. 



bis. 



bis. 



Digitized by VjOOQlC 



i 



\bis. 



'-!»» — 

Empêchons les gens d'aimer, 

Ma dondaine, 
Les v'iez-vous garder d'amer, 

Ma dondé! 

Ma mère n'a pas pris fourche, 

A pris bâton; 
Oh \ tout beau, tout beau,, ma mère,. 

A la raison. 
Empêchons les gens d'aimer, 

Ma dondaine, 
Les tflez-vous garder d'aimer, 

Ma dondé! 



Oh ! tout beau, tout beau, ma. mère k \ „ . 
Al- Ibis. 

A la raison; ' 

Vous frappez dessus, les os* 

Ils pourriront. 
Empêchons les gens d'ajmw,, 

Ma dondaine, 
Les tflez-vous garder d'aimer, 

Ma dondé ! 



bù. 



Vous frappez dessus, les os* 

Ils pourriront^ 
Vous rC frappez point m le coeur, 

Où ZV amours sont! 
Empêchons les gens d'aimer, 

Ma dondaine, 
Les tflez-vous garder d'aimer, 

Ma dondé ! 

(Chanson du faubourg L'Évoque, à Rennes. — 1883.) 



Digitized by VjOOQlC 



-294- 

La Confirmation à Ghfttiauboorg 

(Air no 26) 

En revenant de notr' vUlaige, 

Vlà qu' je passtm's par Châtiaubourg ; 

Ce jour-là était un grand jour, 

Où tout le monde était en fête 

Et en grande dévotion 

Pour la saint' confirmation. 

Vlà qu'au milieu de notr' tapaige 
Je vîm's rouler sur le pavé 
Un 1 beir maison en bois doré, 
Dont les murs étaient de vitraige; 
C'était une maison d'honneur 
Où Ton charrayait Monseigneur! 

Auprès d f li était un grand prêtre, 

Qui n'était ni frisé ni poudré, 

Pas si fier comm' notr' curé 

Qui nous aurait envoyé paître ! 

Li, qu' est bon gars, dit : « Mes enfants, 

A&sietous-là, f s'rai ben content. » 

Quand j' fûmes entrés dans l'église, 
/' nous boutim's tous en rang d'oignons. 
(Pas les fill's avec les garçons !) 
Chacun li baillait sa devise, 
Je r^ceviomm'* un petit soufflet, 
Dont personne ne se plaignait. 

Après la cérémonie faite, 
J'voulûm's dresser un compliment; 



Digitized by VjOOQlC 



— 205 — 

J' commençâmes ben gentiment; 
Vlà-Uy pas qu'au mitanf bour dîmes! 
Li, qu' est bon gars, dit : « Mes enfants, 
V t'avez fini, f sais ben content! » 

(Chanson de Châteaubourg, chef-lieu de canton de 
l'arrondissement de Vitré.) 



La Fille à marier 

(Air no 27) 

— Il est pourtant temps, pourtant temps, ma mère, 
Il est pourtant temps de me marier. 

— Ma fille, nous n'avons point d'argent. {bis.) 

— Ma mèr', nous avons du froment ; 

Que n' le vendez-vous? 

Que n' me mariez-vous? 
Il est pourtant temps, pourtant temps, ma mère, * 
Il est pourtant temps de me marier. 

— Ma fille, nous n'avons point d'habits. (bis.) 

— Ma mèr', nous avons des brebis ; 

Que n' les tondez- vous? 

Que n' me mariez-vous? 
Il est pourtant temps, pourtant temps, ma mère, 
Il est pourtant temps de me marier. 

— Ma fill', nous n'avons point d' m ai s on. (bis.) 

— Ma mèr', j'avons cell' du cochon; 

Que n' la bal'yez-yous (1)? 

Que n' me mariez-vous? 
Il est pourtant temps, pourtant temps, ma mère, 
Il est pourtant temps de me marier. 



(1) Balayez. 



Digitized by VjOOQlC 



— 206 — 

— Ma fiU', nous n'avons point d'amant, (bis.) 

— Ma mèr\ nous avons le gros Jean ; 

Que n' lui parlez-vous? 

Que n* me mariez-vous? 
Il est pourtant temps, pourtant temps, ma mère, 
Il est pourtant temps de me marier. 

Nous avons entendu cette chanson pour la première fois, en 1853, à une 
noce de village dans la commune de Saint-Gilles. Elle fut chantée par 
M. Morel, notaire à Mordelles. 



C'est o' qp# m«i oeeur aime 

<Air n« 28) 

C'est la fille d'un pauvre homme, 

C'est c' que mon cœur aime, 
Qu' est mariée bien richement, 
C'est c' que mon cœur aime tant! 

Quand Madam' va-t-a la messe, 
C'est c' que mon cœur aime, 
Trois laquais vont la suivant, 
C'est c' que mon cœur aime tant! 

Le premier porte son livre, 

C'est c' que mon cœur aime, 
Et l'autre ses beaux gants blancs, 
C'est c' que mon cœur aime tant ! 

Le troisièm' porf un' baguette, 
C'est c' que mon cœur aime, 
Pour fair' ranger les paisans, 
C'est c' que mon cœur aime tant ! 



Digitized by VjOOQlC 



— 907 - 

— Rangea-veus de la canaille, 
C'est c' que mon cœur aime, 

Que Madame entre à son banc, 
C'est c' que mon cœur aime tant! 

Quand Madam' rentre à sa chambre, 

C'est c' que mon cœur aime, 
Elle appeir son garçon Jean, 
C'est c' que mon sœur aime tant! 

— Dites-moi si je suis belle, 
C'est c' que mon cœur aime, 

Ou si mon miroir me ment ? 
C'est c' que mon cœur aime tant! 

— Vous êfs un p'tit peu brunette, 
C'est c' que mon cœur aime, 

Mais cela vous avient tant ! 
C'est c' que mon cœur aime tant ! 

EU' jett' son miroir par terre, 

C'est c' que mon cœur aime, 
Maudissant tous ses parents, 
C'est c' que mon cœur aime tant! 

Son mari est aux fenêtres, 

C'est c' que mon cœur aime, 
Qui entend ce compliment, 
C'est c' que mon cœur aime tant ! 

— Taisez-vous, petite sotte, 
C'est c' que mon cœur aime, 

Ne vous glorifiez pas tant, 

Cest c' que mon cœur aime tant 1 ! 

Quand j' vous pris en mariage, 
C'est c' que mon cœur aime, 



Digitized by VjOOQlC 



— 208 - 

V'ri aviez pas cinq sous valant, . 
C'est c' que mon cœur aime tant ! 

A présent, robe sur robe, 

C'est c' que mon cœur aime, 
Les rubans en parvolant, 
C'est c' que mon cœur aime tant ! 

V'n'aviez qu'un petit /usftn (4) rouge, 

C'est c' que mon cœur aime, 
Et qu'un p'tit cotillon blanc, 
C'est c' que mon cœur aime tant! 

(Chanson recueillie à Bain, chef-lieu de canton 
de l'arrondissement de Redon.) 



Les Gas de Locmlné 

(Air n<> 29) 



Mon père et ma mère, 
De Lyon ils sont, — gai ! 
Tous les jours me disent 
Qu'ils me marieront. 
C'sont! c'sont! c'sont! 

Les gas de Locminé, 
Qu' ont de la maillette 

Dessus, par-dessous, — gai ! 
C sont I c' sont! c'sont ! 

Les gas de Locminé, 
Qu' ont de la maillette 
Dessous leurs souliers. 



Tous les jours me disent 
Qu'ils me marieront, — gai! 

S'ils ne me marient, 

Se repentiront. 
C sont ! c' sont ! c' sont! 
Les gas de Locminé, 

Qu' ont de la maillette 
Dessus, par-dessous, — gai ! 
C sont ! c' sont ! c' sont ! 

Les gas de Locminé, 

Qu' ont de la maillette, 

Dessous leurs souliers. 



(1) Corset. 



Digitized by VjOOQlC 



S'ils ne me marient, 
Se repentiront, — gai! 

Je vendrai mes terres, 

Sillon par sillon. 
G' sont ! c' sont ! c* sont ! 
Les gas de Locminé, 

Qu' ont de la maillette 
Dessus, par-dessous, — gai ! 

C' sont! c' sont! c' sont! 
Les gas de Locminé, 

Qu' ont de la maillette 

Dessous leurs souliers. 

Je vendrai mes terres, 
Sillon par sillon, — gai! 

Au dernier sillon, 

J' frai bâti maison. 
C sont! c' sont! c' sont! 
Les gas de Locminé, 

Qu' ont de la maillette 
Dessus, par-dessous, — gai! 

C'sont! c'sont! c'sont! 
Les gas de Locminé, 

Qu' ont de la maillette 

Dessous leurs souliers. 

Au dernier sillon, 
J' frai bâti maison, — gai ! 

Si le roi y vient, 

Nous le recevrons. 
C'sont! c'sont! c'sont! 
Les gas de Locminé, . 



Qu'ont de la maillette 
Dessus, par-dessous, — gai ! 
G' sont ! c' sont ! c' sont ! 
Les gas de Locminé, 
Qu' ont de la maillette 
Dessous leurs souliers. 

Si le roi y vient, 
Nous le recevrons, — gai ! 

Si la reine y passe, 

Nous la régal'rons. 
G' sont! c'sont! c'sont! 
Les gas de Locminé, 

Qu' ont de la maillette 
Dessus, par-dessous, — gai ! 
C' sont ! c' sont ! c' sont ! 
Les gas de Locminé, 

Qu' ont de la maillette 

Dessous leurs souliers. 

Si la reine y passe, 

Nous la régal'rons, — gai ! 
Nous ferons des crêpes, 
Et nous les mang'rons. 
G' sont ! c' sont ! c' sont ! 

Les gas de Locminé, 
Qu' ont de la maillette 

Dessus, par-dessous, — gai! 
G' sont! c' sont! c' sont! 

Les gas de Locminé, 
Qu' ont de la maillette 
Dessous leurs souliers. 

(Chanson de la commune de Baulon 
arrondissement de Redon.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 2W 



VH. — RONDES 



Le Cœur m'y bat 

(Air no 31) 

Excusez, si j'entre en danse, 

C'est pour un amant chercher ; (bis.) 

Je me tourne et je me vire, 

Je n'en trouv' point à mon gré ; 

Le cœur m'y bat, gai, gai, 

Le cœur m'y bat gaîment. 

C'est à vous, mon beau jeune homme, 

A qui j'ose m'adresser; (bis.) 

Ne regardez pas par terre, 

Regardez si vous m'aimez ; 

Le cœur m'y bat, gai, gai, 

Le cœur m'y bat gaîment. 

Je vois bien à votre mine 

Que de moi vous ne voulez ; (bis.) 

Je vois bien à votre mine 

Que c'est Mam'zelF qu' vous voulez. 

Le cœur m'y bat, gai, gai, 

Le cœur m'y bat gaîment. 

Prenez-la par sa main blanche, 

Donnez-lui un doux baiser ; (bis.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 214 — 

Retournez à votre place, 
Car le mien est retrouvé. 

Le cœur m'y bat, gai, gad, 

Le cœur m'y bat gaîment. 

(Ronde chantée par les petites filles et les petits garçons 
sur la place du bourg de Bâzouges-la-Pérouse.) 



Toujours gai, gai 

(Air a© 32) 

J'ai tant filé, dans mon jeun' temps, 

Bergère, allons gaîment; 
Une fusée en quatorze ans, 
Toujours gai, gai, toujours gaîment, 
Bergère, allons gai, gai, 
Bergère, allons gaîment. 

Une fusée en quatorze ans, 

Bergère, allons gaîment; 

Je l'ai portée chez le tiss'rand, 

Toujours gai, gai, toujours gaîment, 

Bergère, allons gai, gai, 

Bergère, allons gaîment. 

Je l'ai portée chez le tiss'rand, 

Bergère, allons gaîment : 

Beau tisserand, beau tisserand, 

Toujours gai, gai, toujours gaîment, 

Bergère, allons gai, gai, 

Bergère, allons gaîment. 

Beau tisserand, beau tisserand, 
Bergère, allons gaîment, 



Digitized by VjOOQlC 






— 212 — 

Fais-moi ma toii* bien promptement, 
Toujours gai, gai, toujours gaîment, 

Bergère, allons gai, gai, 

Bergère, allons gatment. 

Fais-moi ma toil* bien promptement, 

Bergère, allons gaîment, 
Que / me fasse un cotillon blanc, 
Toujours gai, gai, toujours gaîment, 

Bergère, allons gai, gai, 

Bergère, allons gaîment. 

Que / me fasse un cotillon blanc, 

Bergère, allons gaîment, 
Que je n' port' rai que trois fois Tan, 
Toujours gai, gai, toujours gaîment, 

Bergère, allons gai, gai, 

Bergère, allons gaîment. * 

Que je n' port'rai que trois fois Tan, 

Bergère, allons gaîment, 
A Noël, à Pâqu's, à la Saint-Jean, 
Toujours gai, gai, toujours gaîment, 

Bergère, allons gai, gai, 

Bergère, allons gaîment. 

A Noël, à Pâqu's, à la Saint-Jean, 

Bergère, allons gaîment, 
Et Vjour de mes noc's pareilPment, 
Toujours gai, gai, toujours gaîment, 

Bergère, allons gai, gai, 

Bergère, allons gaîment. 

(Commune de Tresbœuf, canton de Sel.) 



Digitized by VjOOQlC 



— 243 — 

La petite Lingère 

(Air n<> 30) 



A Paris, il y a 
Un' petit' lingère, 
Qui coud si menu 
Qu'eir ne gagne guère. 
Jamais on n'a vu 
Si menu, si menu coudre, 
Jamais on n'a vu 
Coudre aussi menu. 

Qui coud si menu 
Qu'ell' ne gagne guère. 
£11' fait des rabats 
A M'sieur le vicaire. 
Jamais on n'a vu 
Si menu, si menu coudre, 
Jamais on n'a vu 
Coudre aussi menu. 

£11' fait des rabats 
A M'sieur le vicaire ; 
E1P va les porter 
A son presbytère. 
Jamais on n'a vu 
Si menu, si menu coudre, 
Jamais on n'a vu 
Coudre aussi menu. 

EU' va les porter 
A son presbytère. 
— Combien vous faut-il, 
Petite lingère? 



Jamais on n'a vu 
Si menu, si menu coudre, 
Jamais on n'a vu 
Coudre aussi menu. 

— Combien vous faut-il, 
Petite lingère? 

— C'est cinq sous, Monsieur, 
A c' qu'a dit grand'-mère. 
Jamais on n'a vu 

Si menu, si menu coudre, 
Jamais on n'a vu 
Coudre aussi menu. 

— C'est cinq sous, Monsieur, 
A c' qu'a dit grand'-mère. 

— Tenez, les voilà, 
Petite lingère. 
Jamais on n'a vu 

Si menu, si menu coudre, 
Jamais on n'a vu 
Coudre aussi menu. 

— Tenez, les voilà, 
Petite lingère, 
Ach'tez du bonbon 
A votr' petit frère. 
Jamais on n'a vu 

Si menu, si menu coudre, 
Jamais on n'a vu 
Coudre aussi menu. 



Digitized by VjOOQlC 



— M4~ 



— Ach'tez du bonbon 
A voir' petit frère, 
Et du bon vieux vin 
A votre grand'-mère. 



Jamais on n'a vu 
Si menu, si menu coudre, 
Jamais on n'a vu 
Coudre aussi menu. 



(Ronde communiquée par une pensionnaire 
du couvent de l'Adoration, à Rennes.) 



La Belle et le Cordonnier 

(Air n<> 33) 



A Paris, sur ses pavés, 

Lanfalira dondé, 
Trois demoiselles ont tant, 
Ont tant, ont tant dansé, 

Lanfalira, 
Falira dondrne,. 

Lanfalira, 
Falira dondé! 

Trois d'moisell's ont tant dansé, 

Lanfalira dondé, 
Qu'elles en ont usé leurs 
Et leurs, et leurs souliers, 

Lanfalira, 
Falira dondaine, 

Lanfalira, 
Falira dondé! 

Qu'ell's ont usé leurs souliers, 

Lanfalira dondé. 
Elles s'en vont trouver F cor, 

Et F cor, et F cordonnier, 



Lanfalira, 
Falira dondaine, 

Lanfalira, 
Falira dondé ! 

EU's s'en vont trouver l'cordonnier 

Lanfalira dondé. 
— Et bonjour, bonjour, beau cor, 
Beau cor, beau cordonnier, 

Lanfalira, 
Falira dondaine, 

Lanfalira, 
Falira dondé ! 

Bonjour, bonjour, cordonnier, 

Lanfalira dondé. 
Il faut raccommoder nos, 
Et nos, et nos souliers, 

Lanfalira, 
Falira dondaine, 

Lanfalira, 
Falira dondé I 



Digitized by VjOOQlC 



S*5 — 



Faut raccommoder nos souliers, 

Lanfalira dondé. 
— Et oui, la belle, si vous, 
Si vous, s vous voulez, 

Lanfalira, 
Falira dondaine, 

Lanfalira, 
Falira dondé ! 

Oui, la belle, si vous voulez, 

Lanfalira dondé, 
Et à tous les points un doux, 
Un doux, un doux baiser, 

Lanfalira, 
Falira dondaine, 

Lanfalira, 
Falira dondé! 



Tous les points, un doux baiser, 

Lanfalira dondé. 
— J'aimerais mieux que le, 
Que le, que le soulier 

Lanfalira, 
Falira dondaine, 

Lanfalira, 
Falira dondé! 

J'aim'rais mieux que V soulier, 

Lanfalira dondé, 
Fût dans le feu à brûler 
Qu' d'embrasser un cordonnier, 
Lanfalira, 
Falira dondane, 

Lanfalira, 
Falira dondé ! 

(Chanson recueillie à Bain.) ' 



Tu ris, tu ris, bergère 

(Air n<> 34) 



J'avais fait la promesse 
De n'aimer de ma vie. 
Inconstante et légère, 
J'ai bien changé d'avis ! 
Tu ris, tu ris, bergère. 
Ah ! bergère, tu ris. 

Inconstante et légère, 

J'ai bien changé d'avis; 

Car j'aime unbeau jeune homme 

Qui n'est pas loin d'ici ! 

Tu ris, tu ris, bergère. 

Ah ! bergère, tu ris. 



Car j 'aime un beau jeune homme 
Qui n'est pas loin d'ici ; 
Je vais quitter ma place, 
Me mettre auprès de lui! 
Tu ris, tu ris, bergère. 
Ah ! bergère, tu ris. 

Je vais quitter ma place, 
Me mettre auprès de lui ; 
Il a la taill' d'un prince, 
La tournur' d'un marquis ! 
Tu ris, tu ris, bergère. 
Ah ! bergère, tu ris. 



Digitized by VjOOQlC 



_ 216 - 



11 a la tailP d'an prince, 
Latournur' d'un marquis, 
La jambe la mieux faite, 
Le pied le plus joli ! 
Tu ris, tu ris, bergère. 
Ah ! bergère, tu ris. 

La jambe la mieux faite, 
Le pied le plus joli. 
Il a le teint de rose, 
Et la blancheur du lis ! 
Tu ris, tu ris, bergère. 
Ah ! bergère, tu ris. 

Il a le teint de rose, 
Et la blancheur du lis; 
Je crois qu'il est bien aise, 
Le voilà qui sourit ! 



Tu ris, tu ris, bergère. 
Ah! bergère, tu ris. 

Je crois qu'il est bien aise, 
Le voilà qui 60urit; 
Ma foi, s'il est bien aise, 
C'est bien tant pis pour lui ! 
Tu ris, tu ris, bergère. 
Ah ! bergère, tu ris. 

Ma foi, s'il est bien aise, 
C'est bien tant pis pour lui ; 
Car tout c' que je viens d' dire, 
C'est pour me moquer d' lui ! 
Tu ris, tu ris, bergère. 
Ah! bergère, tu ris. 



(Ronde recueillie à Montfort, le 22 septembre 1869* 



Digitized by VjOOQlC 



- 217 



vm. - NOELS 



Le pommier de Noa (1) 



La bonn' Vierge et saint José 
A Noa s'en sont allés. 
ANoa'NoalNoa! 

Dans r chemin ont rencontré 
Un gentil petit pommier. 
A Noa! Noa! Noa! 

La Saint' Vierg' dit à José : 
c De ce fruit je veux manger. 
A Noa! Noa! Noa! 

— Nenni, nenni, c'est péché 
De toucher à ce pommier. » 
A Noa! Noa! Noa! 



La Saint' Yierg' fut pour en prendre, 
Le pommier s'est abaissé. 
A Noa! Noa! Noa! 

Saint José voulut en prendre, 
Le pommier s'est relevé. 
A Noa! Noa! Noa! 

C'est à c' moment que José 

Vit bien qu'il avait péché. 

A Noa! Noa! Noa! 

Aux pieds de la Saint' Vierge, 
A genoux il s'est jeté. 
ANoaINoatNoa! 



« Ah! relevez-vous, José, 
Votr' péché est pardonné. » 
A Noa! Noa! Noa! 

(Noël des religieuses de l'ancien monastère 
de Teillay, dans le canton de Bain.) 



(1) Noël. 



45 



Digitized by VjOOQlC 



— 2tt~ 

Noêl 

(Dialogue entre l'Ange et tes Bergen) 

UN BERGER. 

c Dieu! qu'est-ce que j'entends? Quel grand bruit me réveille! 

l'ange. 

— Ne tous étonnez pas, j'annonce une merveille. 

LES BERGERS. 

— Qu'est-il donc arrivé? 

l'ange. 

— La naissance d'un Dieu. 

les bergers. 

— Mais dites-nous au moins et l'endroit et le lieu. 

l'ange. 

— Allez, courez chercher cet enfant adorable ; 
Il est à Bethléem, couché dans une étable, 

Un âne est son laquais et un bœuf est son page. 

LES BERGERS. 

— Vous foutez-vous de nous? 

l'ange. 

— Un ange est-il menteur? 



Digitized by VjOOQlC 



J 



-219- 

LES BERGERS. 

— Non, mais ce train n'est pas d'un roi, mais d'un pasteur. 
Que lui offrirons-nous digne de son mérite? 

l'ange. 

— A lui offrir vos cœurs, pasteurs, je vous invite. 

LES BERGERS. 

— S'il les prend, nous mourrons. 

l'ange. 

— Que vous avez grand' peur! 

LES BERGERS. 

— Mais a-t-on jamais vu homme vivre sans cœur? 

l'ange. 

— Celui qui prend les cœurs leur conserve la vie. 
Allez, courez chercher cet enfant de Marie ; 

Il est à Bethléem, couché dans une étable, 

Un âne est son laquais et un bœuf est son page. » 

(Ce Noël e6t chanté tous les ans par des paysans de la commune de 
Loutehel, qui se rendent à la messe de minuit. Ils se divisent en deux 
bandes : Tune prend la parole au nom de Fange et l'autre au nom des 
bergers.) 



Digitized by VjOOQlC 



Noël 

— Pierrot, cherche ton chalumiau, 
Pour vais qu'que chose de ben 6iau, 

Que f allons vais tertous (1). 
Il est né là-haut chez Colas, 

Un joli p'tit gas. 

Que li diras-tu? 

— TU dirai : Bonjour, Monsieu, 
Gomment s' porte le bon Dieu? 

Et là-haut tous chez vous? 
Vous vaici donc en ces bas lieux; 

J'en sommes ravis tertous (tous). 
Autrefois, mon grand-pèr* Lisa 
(J'crè qu'ceté dans Valmana) 
Que vous deviez naquir, 
En mourant me prescriva 
De terjou vous servir. 
Hier au sar, j'étais dans mon li, 
Quand rang' est venu m'averti 

Que vous étiez naqui. 
Je parti dès le premier bru (bruit), 
Et me veilà rendu. 

(Loutehel, canton de Maure.) 
(1) Tous ensemble. 



Digitized by VjOOQlC 



bis. 



Noël! Noël! 

(Air n<> 35) 

Saint Joseph qui cherche un lit I 
Pour son p'tit fils; * 

Il a trouvé dans un coin 
Un peu de paille ; 

Il a trouvé dans un coin 
Un peu de foin. 

Noël! Noël! 

Cri d'espérance, 
Il est à nous l'Emmanuel. 

Noël! Noël! 

Cri d'espérance, 
Jésus est né, Noël! Noël! 



Mon fils, quand tu seras grand, l 
A l'âge de quinze ans, ' 

Je t'apprendrai le métier 

De ma boutique, 
Je t'apprendrai le métier 

De charpentier. 



bis. 



Noël! Noël! etc. 

Je te donnerai du bois 
Pour faire une croix. 
C'est un' croix qui conduira 

Jusqu'au supplice. 
C'est un' croix qui conduira 

Jusqu'au trépas! 



} bii 



bis. 



15. 



Digitized by VjOOQlC 



— 322 — 

Noël! Noël! 

Cri d'espérance, 
Il est à nous l'Emmanuel. 

Noël! Noël! 

Cri d'espérance, 
Jésus est né, Noël! Noël! 

(Noël recueilli à Montfort-sur-Meu.) 



Ah! berger, sommeilles-tu? 

(Noël de rnie-et-Vilaine) 
(Air no 36) 

Que n'as-tu tu ce que j'ai vu? 

Ah ! berger, sommeilles-tu ? 
Le vrai Fils de Dieu revêtu. 
Berger, berger, berger! 
Ah! berger, sommeilles, sommeilles, 

Ah ! berger, sommeilles-tu ? 

Le vrai Fils de Dieu revêtu, 

Ah! berger, sommeilles-tu? 
D'un faible corps tremblant et nu. 

Berger, berger, berger! 
Ah! berger, sommeilles, sommeilles, 

Ah! berger, sommeilles-tu? 

D'un faible corps tremblant et nu. 

Ah ! berger, sommeilles-tu? 
Par lui Satan est confondu. 
Berger, berger, berger ! 
Ah! berger, sommeilles, sommeilles, 

Ah ! berger, sommeilles-tu? 



Digitized by VjOOQlC 



Par lui Satan est confondu. 

Ahî berger, sommeilles-tu? 
Il ne fera plus l'entendu. 

Berger, berger, berger ! 
Ah ! berger, sommeilles, sommeilles, 

Ah! berger, sommeilles-tu? 

Il ne fera plus l'entendu, 
Ah! berger, sommeilles-tu? 

Depuis que l'homme est soutenu, 
Berger, berger, berger! 

Ah ! berger, sommeilles, sommeilles, 
Ah! berger, sommeilles-tu? 

Depuis que l'homme est soutenu, 
Ah! berger, sommeilles-tu? 

Par la grâce et par la vertu. 
Berger, berger, berger ! 

Ah! berger, sommeilles, sommeilles, 
Ah! berger, sommeilles-tu? 

. Par la grâce et par la vertu, 

Ah! berger, sommeilles-tu? 
Sans cela, tout était perdu. 
Berger, berger, berger ! 
Ah! berger, sommeilles, sommeilles, 
Ah! berger, sommeilles-tu? 

Sans cela, tout était perdu. 

Ah! berger, sommeilles-tu? 
Ge mystère est assez connu. , 

Berger, berger, berger! 
Ah! berger, sommeilles, sommeilles, 

Ah! berger, sommeilles-tu? 

Ge mystère est assez connu. 
Ah! berger, sommeilles-tu? 



Digitized by VjOOQlC 



Viens le voir comme je l'ai va, 

Berger, berger, berger f 
Ah! berger, sommeilles, sommeilles, 
Ah! berger, sommeilles-tu? 

Viens le voir comme je l'ai va, 
Ah! berger, sommeilles-tu? 

Et tu croiras ce que j'ai vu. 
Berger, berger, berger! 

Ah ! berger, sommeilles, sommeilles, 
Ah! berger, sommeilles-tu? 



(Noël du canton de Bain.) 



Digitized by VjOOQlC 



aîr:>Vl, 

LES SABOTS D'AME DE BRETAGNE. 

Al legretto. 

C.V.tait An.'ne de Bre* ta.gne a_vec dits sa bols.. 



-_ CV^Iait An.ne de Bre . ta.gne a.vec des sa.bots.. 




HjtotttaLiie...Alt!ah!ah!__ vi^ve les sa Jbots de bois! 



air:Ii?2. 

LE JOLI BAS DE LAME. 



L'au.tre jour de dans la plai_ne IVton jo.li bas de 




JVencon.trai trois ca~pi . t ai. ne s Tir 5 ton cach' toto tir" ton 




bas Tir* ton jo-li bas de lai. ne Car on le ver . ra. 
air:N?3, 

LE GRAND DUC OU MAINE. 

Asse z lept» 

C'est le grand duc dn Mai . ne la 



Digitized by VjOOQlC 






M. 


**« 


. don . 


dai . 


_ ne 


Au 


grand 


coin . 
Dr. 


-K£ 


— i 






1 — . — 


l w jLz m ..Az — f 




i . '* * 1 À ' ' 





.bal blés -se L4 bri . gnr.don .dé. 

LES FILLES DES FORGES DE PAIMPDNT. 



t> sont les fiirs <Ks forg"s Cts sont les filles des 




• • ■#* *— "*" 



for. .ges Des for. ges «le Paim.pont Fa . la.ri.don, fa 


-. 






J\ é M \ j' j 1 




HtJ*^ À "m r-M ■ " ■' I M 


■ 'm-4~< 




-V é é lé # y ^' i 


i . • ■ * * ■ 


~* '» # » 


r-* 



Ja.rLdain' Desfor.ges de Paimpoflt Fa.la.ridain'fa.la.ridon. 
aîr:N°5. 

LE GARS WATHURm. 

Allegretto . 




C*est no. .tre ctii .si. .nie _ r#» C'est 




ma. (in tin tin S'y lèv" de grand ma „ tin S'y 



lèv^de grand ma. tin tin tin S'yJèv'dé grand ma . tin. 



Digitized by VjOOQlC 



air:V:«. 



LA CRESSONNIERE. 



-y^g*- 






* ^ ■■ ! 




, ,1 ■ ÎS iu-. 




Di.manch' * 


la 


r«s-,sié. #» 


«l'ai, lis vair 



Jfa.ri.on Bon, bon,<Tla cressonnière tPal.lisvair 




H a . ri . en Bon bon le bon ères . son . 

air:N?7. 

lESBUAHS DE NOA. 

(Lrs bi-nmllards (fc tfœl} 




La €0_nie est ar. ri^v«T. e Dans les bois et 




du vil.Jai_ge Ban. ban de \oa v«..ei les bu _ ans. 
aii;N°8. 

MA MIGMONN(TTE. 




mie auprès de gng Qu'ayant ma mit» auprès. de bhI. Je Ini dis 



Digitized by VjOOQlC 



tout bas dans i'o.reille Ma mi g nonne t te embrasse me. Ma mie non 




.nette embrasse me . Ma im.gnono«fte embrasse me' . 
ail -:XÏ». 

MA JULIENNE VENEZ ÇA. 




r«.\enant de voir oos blés «l'ai rencontra trois ca.ya Jiers «In . 



.tienne i.ci «lu. tienne là nu %lu Jien j»e te.ne* çlî 
air:X° 10. 



LE PETIT MOINE. 



i Moderato. 



CV.tait un pe.tit moin' de Saint* araT en au . 




. ray Qui s Va va • voir les f iir* le soir a . près seaj 
AH» re/rain. 




.per. Tour, ne tour, ne jnon mouJtn Tour, ne Tour, ne 



Digitized by VjOOQlC 



ê J 1 - ê * J ' 1 . g » ' « ■ . < 



tour. De mon mou Ji . net Tour, ne tour, ne mon mou. lin 




■. û 


Afieftr«i« 
















€ Votait 


un 


pe . 


lit moin' 


de Saint' aim* en an . 



-é — é é é « V» • • 
.ray Qui s'en va voir les TfllV ce soir a.près sou. per. Tourne, etc, 

air: 3*11. 

LES TROIS COMMÈRES. 




CV. (aient trois bon. .nés coin . mè . res 




SVn ve . nant de Pa „. gui _ bra S Vn ve . nant <fc 




Pa . gui .bra Se di. saient les wVs aux au . très 




ftfa com.aer que j*»t grand sa. Tu ne bai , 




pu conv. mè.re Tu ne bai. ras pu o ma. 



Digitized by VjOOQlC 



« 

air:** 1t. 
ADIEU DONC MA CHERI IliOR. 

Modrréf kmt. 



_ A 




J%i fait a. a* mt . Ires.se Trais jears a^ra 




r»^ lonj; temps «I* nTwiis tY.foi . gae' dVI.|*, J* a'k vêla 




pas stHi.vcnt tl'i . rai la re|r «ti.BMaefc' X'aa . 




.rail elle pas rh*n.ge d«* sea.ti . aie» I? «le aVa sais rira; je 




m'suistVnga.g* pour sept «as ,A..diea4oaeaMe hkjt* Ka-aea. 

air: »• 13. 
JE NIERAI PAS RELIGIEUSE. 



.tre Pi - ris et 1er. . sail . les I| ya 




t\i.ne at>-ba . ye, 11 y a (Vjw ab.Jba -y* II y* 




tW pe.tit 1 Bonne QaJ aVaat pas par.ter l'ha.feil Jea'sYai 




pas re.Ji . giens' je a'saa - rais por» ter Pha.bit. 



Digitized by VjOOQlC 



air: .V." 14. 

LA BELLE CELESTE. 




n# -± — #- 

Cnex mon pèr'jV. fions douz'e' - fanls Chezmonpèr * 




jVtions dotiz * c. fanls «IV.iions Pè.ne, jV.tions llffè.fie,, 



JV.f ions «laïques •JacqV.lè.ne «I V'.liens haut haut le Mau, 



JVtions Perrine E.fiennet.te, Té*_o.tiste A . gatlTCe'Jes.te, 




L» bel.!* €« . les. te, cel - le qu« mon cœur ai . me. 
3ir:N«M5. 

J'N'AillE PAS LA NOBIESSE * 




Mon pèr* nY.vait d*e . Tant que 



i, Mon nèr'n'a.vait d^é . fanl que ma Via qui mMisit 




gars ma. rie. .ta Va va jVaim' pas 




la no.bies.se ma, jVaiW pas la no. Mes. se. 



Digitized by VjOOQÎC 



8 
air.NMtf. 

LES TROIS CAS OE GUEft. 

Altr/çretto. 




Il «.tait trois bons gas, Il «.tait 
#>/«« iritm. 




trois bons gas fee la vil. .le de 




air: m 17. 
LA JEUNE BATELIÈRE. 

Amiante pesant lomré. 




Ce sont trois gar . çons de la cour, Qui 




s'en vont tous trois ftir' l'a . motn% Ce sont 




trois &ar. çons de la cour Qui s\tn vont 



tons trois fair* Pa.meur Il . e s'en vont tont K* 




long des ri . vie « res A deux trois pas de la 



jeu .ne ba . te . lié . ^ re N 



Digitized by VjOOQlC 



9 
air:i\V 18. 

SOUS UN TILLEUL UN BAL S'EST DONNÉ. 

Allegro, 



Sous un til . leul un bal 

ft JS , jS k , | f — ^ , |S J> 

sVst don - ne , Sous un til. leul un bal s'est donne 
air: N? 19. 

LA DEMANOE EN MARIAGE. 

Une voix. 

Dans mon pa . ys le ros.si.gnol il 
Tous , K 

chan. te, Dans mon pa . ys, le ros.si.gnol il 
Un seul : 

chan _ te Chan . te la nuit , chan _ te le 



jour«, Chan. te. pa ton _ jours les plai.sirs de Va 
Tous. 




mour. Chan. te la nuit, chan _ te le 



jour, Chan. te. ra tou. jours les plaLsirsde Pa.moor. 



Digitized by V"OOQlC 



10 
air: .Vf 90. 

LA GERBE. 



Allegretto 




.geois en sui . vant. 



Ah! bal. tu j'a.vons la 

17s 




ge . b« aa.joar. d*hui jer- eu _ se . ment. 

aii:N?21. 

JEANNETTE AU SOIS. 



Adagio 




N*avezpoint vu Jeannette an bois au bois an bois? 




K^avezpoiutvu Jeannette au Joli - 
air: N? 22. 

LES CONSCRITS. 

Amfaftte. 



pe.tit bois? 




CV. talent trois jeun' s a;ar . çons qui 



par. (aient pour se* . ville qui par. taiect pour se. vil . 




*lt»;CVtaient trois jemies gar.çons re. $ret.tant leur maî . 



Digitized by VjOOQlC 



- 1res - ses , leurs pe . tits coeurs mi. .gnons. 
air:N?23. 

MARGUERITE EST UN BIAU 

Retrain . 




Hfar. gue-rite est un biau nom verse â 




b 


ai.re! 


Mar.gue.rite est un biau 
Couplet. ^ 


nom — 


be.vons 




^^5 






je ' ' i 



donc! 



Elle a de grands che.veuxjau 



t T Tinil i 17- — 1 i i T A . 



.nés des.cen.dant diques es talons Margue,etc 

air:NV24. 

EN REVENANT DE NANTES. 

Allegro, 




.de xer-d», ver» de; En re^ve.nant de Nantes o mon bon . 



.net, mon bon _ net, je ren.con.tre un** fil _ le etc 

au dernier C{ 
pour finir. 




mon bon . net o mon bon . net. 



Digitized by VjOOQlC 



12 

air: N? 25. 

EMPÊCHOUS LES GE*$ D'AIMER. 

Lotir re\ * a A 



Lors. que j>'_ lions pe.tit* fille i la mai . son, 

A 



Lors.que jV.tions pe.tir fille à la mai. son, On 

-A A . A 




al. lait gar.der les va.ches et les mou -tons. 
-A A_ 




Em.pé . cbons les gens d'ai.mer ma don dai . ne 

J* A A . A_ 



Les v'iez - vous gar _ der d^aLmer, ma don.de'? 
air: N? 26. 

LA CONFIRMATION À CHATIAUBOURG. 



« 



En.re_ve.nanf de nof'vil - lai.ge Via qu^je pas . 




_ sinfs par Chatiaubourg Ce jour là e . tait on grand jour Outout le 




monde e.tait en fe .te Et en gran.de de.vo.ti 




Digitized by VjOOQlC 



13 

air: IN? 27. 

LA FULE A MARIER. 

Alleçrù moderato . et 

fl est pour. tant temps pour, tant temps ma 

mer' Il est pour, tant temps de me ma ^ ri . 



<fr plî i t pg f N i I g; p a- i 



.er. Ma filPnoos na.vons point d'ar.gent .Ma fiU'nous 




tt'a.vons point d^ar- gent Ma mè>' nous a.vons du fro 




. raent^QueriTe vendez-vous? Que n me mariez -vous? Il est pourtant,etc 
air: N? 28, 

C'EST C'QUE MO* COEUR AIME. 

Moderato. 




C'est la fiUe d'tinpauvr' homme C'est r^que mon coeur 

**r» . . h ■ ■ fi . , i é, > 

■ 1 • T " ' i V f '"* \\ v y v ' * ' 

aime,qoest mariée bien riche-menti,CVstc'que mon coeur aime tant ! 

air: N? 29. 

LESGASDELOCMtNE. 

Allegro. 



Mon père et ma mè . re, de Ly. on, ils 



Digitized by VjOOQlC 



14 




sont&aifTonslesjoursme dLsenl qu'ils me marie .ront CVmt dsont 




M |«*t.te dessus pardessofls^fiaifcYont cVont cfcont lesgas deLocmi* 




.n* Qu'ont de la roail . tel. le dessous leurs sou. liers. 



VARIANTE. 



Mon père et ma me . re de Ly _ on ils 




se*< gai ! Tous les jour s me disent qu'ils me ma .rie .root Csont c\oot 




c'sont les gas de l,w.mi _ ne' Qu'ont de la mail _ 



Jet.te dessus par dessous C'soiit c\oat c'sont les cas de Locmi -■ 



.ne' Qu ont d« la mail . lel . te des.sous leurs sou Ji ers. 



Digitized by VjOOQlC 



*5 

air:N? 30. 

LA PETITE II MÈRE. 





. . > 






A Pa.ris il y a un* pe . tit^ltn^è » re Qui coud 










si me_nu queirne ga.gne guère «la.mais on n'a va 
A > ..'..* * 



si menu si mena coudre Jamais ou n'a vu coudre aussi me. nu. 
air: H . 31. 

LE C0EUB1TY BAT. 




Excusez si j'entre en danse CWslpourimaunanlciiercber. 



Rail 



Je me tourne et je me vi.re Je n'en trouv'point à m.on gre'; 
I? tempo. 




Le coeur m'y M Ç«i; gai, le cœur m> bat gainent, 
air: N^ 52. 

TOUJOURS GAI, GAI. 



J^ai tout fi . M dans mon jeun' temps, 



Digitized by VjOOQlC 




bergère aljoos gâtaient IL ne fui see en quatorze 

ij' ' i i 1 1 ' i i 1 1 ' i *=i : 

ans Toujours gai gai tou.jours gaî.ment ber. gère 



41. Ions gai gai ber.gère al.lons gaî . ment, 
air: N? 33, 

LABEUEEUECOftOONNIER. 



4 Pa^ris sur ses pa.ve's lan fa li ra don.de 




Trois demoiselles ont tant, ont tant, ont tant danse 




Lan la li ra fa li ra don daine Lanfa li ra fa li ra donde'. 



air:NÎ34. 



TU RIS, TU RIS BERGERE. 




«fa.vais fait la pro. messe de n'ai. mer de ma vie in . 



Hall 



constante et le . gè . re J^i bien chan . ge d^.vis 



Digitized by VjOOQlC 



17 



1? tempo. 




lu ris, tu ris ber . gè.re, ah! ber.gè-re tu ris! 



aîr:N.?95. 



NOËL BRETON. 



Saint Joseph qui cherche un lit pour son pejil fils 



Saint Joseph qui cherche un lit pour son pe.til fils. 



' ' '* 'M ' I » w» 



II a trou.ve' dans un coin un peu de pail.le 



Il a trou .ve' dans nn coin un peu de. foin . 



NoJ?I no* ël cri dVs.pé. rance 11 est à 




.rance Je. sus est ne' no . ëf! no. ël! 



Digitized by VjOOQlC 



I» 

air; NV 36. 



AHIBERGER, SOMMEILLES-TU? 

(Noi'l <*• i'i/fo-et-VJ!aif>e) 



Qu* n'as lu vu eu quêtai vu, ah! ber.ger sont . 




-ger, ber. ger, ber_ gvr, Ah! ber . gt»r sommeilJes som . 



.meilPs Ah! ber - g«?r som _ meil . les - tu? 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 
Préface v 

Glossaire patois de l'Ille-et- Vilaine ,...,. 1 



CHANSONS POPULAIRES 

DU DÉPARTEMENT D'iLLE-ET-VILAINE 

I. — Chansons historiques. 

Les Sabots d'Anne de Bretagne (Air n<> 1) 145 

Avec mes sabots 147 

Le joli bas de laine (Air n° 2) 149 

Le grand-duc du Maine (Air n<> 3) 150 

II. — Chansons des bois. 

Les Filles des forges de Paimpont (Air n° 4) ....... . 151 

Les gars Mathurin (Air n° 5) 152 

La Cressonnière (Air*n« 6) 154 

Les Buans de Noa (Air n° 7) 155 

Ma Mignonnette (Air n° 8) 156 

Ma Julienne, venez çà (Air no 9) . . 157 

Le petit Moine (Air n© 10) 158 

Les trois Commères (Air n° 11). . • ". 162 

Adieu donc, ma chère Nânon (Air no 12) 163 

Je n' serai pas religieuse (Air n« 13) 164 



, Digitized by CjOOQlC 



— 226 — 

Pages* 

La belle Céleste (Air n« 14) 167 

Celle que son cœur aime 168 

J' n'aime pas la nobiesse (Air n° 15) 170 

Je suis d'Allemagne 172 

Le vieillard qui radote . 173 

La verduron, durette 174 



III. — Chansons du bord de l'eau. 

Les trois gas de Guer (Air n° 16) 176 

La jeune Batelière (Air n» 17) 178 

Sous un Tilleul, un Bal s'est donné (Air n° 18). . 180 

La Fj eur de Genêt s'envole ' 181 

La Fileuse des bords du Canut 183 

IV. — Chansons de circonstances. 

La demande en mariage (Air n© 19) 185 

La Noce. 

L'Arrivée de l'Agouvreux 186 

La Beuirée 187 

Chanson du repas 187 

Le Plaisir du Ménage 189- 

Le Déshabillé de la Mariée * 191 

Départ des Imités 192 

La Ge^be (Air n« 20) 193 

Jeannette au bois (Air n° 21) 194 

La Fassion , 195 

V. — Chansons de Conscrits. 

Les Conscrits (Air n° 22) 197 

Marguerite est un biau nom (Air n° 23) 198 

Fleur-d'Orange 199 

En revenant de Nantes (Air n° 24) .,.,,.,.,., , 2Ç0 



Digitized by VjOOQlC 



-227- 



VI. — Chansons des villes et des bourgs. 

Empêchous les gens d'aimer (Air n<> 25) 202 

La Confirmation à Ghâtiaubourg (Air' n° 26) 204 

La Fille à marier (Air n« 27) 205 

C'est c' que mon cœur aime (Air n° 28) 206 

Les gas de Locminé (Air n° 29) 208 

VII. — Rondes. 

Le Cœur m'y bat (Air n° 31) 210 

Toujours gai, gai (Air n° 32) 211 

La petite Lingère (Air n° 30) • 213 

La Belle et le Cordonnier (Air n° 33) 214 

Tu ris, tu ris, bergère (Air n° 34) 215 

VIII. — Noëls. 

Le Pommier de Noa. , 217 

Noël 218 

Noël 220 

Noël! Noël! (Air n° 35) 221 

Ah! berger, sommeilles-tu? (Air n° 36) 222 



Digitized by VjOOQlC 



1 



If 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 



Digitized by VjOOQlC 




oogle